‹ Étude sur le dialecte éolienChapitre 40 sur 107 · SAN ἘΞ · texte numérisé non relu

SAN ἘΞ

Delphes. — Les aoristes doriens étaient déjà en usage au 1v* siècle : ἀπελογιξάμεθα SGDI 2509, 17, 66.

Mégaride. — χατασχευάξαντι SGDI 3085, διεδίχαξαν 1GS 1 21, 10, etc.

Rhodes. — δρχαντων SGDI 3:49, 90, συναγωνίξασθαι 4154, 7; mais ψαφισαμένου SGDI 4262, τ et d'autres.

Laconie. — Sur les inscriptions, l'aoristé se termine en -0a: χομίσασθαι SGDI 4568, 14, ἐπισχευάσωσιν 4567, 3, etc. ; toutefois le £ aoristique paraît dans le nom propre Σοιξιτέλους 4485, 6, et dans Aristophane ξυναλίαξε Lysistr. 93, ete.

Messénie. — ὁρχιξάτω SGDI 4689, 1 d'une part ; ἀπολογισάσθωσαν ib. 48, etc. de l’autre.

Théra. — χατασχευάξαι SGDI 4306, τή, ἐξοδιάξει ἐν, 169, 171; mais sur la même inscription χομισάσθω 1, 166.

Cyrène (colonie de Théra). — Φρασσαμενός SGDI 4833, 45 ; le σσ en est ou un archaïsme ou un doublement hypocoristique ; — ἐπεσχεύασε 48/42.

Argolide.— δικάσσαιεν ἐδίχασσαν ἐργάσσασθαι ἀνσχίσσαι: mais ἀνσχίσας ἐργάσασθαι (v. p. 95). Les Argiens employèrent aussi l'aoriste dorien : ἐναρμόξαι 3340, 69 (à Epidaure), rJapeveφάνιξε ib. 1. 34.

Cos et Calymne. — διχκασσέω SGDI 3591 a 6; mais χατεσχευάξαι 3509, 12 (tous deux à Calymne), — ἐργάξασθαι SGDI 3624, 23 (à Cos), etc.

Héraclée. — Communément, l'aoriste est en -Ex : δοχιμάξοντι SGDI 4629 I 118, ἐδιχαξάμεθα IT 26, ἀνχωρίξαντες 1 56, etc. Néanmoins χατεσώισαμες 1 47, 48, en regard de χατεσώι- Éauec II 30, n'est pas dû à l'influence de la langue commune‘, car le verbe σῴιζω, avec son vocalisme spécial, pouvait résister longtemps à l'invasion du £ dans les verbes en -£w -αζὼ ἡ. En outre l'aoriste ἐδασσάμαν se conserva intact : ποτεδασσάμεθα II, 54, 6o, 56, etc ; xaredacodueha IT »8.

Crète. — Tandis que l'aoriste de δατέομαι devenait pho-

1. Comme le prétend M, Lagercrantz, Lautgesch. p. 26. 2. Cf. ci-dessus les thessaliens 700€ et Ψαφιξάσθειν.

nétiquement ἐδαττάμαν : δάττονται Loi Gort, V 34, ἀποδάτταθθαι IV,29', les verbes en -αἴω adoptaient l'aoriste en -£z: διχαχσάτω Loi Gort, 1 5,927; VII, 45, etc., δικάχσει ἐν. XI, 47, ἐνεχύραχσαν AJA 1807 p. 211 n° 24 1. 14, 17, etc. Cependant toute trace de l’ancienne forme n'a pas disparu : ἐδίχαζε Comparetti, Monum. Ant. ΠῚ n° 32, [διχάϊζαι ἐν. n° 30. Le © ici représente le son crétois qui était ordinairement noté 77. Cf. ὅζος : ὁπόττος (p. 99) et surtout ἀνδάζαθαι (= att. ἀναδάσασθαι) Comparetti, ib. n° 16, en regard de

Abstraction faite de l’aoriste dorien, ὅσσος et διχάσσαι eurent une destinée semblable, Leur double σ se conserva en éolien, en thessalien, en éléen, dans les dialectes de Cos, de l'Argolide, d'Héraclée et sur les premières inscriptions de Delphes. Il fut simplifié dans l'ionien et l'attique récents, en arcadien, et dans la majorité des dialectes du nord-ouest et du rameau linguistique dorien. Homère employa simultanément les formes à double et à simple σ (Brugmann, Gr. Gr.” p. 119); le nouvel ionien et les poètes tragiques d'Athènes firent parfois revivre l’ancienne consonne géminée.

La présence, dans l'éolien poétique, de ὄσσος δίχασσαι et de ὅσος δίκασαι a reçu diverses interprétations. De l'avis de MM. Schulze (GGA 1897 p. 890). Brugmann (Gr. Gr.° p. 102) et Lagercrantz (Lautgesch. p. 20) ὅσος [et δίχασαι) sont des épismes. De son côté, M. Mucke (Conson. Gemin. Il p. 1) admet une réduction éolienne du 66. Enfin M. Leitzsch (Quat. oulg. lingua p. 26) ne prend pas nettement parti dans la question.

