CHAPITRE X
Propositions dépendantes (complétives directes) affirmatives.
. 408. La proposition dépendante affirmative énonce un jugement sous forme d’'affirmation (positive ou négative), comme la proposition indépendante de même nom (37). — La négation est οὐ.
Dans la langue classique, elle est introduite par ὅτι el ὡς, avec le même sens. Dans le grec du N. T., elle l'est par ὅτι seulement.
Dans le N. T., comme dans les LXX, la particule ὡς garde toujours son sens propre et explicite de comment (cf. Kocx, 109; voy. plus loin, 128, b). On ne trouve donc pas dans le N. T., comme en grec classique, la proposition complétive directe employée avec ὡς : pour exprimer un simple prétexte, une affirmation sans fondement ; ou après un verbe déclaratif accompagné d’une négation. (Kocx, 109, Rem. Ill; CuCuEL et RIBMANN, 9,6, a, Rem. I, note de O. KR.)
Paul emploie la locution ὡς ὅτι pour indiquer expressément une pure supposition, 3 Co., XI, 21 ; 3 Th., II, 2 (où ὡς ὅτι indique le contenu supposé de la lettre, δι᾽ ἐπιστολῆς). — Cette locution, extrêmement rare chez les classiques, se rencontre assez souvent chez les écrivains postclassiques (voy. SOPHOCLES, sub verb. wc.)
La langue classique emploie la proposition dépendante affirfirmative après les verbes signifiant déclarer el percevoir, mais non après les verbes signifiant croire. La laugue du N. T. l'emploie après ces trois classes de verbes.
409. Souvent, la forme de la proposition indépendante affirmative est si exactement conservée, quand elle devient dépeadante, que la personne du verbe ne change pas (CuRrTIuS, 526, Rem.). On appelle alors la particule : ὅτι recitalivum, ὅτι de citation; elle n'est employée ainsi qu'après un verbe signifiant déclarer.
Cette construction est très usitée dans le N.T., parce qu'elle appartient au style direct (101). Mat., VII, 23 : ὁμολογήσω αὐτοῖς
1. Curnius, 525 seqq. ; Kocn, 109; Maovio, 159, 178, et passim ; Cucuez et Rie- Mann, 96.
ὅτι (γὐδέποτε ἔγνων ὑμᾶς. — Mat., XXVII, 43 : εἶπεν γὰρ ὅτι Θεοῦ cut υἱός, — 2 Th., IIL, 10; Mar., VI, 23 et cf. Mat., XIV, 7. — Devant une citation de l'A. T., Mat., XXI, 16 : οὐδέποτε ἀνέγνωτε ὅτι Ex στόματος... (LXX, Ps., VIII, 3.)
"Oz recitalivum, d'autres fois λέγων ὅτι, prend la valeur d’un signe de ronctuation. Les écrivains du N. T. l'emploient οὐ l’admettent indiféremment, Mat, XIX, 8, οἱ cf. Mar., X, 5.
Dans bien des passages, il est indifférent de prendre ὅτι pour une particule de citation, ou une particule de subordination, Mar., VI, 4, etc.
Après λαλεῖν, on trouve et ὅτι de citation, Æ., ΧΙ, 18, et la vitalion immédiate, sans ὅτι ni λέγων, Mar., XIV, 31 ; A, V, 5. (:e verbe est assimilé absolument, dans le N. T., à λέγειν et εἰπεῖν, Contrairement à l’usage de la langue classique.
Dans les LXX, on trouve ὅτι recilativum (Gen., XX VIII, 16), mais très rarement; la formule hébraïque, qui annonce la citation directe, exigeait lu participe λέγων, perpétuellement employé.
