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CHAPITRE XII

Propositions (complétives indirectes) finales et consécutives!.

441. Nous avons montré déjà : 1° qu’il existait entre la proposition complétive indirecte et sa proposition principale le même rapport qu'entre le substantif complément indirect et son verbe (90) ; 2 que, dans la langue du N.T., la proposition complétive indirecte était une proposition indépendante volitive ou finale, attachée à une proposition principale (92).

442. a) Les propositions complétives indirectes marquent, dans le N. T., la Jin de l'acte exprimé dans la proposition principale, et cette fin comprend le but et la conséquence.

1, Curnius, 530 seqq ; Kocu, 111-113; Cucuez et RiësaxN, 99 5664; Maovio, 122 seqq.

Elles se divisent donc en propositions finales, qui marquent spécialement la fin voulue ou but ; et en propositions consécutives, qui marquent spécialement la conséquence, le résultat pur et simple. Mais il existe souvent un rapport intime entre le but et la conséquence ; souvent, d’ailleurs, il est indifférent d'exprimer l’idée de but, ou d’abstraire cette idée pour n'exprimer que celle de conséquence ; il en est ainsi quand le résultat seul importe. Aussi les deux espèces de propositions servent-elles i'une et l’autre à exprimer tantôt le but et tantôt la conséquence.

δὴ) Dans le N.T., toutes les fois que ce qui est exprimé dans la proposition principale peut être conçu comme {endant ou aboulissant à ce qui est exprimé dans la proposition dépendante, il y a finalilé, et la proposition dépendante peut toujours étre une proposition finale, par sa forme, qu'elle exprime 16 but ou le simple résultat. De plus, il existe parfois, entre la proposition principale et certaines propositions dépendantes, un rapport de {endance, de finalité, absolument étranger au grec classique (Cf. 104.)

143. La finalité, dans le N.T., comprend : 1° l’acte considéré comme voulu ; 2 l'acte considéré comme prévu; 3 l'acte considéré comme résultat pur et simple.

1° Lorsque l'acte est considéré comme voulu, la proposition qui l'exprime est la proposition finale ordinaire proprement dite ; elle marque l'inteution. Mal., If, 8 : ἀπαγγείλατέ μοι, ὅπως χἀγὼ ἐλθὼν προσχυνήσω αὐτῷ. — Dans les LXX, Nom., XI, 13.

29 Lorsque l'acte ἃ été prévu, il l'a été par Dieu, suivant l'opinion des écrivains du N.T., et non par le sujet qui fait l'acte. Alors :

a) Tantôt l'acte a été prévu par Dieu, et Dieu ἃ disposé les événements pour que cet acte s'ensuivît, Mat., II, 23 : xx ἐλθὼν χατῴχησεν εἰς πόλιν λεγομένην Ναζαρέτ, ὅπως πληρωθῇ τὸ ρηθὲν διὰ τῶν προφητῶν ὅτι..., DOUT Que S'ACCOMmpll.….

Dans l'opinion de l'écrivain, l'acte est non seulement prévu, mais voulu par Dien, en vue d’un but déterminé, qu'ignorait le sujet de xxroxnsev. C'est la finalité théologique ; cf. Mat., I, 22; J., IX, 2-3; XI, 4.

Elle existe aussi chez les LXX : Gen., XVIII, 19, le Seigneur se parle ainsi à lui-même : ἥδειν γὰρ ὅτι συντάξει τοῖς υἱοῖς αὐτοῦ καὶ τῷ οἴκῳ αὐτοῦ μετ᾽ αὐτόν᾽ χαὶ φυλάξουσι τὰς ὁδοὺς Κυρίου, ποιεῖν δικαιοσύνην χαὶ χρίσιν, ὅπως ἂν ἐπαγάγη Κύριος ἐπὶ ᾿Αὐραὰμ πάντα ὅσα ἐλάλησε πρὸς αὐτόν. On lit dans JOSÈèPHE, Ant. Jud., VIII, 8, 2 : ... τοῦ Θεοῦ ποιήσαντος. οἶμαι, χαταχριθῆναι τὸ σύμφερον ὑπ᾽ αὐτοῦ.... et plus loin : οὔτε ὁ Θεὸς npler νοεῖν τὰ χρείττω.

