‹ Etude sur le grec du Nouveau TestamentChapitre 21 sur 101 · III. — Des Modes · texte numérisé non relu

III. — Des Modes

&, Nous supposons, pour la commodité du langage, que le verbe exprime toujours un acte.

a) Le temps exprime l'acte considéré en lui-même (objectivement).

δ) Le mode exprime l’acte tel qu'il est conçu et envisagé par la personne qui parle, c’est-à-dire subjectivement (cf. KOCH, 104).

5. Subjectivement, dans le N. T., l'acte est considéré : 4° dans sa réalité ; 2° dans sa réalisation.

Ι. — Dans sa réalité. L'acte a eu lieu ou a lieu.

a) Quand on énonce l’acte comme réel, le mode est l'indicatif (présent ou passé). |

11. — Dans sa réalisation (future). L'acte est nécessairement futur et par là même éventuel, c'est-à-dire qu’il aura ou n'aura pas lieu.

δὴ) Quand on énonce l'acte futur comme éventuel simplement, on emploie régulièrement l'indicatif futur, au mode éventuel, R., XV, 28. L'acte aura ou n'aura pas lieu; mais çelui qui parle juge qu’il aura lieu.

c) Quand on présente l'acte futur comme commandé, demandé, conseillé, désiré, on emploie régulièrement les modes impératif et subjonctif. L’acte est encore éventuel; mais la personne qui parle le regarde comme probable et s'attend à ce qu’il ait lieu.

d) Enfin, quand on présente l'acte futur comme souhaité et que la personne qui parle regarde cet acte comme possible simplement dans sa pensée, le mode régulièrement employé est l’oplatif. L'acte est éventuel, mais on ne se préoccupe pas s’il aura lieu ou non.

e) Lorsque l'acte futur et éventuel est commandé, demandé, conseillé, désiré, souhaité, il devient par là même un but, une fin pour la volonté de celui qui parle. Par suite, les modes impératif, subjonctif et optatif, employés ainsi qu'il vient d’être dit, enferment en eux une idée de finalité.

Θ. a) Si l'on écarte les notions de temps et de mode dont il a été question jusqu'ici, il reste l’idée verbale indéfinie, exprimée par le mode infinitif.

δὴ) Si l'acte est considéré comme accessoire, comme relatif par rapport à un autre acte considéré comme principal, il est exprimé par le mode participe.

7. On appelle modes finis : l'indicatif, l'impératif, le subjonctif et l’optatif, modes non finis ou indéfinis : l'infinitif et le participe.

8. Le sens du mode peut être modifié par l’adjonction de la particule ἄν.

a) “Av potentiel se joint aux temps secondaires de l'indicatif et à l’optatif pour marquer que l'acte dépend d’une condition exprimée ou non, et qu’il n'est possible que si cette condition a lieu elle-même. Ainsi :

Temps secondaire de l'indicatif au mode potentiel, J., V, 46 : εἰ γὰρ ἐπισreverse Μωυσεῖ, ἐπιστεύετε ἂν ἐμοί.

Optatif au mode poteruiel du présent et du futur, Α., VIII, 81 : πῶς γὰρ ἂν δυναίμην ἐὰν μή τις ὁδηγήσει με;

δὴ) “Av conditionnel se joint au subjonctif pour indiquer que l'acte est la condition (probable) dont dépend un autre acte. Dans ce cas, ἄν s’unit à ei qui devient ἐάν, et aux mots relatifs ou temporels qui deviennent ὃς ἄν, ὅπου ἄν, ὅταν, etc. Ainsi: Mat., XVIII, 15 : ἐὰν δὲ ἁμαρτήση ὁ ἀδελφός σου, ὕπαγε ἔλεγξον αὐτόν.

Dans le N. T., on trouve avec ἄν le futur, au lieu du subjonctif, Mar., VIII, 35; L., XIX, 40. On trouve aussi le subjonctif sans ἄν, Jac., II, 10; 4 Cor., XIV, 5.

c) "Av fréquentalif se joint à l’imparfait et à l'aoriste de l'indicatif, lorsque l'acte, qui a eu lieu réellement, s'est répélé d’une manière indéterminée. Ainsi, Mar., III, 11 : τὰ πνεύματα τὰ ἀκάθαρτα, ὅταν αὐτὸν ἐθεώρουν, προσέπιπτον αὐτῷ. — VI, δ6 (aoriste). |

Daus le N. T., on trouve aussi, dans ce sens, l'indicatif présent, Mar., ΧΙ, 25: Ap., XIV, 4.

d) Dans le N. T., la particule ἄν ne se joint ni à l’infinitif ni au participe.

e) Une proposition dont le verbe est accompagné de ἄν n’exprime pas un désir; ainsi, 4., VIII, 31 : πῶς γὰρ ἂν δυναίμην, ΞΞ οὐ δυνήσομαι.

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