‹ Etude sur le grec du Nouveau TestamentChapitre 29 sur 101 · Dans le N. T., les particules qui ne sont par elles · texte numérisé non relu

Dans le N. T., les particules qui ne sont par elles

mêmes que des signes d'interrogation, comme ἄρα et n, sont. ᾽ 0 u

abandonnées, et l'interrogation peut n'être indiquée par rien. Nous reconnaissons là un caractère de la langue familière : dans la conversation, le ton indique l'interrogation et rend inutile la particule.

52. a) La proposition interrogative prend les mêmes temps et modes que la proposition affirmative, aux modes de réalité et de certitude, et d'éventualité (38).

δ) La proposition interrogative exprime l'interrogation proprement dite, Mat., VIII, 29 : ἦλθες ὧδε πρὸ καιροῦ βασανίσαι ἡμᾶς;

Mais elle sert aussi, fort souvent, à donner un tour plus vif à la pensée.

53. a) Avec la particule οὐ, seule ou combinée (οὐ μή, etc.), l'interrogation n'est qu’une forme plus vive de l'affirmation; ou bien elle indique que l'on attend une réponse affirmative, Mat., VI, 25 : οὐχὶ à ψυχὴ πλεῖόν ἐστι τῆς τροφῆς χαὶ τὸ σῶμα τοῦ ἐνδύματος ; et cf. L., ΧΗ, 23 : ἢ γὰρ ψυχὴ πλεῖόν ἐστιν τῆς τροφῆς καὶ τὸ σῶμα τοῦ ἐνδύματος. --- Mal., ΧΥΤΙ, 24 : ὁ διδάσχαλος ὑμῶν οὐ τελεῖ τὰ δίδραχμα; Λέγει Ναί.

b) Avec la particule μή, seule ou combinée (μή οὐ, μήτι, 6ἴ6.), l'interrogation n’est qu'une forme plus vive de la négation ; ou bien elle indique que l'on attend une réponse négative, Mat., VIT, 16 : μήτι συλλέγουσιν ἀπὸ ἀκανθῶν σταφυλὰς ἢ ἀπὸ τριδόλων σῦχα; οἱ οἵ. L., VI, 44 : οὐ γὰρ ἐξ ἀκανθῶν συλλέγουσιν σῦχα. — ., XXI, 5 : παιδία, μή τι προσφάγιον ἔχετε; ᾿Απεχρίθησαν αὐτῷ Où. — Μαΐ., XXVI, 22.

c) L'interrogation sans particule n'est qu’une forme plus vive :

1. De cet emploi de ἥ, il faut distinguer un autre emploi, qui consiste à introduire la seconde partie d'un raisonnement parallèle à la première, Mat., XII, 29; XX, 15; XX VI, 53; 1 Co., XIV, 36, etc. La particule * peut aussi se trouver devant les deux parties du raisonnement, lorsque ce raisonnement est un dilemme, Mat., XII, 33.

De l'affirmation, Mar., XIII, 2 : ὃ ᾿Γησοῦς εἶπεν αὐτῷ Βλέπεις ταύτας τὰς μεγάλας οἰχοδομάς; ἔτ: vois loutes ces constructions ΟΥ̓ ωιαΐοδ65 ? et ef. Mat., XXIV, 2 : οὐ βλέπετε ταῦτα πάντα; VOUS voyez lout cela, n'est-ce pas ὃ

De la négation, Mat., VI, 27 : τίς δὲ ἐξ ὑμῶν μεριμνῶν δύναται προσθεῖναι ἐπὶ τὴν ἡλικίαν αὐτοῦ πῆχυν ἕνα; — R., X, 6 : τίς ἀναβήσεται εἰς τὸν οὐρανόν; --- Mar.. IV, 18.

54. a) L'interrogation exprime l’étonnement, la surprise, J., VI, 61 : τοῦτο ὑμᾶς σχανδαλίζει; — J., XIII, 6 : λέγει αὐτῷ Κύριε, σύ μου νίπτεις τοὺς πόδας ; — J., XVI, 31 : ἀπεχρίθη αὐτοῖς ᾿Γησοῦς ἽΛρτι πιστεύετε; Croyez-vous maintenant? vous croyez donc maintenant ἢ

δ) Elle exprime le reproche, l'indignation, Mar., X, 18 : τί με λέγεις ἀγαθόν; οὐδεὶς ἀγαθός. — Mar., VII, 18 : οὕτως xai ὑμεῖς ἀσύγετοί ἐστε; — Mat., XVII, 17 : ὦ γενεὰ ἄπιστος... ἕως πότε μεθ᾽ ὑμῶν ἔσομαι; ἕως πότε ἀνέξομαι ὑμῶν;