SE το ποι ἊΝ TR eu

L'historien conclut en ces termes : ταῦτα δ᾽ ἐπράττετο χατὰ τὴν τὸς (sou

δὴ Tantôt l'acte ἃ été prévu par Dieu, mais sans que Dieu, dans l'opinion de l'écrivain, ait disposé les événements en vue de cet acte, Mat., XXIII, 34-35 : ἰδοὺ ἐγὼ ἀποστέλλω πρὸς ὑμῦς 720φήτας καὶ σοφοὺς χαὶ γραμματεῖς" ἐξ αὐτῶν ἀποχτενεῖτε χαὶ σταυριύτετε καὶ διώξετε ἀπὸ πόλεως εἰς πόλιν" ὅπως ἔλθη ἐφ᾽ ὑμᾶς πᾶν αἷμα δίχχιων. de manière que retombera sur vous tout le sang innoceïl…

Il en est de même dans les LXX, Osée, VIII, 4 : καὶ τὸ χρυσίον aim ἐποίησαν ἑαυτοῖς εἴδωλα, ὅπως ἐξολοθρευθῶσιν, de manière qu'ils périront. — Es., XX VIIL 3; cf. SCHLEUSNER, sub ver. ὅπως.

C'est un autre aspect de la finalité théologique.

Dans les deux cas, le rapport de finalité établi par l'écrivain et la proposition finale proviennent de l'influence des croyances judéo-chrétiennes.

3° L’acte est considéré comme un résultat, une conséquence ; c'est la proposition consécutive ordinaire, J., VE, 7 : διχχοπίων δηναρίων ἄοτοι οὐχ ἀρχοῦσιν αὐτοῖς ἵνα ἕχαστος βραχὺ λάθῃ.--- Apoc., XIII, 18 : ποιεῖ σημεῖα μεγάλα, ἵνα χαὶ πῦρ ποιῇ ἐχ τοῦ οὐρανοῦ χαταθχίνειν εἰς τὴν γῆν.

Dans les LXX, Gen., XXII, 14 : ἐκάλεσεν ᾿Αδραὰμ τὸ ὄνομα τοῦ τόπο. ἐκείνη. Κύριος εἶδεν, ἵνα εἴπωσι σήμερον ἐν τῷ ὄρει Κύριος ὥφθη, de {ἐεἰ ᾿ς sort: qu’on dit aujourd'hui. — Amos, II, 7.

444. Les propositions qui expriment la finalité dans le N.T. sont les suivantes :

19 Les propositions finales introduites par une parlicule comme ὅπως, ἵνα, ὥστε, elcC.

20 Les propositions relatives finales.

3° Les propositions ayant leur verbe à l’infinitif, soil seul, soit précédé de εἰς, πρός, τοῦ, et très rarement ὡς.

4e Les propositions ayant leur verbe au participe fulur ou présent.

Nous n'avons à nous occuper ici que des premières.

445. Les propositions finales, dans le N.T., sont introduites par lea particules : ὅπως, ὅπως ἄν, ἵνα, quand elles sont positives: ὅπως ui vx ur, μή. quand elles sont négatives; ὥστε avec un mode fini ou inillini ὡς avec le subjonctif ou l'infinitif.

L'emploi de ὅπως ἄν est classique; imais il ne se trouve que dan: lue, et dans Paul (cilatio 1 des LXX). L'emploi de ὅπως seul est homeriqjue, poétique et post-classique ; il appartient à la langue familière.

