CHAPITRE V
L'Optatif et l'Infinitif,
L'OPTATIF
Les Eoliens formaient l'optatif des temps athématiques à l'aide du suflixe -1-, -4- : βαίην Th. 20, 38, θεῖμεν Sa. Ga, 1, φιλείην νοείην, ἐπαινεθείη στεφανώθειεν, etc. Pour ἰοίην et λαχοίην, V. p. 208.
Le présent et l'aoriste thématiques avaient à l'actif les terminaisons -ou, τοῖς, ete. : ἐμμένοιεν IGMA 6, 19, δαύοις. Sa. 83, ἔχοι θέλοι χαίροις φέροιεν, προμόλοιμι εἴποις.
L'optatif aoriste en -αῖμι se trouve dans les textes poétiques : ἀχούσαις Alc. 83, αἰνέσαι Th. 29, 16, ἐπαινέσαις Th. 29, 11, οἰδήσαις An. 56 a 6. |
Les grammairiens anciens (Hérod. IT, 823, 16; EM 560, 16: AO, I, 408, 5, etc.) ont souvent parlé d'un aoriste optatif éolien τύψεια, τύφειας, τύψειε, τύψειμεν, τύψειαν᾽. Grâce
1. On a beaucoup disserté sur l'origine de l'optatif en -στσεῖα, Pour M. Brugmann (Morphol, Untersuch. WE, 64 suiv., Grundr. I, 1195, 1308) le pluriel de l'optatif aoriste aurait d'abord été *de£-ec-mueY, Ἐδειξ-εσ-ιτε, “ôet£-ea-ux, d'où δείξειμεν, δείξειτε, δείξεια(") ; puis, sur le modéle de δείξειαν, les Grecs auraient créé δείξεια δείξειας δείξειε. qui se seraient substitués à *Oet£eunv Ἐδειξειης Ἐδειξειη, produits naturels de Ἐδειξ-εστὴν ἔδειξ-ἐσ-τη. Cf. Henry, Préciss p. 321. Cette hypothèse ne rend pas compte de l’optatif 3 pers. δείξει. Puis, comme le fait remarquer M. Wackernagel (Verm. Beitr. p. 43), il serait bien étonnant que le singulier primitif *ôet£emy, Ἐδειξειη ς. qui correspondait exactement à τιθείην, λυθείης, eût été tout à coup délaissé. Enfin un primitif Ἔδειξ-εσ-τιτμεν est contredit par la forme archaïque cerétoise FÉDAGLEY Mon. Ant. ΠῚ. n° 148, 7, qui nous oblige à poser *Ôeux-0-11-Y, -G-L-LLEV.
De son côté, M. Wackernagel (1. €. p. 42 suiv.) admet comme formes pri-
me LR Ὁ ne Ι συ: :
PTE > Le 7 | té on “" Le. LT à τις. »- AR ἐφ CES: À , * «. ᾽ — 2 20 a > e ἢ
ἶ | si αν...
… aux nouvelles inscriptions publiées par M. Paton, le témoignage des anciens se trouve enfin confirmé par [δ)ιαδέξειε IGMA 527, 53 et peut-être par ἐξολέσσειαν 278, 8
(ἴὰ pierre porte ξολεσσιαν).
Le
mordiales λύσεια (de “Avger-m) λύσει (3 pers., de ἔλυσει-τ), λύσευ-μεν, λύσει-τε, tandis que λύσειας δύσεις λύσειαν seraient posteriturs et analo-
giques. A cette explication M, Brugmann (Gr, Gr. 3 p. %19 Rem. 4) objecte entre autres que λύσεια, λύσειμεν, λύσειτε ne sont connus que par les grammairiens .
M. Wackernagel décompose λύσεια en ÀUG-EL-4, faisant de -Et- la caractéristique de l’optatif de l'aoriste thématique, qui se serait ensuite transportée à l’autre aoriste. M. Bechtel (Gôtting. Nachr. 1888 p. 402 suiv.) imagine un thème d'aoriste Ôetx-6€- dont l'optatif serait δείξεια et le subjonetif, devenu le futur dorien, δειξέω. Les deux savants ne sont en désaccord que sur l'origine du radical δειξει-: l'objection de M, Brugmann à la théorie de M. Wackernagel, vaut par conséquent contre celle de M, Bechtel.
