On citera plus loin des exemples
2. Curtius (1. €.) a nié l'identité du grec εἰδέναι (*rexd-Fev-m 2) et du zend vid-van-ôi « savoir ». En effet non seulement εἰδέναι est inconnu aux dialectes autres que l'ionien et l'attique, mais Homere ne se sert que de ἔδμεναι, ἴδμεν. La concordance de εἰδέναι avec la forme du zend est fortuite ; εἰδέναι : εἰδείην — τιθέναι (non homérique) : τιθείην.
il mi”. ὦν MOUSE à à da δα ὲ
Dauer: γεγάμεν, εἰδέμεν ; αἰσχυνθῆμεν, ou de «μεναι; ἔμμεναι, On ne découvre -va que dans δοῦναι Pyth. IV, 35, où δόμεν fausserait le vers, dans γγῶναι OL VI, 8g, qui peut être sans difficulté remplacé par γνῶμεν, dans δεικνύναι frg. 4a (171), 3:
avec un hiatus que δειχνύμεν ferait disparaître, et enfin dans εἶναι frg. 41 (288): le fragment est transmis en langue commune, Un seul infinitif en -vx4 y est donc certain, c'est δοῦναι.
Aorév«, pour le sentiment populaire, était composé d'une racine ôor- (0- après la chute du Fr), et d'un suflixe -εναι : Cf, le participe arcadien ἀπυδόας SGDI 1222, 13 venu de *ärvèor-ay;. De là, le suffixe -evx passa naturellement à l'aoriste de τίθημι; ἔθεεναι : ἔδοεναι — ἔθεμεν : ἔδομεν, car ces deux aoristes vont de pair; puis au présent du verbe «être » dont la racine apparente était &, d'où résulta *i-evu'. Lorsque les contractions δοῦναι. θεῖναι, εἶναι se furent effectuées, il n'exista plus qu'un suffixe -vx, adjoint à des thèmes terminés par une voyelle longue. Telle fut la cause de la règle homérique rapportée plus haut. Ce n'est que dans la suite que les Ioniens et les Athéniens se hasardèrent à former τιθέναι. puis, sur son modèle, εἰδέναι. On conçoit dès lors que la plupart des dialectes grecs ont pu laisser périr δοξέναι. au lieu de le rendre fécond *.
3) τῆν. -ew (-ην). — L'infinitif δοξέναι (sk. dévéne) est constitué à l’aide du suffixe -svx et men de -Fevx. La racine, à l'état normal, est dôu (Hirt, AblautS 62), comme en témoignent non seulement l'arcadien ἀπυδόας et le latin duim”*, mais surtout les aoristes crétois ἐϊδούμεθ[«] AJA
1. Comparez la conservation de -λεναι dans les seuls infinitifs ἔμμεναι. δόμεναι, θέμεναι en éolien. — Dans cette hypothèse, l'homérique ἰέναι. analogique de Fécya, est légitime. 2
2. On lit dans Sophron (/rg. 36) σχιρωθῆναι qu'Ahrens (Dial. II, 469) a proposé de changer en σχιρωθῆμεν.
3. Voir α. Meyer (Gr. Gr3. p. 602) qui fait d'autres rapprochements encore.
1896, p. 587 n° 90, 1. 3, δούμην tb. 1. 5. D'ailleurs rien ne prouve l'existence en grec d'un -rsvx. L'infinitif sanserit türvdne « vaincre » se rattache à une base tereu (Hirt, ἰ. e. ὃ 524), et dhüredne « combattre » à dherdu (Hirt, $ 231). En réalité, dâväne, türvane, dhûroäne, doréyu sont les datifs de noms verbaux, en -en ἡ. Cf. Johansson, Derivatis, p. 203; (ἃ. Meyer, Gr. Gr. p. 666.
L'infinitif dorien ἄγεν fut à l'origine le locatif sans désinence du nom abstrait ἀγ-εν-. Le suffixe y avait le degré normal ; il portait donc l'accent, ainsi que nous le voyons pour -enai dans dâväne, dhürvdne, tûrvdne. Var conséquent aussi, il s’ajoutait à la racine réduite : λιπ-έν, Tout d'abord, il dut se rattacher à l'aoriste, Du reste, puisqu'au présent la place de l'accent variait primitivement comme au parfait (Hirt, Ablaut, p. 186), l'infinitif présent était en -μεναι (CÉ. ἔδμεναι homérique et aussi éolien, AP IIE, 325, 11). Mais de même que, dès une époque très ancienne, λείπω s'était développé à côté de ἔλειπμι, de même il se forma un infinitif Aeïrey, avec le recul de l'accent, en regard de ax μεναι. En d'autres termes, -, suflixe aoristique, se transporta au présent.
