‹ Etude sur le grec du Nouveau TestamentChapitre 22 sur 101 · IV. — Des Modes (suite · texte numérisé non relu

IV. — Des Modes (suite

9. L'indicatif énonce l'acte conçu comme réel, certain, irréel et éventuel; il présente toujours la pensée sous la forme d'un jugement, sauf au futur, qui peut exprimer une volition, un ordre, un désir, etc.

a) L'indicatif est au mode réel quand il exprime un acte réel ou conçu comme tel, au présent et à ses temps passés. Une hypothèse, fût-elle irréalisable, impossible, s'exprime de même, si celui qui parle la considère provisoirement comme réelle. Il en est fréquemment ainsi dans le N. T., parce que le Juif aime à renforcer l'affirmation et à présenter ses hypothèses mêmes sous forme de réalités. De là la disparition du mode potentiel, etc.

b) L'indicatif est au mode irréel :

4° A l’imparfait des verbes comme ἐδύνατο, ἔδει, etc., qui indiquent qu’un acte aurait pu ou dä avoir lieu, pourrait ou‘ devrait avoir lieu, tandis qu’il en est tout autrement en réalité, Marc, XIV, 5 : ἠδύνατο γὰρ τοῦτο τὸ μύρον πραθῆναι ἐπάνω δηναρίων διαχοσίων. L'imparfait ἠδύνατο est au mode irréel ; car la proposition enferme celle-ci : οὐχ ἐπράθη τοῦτο τὸ μύρον. Cf. Mat., XXIII, 23.

2e A l'imparfait et à l’aoriste de tous les verbes, pour le souhait qui se rapporte au passé, 4 Cor., IV, 8 : ὄφελόν γε ἐδασιλεύσατε (— ἔδει ὑμᾶς βασιλεῦσαι, --Ξ οὐκ ἐθασιλεύσατε).

c) L’indicatif est au mode potentiel quand ses temps secondaires sont accompagnés de ἄν (8, a). Ainsi, J., V, 46 : εἰ ἐπιστεύετε Μωυσεῖ, ἐπιστεύετε ἂν ἐμοί. — Comme le mode irréel, le mode potentiel indique qu’il en est tout autrement en réalité, et ici l'imparfait avec ἄν équivaut à οὐ πιστεύετέ μοι.

d) Au futur, l'indicatif est au mode éventuel, parce que l'acte, dans la pensée de celui qui parle, aura ou n'aura pas lieu, R., XV, 28.

Mais, à ce même temps, l'indicatif peut être au mode de certitude dog-

matique et prophétique, quand, dans la pensée de celui qui parle, l'acte doit avoir lieu, { Co., XV, 32 ; Mat., XIX, 28.

40. Les trois modes impératif, subjonctif ou optalif marquent toujours le temps futur, absolu ou relatif; par là même, l'acte qu’ils expriment est futur et éventuel.

Or l'indicatif futur exprime aussi l'acte futur et éventuel. De là le lien très étroit qui unit, dans le grec du N. T., l'indicatif futur aux trois modes dont nous parlons. De là aussi la permutation qui peut avoir lieu entre le premier et les trois autres. En particulier, cette permutation peut toujours avoir lieu entre l'indicatif futur et le subjonctif aoriste.

Ce principe est un des plus importants de la syntaxe du N. T.

44. a) L'impératif exprime l’ordre formel : commandement ou défense. 11 s'emploie dans le grec du N. T. comme en grec classique. L'impératif parfait (trois exemples) tend à être abandonné.

b) Le subjonctif exprime un acte qui est considéré comme probable et auquel on s'attend. Il s'emploie dans le N. T. comme en grec classique — Le subjonctif parfait tend à être abandonné.

12. a) L'optatif est d’un usage beaucoup moins étendu dans le grec du N. T. que dans le grec classique. Dans ce dernier, l’optatif est très employé pour remplacer le subjônctif dans certaines propositions. Cet emploi de l’optatif n’existe qu'à l’état d'exception rare dans le N. T. De plus, on ne trouve, dans ce livre, ni l’optatif futur ni l’optatif parfait.

δ) L’optatif exprime l’acte comme possible simplement dans la pensée de celui qui parle.

c) Dans le N. T., il s'emploie ordinairement et régulièrement pour exprimer le souhait (chez Luc et Paul, et exceptionnellement ailleurs); et le nom d'optatif lui convient à bon droit.

d) L’optatif oblique n'existe plus que comme vestige de la langue littéraire chez Luc. |

Il en est de même de l’optatif avec ἄν au mode potentiel.

L'optatif est donc relativement rare dans le N.T.

143. a) L'infinitif exprime l'idée verbale indéfinie, sans marquer le temps. L’infinitif futur n'existe pas dans le N. T., sauf de très rares exceptions.

L'infinitif s'emploie comme complément immédiat d'un verbe tel que δύναμαι, μέλλω, ζητῶ, etc.

Le plus souvent, il est employé lorsqué Ia construction cesse d'être personnelle, pour remplacer les modes indicatif, impératif et subjonctif.

b) Le participe exprime l'acte considéré comme accessoire, comme relatif. Il sert, comme l’infinitif, à remplacer l’un des trois modes : indicatif, impératif ou subjonctif, lorsque l’on ne veut pas employer la construction personnelle avec ces modes.

c) L'infinitif et le participe sont employés d’une manière indépendante dans quelques passages du N. T.

Remarque. — L'indicatif est le plus souvent accompagné de la négation οὐ. L'impératif, le subjonctif, l’optatif et l'infinitif prennent la négation μὴ; le participe la prend aussi presque toujours.

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