‹ Étude sur le dialecte éolienChapitre 87 sur 107 · L'INFINITIF · texte numérisé non relu

L'INFINITIF

L'infinitif aoriste en ται et l'infinitif médio-passif en -σθαι étant panhelléniques, il suflit de mentionner leur existence en éolien. Exemples : στᾶσα! IGMA 645 ἃ 31, 45, 50: εἶπαι 645 ὁ 37; [ἐ]σένικαι 645 ὁ 39; εἰσένεγκαι OH, 11, 153, 12 ; Ôtôwolar IGMA 527, 40, ἔσσεσθαι Sa. 69. 2.

Pour les autres temps, les Eoliens employaient :

1° Le suffixe -uevx qui subsista jusqu'à la fin dans les infinitifs athématiques ἔμμεναι, θέμεναι et δόμεναι:

ἔμμεν ou ἔμμεν᾽ Sa. 2, 2; 34 ; ἔμμεναι Alc. 86 a ; Th. 40. 2: 30, 16 ; IGMA 1, 9, 11: 19 ᾧ αὖ ; 67, 0, τι: 526 a “3, 98, d 27, 29; 9290, ὃ; 649 a ὅτ, ὃ 33; SGDI 3x1, 51; 312, 11 ; 939,2 ; OM, II, 147, 17; 156, 14; 157, 9; παρέμμεναι IGMA 6, 46; θέμεναι IGMA 15 ὃ or ; χατθέμεναι 1, 17: προθέμεναι 645 ὁ 35 ; ὀνθέμεναι SGDI 311, 53: δόμεναι. IGMA 15 b 22: OH, II, 156, 3 ; ἀπυδόμεναι IGMA 6, 45 ; ἀποδόμεναι OH, 11, 153, 0 ; ἐπιδόμεναι SGDI 215, 42.

Ils ont échappé à l'influence analogique des verbes néoathématiques, l'un, ἔμμεναι. à cause de son aspect particulier, les autres, parce que les aoristes seconds de τίθημι et de δίδωμι maintenaient la forme réduite de la racine dans toute leur conjugaison.

Plusieurs fois les grammairiens grecs Eoliens les infinitifs γολωσέμεναι. ἐλθέμεναι. τυπτέμεναι. γελασέ-μεναι. Bien que les fragments des poètes éoliens ne nous aient pas encore révélé de formes de ce genre, Théocrite a écrit ἀπαλάλχεμεν 28, 20, qui nest sans doute pas un épisme.

‘ont attribué aux

1. Schol. L Iliade À τῇ τ AO II, 363, 15 ; EG 568, 31.— Hésychius nous fait connaître πορνάμεν * πωλεῖν ; πορνάμεναι * πωλούμεναι. dont le vocalisme, dit M, Schulze (GGA 1895 p. 853), est éolien, mais la désinence thessalienne, Ce sont peut-être deux éolismes véritables.

> Le suffixe -vars dans γνῶ μας IGMA 526 d ar, selon la

lecture de M, Paton; mais M, Bechtel (Sarmmlung n° δι)

a édité {ges et M. Hoffmann (Gr. Dial, ΠῚ p, 86) affirme

avoir bien lu un χ initial sur le facsimilé qu'il posséda | entre ses mains, Du reste cette inscription est entachée de | quelques formes hellénistiques, ΠῚ convient done d'at- | tendre d'autres documents avant d'attribuer aux Eoliens | un infinitif en -vx", |

Y Partout ailleurs l'infinitif éolien est terminé par un ν précédé d'une voyelle longue.

Présents athématiques : δίδων Th, 29, 9; χέρναν IGMA 1, 13; δίδων 498, 15 ; ὄμνυν 596 € 10.

Aoriste athématique : πρόσταν SGDI 215, 35, 43.

Présents néo-athématiques : ἔραν Th. 30, 17: συνέραν Th. 20, 32 ; πεινᾶν, γελᾶν (sic) C. HIT, 38 : ἄντλην Ale, 19, 3 ; ποντοπόρην Th. 30, 19; προτέρην Sa. 58, 4, φώνην Balb. 320, 5: λάλχην φίλην φρόνην C. ΠΙ, 36; ἐπαίνην SGDI 311, 25, εὐεργέτην IGMA 502, 22, βουθύτην 7, 9, χάλην SGDI 3911, 20, παραχάλην SGDI 215, 52, χατείρων *, στεφάνων SGDI 311, 6, 29.