6) Elle exprime l'ordre, Mar., V, 35 : τί ἔτι σχύλλεις τὸν διδάσχαλον; et cf. L., ΙΗ, 49 : μηκέτι σχύλλε τὸν διδάσχαλον. --- Μα7., V, 39 : τί θορυθδεῖσθε xat χλαίετε ; et οἵ, L., VIII, 52 : μὴ κλαίετε. — Cf. L,, XII, 51, et Mat., X, 34. — 4 Co., VI, 7 : διὰ τί οὐχὶ μᾶλλον ἀδιχεῖσθε;

d) Elle exprime le souhait, L., XII, 39-42 : τίς ἄρα ἐστὶν ὁ πιστὸς οἰχονόμος, ὁ φρόνιμος͵ ὃν καταστήσει ὃ χύριος... ; μαχάριος ὃ δοῦλος Éxeïvos…

— 2 Co., IT, 16 : καὶ πρὸς ταῦτα τίς ἱκανός; --- R., VII, 24.

L’hébreu emploie habituellement l'interrogation pour exprimer le souhait, le désir. Cf. les LXX, 2 R., XV, 4: καὶ εἶπεν ᾿Αδεσσαλώμ Τίς με καταστήσει χριτὴν ἐν τῇ γῇ; = Que je voudrais étre magistral du pays! (Cf. PREISWERK, 488.) — Cf. 84.

Nota. — L'interrogation employée pour donner un tour plus vif à la pensée est fréquente dans la proposition dépendante d'une période conditionnelle, comme en grec classique. f Co.. VII, 27 : δέδεσαι γυναιχί; μὴ ζήτει λῦσιν (ΞΞ εἰ δέδεσαι...)

55. La proposition purement exclamative, d'ailleurs rare dans le N. T., suit la syntaxe de la proposition interrogative; Mat., VI, 23 : εἰ οὖν τὸ φῶς τὸ ἐν σοὶ σχότος ἐστίν, τὸ σχότος πόσον.

56. La proposition interrogative est très fréquente dans le N. T. comme dans les LXX ; c’est un des caractères de la langue de ce livre. Mais l’interrogation s’y présente toujours sous sa forme la plus simple, et c'est un autre caractère de cette langue.

Ces deux caractères proviennent de l'influence de l’hébreu, où l'usage est le même (Gen., XXIX, 4, 5, 6, 25, etc.), et de

l'influence de la langue familière. Dans la conversation, la pensée aime le tour plus vif de l'interrogation, mais elle repousse en même temps l'interrogation compliquée et synthés tique, ei fréquente dans la langue littéraire.

Nota. — On trouve dans Luc des interrogations d'une forme très embarrasste pour exprimer des idées très simples, L., XI, 5-8 et 11-12. (Voyez pour ces passages, 20.)

87. La simplicité de la forme interrogative dans le N. T. a fait disparaître plusieurs tours de la langue littéraire :

a) « En grec plusieurs interrogations différentes peuvent être fondues en une seule. » (CUuRTIUS, 506). Cette construction ne se rencontre pas dans le Ν. Τ. Ainsi A4p., VII, 43 : οὗτοι of περιθεθλημένοι.... τίνες εἰσὶν καὶ κόθεν ἦλθον ;

Étrangère à l’hébreu, la construction classique doit être très rare dans les LXX, si même elle s'y rencontre.

Nous citerons en passant Jac., III, 5 + ἰδοὺ ἡλίχον πῦρ ἡλίκην ὕλην ἀνάπτει.

δ) « Un pronom interrogatif peut être uni à un pronom démonstratif, τίνα ταύτην; » (GURTIUS, 606, Rem. 1). Luc offre quelques traces de celie construction, XVI, 2 : té τοῦτο ἀχούω περὶ σοῦ; — Α., XIV, 15 : τί ταῦτα κοιεῖτε; que failes-vous läf — Dans les LXX, Gen., XXVI, 10 : τί τοῦτο ἐποίησας ἡμῖν ;

c) « L'interrogation peut, en grec, se rencontrer aussi dans une proposition dépendante quelconque et avec un participe.» (CURTIUS, 606, Rem. 2.)

Nous ne croyons pas que le N. T. offre d'exemples du premier cas.

Avec un participe, l'interrogation est très rare dans le N. T., el, croyons-nous, dans les LXX. On lit, L., X, 25 : Διδάσχαλε, τί ποιήσας Eur αἰώνιον χληρονομήσω; et cf. Mar., X, 17 : τί ποιήσω ἵνα ζωὴν αἰώνιον xAnpovoμήσω; — L., XVIII, 18. (Cf. 343, δ.)

58. Comme en grec classique, le mot interrogatif ou exclamatif peut n'être pas le premier; l'écrivain veut alors mettre en relief un autre mot, placé le premier, L., XXIIT, 31 : εἰ ἐν ὑγρῷ ξύλῳ ταῦτα ποιοῦσιν, ἐν τῷ ξηρῷ τί γένηται; — Mat., VI, 23 : τὸ σχότος πόσον.

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