ET LE
Verbes en -aw.
Un problème’ délicat à résoudre et d'une importance capitale se pose dès l'abord : αὐ se contracte tantôt en ἃ tantôt en w, de même que x produit soit ἃ soit η, Quelle cause attribuer à ce double traitement 7
Sur les inscriptions, les contractions en w, ἡ sont ordinaires ; en voici quelques exemples :
Eltolien. — ὁρμώμενον SGDI 1410, 3.
Mégarien. — τιμῇ (indic. prés.) SGDI 3010, 16, φοιτήτω 3052, 6, νικῶντι 3046, 1, νικῶμες 3046, 2, αἰσιμνῶντες 3054, 6. |
Corinthien. — sys 3196, 8, érwowGyra 3209, 2 (l'un et l'autre de Corcyre), ἐρωτῆ (3° sg.) 1565 a 1 (d'Ambracie).
Argien. — νυκῆν 3277, 13; ἑώρη (imparf.) 3339, 66; 3340, 28, 71.
Calymnien. — ἐπερωτῆι 3591 à 49, τιμῶν 3558, 10, συναν- | τώντων 3560, 9. | |
Coien. — rw 3619, 6, τιμώντω 3636, 25. |
Rhodien.—rcp|w]sf (subj.) 3550, 90 ; θοινῆται 4232 ; νικῶντα 4197 a; 42717, 2.
Héracléen. — ἐπιδῆι 4629. 1, 128 (cf. Curtius, Verbum * I, 218).
Laconien. — ἐνίκη 4416, 13, 19, 24, 30, 32, νικῶσα 4418, 5. ἡδῶντι (subj.) 4598 a 5: ἐνήδῴάις (dat. fém. plur. du participe présent actif de ἐνηδάω) 4416, 15, 22, 27, 33.
Messénien. — [ἀξ)]ιῶντες * 4645, 5, ἠξίων (imparf.) 4645, 9.
Crétois. — ὁρῆι LG IV, 16, νικῆν AJA 1807 p. 211 n° 24 1. 15, vw tb. p. 191 n° 19 L. 11.
Sur les monuments épigraphiques, les contractions | en %, ὦ se rencontrent beaucoup plus rarement : 4
1. Un peut négliger le changement de τᾶ en -ξ si fréquent en dorien et aussi dans d’autres dialectes.
2. Le verbe ἀξιάω existe en éolien : ἀξιάσει SGDI 305, 5: 31°, 33 (Meister, Samml. III, 11, 106).
A Epidaure (Argolide). — διεγέλα SGDI 3339, 34, χαταγελάμενος 3339, 123, ποτελάτω RA 1801, II, 51 (Mon. Ant. 1, 593, 6).
A Cos'.— ἐλάντω SGDI 3636,8, 12, 14, ἐπελάντω 3636, 11, 15, 16, 19 (cf. ἐλά[σα]ντες 3636, 17 et d'autre part τιμώντω 3636, 23).
A Héraclée. — ἐπελάσθω 4629, I, 125.
En Laconie. — ἐτίμα 438, 3 sur une inscription du 111-15 siècle rédigée en vers, et rw 4568, 51: ce dernier, datant du 1° siècle av. J.-C. seulement, est sans doute hellénistique.
En Crète. — ᾿τεχνᾶτο — ἐτεχνᾶτο, inscription d'Oaxos, Mon. Ant. III, n° 183, 1. 3.
A Dodone. — τιρᾶντι SGDI 1585, 8.