110. Mais si la personne du verbe change et devient celle que demande l’ensemble de la narration, on obtient la proposilion dépendante a/ffirmative, proprement dite. On lit avec τι recttativum, Mat., XVI, 7 : oi δὲ διελογίζοντο ἐν ἑαυτοῖς λέγοντες τι Ἄρτους οὐκ ἐλάθομεν, et avec la proposition affirmative, Mat., XVI,9:6 Ἰησοῦς εἶπεν Τί διαλογίζεσθε ἐν ἑαυτοῖς, ὀλιγόπιστοι, ὅτι 16 Tous οὐχ ἐλάθετε Ἀ
111. a) La proposition affirmative est admise après tous les verbes signifiant déclarer, dire :
αταγγέλλω, J., V, 15. — ἀπαγγέλλω, L., XVIII, 37. — ἀποδείχνυμι, 3 TA., IL, 4 — ἀποκαλύπτω, 4 P., I, 12. — ἀποχρίνομαι, 4., XXV, 16. — ἀρνοῦμαι, Εἷς, 1, 22. — βοῶ, À, XVII, 6. — γνωρίζω, 4 Co., XII, 3. — γράφω, Mat. IV, 6. — δεικνύω, Mat., XVI, 21. — δηλῶ, 4 Co., 1, 11. — διαμαρτύρομαι, À. \, 12 — διανοίγω, 4., XVII, 3. — διδάσχω, Mar., VIII, 31. — διηγοῦμαι, L,, IX,27. — ἐμφανίζω, H., XI 14. — ἐξομολογοῦμαι, Ph., II, 11. — εὐαγγεnioux, À, XIII, 32. — κατηχῶ, 4., XXI, 21. — χηρύσσω, Α4., IX, 20. — κρίνο, 8 Co., V, 15. — λαλῶ, H., XI, 18. — λέγω, Mat., III, 9. — μαρτύρομαι, ες NX, 26. — μαρτυρῶ, Mat., X XIII, 31. — μηνύω, L., XX, 37. — ὁμολογῶ, Mat., VII, 23. — παραγγέλλω, 2 Th., III, 10. — παραδίδωμι, 4 Co., XV, 3. — παρατίθεμαι, Α., XVII, 3. — πείθω, 4 J. Ill 20, et πέπεισμαι, Je me suis laissé dire ou persuader que, R., VIII, 38. — προλέγω, 2 Co., XIII, 2. — προφητεύω, J., ἈΠ 81. — συμθουλεύω, J., XVIII, 14. — συμματυρῶ, R., VIII, 16. — των πάζω, À. 1X, 22. — σφραγίζω, J., III, 33. — φημί, 4 Co., X, 19; XV, 50.
h, Le verbe φάναι est exclusivement suivi de la proposition intinitive en grec classique (Kocx, 109). Dans le N. T., il est assimilé aux autres verbes déclaratifs et suivi de ὅτι, excepté R., LIT, 8 : φασίν τινες ἡμᾶς λέγειν.
c) Les formules de serment sont suivies de la proposition affirmative, qui dépend de l’idée implicite de déclaration contenue dans le serment :
ὀμνύω ὅτι, Ap., X, 6. — ἔστιν ἀλήθεια ὅτι, 2 Co., XI, 10. — ἰδοὺ ἐνώπιον τοῦ θεοῦ ὅτι, Gal., I, 20. — πιστὸς δὲ ὁ θεὸς ὅτι, 3 Co., 1, 18. — μάρτυς ὅτι, 2 Co., 1, 23.
R., XIV, 11 : ζῶ ἐγώ, λέγει Κύριος, ὅτι ἐμοὶ χάμψει πᾶν yévu. Citation modifiée des LXX, Es., XLV, 23-24, χατ’ ἐμαυτοῦ ὀμνύω...ὅτι χτλ. Paul ἃ
remplacé la formule χατ᾽ ἐμαυτοῦ ὀμνύω par l'autre formule hébraïque
tout aussi fréquente, ζῶ ἐγώ, je jure par ma vie; cf. Nom., XIV, 21-923 : ζῶ ἐγὼ... ὅτι...
d) Les expressions enfermant une idée de déclaration sont suivies de la proposition affirmative :
ἣ χρίσις ὅτι, J., III, 19. — ὁ λόγος ὅτι, J., XV, 25. — φάσις ὅτι, 4., XXI, 31. — φωνὴ ὅτι, 4., XXII, 14. — ἡ ἀγγελία ὅτι, 4 J., 1, 5. — ἡ μαρτυρία ὅτι, 4 J., V, 11. -- δῆλον ὅτι, 4 Co., XV, 27. --- πρόδηλον ὅτι, 1]., VII, 14. — ἐν ὀνόματι ὅτι, pour ce motif que, Mar., IX, 41.