L'attique λιπεῖν suppose un autre infinitif en -é qui remonte à -ésen, à -éyen ou à -éwen. Comme -éyen n'a pour lui aucune autorité, que le suflixe «ven- n'a pas concouru à la création de l'infinitif, seul -esen * est la forme primitive. Il a son pendant, dit M. Brugmann (Gr. Gr.° p. 361), dans l'infinitif sanscrit en -séni. Accentué lui aussi, il appartint d'abord en propre à l'aoriste, puis il fut employé pour le présent. Dès lors la langue grecque posséda les doublets Aurév, ἔλιπέεν ; λεῖπεν. “hcireey, qui se maintinrent, plus ou moins modifiés par la phonétique, durant l'époque historique,
1. M. Brugmann (6r. Gr.3 p. 381) dit qu'il y a à peine lieu de songer ἃ des abstraits verbaux formés avec le suflixe -en, Pourquoi? ΠῚ est vrai que le même auteur (Grundr. 11, 33%) reconnait que le dorien φέρεν peut être le locatif d'un nom abstrait,
a. Formé de l'accumulation de -es et de -en, Sur le rôle du suilixe -esdans la conjugaison grecque, voir Parmentier MSZL VE, ἴοι,
' - 232 — Ainsi pourra s'expliquer la différence de vocalisme qui “. se remarque dans l'infinitif homérique ἀειδέμεναι et dans le | : participe ἀειδόμενος, En fait, ἀειδέμεναι est sorti d'un plus | γ-: ancien Κἀειόμεναι par analogie, selon la proportion ἀειδέμεee var : "ἀειόμεναι — "ἀειδεεν : ἄειδεν, :
‘4 Enfin, le présent feirey contracta ses deux ε contigus " plus tôt que l'aoriste Murées, sans doute parce que là £e « était atone, tandis qu'ici l'un des deux € portait l'accent, | Homère ἃ 102 infinitifs d'aoriste en τειν, tels que ἰδέειν, dont τή seulement sont suivis d'une initiale vocalique. Des savants ont voulu lui substituer partout e (Curtius, | Verbum® 1, 119, 129). Toutefois la légitimité de ἰδέειν se défend sans peine ; du jour en effet où λείπεεν se contracta, le présent λείπειν n'eut plus son correspondant à l'aoriste ; alors ἰδέειν naquit tout simplement par la force de l'analogie ἰδέειν : λείπειν — “idéey : λεῖπεν᾽. Ce phénomène ne paraîtra pas plus étonnant que celui de la formation de l'homérique ἐπέεσσι d'après πόδεσσι, malgré l'existence de
4 Il est maintenant facile de voir ce qui se passa en éolien. À Pour la conjugaison thématique, -«» seul fut conservé et D devint --ν : Acirnv, λίπην. Les verbes φιλέω, τιμάω, στεφανόω 4 Ç eurent pour infinitifs φίλξην, τιμάην. στεφανόην et, une fois 4 les contractions effectuées, φίλην, τίμᾶν, στεφάνων. L'influence ? réciproque des verbes athématiques anciens et des néoathématiques fit remplacer τιθήμεναι (ou τιθέμεναι). ἱστάμεναι. 7 κ᾽ διδώμεναι (ou διδόμεναι), λυθήμεναι par τίθην, ἱστᾶν, δίδων, λύθην. “à Le parfait, à son tour, suivit le mouvement. Seuls ἔμμεναι,
δόμεναι. θέμεναι échappèrent à l'envahissement du suflixe εἶ γ d'infinitif thématique. | x En fhessalien, l'infinitif des temps athématiques fut en
1. Puisque le présent λεῖπεν n'existe plus dans l'ionien épique, il est à croire que *id£ey y était déjà hors d'usage. Mais λεῖπεν et λείπειν ont con- 4 tinué à vivre côte à côte. par exemple, en arcadien et en argien, comme
on va s'en assurer.
pes : ἔμμεν SGDI 345, 20, 46; OH, IL, 7, 27: 1, 5: EA …. 1900 col. 53 n° 21. 8 et 9; δόμεν SGDI 345, 23, 46: ἐσδόμεν —… SGDI 345, 20; κατθέμεν 345, α΄, 44: ἐσθέμεν 345, La, et sans doute aussi ἐσχιχρέμεν 1597, 4. — L'infinitif thématique se termina en -euey à Larisse et à Crannon, mais en -e ailleurs : ὑπαρχέμεν SGDI 345, 19; 361 b 20; χριννέμεν, πρασσέμεν 345, 14, 17; φεύγειν (DEYTEN), OH, II, 50, 2; ἔχειν SGDI 396, 4 : ἐξξαναγχάδδειν (EZEA NA KAAEN) Mitt. 1806, 110, 9. On n'a rencontré ni infinitif parfait actif ni infini- 1 aoriste passif.