La particule ἕνα est beaucoup plus employée dans le grec du N.T. que dans le grec classique, οἱ cet emploi appartient à la langue familière. En premier lieu, elle tend à remplacer la particule ὅπως. En effet, ὅπως et ὅπως un ne se trouvent que soixante fois, au plus, dans le N.T. et une seule fois dans les écrits de Jean (XI,57). Au contraire, ἕνα οἱ ἵνα ur se rencontrent dans 700 passages au moins, et 200 fois environ dans les écrits de Jean. En second lieu, il existe dans le N. T. une tendance très marquée à remplacer la proposition infinitive par la proposition finale avec ἵνα.

Les Actes essaient de réagir contre ces deux tendances. La particule ἵνα ne s'y trouve que douze fois, tandis qu’on trouve ὅπως parlout ailleurs (quinze fois). Le subjonctif employé avec ἵνα comme périphrase de l’infinitif y est rare ; cf. 4., XIII, 25 : ἄξιος... λῦσαι, et J., I, 27 : ἄξιος ἵνα λύσω 3.

La particule ur, employée seule, ne se trouve qu'après les verbes du sens de prendre garde, βλέπειν, σχοπεῖν, εὐλαθεῖσθαι, et après un verbe ou une idée de crainte. |

La particule wore s'emploie moins souvent dans Ice N. T: que chez les écrivains classiques, et rarement devant un verbe à un mode fini.

La particule ὡς avec le subjonctif se trouve une fois, 4., XX, 24 (WE). Elle se trouve avec l'infinitif, 4., XX, 24 (Tis.), et L., IX, 52 (WH); cet emploi est un vestige de l'usage classique (170, a).

1. Les particules ἕνα et ὅπως sont-elles employées dans le N. T. pour exprimer le résultat pur et simple aussi bien que le but? Peuvent-elles avoir le sens echatique, aussi bien que le sens élique ® L'examen de celte question appartient à la syntaxe des particules, La discussion est très vive pour ἵνα. Winer lui refuse le sens ecbalique. Moulton dit à ce sujet (Wixen, 53, 6, p. 573, note 3i : « Ce point est encore controversé, mais le nombre des passages en discussion est maintenant très restreint. Avec Winer s'accordent : Grimm (CLavis, sub ver.); Beelen (Gram. N. T., p. 419 seq.); Schirlitz (Gruxpzüce, p. 351 seq.) — et aussi Ellicott, Alford (4 Co., XIV, 13; 1 Tn., V. 4), et Eadie... Le sens ecbatique sourit assez à Lightfoot (Gau., I, 17), ἃ. Bultmaon (p. 235), Green (Grax., p. 119), et Jowett(1 Tn., V. 4). » — Grimm et Thayer se rangent en principe à l'opinion de Winer; mais Thayer (sub ver., 11, 2) reconnaît que parfois ἵνα ἃ perdu à peu près sa force, et (sub litt. d) qu'il l'a entièrement perdue dans certains passages. Schleusner se déclare expressément pour le sens echatique de ἵνα et de ὅπως, et son opinion nous paraît d’un très grand poids. I.-A.-VW. Meyer s'accorde avec Winer; mais Iüther (1 J.,1, 9) se sépare de lui. Ellicott échappe de plus en plus à l'autorité de Winer (1 Co., XIV, 13; Eex., 1, 17; Pu., 1,9:1Tu., V, 4). Pour nous, après avoir constaté que l'hébreu pe distingue pas, du moins ne distinguc pus toujours, bien au contraire, entre l'idée de but et celle de conséquence; après avoir conslalé que la même confusion existe dans les LXX; après avoir examiné toutes les propositions du N.T, commençant par ὅπως et ἕνα, nous avons conclu que ces deux particules pouvaient prendre le sens purement ecbatique, surtout ἕνα. — Îl en est de même dans la langue grecque post-classique pour ἕνα (et même ὅπως), comme le recunnaîit expressément Sophocles (sub ver. ἵνα). 11 ajoute même que «les aucieus grammairiens ne paraissent pas distinguer entre le sens echalique et le sens lélique.»