La création analogique de l’aoriste ὀμόσσαι, à côté du primitif ὀμόσαι. suflit à établir l'existence simultanée de διχάσσαι et de διχάσαι à une certaine époque. Le second

1. On lit aussi δασσάσθωσαν Cauer Del.? 121 c 39, d 6, comme ὅσσος

toute δα. οὐ dé us

n'est donc pas sorti du premier par l'effet d'une loi phonétique. Si l’un remonte à ἤδικατοσαι, l'autre est construit sur un thème διχα-. que l’on retrouve au parfait δεδίχακα, et qui a eu pour cause, non seulement δίχα (cf. ὄνομα voμάζω, θαῦμα θαυμάζω, etc.), mais aussi les doublets βιάζω βιάω, ἀγαπάζω ἀγαπάω, etc. ‘. Et puisque γυμνάσιον et les autres mots en -ἀσιον -axoux -ασια, formés sur un semblable thème sans dentale, furent panhelléniques, il est à présumer que δικάσαι ne l'était pas moins. En un mot, γυμνάσιον et δικάσαι datent de l'époque du prégrec.

Quelque opinion que l'on professe à l'égard de ὅσσος et de μέσσος ᾿, il est certain qu'ils ont subi un traitement tout spécial: « Cette transformation (de 56 en 5), écrit M. Henry (Précis* p. 82), a même atteint çà et là le groupe 65 né postérieurement de quelque assimilation phonétique, issu par exemple de dhy dans att. μέσος — μέσσος — ἔμεθγος. » Et comme ils eurent le même sort que διχάσσαι, on croira __ sans difliculté que leurs formes à simple σ sont également très anciennes.

Le vieil ionien d'Homère et l'éolien d’Alcée et de Sappho restèrent fidèles aux antiques doublets. Peut-être y a-til persistance de l'ancien état de choses dans les éléens ὅσσος et ὄσος, et dans les argiens ἐργάσσασθαι * ἐργάσασθαι. En Argolide, remarquons-le, l’aoriste dorien tend à pénétrer dans la langue écrite, en outre ἐργάσασθαι est gravé sur une inscription de l'an 400 avant J.-Ch. envi- ΤῸΝ ; il est donc bien douteux que l’aoriste en -σὰ y soit une importation du grec commun. En béotien aussi se sont rencontrés μέσον et μεσέγγουον. en regard de μέττω, puis encore l'aoriste poétique προσαρμόσας: celui-ci serait-il une forme conservée par la tradition des poètes béotiens ?

1, Curtius les a énumérés Verbum ? ΤΡ. 341. 2. Cf. Lambert, De ζ εἰ GÙ, cap. ΠῚ 2.

3. ἐργάσσασθαι maintenu seulement dans l'écriture ou la tradition littéraire argienne.

Presque tous les dialectes doriens, ainsi que ceux du nord-ouest, fortement imprégnés de dorisme, nous montrent la lutte de deux types d'aoriste, l'un dorien, en -£, l'autre, en τσσὰ -02 -712, appartenant à la langue des vaincus, par ‘exemple béotien χατασχενάττη et ἐπεσχεύαξε, crétois ἐδίχαζε et διχάχσει, laconien χομίσασθαι et ξυναλίαξε, Il est visible d'après ce dernier dialecte, que les formes doriennes étaient plus en usage dans le langage parlé ou populaire, que dans la langue écrite, plus ou moins traditionnelle,

Ainsi, par son aoriste en -ξα, le dorien s'oppose nettement à tous les autres parlers de la Grèce, mais c'est sur le terrain de la morphologie.

Troisième groupe.

Le prégrec posséda les doublets τελέσσαι τελέσαι et ἔσσομαι ἔσομαι. les uns formés sur le thème τελεσ- et la racine ëc-, les autres sur τελε- du génitif τέλεος et sur ἐ- abstrait de ἔων ἔω εἴην, etc.

A leur égard, les dialectes se comportèrent comme ἃ l'égard de ὅσσος et de δικάσσαι. à cette différence près que le béotien garda intact le double σ primitif.

Eolien. — Chez les poètes, tantôt σσ, tantôt σ : τέλεσσαι Sa. 1, 26, ἔσ ζσδομαι Sa. 96, ἔσσετ᾽ Sa. 68, 2, Th. 30, 6, ἔσζσε;ται Sa. 101, 2, Th. 30, 12, ἔσσεσθαι Sa. 69, 2, τρέσσαις Balb. 3995, 9.

D'autre part, τέλεσον Sa. 1, 27, τελέση: Ale. 57 (mss.

rehecont), ἐχτελέσεις Th. 98, το, ἔσηι Alec. 67; 87 *.

Les inscriptions n'ont guère que des formes avec

1. Naturellement, après la chute du G intervocalique. Le présent τελείῳ a dû avoir sa part d'influence.

a. Ajoutons encore l'impératif ἔσσο Sa. 1, 98. — ἔσσεται est cité par Hérod. II, 280, 91:: EM 981, 33; ἐσσόμενα par Tzétzès "- 115, τῦ, et le subjonctif 7 πενθέσσης par C. IE, 10.

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