Mais la littérature dorienne abonde en formations de ce genre : Aristophane* fait dire à son Mégarien διαπεινᾶμεν Acharn. 551, mais πεινῆν 534. Archimède a écrit ὁρᾶσθαι ΠῚ, p. 250, 11, mais ὁρῆται IT, p. 252, 18 (cités par Johansson, ἰ. 6. p. 28). Théocrite, comme Pindare, (Audouin, Dial. gr. p. 42) contracte ae en à: χοιμᾶσθαι VIII, 66, ἐρᾶται II, 149 ; chez lui le résultat ordinaire de la contraction de 40 est w: σιγῶντι II, 38, μικώμεναι IV, 12, mais parfois à : πεινᾶντι XV, 148, παρελᾶντα V, 89; VIII, 53, ἀμάντεσσι VI, 41; X, 16, γελᾶσα I, 36, γελᾶντι 1, 90, ἐρᾶντι VII, 97. On trouve πεινᾶντι dans Xénophon ist. Graec, ἵν 1, 23, ὀπτᾶντες dans Epicharme 82, ἐπεγγυάμενοι dans Sophron 41, νιχᾶντι (3% plur.) dans Pollux IX, 54, νιχᾶμες dans Plutarque, Apophth. Lac. p. 225, γελᾶντι βοᾶντι dans Eustathe 1553,
M. Johansson (ἰ. c. p. 16) pense que αο contracté produit ἃ en dorien, et que ὦ n'y est qu'un emprunt fait à la
1. M. Barth (De Coorum dialecto, p. 50) cite encore ἱερᾶσθαι, χρᾶσθαι. χράσθω. παρασχευᾶτε trouvés ἃ Cos, et qu'il considère à bon droit comme des formes de la langue commune.
2, Béotien φυσᾶντες Aristoph. Acharn. 868.
τς te langue commune, Cette opinion ne peut se soutenir quand on considère les mégariens νικῶντι νιχῶμες datant du w* siècle, les laconiens ǒûx νικῶσα de l'an 400 environ et le coïen τιμώντω de la fin du rv° siècle,
M, Dittenberger (/ndex scholarum in Univ, Halensi per hiemem 1885-86 habendarum XI) a établi cette loi de contraction dorienne : à avec : donne ἡ; 4 avec ε donne ἃ, La loi parallèle: ἄο se contracte en ὦ et ἄσ en ἃ, a été démontrée par M. Bechtel! (Samml, TT, 1, p. 26).
Une seule difficulté y fait obstacle, mais 6116 est des plus sérieuses, Les idylles de Théocrite contiennent deux formes de 2° pers. sing. ἴδον, moyen indie, ἐπάξα (= att. ἐπήξων IV, 98, ἐχτάσα (— att. ἐχτήσων) V, 6, où [ἃ final est le produit de ἄο (venu de ἄσο). Il est impossible d'interpréter autrement ces mots ; voici le contexte:
Φεῦ φεῦ βασεῦνται χαὶ ταὶ βόες, ὦ τάλαν Αἴγων, εἰς ᾿Αίδαν, ὅχα χαὶ τὺ χαχᾶς ἠράσσαο νίχας" χὰ σῦριγξ εὐρῶτι παλύνεται, ἄν ποχ᾽ ἐπάξα. IV, 26-28,
Au surplus, ils sont appuyés de l'autorité de plusieurs manuscrits importants et des scholiastes * ; l'hypothèse d'un hyperdorisme ne peut être raisonnablement admise.
Le problème d'éré£a et εἰ ἐχτάσα sera résolu par le crétois παρθύσαται AJA 1805 p. 161 n° 1 L. 9. qui est un subjonctif d'aoriste : τσαται ἃ remplacé -σηται ou plutôt -σεται, afin que la caractéristique α de l'aoriste sigmatique fût mise en évidence. Pour la même raison, ἐπάξα. ἐχτάσα furent substitués en dorien aux réguliers ἐπάξω. ἐχτάσω.
Ce point éclairci, on répartira en trois groupes les
τ. Il compare très heureusement ἁλυμπιάς (— ἃ ὀλυμπιάς) SGDI 3045, 7 à λῶντι 3045, 4, νιχῶντι 3046, 1 — λάᾶωντι, νικᾶοντι (inser. de Sélinonte).
a. EM 530, 19 cite ἐλέξα ἐπρία ἐπαιδεύσα : Schol. Theocr. IV 298 ἐνοήσα ἐγράψα ἐπάξα. ᾿
formes verbales doriennes remarquables par leurs con-
tractions en &.
1° — διαπεινᾶμεν, πεινᾶντι. ἀμᾶντεσσι sont originairement des verbes en ἄω (cf, ionien-att. πεινῆν, et, pour le dernier, Schulze QE p. 365 suiv.).
