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s'ajouta à ἔστω pour former ἔστων : c'est elle qui fit dire
᾿φερόντω au pluriel, puis φερόντων. De même, la puissance créatrice de la 2° pers. sg. injonctive *#0é;, *gac se révèle
dans les cypriotes ἐλθέτως * ἐλθέ ; φατῶς - ἀνάγνωθι (Hésych.).
Les Eoliens auraient dit λεγόμεθεν pour λεγόμεθα, si l'on en croit Apollonius 191, τὸ (Hérodien IE, 192, 15 ; EM 559, 30). À la vérité, les textes poétiques n'ont que φορήμεθα Alc. 18, 4, αἰτήμεθα Th. 28, 5, πελώμεθα Th. 29, 34. et l'on ne pourrait y remplacer -μεθα par -μεθεν sans fausser le vers ; mais, comme le remarque Curtius (Verbum® 1, 94), l'aflirmation d'Apollonius est une autorité suffisante. M. Brugmann (Grundr. 11, 1382) admet avec raison que -uebey s'est modelé sur l'actif -uev, selon la proportion μεθεν : μὲν comme 6e : τε".
Son hypothèse cependant se heurte à cette grave objection : Le médio-passif et l'actif se terminent à l'indicatif thématique en
OA, Ent, -ἔται. -ομεθα. -ἔσθε, -ονται
Les deux voix se distinguent surtout par leurs voyelles finales, et l'on ne devine réellement pas pourquoi les Koliens éprouvèrent le besoin de dépouiller en partie τομεῦα de son caractère de désinence médio-passive,
A l'appui de sa théorie, M. Brugmann invoque l'exemple du thessalien ἐφανγρένθειν SGDI 345. 41 (= att. ἐφαιροῦνται), dont le -ν final est emprunté à l'actif. Mais le thessalien ἐφανγρένθειν se trouvait dans des conditions toutes spéciales. Dans le dialecte de Larisse, auquel ce mot appartient, tout αι final s'était changé en εἰ (Hoffmann, Gr. Dial. ΤΙ, p. 423 suiv.). Là donc un ancien *égévyperra devint *égéyγρέντει. Mais comme -« servait de terminaison pour le subjonctif actif: δοθεῖ SGDI 345, 15, et aussi pour l'indi-
1. Pour M. de Saussure (MSZL, II, 368 note) «μεθεν est à “μεθα comme LEY est à ZA (dorien).
a ϑόθι ΣΝ catif présent λέγει, τίθει, gba, par le fait, la diphtongue finale -e de égévypere perdait son caractère distinetif de médio-passif., Les Thessaliens pallièrent à ce défaut en changeant le + en 9, d'après les désinences -yebx, -00e du pluriel, d'où *égéryperhes. Alors le sens de passif s'attachant uniquement au Ÿ, ce mot reprit l'apparence complète du pluriel dans la forme que nous lui connaissons égærypé er (cf. ἐπιμέλεσθον). Sans doute la nuance médio-passive s'était aussi affaiblie à la 3° pers. du sing. σέλλειτει SGDI 345, 20, γινύειτει 345, 23 (— att. βούληται, γίγνηται), qui pourtant ne subirent pas de remaniement, mais les deux autres personnes du singulier (-oue, -:) ne fournissaient pas de modèle.
A cause du présent -e{v), les Thessaliens dirent à l'aoriste ἐγένονθο ! (pour ἐγένοντο) SGDI 345, 12.
Cette explication est corroborée par l'infinitif médiopassif de Larisse ἐσσέσθειν (— att. ἔσεσθαι) SGDI 345, 16, ψαφιξάσθειν (— att. ψηφίσασθαι) ἐν. 14, δεδόσθειν, ib. 18. Quand
. ἔσσεσθαι fut devenu *ésceche:, son seul 4 assuma la charge d'exprimer la voix moyenne, et la tendance à l'uniformité lui imposa le » final des autres infinitifs. L'aoriste actif Ἐόνγραψει (— ἀναγράψαι) se transforma lui-même en ὀνγράψειν ἢ SGDI 3/5, 27.
Si nous nous en rapportons à l'histoire de ἐφανγρένδειν. l'éolien λεγόμεθα ne pouvait se changer en λεγόμεθεν d'après λέγομεν que si le 9 passait pour signe distinctif et seul nécessaire du médio-passif. Cette condition ne se réalisait pas à l'indicatif, mais bien à l'impératif-injonctif, dont l'actif avait pour désinences :
1. Comme il arrive fréquemment, la cause de ces changements, fut oubliée, et la coexistence au moyen de -ντο. -vho, fit transporter le 9 à l'actif: χατοιχείουνθι OH, IL, 17, 3 (inscription de Larisse) Pour expliquer ce θ. il n'est pas nécessaire de recourir à l'hypothèse d'une influence béotienne.
2. A l'infinitif passif πεπείστειν SGDI 345, 16 (pour πεπείσθειν — att. πέπεισθαι). en regard de δεδόσθειν. on retrouve les mêmes hésitations entre τ et θ que celles des 3° personnes du pluriel.
ον εκ κι ταν ΜΡ ΘΝ ah és
-T0 -μεν -τε T0 (-ντον. -ντων) et le médio-passif':
Ici évidemment, la voyelle n'avait aucune importance pour le sens, et le changement de -μεῦα en -ue9ey eut pour résultat de parfaire le parallélisme.
Ainsi λεγόμεθεν est un injonctif. Grâce à cette création, l'espèce d'indétermination qui s'attachait à -uedx était atténuée '. Une autre tentative pour le différencier fut La création de -μεσθα, d'après l'actif -μες ἃ l'origine, μεσθα fut ε attribué aux temps principaux et -μεῆα réservé aux temps secondaires (V. Henry, ASLZ,. VI, 53). Ce -uechx nouveau vécut peu, et nous n'en retrouvons pas de traces en éolien.
On a fait de λεγόμεθεν un injonctif, mais Apollonius le traduit par l'indicatif λεγόμεθα. Peut-être passa-t-il de son domaine propre dans le mode voisin. Pourtant il n'est pas impossible de lui conserver son caractère originel d'injonctif.
En sanscrit védique, sans doute, ce dernier mode n'était employé que « comme prétérit indicatif, comme impératif ou comme subjonetif » (Riemann et Goelzer *, Gramm. comp. Phon. p. 358 n. 4). Mais en grec primitif, il a dû jouer un rôle plus important. Les mots cypriotes ἀείδες, ἐσέρπες, connus par les gloses d'Hésychius de(ô)es * ἀχούεις. Κύπριοι ; ἐς πόθ᾽ ἕρπες * πόθεν ἥχεις. Πάφιοι, sont des injonctifs pour la forme et des indicatifs pour le sens. Λέγες, τύπτες sont donnés par Eust. 1852, 46 comme des indicatifs doriens, et rotés par Apollonius +. ἀντων. 119 À, (cités par M. Meister Gr. Dial. 11, 258). Enfin les 2° pers. sing. en -& de Théocrite sont bien connues.
Parmi ces formes d'injonctif, ἐσέρπες est dans une phrase interrogative. Chez Théocrite, deux secondes personnes
1, En effet -μεθα servait pour l'indicatif et l'injonctif, pour les temps principaux et pour les secondaires.