Les inscriptions de Béotie ne connaissent qu'un seul suffixe, -ev, qui sert à la fois aux temps thématiques et aux athématiques : εἶμεν (fréquent), ἐσσεῖμεν SGDI 545 € REG 1899, 51, a 18; δόμεν ἐδ. a 19; διδόμεν tb. a οὗ: 4 trobéμὲν SGDI 512, 7: ἀνθέμεν IGS I, 4136, 2; — φερέμεν SGDI 802, 16; ὑπαρχέμεν 1145, 13; νεμέμεν 1GS, I, 1998, 8; ἀγιρέμεν (= att. ἀγείρειν) IGS I, 4136, 4 ; χαταγγελλέμεν ἐν. 1. G; ἐνφερέμεν, νομιδέμεν (= att. νομίζειν) BCH 1805, p. 161 L. 8 et 9. etc. — Sur χαρτερῆμεν, προστατεῖμεν, ἀδιχῖμεν (voir p. 184). — Peutêtre la poésie béotienne avait-elle gardé l'ancien infinitif thématique : θερίδδειν Aristoph. Ach. 947; πονεῖν et φαγεῖν Euboulos (Antiope), φέρειν 1GS 1. 1818, τὸ (inscription métrique).
En arcadien-cypriole, -μεναι disparut", comme en ionienattique, mais -va prit de l'extension : Présents athématiques : ἦναι SGDI 1222, 10; 1233, 2; OH, I, 29, 2, 5: BCH 1892, 568, 36; ἐξῆνα: OH, I, 29, 13 (tous arcadiens). — Présents néo-athématiques : arcadien : ἀπειῦῆναι SGDI 1222, 46: χατυφρονῆναι 12929, 43: cypriote χυμερῆναι SGDI 68, 4. — Aoriste athématique : arcadien ἀνθῆναι BCH 180, p. 44 n° 4, L. 9; cypriote δοβέναι SGDI 60, 5, 15. — Mais l’aoriste passif est en -1 dans l'arcadien θύσθην OH, I, 29, 23. — L'infinitif* des temps thématiques a le suffixe τᾶν
1. Par conséquent, on ne doit pas lire διχασάμεν (infin.) BCH, 1802, 568 suiv. 1. 18, mais ἐδικάσαμεν.
a. Les infinitifs en EN de l'inscription archaïque OH, I, 29 sont équivoques, de même que le eypriote e ke ne SGDI 60, 10, 29 — ἔχεν ou ἔχην.
ER Ὁ
sur l'inscription de Tégée SGDI 19299 : ἐπηρειάζεν 1, 46, ἱμφαίνεν À, “ἡ, ὑπάρχεν 1, 53; mais l'inscription de Lycosura EA 1808 col, 249 suiv, donne παρέρπην 1, 3, παρφέρην 1, 11, M. Meister (Berichte εἰ. sächsischen Gesellsch. 1899 Ρ. 149) prétend que ces derniers ont été importés à Lycosura de l'Elide voisine, Mais pourquoi le dialecte d'Arcadie n'aurait-il pas gardé les doublets anciens -ἔν et -2 (-19), d'autant plus que nous les retrouvons dans des villes différentes, l'un à Tégée, l'autre à Lycosura? A Epidaure, par exemple, ne lit-on pas sur l'inscription SGDI 3325 ταμέν 1. 4,12, 34, 41 ; ἀγαγέν 4, 12, 34, 4x; rapéyer 37, Go, 65; mais λέγειν SGDI 3339, 19; ἐνεγχεῖν 3339, 108?
En résumé done, l'éolien est arrivé à ne conserver que -uevat et -een (-r»); le béotien, à la longue, s'en est tenu au seul suffixe -uev, et l'arcadien supprimant -yevæs ἃ fait fructilier doréva, en même temps qu'il resta fidèle à -en et à -een (-1v). Sous le rapport de la persistance des terminaisons primitives, les dialectes dits éoliens sont en complet désaccord.
L'extension de -μενίαι) aux présents thématiques se constale à la fois dans l'ionien épique : épyéuevar, ἀγέμεν, etc., dans le thessalien, dans le béotien. Le type τυπτέμεναι ἃ sans doute existé en éolien (p. 227), mais certainement il ne pouvait plus y être qu'un archaïsme au vu siècle, puisque -uevat tendait à disparaître. Si l'arcadien a dit un jour τυπτέμεναι. nous ne le saurons peut-être jamais, car tout infinitif en -uevx a été transformé dans ce dialecte. Cependant l’aoriste passif θύσθην ne s'explique guère sans un ancien φερέμεναι ; θύσθην : θυσθήμεναι — φέρεν : φερέμεναι.