2° — διεγέλα, χαταγελάμενος. ποτελάτω, ἐλάντω, ἐπελάντω, ἐπελάσθω. Pour MM. Schulze (QE 307) οἱ Prellwitz (Sammlung ΠῚ, 1 p. 156) les deux premières formes appartiennent à un présent γελᾶτω qui viendrait d'un *ÿ2w plus ancien. Quant aux autres, elles seraient, d'après MM. Schulze (QE p. 380 n. 3), Müllensiefen et Bechtel (Sammlung WA, 1 p. 360) des aoristes athématiques, de même genre sans doute que l’attique ἔφην ᾿. Bien que ces hypothèses ne se heurtent pas à des obstacles insurmontables, on se rallierait plus volontiers à l'opinion de MM. Brugmann (Gr. Gr.” p. 278) et von Friesen (Argien p. 156), pour qui toutes ces formes sont athématiques et supposent des présents γέλᾶμι et ἔλᾶμι. Toutefois on peut croire en outre que postérieurement, d'après l'analogie des verbes en 2, διεγέλα. ποτελάτω. elc. prirent une fausse apparence de verbes thématiques en allongeant leur x. Et ainsi seraient expliquées les accentuations théocritéennes παρελᾶντα. γελᾶντι, γελᾶσα. Avec ces verbes se groupe naturellement ἐρᾶντι.
309. — ἐτίμα, ἐτεχνᾶτο, τιμᾶντι, φυσᾶντες, ὁρᾶσθαι. ὀπτᾶντες. ἐπεγγυάμενοι, νιχᾶντι. νιχᾶμες. βοᾶντι. et les contractions de Théocrite de x: en ἃ: χοιμᾶσθαι. Ils différent essentiellement des verbes énumérés au paragraphe précédent, en ce que leur à, qui tient la place de ἡ ou de ὦ. n'est qu'accidentel. M. Hoffmann, en parlant de τιμᾶντι (Sammlung II p. 125), les considère à bon droit comme des formes à voyelle radicale radicale longue : τιμᾶντι — τιμᾶοντι.
A côté donc de rwäw, τεχνᾶω. etc., le dorien ἃ dit τιμᾶω, τεχνᾶω. Les formes venues de äw, étant plus fréquentes chez les écrivains que sur les inscriptions, remontent
1. Mais à Cos, à côté de ἐλάντω se lit l'aoriste ἐλάσαντες SGDI 3630, 13.
apparemment à une assez haute antiquité, Alors d'où viennent-elles? A-ton dit +y40 à cause de ἐτίμασα (Brugmann, Gr. Gr.’ p. 306)? Mais dans ce cas nous devrions trouver en dorien φιλήω et στεφανῴω, Or, φύήω n'y existe pas, et στεφανώω, comme on va le voir, est bien peu vraisemblable, Il ne reste donc qu'une seule ressource ; c'est d'admettre que l'antique zy20 a continué à vivre en dorien à côté du plus récent et analogique +y4w.
Verbes en -οω.
Type δοχιμόω.
En dorien, les contractions se font en général comme en ionien-attique : 0€, 00 produisent un ὁ fermé long, qui est exprimé dans l'écriture soit par w, soit par ου. En voici quelques exemples :
Mégaride. — ἀξίουν (3° pers. plur. imparf.) SGDI 3010, 9, στεφανοῦντι 3069, 2, στεφανοῖ 3087, 50.
Argolide. — ἀξιοῖ SGDI 3364 a 38, b 20, 25, 35, ἀνανεοῦται 3386, 7, ἐπιφανοῦν 3380, 14.
Cnide. — στεφανοῖ SGDI 3505, 14, χυροῦν 3305, 23.
Calyÿmne. — ἀξιοῦντος 3585, 4, [στεφαν]οῖ 3586 ὃ 13, ἐξορχώϊντω] 3591 à 2.
Ast-palée. — στεφανῶν ' (infin.) 3459, 25.
Cos.— raprüvrt* SGDI 3636, 33, στεφανοῖ 3618, 20. ἀξιοῦντι 3619, 7, 3620, 5, T1.
Rhodes. — δηλούντων SGDI 3550, 35, cr φαν]οῦσθαι 4260, 0, στεφανοῖ 4288, 4 ; 4320, 25.
Laconie. — στεφανούμεναι 4405, 15.
Héraclée. — μετριώμεναι SGDI 4629 I, 18, 22, 28, 33,
1. Peut-être cet infinitif στεφανῶν a-t-il été influencé par στεφανῶ!:ι qui se trouve sur la même inscription (voir ci-dessous).
2. M. Barth (Coorum dialecto p. 63) regarde ΤῺ de χαρπῶντι comme le produit de la contraction de 00. . |
LS RS à à