‹ Étude sur le dialecte éolienChapitre 94 sur 107 · RÉSUMÉ · texte numérisé non relu

RÉSUMÉ

Sur le terrain de la morphologie, la substitution d'un nominatif en -ἢ à l'ancien nominatif en -ἧς constitue l'unique nouveauté propre à la fois à l'éolien, au thessalien et au béotien. Mais il ne s'en découvre qu'un cas en Eolie et un autre en Thessalie : chez les Béotiens seuls, elle s'est assez largement développée et a eu une vie réelle, Comme elle ne fut qu'une imitation du type panhellénique ᾿Λρχύτα, c'est peut-être par hasard qu'elle s'est rencontrée accidentellement dans ces trois dialectes réunis.

Les partisans du « groupe éolien » ont fait reposer leur théorie sur les particularités morphologiques suivantes :

1° La flexion des thèmes en -<5- (Künstler, Gemeinsame Ρ. 29). — En fait, l’éolien s'est donné toute une déclinaison nouvelle pour les noms propres. L'accusatif béotien πεῖν correspond à la terminaison -ν des Ioniens et des Attiques. Les Arcadiens, en créant leur vocatif en -ἢ, se sont placés à mi-chemin entre ces peuples et les Eoliens.

2 La flexion des thèmes en -0y- (Hoffmann, Gr. Dial. Il p. 545). — La concordance de l'éolien et du béotien ne doit pas faire illusion: leur accusatif en -ῶὧἦν a son équivalent presque exact dans l’ionien Λητοῦν : leur génitif -ος relève des lois phonétiques de ces dialectes, et le datif en τῶι jusqu'à présent reste confiné dans le béotien.

3 La déclinaison "Apevos, "Apeua (Künstler, p. 21). —

Tout comme l'attique ΠΠηλεῦος et le béotien βονῶν, cet ‘Apevos résulte de l'extension exceptionnelle du thème du nominatif.

4° Le datif pluriel en -εσσι (Künstler, p. 32). — Il ἃ été signalé aussi à Delphes, en Elide, dans l'ionien épique et chez les poètes tragiques d'Athènes : il a laissé aussi des traces dans l'ionien postérieur.

5° Les conjugaisons φιλήω et φίλημι (Künstler, p. 21). — Φιλήω n'a existé qu'en éolien, où il fut une création momentanée, poétique et récente, le dorien seul n'a pas laissé périr l'antique τιμᾶω, et στεφανώω a pris tardivement naissance en Béotie, en Phocide et à Delphes, nulle part ailleurs. Ces faits témoignent seulement de la vitalité des dialectes à l'époque de leur indépendance absolue,

Les germes de la conjugaison néo-athématique étaient déjà déposés dans la langue grecque primitive, qui était pourvue de linfinitif φιλήμεναι, du participe φιλήμενος et des deux optatifs φιλείην et φιλοίην. Ils sont parvenus à leur complet développement par suite de contractions postérieures, et en particulier de celles de εξ et de 0e, non seulement en KEolie, en Thessalie, en Arcadie et à Chypre, mais aussi à Cyrène et en Phocide, pays doriens. En outre, le phocidien ne forma que le moyen φίλειμαι et le thessalien sans doute φίλειμι, non φίλημι. Le dialecte de la Thessalie se distingue encore de celui des Eoliens par l'usage exclusif du participe en -ey7-, l'arcadien-cypriote par ce même participe et par l'infinitif actif en -ῆναι, Le néo-athématique δοχίλωμι n'a encore été constaté qu'en arcadien et en éolien, τίμαιμι seulement chez les Eoliens.

6° Le participe parfait en -οντ- (Künstler, p. 33). — On l’a retrouvé en ancien ionien et chez Pindare : le féminin τωσα se montre en Attique et à Delphes. Les Thessaliens et les Eoliens disaient Avxoyt-, mais les Béotiens λελνοντ-, et les Arcadiens, à l'époque historique, λελυχοτ-.

En morphologie, nous ne parvenons à découvrir aucun trait qui donne aux dialectes «éoliens » une physionomie spéciale.

Passons maintenant en revue les caractères qui leur sont propres,

1° La déclinaison nouvelle Τιμαγένης, sur le modéle de Λυσαγόρας, fut uniquement éolienne, L

2 Do naquit en Eolie, et là seulement.

% Les désinences -c00v, -uehey semblent avoir été créées par les seuls Eoliens.

ἡ" La désinence -4 n'a pas dépassé les frontières de la Béotie, ni -ν celles de la Thessalie, ni +4 celles de l'Arcadie,

δ᾽ Le génitif en -o ne s'est vu que dans le thessalien.

De plus :

G Thessaliens, Béotiens et Arcadiens ont fait usage du datif en -o1 et en -4:, comme les peuples du nord-ouest de la Grèce, mais non les Eoliens d'Asie.

7° Pour le choix dans les nombreuses terminaisons d'infinitif, les dialectes « éoliens » n'ont montré aucune entente.

Si rien, absolument rien, en morphologie, ne prouve que ces dialectes soient unis par les liens d'une étroite parenté, sur plus d'un point, ils se rencontrent avec l'ionien-attique pour constituer avec lui un groupe linguistique opposé au dorien. Ce sont d'abord les créations :

1°) du datif pluriel en -εσσι,

2°) du participe parfait en -οντ-.

3°) de l'infinitif en -ἐμεναι.

4°) de l'aoriste ὀμόσσαι".

Puis la conservation et l'extension :

o°) de la désinence -uey *.

1. Disparu du thessalien, à cause de l'adoption de l’aoriste dorien.

ἃ. L'ionien-attique ne posséda tous ces caractères que dans sa période archaïque ; dans la suite il fut dépouillé de la plupart d’entre eux par la simplification du double sigma et la substitution de la terminaison -νᾶι d'infinitif à l'antique -Evat. Apparemment même fait se passa en arcadien qui, lui aussi, a perdu, par les mêmes causes, -€9GL, -ἐμέεναι (v. p. 234), ὀμόσσαι ; le participe parfait actif en -0YT-, lui a manqué à l'époque

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De son côté, le dorien a créé : |

6°) l'aoriste en -£x.

7°) le futur en -aets, -σεῖ,

Enfin l'éolien se rapproche tout spécialement de l'ionien-

τς attique ancien par sa déclinaison tout entière des thèmes A | en ο- et en -α.

historique, mais nous ignorons quelle désinence d'infinitif il adopta pour ce temps. L'arcadien se montre non-dorien par la désinence τμεν et par l'absence de l’aoriste en -Ëx et du futur en -GEts, -σεῖ,

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