412. Classiquement, les verbes déclaralifs sont suivis, soit de la proposition affirmative, soit de la proposition infinitive. Dans le N. T., l'usage est en faveur de la première ; la seconde tend à disparaître ; on la rencontre dans Luc et Paul, comme vestige de la langue littéraire, et çà et là chez les autres écrivains du N. T. Elle se trouve après :
αἰτοῦμαι, À., 1Π| 14. — ἀπαγγέλλω, À., XII, 14. — ἀπαρνοῦμαι, L., XXII, 34. — ἀποχρίνομαι, Α4., XXV, 4. — βοῶ, À., XXV, 24. — γράφω, L., XXIV, 46. — διισχυρίζομαι, Α., XIT, 15. — εἶπον, L., IX, 54; XIX, 15. — κρίνω, 4., XVI, 15; XXL, 25. — λέγω, L., IX, 18 et 20; XI, 18 (et cf. Mat., XII, 24 et Mar., II, 23); XX, 27; XXIV, 23; 4., IV, 32; XXVII, 6; R., XV, 8. — λέγω et μαρτύρομαι, Eph., 1V, 17. — μαρτυρῶ, Α., X, 43. — παραγγέλλω, À, XXIII, 30 (Ti.); 2 Th., I, 6; 4 Tim., VI, 13. — προαιτιῶμαι, R., III, 9. — προχαταγγέλλω, À., IIL, 18. — σημαίνω, À., XI, 28. — συνίστημι, 3 Co., VII, 11.
En dehors de Luc et de Paul : λέγω, Mat., XVI, 13; et cf. la même phrase, Mat., XVI, 15, et Mar., VIII, 27 et 29; J., XII, 29, etc. — καταχρίνω, Mar., XIV, 64. — παραχαλῶ el ἐπιμαρτυρῶ, 4 P., V, 12. — λέγω el ἀντιλέγω, dans la même phrase, Mat., XXII, 23, Mar., XII, 18, et L., XX, 27.
113. Classiquement, les verbes signifiant croire, verba exislimandi, sont exclusivement suivis de la proposition infinitive (Kocu, 109, et 120, 1).
a) Sur ce point, la langue du N. T. se sépare de la langue classique. Ces verbes sont suivis, en règle générale, de la proposition affirmative, comme les verbes déclaratifs. Il en est ainsi après :
ae Et a ED Le
δοχεῖν, Mat., VI, 7; Mar., VI, 49; L., XII, 81; J., V, 45: 2 Co., XII, 19, etc. — ἐλπίζειν, L., XXIV, 21; 4, XXIV, 26; 3 Co., 1, 13, etc. — ἔχειν (tenir pour, croire, ressentir), Mar., XI, 32; Ap., II, 4 et 20. — λογίζεσθαι, J., XI, 50 ; R., 11, 3, VII, 18; 3 Co., X, 11; H., XI, 19, etc. — νομίζειν, Mat., V,17; A., XXI, 29, etct. — οἴεσθαι, Jac., 1, 7. — πείθειν, 4 J., III, 202, et πεποιθέναι, L., XVII, 9; Gal., V, 10, etc. — πιστεύειν, Mat., IX, 28; Mar., XI, 23; L., F, 45; J., IV,21; Α΄, VI, 8, etc. — ὑπολαμθάνειν, L., VIL 43.
b) La proposition infinitive se rencontre après :
δοχεῖν, 4 Co., XII, 23: 2 Co., XI, 16. — ἐλπίζειν, L., VI, 34 (cf. LXX, Job, XXIV, 23). — ἡγεῖσθαι, Ph., III, 8. — κρίνειν, 4., XVI, 15; XXI, 25; 4 Co., IL, 2. — λογίζεσθαι, R., III, 28; XIV, 14; 2 Co., XI,5; Phil., III, 13; cf. LXX, Néh., VI, 2, 6. — νοεῖν, H., XI, 3. — νομίζειν, L., II, 44; À., VII, 25: VIII, 20 ; XIV,19; XVI, 27: XVII, 29; 4 Co., VII, 26, 36: 4 Tim., VI, S(cf. LXX, 2 Mac., IV, 32, et VII, 19). — πεποιθέναιδ, R., II, 19; 3 Co., X, 7; πείθομαι, A, XXVI, 26: et πέπεισμαι, L., XX, 6. — πιστεύειν, 4., XV, 11. — προσδοκᾶν, Α., XX VIII, 6 (et cf. III, 5). — οἴεσθαι, Ph. 1, 17 (et cf. LXX, 4 Mac., V, 61) ; J., XXI, 25 (mais ce verset n'appartient peut-être pas à l'évangéliste). — ὑποχρίνεσθαι, L., XX, 20. — ὑπονοεῖν, 4., XIII, 25; XX VII, 27.
La proposition infinitive ne se trouve que dans Luc et Paul, comme vestige de la langue littéraire (cf. 112).
414. Classiquement, les verbes qui expriment une perception des sens ou de l'esprit sont suivis, soit de la proposition participe, soit de la proposition affirmative introduite par ὅτι et ὡς (Kocx, 109, et 126, 1).
