‹ Etude sur le grec du Nouveau TestamentChapitre 13 sur 101 · INTRODUCTION. XXXVII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. XXXVII

existent presque toutes dans les LXX. Exemples : γήρε: (datif ionien), L., I, 36, etLXX, Gen., XV, 15 (texte alexandrin), Ps., XCI, 15 — Apoc., II, 3 : xexontaxes, el LXX, Ex., V, 22 : ἀπέσταλχες — J., XV, 24 : εἴχοσαν, et LXX, Néh., III, 5 : κατέσχοσαν. — Μαΐ., XI, 7 : ἐξήλθατε, et LXX, Amos, IV, 4 : εἰσήλθατε. Etc.

Un grand nombre d'idées spéciales aux Juifs etaux chrétiens se trouvaient exprimées déjà dans les LXX ; i! suffisait aux écrivains du N. T. d'emprunter à ces derniers leurs mots et leurs expressions.

Pour les livres traduits de l'hébreu, les LXX devaient mettre en grec ce qui avait été pensé et écrit en hébreu; pour les livres composés en grec, la tâche de l’auteur consistait le plus souvent à revêlir une pensée juive d'une expression grecque. Comme le génie des deux langues est différent et souvent même contraire, les LXX étaient sans cesse sollicités en deux sens opposés : par l'hébreu dans lequel la pensée s'était incarnée ; par le grec dans lequel il fallait la rendre. Tantôt l’une, tantôt l'autre des deux influences prédominait, mais surtout la première. De leur côté, les écrivains juifs du N. T. devaient souvent, entraînés par l'habitude, penser en araméen ce qu'ils voulaient exprimer en grec; souvent aussi, ils avaient à rapporter en grec ce qui avait été dit en araméen. Ils étaient donc soumis, comme les LXX, aux mêmes influences contraires de l'hébreu et du grec, et se trouvaient, en écrivant, aux prises avec les mêmes difficultés. Dès lors, les hébraïsmes et les constructions hébraïsantes doivent être identiques ou analogues chez les uns et chez les autres, et ils le sont en réalité. Enfin, les Juifs hellénisants de la Dispersion devaient parler un grec hébraïsant très voisin de celui de la version des LXX, seule employée par eux, sous l'influence de laquelle il s'était formé. Les écrivains du N. T. ont vécu au milieu d’eux et leur ont emprunté leur langue. Ils ont ainsi ressenti, d'une manière générale, l'influence des LXX, par l'intermédiaire de la langue même de leurs contemporains.

Considéré dans son ensemble, le grec judéo- chrétien du N. T. se rapproche donc très sensiblement de celui des LXX.

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