Au témoignage des documents littéraires et épigraphiques, les seules formes vraiment répandues dans une bonne partie du territoire grec furent λύσειας, λύσειε et λύσει, puis λύσειαν, L'explication de l'optatif en --σειὰ doit donc reposer avant tout sur elles. En outre, les terminaisons “AS, “€, -αν n'appartenant pas à l'optatif, mais à l'indicatif aoriste, il y aura toujours quelque invraisemblance à supposer que λύσειας ait été dès le principe un optatif. Ceci posé, rappelons-nous qu'il existe en sanscrit une sorte d'élément suflixal usité au prétérit, qui tire sans doute son origine de certaines racines dissyllabiques, mais qui semble avoir joué le rôle de suflixe. Il se montre sous la forme réduite dans dsit « il fut » et, sous la forme normale, dans les aoristes védiques djais, djait « tu menas, il mena », dçarait, à côté de dçarit, « il brisa ». On a cru (p. 21%) le reconnaître dans les homériques ἔην, ἐσσεῖται et dans l'attique ἤἥεισθα, où il cest à l’état normal δὲ; M. Brugmann (Grundr. 11, 896) le retrouve à l'état réduit dans ἀγινέω. Si c'est le mème élément qui servit à former le latin féceris dans la formule prohibitive né féceris, il aurait eu le sens d'injoncetif. Supposons donc en grec un usage assez répandu de ce suflixe, mais
restreint, comme en sanserit, à la » et à la % pers. du singulier. Dans ce cas, auprès de l'indicatif aoriste ἔλυσας, ἔλυσε, aurait existé un injonctif | Ἔλυσεις, de “luséis, et λύσει, pour Ἔλυση de “luséit. Alors, sous l'influence de l'indicatif, Ἐλύσεις devint λύσειας, et à λύσει fut donné comme doublet λύσειε. Puis à cause de leur parenté de forme avec τιθείης, τιθείη,
λυθείης, λυθείη, les Grecs employèrent λύσειας, λύσεις, λύσει en fonc-
tion d’optatifs. C'est après ce changement de sens que λύσειαν, puis λύσεια, λύσειμεν, λύσειτε furent créés.
Tandis que le subjonctif de ἔλυσα était λύσω, λύσεις qui prit le sens du futur, sur Fhucets, λύσει fut construit un autre subjonetif VAvGE VE, Ἔλυσεγ ει, lequel, sous la forme λυσέεις λυσέξι, λυσεῖς λυσεῖ n'est autre
Enfin, selon Choeroboseus 558 (Hérodien 11, 823), la
‘4 première personne τύψεια aurait été employée par les Eoliens seuls, mais non par les Athéniens,
Cet optatif est beaucoup plus fréquent dans Homère que la forme -σαῖμι (Curtius, Verbum 11, 292). Les loniens postérieurs ont fait un usage constant de -cex, par ex. ἀχούσειαν Hérodote IV, 129, νοστήσειας VII, 38, ψαύσεις III, 30. ΠῚ fut aussi très employé par les Attiques : ψαύσειας Eschyle Suppl. 925, ἀναδλέψειας Aristoph. Plut. οὗ, voyicew Thue. 2, 35, ete.
On n'a rencontré aucun optatif aoriste actif ni en thessalien ni en béotien. A l'arcadien appartient la glose ἀποέρσειε (mais φθέραι SGDI 1222, 8). L'éléen fournit χατιαραύσειε SGDI 11592, 2, ἀδεαλτώαϊς Jahresh. εἰ. üsterr. archäol. Instituts T p. 193 L 15.
Nulle part ailleurs n'apparaît -ez; les inscriptions n'ont que παραμείναιεν SGDI 2156, 16 et μεταλλάξαιεν 1684, 10 (delphien) ; δικάσσαιεν SGDI 3275, 8 (argien) : Ρέρχσαι Loi Gort. X, 30, νιχάσαι ib. IX, 22, ἤχσαιε()) Mon. Ant. III, n° 14, ἐ]στείσαιεν ἐν. n° 150 1. 17, etc. (crétois).
La troisième personne du sing. en -ει 56 trouve en ionien sur l'inscription de Téos OH, HE, τοῦ δ τὰ : ἀϊποχ) τείνει, en arcadien dans διαχωλύσει SGDI 1222, 6; en crétois dans ἀποτείσει AJA 1897, p. 191 n° 19 L. 5. Peut-être en était-il demeuré deux ou trois vestiges dans les textes d'Homère et d'Eschyle * (Savelsberg AZ, XVI, 419 suiv. ; Wackernagel, Verm. Beitr. p. 46).
que le futur dorien. Et comme le thème λυσεῖ-- n'existait qu'à la 2 et à la 3 pers. du singulier, le futur dorien ne posséda tout d'abord que λυσεῖς. λυσεῖ (p. 219).
Remarques. À — ᾿Επίσχοιας E 941, qui se lit sur le palimpseste syrien, ne serait, s'il est exact, que ἐπίσχοις refait d'après λύσειας. comme σχοΐην est une contamination de σχοῖμι et de ἔσχετην.
B — Les aoristes du sanscrit classique en -sam, -sis, -sit nous montrent une extension postérieure d'un suflixe ἢ à la æ et à la 3 pers. sg.
I. Selon l'interprétation très plausible de M. Savelsberg (AZ XVI, 413 suiv.). La pierre porte A...TENEI: Les deux points y marquent la fin du mot.