Il en est de même dans le N. T. :
a) La proposition affirmative s'emploie après les verbes
suivants :
ἀγνοῶ, R., 1,13; 11, 45 4 Co., X, 1, οἷο. — ἀχούω, Mat., V, 21, 27; Mar., XVI, 11, J.,1V,47:1X, 32; Gal. 1,13, et souvent. — γινώσχω, Mat., XXI, 45 ; J., VIIL 27, et souvent. — ἐπιγινώσχω, L., VII, 37; X XIII, 7 ; 4., XIX, 34, etc. — εἶδον, Mat., XX VII, 3, 24; Mar., Il, 16; J., VI, 22, 24; Α., XII, 3; Gal., 11, 7,et souvent. — ἐπίσταμαι, 4., XV, 7; XIX, 25, etc. — εὑρίσκω, R., VII, 21. — καταλαμθάνομαι, À., IV, 135 X, 34. - μανθάνω, 4., XXIII, 27. — μιμνήσχομαι et μέμνημαι, Mat., V,23; L., XVI, 25; J., II, 17, etc. — μνημονεύω, ÀA., XX, 31. — οἷδα, À., XVI, 3; 4 Co., XVI, 15; Jude, 5, et souvent. — ὁρῶ, Jac., Il, 24. — πυνθάνομαι, 4., XXIII, 35. — συνίημι, Mat., XVI, 12; A., VII, 25, etc.
δ) La proposition participe s'emploie après ces verbes comme
en grec classique. Voy. 317.
118. a) Mais, dans le N.T. du moins, la proposition participe
1. Il existe chez les écrivains classiques des exemples très rares de νομίζειν ὅτι. 2. Mais persuader de (= exhorter à) A., XIII, 43. 3. Rarement avec l'accusatif et l’infinitif en grec classique.
et la proposition affirmative ne 8᾽ δι} ρ]οἰθηΐ pas indifféremment. En règle générale, le choix de la proposition repose sur le principe suivant :
Quand celui qui parle surprend quelqu'un faisant telle ou telle chose, ou étant dans tel ou telétat, et que la proposition dépendante exprime une perception réelle (de l'esprit ou des sens), cette proposition prend le verbe au participe. Mais Quand le verbe signifiant percevoir (par l'esprit, ou bien par l'esprit et les sens en même temps) se ramène au sens de se rendre compte, savoir une chose pour s'en être aperçu, comprendre, penser, et que la proposition exprime une pensée, un jugement, plutôt qu'une perception réelle, c'est la proposition affirmative qui est employée!. Ainsi :
Avec ὁρῶ, Mar., VIII, 24 : βλέπω τοὺς ἀνθρώπους ὅτι ὡς δένδρα δρῶ περιπατοῦντας. --- À., VIII, 23 : εἰς... σύνδεσμον ἀδιχίας ὁρῶ σε ὄντα. Ces deux exemples expriment une perception réelle. Au contraire, dans Jac., 11, 24, le raisonnement se termine par cette conclusion : ὁρᾶτε ὅτι ἐξ ἔργων δικαιοῦται ἄνθρωπος χαὶ οὐχ Ex πίστεως μόνον.
Avec εἶδον, Μαΐ., III, 7 : ἰδὼν δὲ πολλοὺς τῶν Φαρισαίων καὶ Σαδδουχαίων ἐρχομένους ἐπὶ τὸ βάπτισμα. Le verbe exprime une perception réelle. Il exprime une pensée, Μαΐ.,11, 16 : τότε Ἡρῴδης ἰδὼν ὅτι ἐνεπαίχθη ὑπὸ τῶν μάγων. ....
Avec οἶδα, 2 Co., XII, 2 : οἶδα ἄνθρωπον ἐν Χριστῷ πρὸ ἐτῶν δεχατεσσάρων.... ἁρπαγέντα τὸν τοιοῦτον ἕως τρίτου οὐρανοῦ. Le verbe exprime une perception réelle, dont le sentiment se conserve et se renouvelle. Le verset suivant énonce l'acte pur et simple sous forme de jugement : καὶ οἶδα τὸν τοιοῦτον ἄνθρωπον... ὅτι ἡρπάγη. εἰς τὸν παράδεισον χαὶ ἤχουσεν ἄρρητα ρήματα, Je δαὶδ que cel ne une fois ravi au ciel, y a entendu...