Quoique les dialectes doriens aient persévéré jusqu'au bout dans l'emploi de la terminaison -uey (-uew, -unv), pourtant τυπτέμεν leur fut complètement étranger. Voici quelques exemples d'infinitifs doriens.
Eléen. — ἦμεν — εἶναι SGDI 1153, 2 ; 1192, 19, 21, 23 : — ἀποσταλᾶμεν (801. passif) 1172, 35; — μετέχην 1172, 27, φάρην 1168, 5, θαρρῆν 1152, 1. |
Epirote. — εἶμεν SGDI 1338, 9 ; 1339, 9, δόμειν 1340, 8:
Etolien. — διδόμεν SGDI 1413, 25: — ἀποστέλλειν 1413, 21. - Locridien — εἶμεν, ἐξεῖμεν SGDI 1438 (12 fois) ; — λανχάγεῖν 1478, 2, 4, θύειν 1478, 3, φάρειν (— φέρειν) 1478, 5, 10, ἐπάγειν 1478, 13, ἀπολαχεῖν 1478, 37.
Delphien. — εἶμεν très fréquent, διδόμεν 2502, 3, 90 : 2561 b 20, ete. — ἀναγραφῆμεν 2733, 10: — φέρεν 2561 a 46 (première période) ; ὑπάρχειν 2644, 13 (seconde période): χαταyopet 2061 a 38.
Achéen. — εἶμεν SGDI 1614, τ; — εἰσάγειν 1634, 5.
Mégarien. — ἀνθέμεν SGDI 3003, 9, τι; — τιμαθῆμεν 3010, 9; — ὑπάρχειν 3004, 13.
Corcyréen. — ἀνθέμεν SGDI 3199, τι; — ἔχειν 3109, 13.
Argien. — φάμεν SGDI 3339, 12, ποιθέμεν (— προσθεῖναι) 3339, 19 ; — λυθῆμεν 3340, 43; — παρέχεν 3325, 37, 40, 65: λέγειν 3339, 19 (tous d'Epidaure).
Calymnien. ἦμεν 3555, 10: 3591 ἃ 29 ; εἶμεν 3591 a τὸ : — λέγειν 3585, 20 ; μαρτυρεῖν 3591 a 6, 29 ; μαρτυρέν 3591 à 10.
Rhodien. — εἶμεν 3549, 90: 3551, 4,9, συντελεσθῆμεν, διαχομισθῆμεν ! 3549, 43, 83 : εἴμειν 3558, 123, ἐσίμειν 4110, τὸ : προτιθέμειν 3836 d 99; — ἀποστέλλειν 3540, 30 ; δεικνύειν 3558, 109 συνεργεῖν 3749, 9, ἐσοδοιπορεῖν 4110, 11.
Laconien. — διαγνῶμεν SGDI 4598 a 7. ἐγδόμεν 4516, 13; — λαδέν 4418, 9: ἔχην 4530, 29: ὑπάρχειν 4544, 12: χαλεῖν 4548, 5.
Héracléen. — ue 4629 1, 55, 116, ete. ; — ἀνγράφεν I,
Thérien. — ἦμεν 4906, 161; — συναγαγέν, λαμδάνεν. 05e 4706, 22, 116, 122; διοιχέν, τελέν 4706, ὁ, 38.
Crétois. — ἀνιέμεν CD* 1926, τὸ ; δόμην LG frg. À, 4; F ᾿ fuew ΟΠ rar b 3, 36; — αὔξεν CD* 132, 43, χαλὴν LG frg. B, 9, δοχέν Mus. Ital. II p. 131 n° 1, 2 1]. 2.
Remarques : 1° L'éléen δχμοσιῶμεν et le crétois δαμιῶμεν sont athématiques (p. 205).
1. M. van Gelder (Samunl. I, 1, p. 415) déclare à tort -μἽὲν unrhodisch,
a Au lieu de θυσάμεν BCH 1893 p. 561, 5, de Trézène, on doit, ou tout au moins on peut lire θυσάμεν[ος] (Danielsson, £ranos, 1, p. 2).
3 L'infinitif parfait héracléen πεφυτευχῆμεν, πεπρωγγυευχῆ μεν SGDI 4629 1, 142, 155 est un compromis entre l'ancien suffixe -μενίαι) et la terminaison τὴν -ew que le dorien a généralement adoptée pour ce temps.
Le dorien a toujours été privé du type λεγέμενίαι) et se distingue par là de l'ionien épique, du thessalien, du béotien et sans doute aussi de l'éolien et de l'arcadien. Ici encore les dialectes grecs se divisent en deux groupes : doriens et non-doriens'. Or λεγέμεν(αι), création relativement récente, constitue un important critérium de la parenté des dialectes.
1. Si le crétois προξειπέμεν Mon. Ant. II n° 201 1. 2 est sûr, nous avons là un reste de la conjugaison antédorienne,