ORIGINE DE LA CONJUGAISON ÉOLIENNE
L'origine de la conjugaison athématique gdmqu:! est un problème des plus difliciles à résoudre, On en a proposé diverses solutions.
1° M. Johansson (Derivalis, p. 56) croit que les contractions éoliennes telles que φιλέετε φίλητε ont amené le passage de φιλέω dans la conjugaison en -w*, Mais M. Brugmann (Gr. Gr.° p. 286 Rem.) rejette cette explication à cause de φίλεισι (3° pers. plur.), de φίλεντες (partic.), et aussi à cause des différences d'accentuation que φιλῆτε contracté et ἐλύθητε présentent en arcadien et en thessalien.
2 M. Wackernagel (AZ XXVII, p. 84) admet que ἐφίλεες ἐφίλες se sont contractés en ἐφίλης ἐφίλη dès la période d'unité grecque, et que ces formes contractes furent le point de départ de la conjugaison du. M. Johansson (L. δ. p. 72) lui objecte le contraste qui existe entre l'attique ἐφίλεις et l'éolien ἐφίλης : les contractions ont eu lieu après la formation de dialectes indépendants.
3 Une des deux solutions de M. Brugmann (Gr. Gr.” Ρ. 285 suiv.) est celle-ci : gd — créé sur l'analogie des verbes à voyelle longue comme ζῆν. avec le concours de φιλήσω, ἐφίλησα — aurait pris ensuite les désinences et la forme des verbes athématiques. Mais l'étude précédente a fait constater que le type φιλήω ne se rencontre qu'en éolien asiatique, où il est rare, poétique et sans doute accidentel. D'ailleurs l'éolien ζώω défend de faire venir
1. En vue de la brièveté, on dira φίλημι pour désigner ἃ la fois φίλη μι, tluäu (τίμαιμι), δοχίμωμι.
2. L'hypothèse d'une antique conjugaison ‘adikéy6, ‘adikeyesi, ‘adikéyomes, "adikeyete, etc. (Johansson, !. €. p. 1%), est inutile et repose sur des bases bien fragiles.