Avec γινώσχω, L., VIII, 46 : ἐγὼ γὰρ Eros δύναμιν ἐξεληλυθυῖαν à ἀπ᾿ ἐμοῦ, et cf. Mar., V, 30 : ὃ ᾿Τησοῦς ἐπιγνοὺς ἐν ἑαυτῷ τὴν ἐξ αὐτοῦ δύναμιν ἐξελθοῦσαν. Le participe exprime dans les deux passages une perception réelle, comme dans 2 Co., X11, 2. C’est au contraire une réflexion, un jugement, qui est exprimé Mar., V,
1. Cucuez et Riemanx, 148 : « Au lieu du participe, on peutemployer, dans le même sens, une proposition subordonnée avec ὅτι (ou ὡς) ; mais l’infiniéif (ou l'accusatif avec l'infinitif) ne présenterait pas l’objet de la perception, etc., comme étant un fait; aussi la construction de ὁρᾶν, εἰδέναι, etc., avec une proposition infinitive n’est absolument pas grecque. » La distinction classique est parfaitement observée dans le N.T. Seulement la proposition affirmative avec ὅτι y équivaut, non plus à la proposition participe, mais à la proposition infinitive qui a cessé d'être couramment employée (115, c.)
δή PROPOSITIONS DÉPENDANTES AFFIRMATIVES.
29 : ἔγνω τῷ σώματι ὅτι ἴαται ἀπὸ τῆς μάστιγος. Nou seulement la femme guérie le sentit, mais elle se le dit, comme l'indique le parfait du style direct.
Nota. — Pour les remarques de détail et les exceptions concernant l'emploi de la proposition participe, voy. 317-318.
δ) En conséquence (114, a; 115) les verbes percipiendi dont lc sens peut se réduire à celui de penser, de porter un jugement mental, tendent à prendre la proposilion affirmative avec ὅτι.
c) Au lieu de la proposition affirmative, on trouve, mais rarement, son équivalent : la proposition infinitive. Il en est ainsi après :
ἀχούω, je sais pour l'avoir entendu dire, J., XII, 18; 4 Co., XI, 18. — yivwdoxw, savoir, se dire à soi-même, H., X, 34. — χατελαθόμην, je sais pour m'en élre assuré que, À., XX V, 25. — olôa, L., IV, 41; 4 P., V,9. — ἥγημαι, Ph., 111, 7-8. — Voyez 318, b.
Dans tous ces exemples, le verbe exprime un acte de l’intelligence et non une perception réelle.
Cet emploi de la proposition infinilive est classique (CucueL et RIEMANN, 149); mais les exemples se trouvent la plupart dans Luc et Paul, et ils sont très peu nombreux (112; 113, bd).
d) Les verbes δείχνυμι, δηλῶ et φανερῶ (— quivw) prennent toujours après eux les propositions affirmative ou infinitive (Luc et Paul), et non la proposition participe, qu'ils peuvent prendre classiquement (Kocx, 126, 2); ainsi 4., XVIII, 28; XX, 35; 2 Co., IL, 3; Z., IX, 8. — Ce sont des verbes causatifs, ayant le sens de faire percevoir. -
416. Les trois classes de verbes dont il vient d’être question, verbes declarandi, existimandi et percipiendi, suivent donc une seule et même règle dans le N. T. Cette règle peut s'énoncer ainsi :
Tous les verbes qui expriment un acte de l'intelligence, un jugement, comme déclarer, dire, penser, croire, soupçonner, se rendre compte, réfléchir, espérer, savoir, savoir une chose pour s'en être aperçu ou l'avoir perçue, sont suivis régulièrement de la proposition affirmative. |
La proposition infinitive tend à être abandonnée; elle se rencontre principalement dans Paul et Luc.
11 existe dans le N. T. une tendance très marquée à unifier la construction des trois classes de verbes dont il a été question.
Cette tendance est due à l'influence de la langue grecque familière et de la langue hébraïque.
417. La langue grecque post-classique préfère très visiblement la proposition affirmative. Sophocles (sub verb. δτι) dit en effet : « ὅτι, que, introduit la proposition objective après les
verbes qui signifient dire, penser, croire, savoir, entendre
dire, voir, montrer, et leurs synonymes. »
Tel était l’usage du grec post-classique pendant la période gréco-romaine, et aussi pendant la période alexandrine, comme l'indiquent les exemples des LXX que nous citerons plus bas. Cet usage se rencontrait avec celui de l’hébreu et de l’araméeon, langue maternelle des écrivains du N.T. De plus, il convenait au tempérament intellectuel du Juif, qui aime à se rapprocher le plus qu’il le peut du style direct, et qui répugne à l'emploi d’une construction synthétique, telle que la proposition infinitive (22, 23, 101).