‹ Etude sur le grec du Nouveau TestamentChapitre 42 sur 101 · Lorsque le subjonctif doit être employé · texte numérisé non relu

Lorsque le subjonctif doit être employé

a) Si le verbe de la proposition principale est à un temps principal, le verbe de la proposition dépendante est à l’un des trois subjonctifs, suivant la manière dont celui qui parle conçoit l'idée :

L., XVI, 26 : χάσμα μέγα ἐστήριχται ὅπως οἱ θέλοντες διαδῆναι ἔνθεν πρὸς ὑμᾶς μὴ δύνωνται. --- Μαΐ., VI, 16 : ἀφανίζουσιν γὰρ τὰ πρόσωπα αὐτῶν ὅπως φανῶσιν τοῖς ἀνθρώποις νηστεύοντες. — L., XIV, 8-9 : μὴ χαταχλιθῇς εἰς τὴν πρωτοχλισίαν μήποτε ἐντιμότερός σου ἢ χεχλημένος ὑπ᾽ αὐτοῦ. |

L'aoriste proleptique peut équivaloir au présent, 2 Co., IX, 3 : ἔπεμψα δὲ τοὺς ἀδελφοὺς... ἵνα χαθὼς ἔλεγον παρεσχευασμένοι ἥτε (ἔπεμψα — πέμπω).

δ) Si le verbe de la proposition principale est à un temps 86condaire, le verbe de la proposition dépendante est au subjonctif aoriste :

J., XVIII, 36 : of ὑπηρέται οἱ ἐμοὶ ηγωνίζοντο ἄν, ἵνα un παραδοθῶ τοῖς ᾿Ιουδαίοις.

Le subjonctif présent (ou parfait) appartiendrait au style

direct; Mar., VIIL, 30 : ἐπετίμησεν αὐτοῖς ἵνα μηδενὶ λέγωσιν περὶ αὐτοῦ. Slyle direct : ἐπιτιμῶ ὑμῖν ἵνα μηδενὶ λέγητε... --- Mar., III, 9.

101. Le style direct et le style indirect méritent quelques observations particulières :

1° Le style direct consiste à reproduire textuellement les paroles qui ont été ou auraient été prononcées par autrui. Le style indirect consiste à reproduire le sens seulement des paroles ou des pensées d'autrui, ou même le sens de ce que l'on ἃ dit ou pensé soi-même autrefois;

2 Les écrivains du N. T. aiment à rapporter aussi textuellement que possible la pensée ou la parole d'autrui. De là :

3° L'usage du style direct est très fréquent dans le Ν. Τ. (22);

4° Le style indirect passe quelquefois SE ns au style direct (22);

5 La proposition complétive avec ὅτι ou ἵνα est préférée à l'infinitif, comme plus voisine du style direct (22) ;

6e La proposition au style direct est parfois simplement apposée à la proposition principale au moyen de ὅτι, au lieu d'être subordonnée;

7° Dans la proposition dépendante au style indirect, on trouve le temps et le mode du style direct, c'est-à-dire le temps et le mode dont s'est servi ou se serait servi celui dont on rapporte la parole ou la pensée.

& Le temps employé marque alors le temps absolu, si le lecteur se reporte par l'imagination au moment où a parlé (ou rensé) celui dont on rapporte la pensée (cf. 3, b).

99 Après une proposition principale dont le verbe est à un temps secondaire, on trouve assez souvent le subjonctif présent dans la proposition dépendante ; c'est le subjonctif présent du

style direct (100, b).

Il en est de même du subjonctif parfait, si ce temps est employé ainsi dans le N. T.

10° Comme le subjonctif aoriste s'emploie après un temps principal et après un temps secondaire (100, a), ce subjonctif peut être, dans certains cas, celui du style direct. Mar., 1X, 6: οὐ γὰρ ἤδει τί ἀποχριθῇ. Style direct : τί ἀποχριθῶ; et οὐχ οἷδα τί ἀποχριθῶ. — Mat., XVI, 20 : ἐπετίμησεν τοῖς μαθηταῖς ἵνα μηδενὶ stπωσιν ὅτι αὐτός ἐστιν ὃ Χριστός. Style direct : μηδενὶ εἴπητε ὅτι...

11° L'optatif oblique ἃ été abandonné; il n’en reste que quelques traces dans Luc. |

102. L'emploi du style direct et du style indirect, tel que nous venons de l’exposer, est dû, pour le N. T., à l'influence

de l'hébreu et à celle de la langue grecque familière. Le style indirect n'existe pas, à proprement parler, en hébreu; on y rapporte directement, textuellement, les paroles ou la pensée d'autrui. D'un autre côté, dans la conversation, quand nous rapportons les paroles ou les pensées d'autrui, quand nous “exposons les pensées que nous lui prêtons, nous aimons à le faire parler lui-même. L'influence identique de l'hébreu et de la langue familière engageait donc les auteurs du N. T. à préférer le style direct, et, quand ils employaient le style indirect, à préférer les constructions les plus voisines de celles du style direct.

L'optatif oblique, dans la langue littéraire, avertissait le lecteur on l'auditeur qu'on rapportait la pensée d'autrui ; ce procédé était inutile dans la langue de la conversation, et il contrariait la tendance naturelle de celui qui converse à rapporter textuellement les paroles d'autrui. L’hébreu n’offrait rien qui fût analogue à l'optatif oblique. Cet emploi de l'optatif est tombé sous l'influence de l’hébreu et de la langue familière.

403. Nous avons montré pourquoi les propositions dépendantes étaient beaucoup moins fréquentes dans le N. T. que chez les écrivains classiques. (Voy. 18 544.)

404. La relation entre la proposition principale et la proposition secondaire dépend uniquement de la manière dont elle est conçue par celui qui parle, et non de la nature du verbe employé dans la proposition principale, ni de la forme traditionnelle de la période grammaticale. On trouvera une proposition finale, par exemple, là où l'on aurait attendu une proposition causale ou une proposition infinitive (non finale) ; une proposition causale, là où l'on aurait attendu une proposition finale (J., VIII, 56 ; XI, 14-15, etc., et νου. 370), etc.

Ce principe est un des plus importants de la syntaxe des propositions dépendantes dans le N. T.

405. a) Il existe une tendance, dans le N.T., à supprimer la proposition principale, et à ne conserver que la proposition dépendante. Nous donnerons des exemples en traitant de chaque espèce de propositions dépendantes (Mat., XX VI, 39,50; Mar., XIV, 36 ; J., I, 8; ΧΙ, ὅθ, etc.).

b) Parfois, au contraire, il ne reste de la proposition dépendante que la particule qui l'introduit et un ou deux mots, autres que le verbe.

106. Souvent, comme en grec classique, la proposition principale contient, par anticipation ou prolepse, sous forme de complément direct, le sujet ou le complément logiques du verbe de la proposition dépendante complétive, Col., IV, 17; A?., XXI, 23, etc.

Pour la proposition dépendante épexégétique, voy. 33.

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