Aoristes passifs: ἀνατέθην IGMA 65, 14, τελέσθην Sa. Oxyrh. Pap. VIT, 4 et 15 autres formes.

Présents thématiqnes: on en a compté 34 terminés en -ν, par exemple ἄγην Sa. 1, 19, ἐπιτρέπην Alec. 35, 1, ἔχην Th. 29, 20, ἀναχαρύσσην IGMA 498, το. ὀείγην 6, 43, ὑπάρχην 645 a οὗ. Il n'y a, sur des inscriptions tardives, que deux cas discordants : ἔχε[] SGDI 315, 6, ὑπάρχειν 318, 28.

Aoristes thématiques : χατθάνην Sa. Schub. II, 11, ἀποθάνην IGMA 526 a 19, ὃ 27, εἴπην Sa. 28, 4: Ale. 55, 2; IGMA 529, 5, et προσίδην. ἐπιτύχην, λάδην, συλλάδην, ἀμδρότην, πάθην.

Futurs : δώσην An. 56 a 1, ᾽πιδεύσην Sa. 2, 15, νιχάσην Th. 30, 26, ...σχευάσην, χρυσώσην, θήσην OH, IL, 153, 4, 5, 6.

Parfaits : τεθνάχην Sa. 2, 15 : Schub. I, 1: IGMA 596 d 15, ἐπιτεθεωρήχην SGDI 311, 18.

1. Il n'y a pas à tenir compte de πραγματεύθηναι SGDI 215, 39: l'inscription a été gravée en lonie par un Ionien 2. χατείρων — att. χαθιεροῦν..

- Ἢ κυ. PINOT LT Let lé

τς MS

L'uniformité de l'éolien contraste singulièrement avec la riche diversité de terminaisons d'infinitif que l'on constate dans les autres dialectes. Les suffixes employés ont Été μεναι, μὲν, μην, [EL — Eva — ἐν, εἰν (nv).

1°) -uevx semble avoir servi tout d'abord à former les infinitifs athématiques (Brugmann, Gr. Gr p. 200). Il sera parlé dans un instant de l'homérique ἀειδέμεναι et du béotien φερέμεν,

2°) -evat (-ναι) fut très répandu en ionien-attique : τιθέναι, θεῖναι, λυθῆναι, λελυχέναι. Les Arcadiens l'employérent eux aussi au présent et à l'aoriste actif athématiques, mais non à l'aoriste passif'. Son usage dans l'ionien épique fut bien plus restreint que dans l'ionien postérieur : d'abord eva ne s'y rencontre pas au parfait, mais bien -yevar, -uev: ἴδμεναι, ἴδμεν, βεδάμεν, ἐχγεγάμεν ; puis -uevær y fait, dans les autres temps, une grande concurrence à -ἔναι (-vx), qui ne se rencontre qu'après une voyelle longue : γνῶναι, φορῆναι, θεῖναι (Curtius, Verbum* 11. 115), à l'exception du seul ἰέναι. — Enfin les dialectes autres que l'areadien-eypriote et l’ionien-attique ignorent absolument la terminaison -εναι. De ces faits constatés il résulte que l'extension de -εναι date d'une époque récente.

Les mots qui ont donné naissance à ces créations analogiques furent assurément en petit nombre, car autrement on ne comprendrait pas pourquoi l'éolien, qui ἃ conservé -ueyx, ne montre aucune trace certaine de -εναι, Peut-être l'unique * point de départ fut-il δονέναι (sk. dàvâne « donner »). Chez Pindare, en effet, linfinitif athématique est ordinairement construit à l'aide du suftixe -μὲεν : ἔμμεν, τιθέμεν, διδόμεν, ἵμεν, συνίμεν. φάμεν, ἀναπιτνάμεν, χιρνάμεν ; στάμεν. θέμεν, ἀναθέμεν, χαταθέμεν, συνέμεν, δόμεν.

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