‹ Etude sur le grec du Nouveau TestamentChapitre 12 sur 101 · Notre travail montrera quelles sont ces constructions · texte numérisé non relu

Notre travail montrera quelles sont ces constructions

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habileté, se balançant dans un équilibre plein d'art et de grâce, et dont les parties se distribuent harmonieusement. La phrase est courte; le style est coupé, souvent même heurté. La phrase est-elle longue? Les parties qui la composent se succèdent sans réussir à se combiner et à se subordonner ; elles se relient entre elles souvent mal et maladroitement. L'abondance des particules imprimait à la pensée, dans le grec classique, toutes les nuances qu'elle pouvait revêtir; la langue du N.T. est pauvre en particules; ce sont les mêmes xuf, δέ, γάρ, ὅτι, qui reviennent sans trêve accroître la monotonie du. style.

Des idées non grecques circulent partout dans les livres du N. T.,et les mots grecs prennent souvent un sens nouveau pour les rendre. Les métaphores, les comparaisons ne sont plus celles que le Grec emploie habituellement. Toute difrérente de celle du Grec et tout étrangère est la manière d'envisager les choses de la vie privée, sociale, religieuse. Le développement et l'expression de la pensée, les méthodes de raisonnement ne sont plus de même nature que chez les auteurs grecs et se présentent aussi avec un caractère étranger.

En même temps, le style offre plusieurs traits saillants qui le caractérisent : vivacité de la pensée; mobilité de l'imagination; amour du pittoresque dans les détails; grande uniformité dans l’expression.

Telle est la couleur générale hébraïsante que l'on rencontre, plus ou moins vive et foncée, dans tous les livres du N.T\; elle est très apparente même dans les parties les mieux écrites et qui paraissent le plus grecques.

De plus, l'helléniste est arrêté et choqué par des mots, des locutions, des constructions, des tours de phrase absolument étrangers au grec classique ; ce sont les hébraïsmes.

En présence de ces faits, il reconnaît que les auteurs du N.T. ne sont pas des Hellènes; que le calame a été tenu par une main étrangère, celle du Juif, et que ce dernier a souvent laissé sa main suivre l'impulsion de 88 langue nationale.

Sa langue nationale était l'araméen et non l’hébreu. Mais les

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deux langues n'offrent pas de différences importantes, surtout dans la syntaxe. Pour la commodité du langage, nous désignerons sous le nom d'influence hébraïque l'influence de l'araméen aussi bien que celle de l’hébreu, puisque l'influence a été en réalilé la même pour les deux; et sous le nom d’hébraîsmes, les aramaïsmes aussi bien que les hébraïismes proprement dils.

A. L'influence hébraïque s’est exercée sur le grec du N.T, de deux manières : directement et indirectement.

En premier lieu, directement.

Les auteurs du N. T. sont Juifs; ils savent l’araméen, leur langue maternelle ; la plupart d’entre eux l'ont parlé exclusivement, au moins jusqu'à un âge avancé.

Lorsqu'ils ont su et parlé le grec, ils se sont trouvés souvent en relation (en Palestine et en Syrie par exemple) avec d'autres Juifs qui parlaient l’araméen, soit exclusivement, soit concurremment avec le grec. Les auteurs du N. T. n'ont donc pas dû se déshabituer entièrement de l’araméen.

Dans leurs écrits, ils rapportent des discours qu'ils ont entendu prononcer en araméen; ils rapportent des discours et des événements qui leur ont été répétés ou racontés en araméen.

Au service religieux de la synagogue, ils ont entendu lire l'A. T. en hébreu; plusieurs d’entre eux, au moins, savaient l'hébreu, comme l'attestent les citations qu'ils ont faites de l'A. T., d’après le texte original, et non d'après la version des LXX.

La langue du N. T. a subi nécessairement l'influence immédiate et combinée de l’araméen et de l'hébreu. Des expressions telles que les suivantes : Mar., VII, 25, ἧς εἶχεν τὸ θυγάτριον αὐτῆς πνεῦμα ἀκάθαρτον --- εἷς, article indéfini — εἶναι et le participe, comme système de conjugaison — L., XXIV, 21, τρίτην ταύτην ἡμέραν ἄγει ἀφ᾽ où ταῦτα ἐγένετο, τοϊϊὰ le troisième jour que l'on passe depuis que ces événements on eu lieu — le futur de souhait avec ὄφελον, Gal., V, 12; ces expressions ont dû passer directement de l'hébreu, ou, pour mieux dire, de l'araméen, dans le grec du Ν. Τ.

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En second lieu, elle s'est exercée indirectement, par l'intermédiaire du grec hébraïsant : parlé, et écrit. |

Le grec hébraïsant était parlé, plus ou moins, par tous les Juifs hellénisants de la Dispersion. C'était avec eux, surtout en dehors de la Palestine, que les auteurs du N. T. se trouvaient en contact perpétuel, et c'était dans leur langue, dans ce grec hébraïsant, qu'ils s'entretenaient avec eux. Ils en ont nécessairement subi l'influence.

Celle du grec hébraïsant écrit s'est exercée sur ceux par l'intermédiaire des LXX, presque exclusivement‘. La version des LXX était seule employée par les Juifs de la Dispersion qui ne savaient pas l'hébreu. Les auteurs du Ν. T. l'entendaient lire au service religieux; ils s'en servaient eux-mêmes comme le montrent les citations textuelles qu'ils en ont données.

Quels rapports existe-t-il entre le grec du N. T. et celui des LXX ?

Nous entendons par LXX le recueil des livres sacrés des Juifs hellénisants. Nous acceptons ce recueil tel que nous l'offre la tradition manuscrite et tel qu'il nous est donné dans les éditions critiques (au point de vue philologique) qui suivent cette tradition, par exemple dans l'édition de C. Tischendorf et Nestle. Des livres qui composent ce recueil, les uns ont été traduits de l'hébreu, comme le Pentateuque, Josué, etc.; les autres ont été composés en grec, comme le 9me Jivre des Macchabées, Tobie, etc. Le grec des premiers est beaucoup plus hébraïsant que celui des seconds.

En dehors des mots créés pour exprimer des idées purement chrétiennes, il n'existe guère de mots, dans le Ν. T., qui ne se retrouvent dans les LXX, soient tels, soit au moins dans le radical dont ils dérivent ou dans les éléments qui les eomposent.

Les formes non classiques qui se rentrent dans le N. T.

4. Nous ajoutons cette restriction parce que Jude (14-15), par exemple, cite le livre apocryphe de Hénoch, qui ἃ pu être écrit en grec, mais qui a dàù l'être en hébreu ou en araméen; dans ce dernier cas, il a été traduit en grec. |

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