2. P. Vienecx (p. 67, 40) : « Particularun fivalium invesiunlur plerumque ὅπως, rarius ἕνα, cum Polvbius rarissiine ulatur ὅπως el ὡς, plerumque tva. » L'usage des écrivains du N. T. s'accorde avec celui de Polybe.

446. Employée après beaucoup de propositions principales pour marquer un rapport de finalité étranger à la langue classique ou rare (142); employée pour remplacer l'infinitif et la proposition infinitive (145), la proposition finale occupe dans la syntaxe du N. T. une place beaucoup plus large et plus importante que dans la syntaxe classique. Voici l'énumération sommaire des différentes classes de propositions finales avec ἵνα dans le N. T. :

1° Après les verbes de volonté (mais non χελεύειν) et de désir, il y ἃ tendance à employer la proposition finale avec ἵνα, rarement avec ὅπως. L'idée de désir est alors expressément indiquée, Mat., IV,3; L., XVI,27; cf. L., VII, 3. — Cf. 284, 3°.

Classiquement, on trouve les verbes exprimant une idée de prière ou d’exhortation suivis de la proposition finale; mais elle est introduite par ὅπως.

Après les verbes qui signifient déclarer et qui contiennent en même temps une idée de commandement, on trouve tantôt la proposition affirmative avec ὅτι (ou son équivalent la proposition infinitive), tantôt la proposition finale avec ἵνα, suivant que prédomine l’idée de déclaration ou celle de commandement(Cf. Mar., XII, 18-19.)

2° Après un verbc impersonnel ou une locution impersonnelle, la proposilion infinitive peut être remplacée par la proposition finale avec ἵνα; Mat., V, 29 : συμφέρει γάρ σοι ἵνα ἀπόληται... — Cf. 284, 1°.

Au lieu d'une proposition finale, on peut trouver une proposition conditionnelle, Z., XVII, 2. — Cf. 200.

3° Après un verbe de sentiment, au lieu d’une proposition infinitive où d'une proposition causale, on peut trouver une proposition finale ; la cause du sentiment est conçue comme le but que l'on désire atteindre, J., VILL, 56 : ᾿Αόραὰμ ὁ πατὴρ ὑμῶν ἡγαλλιΐσατο ἵνα ἴδῃ τὴν ἡμέραν τὴν ἐμήν, καὶ εἶδεν χαὶ ἐχάρη, Abraham s’esl réjoui de ce qu'il verrait. -- Cf. 284, 7°.

4° Les noms et les adjectifs de même sens que les verbes des classes précédentes peuvent être suivis de la proposition finale, J., IL, 25 : οὐ χρείαν εἶχεν ἵνα τις μαρτυρήσῃ περὶ τοῦ ἀνθρώπου. — ΟἹ 284, 8.

Les noms sont souvent accompagnés de l’adjectif démonstratif, qui annonce une explication donnée sous forme de proposition finale; cf. 6°.

Ὁ Après les nons qui seraient expliqués par une proposition infinitive (servant de sujet), on trouve, au lieu de l'infinitif, la

proposition finale avec ἵνα, J., XVIII, 39 : ἔστιν δὲ συνήθεια ὑμῖν ἵνα ἕνα ἀπολύσω.

Particulièrement, après un nom de temps, J., XVI, 32 : épyeται ὥρα χαὶ ἐλήλυθεν ἵνα σχορπίσθητε, et cf. V, 25 : ἔρχεται ὥρα ὅτε... — Cf. 284, 99. |

6° Après le pronom-adjectif démonstratif oùroçs et l’adverbe correspondant οὕτως, employés pour annancer une explication :

J., XVII, 3 : αὕτη dé ἐστιν à αἰώνιος ζωὴ ἵνα γινώσχωσι. — J., XV, 13 : μείζονα ταύτης ἀγάπην οὐδεὶς ἔχει ἵνα τίς τὴν ψυχὴν αὐτοῦ θῇ. — L., 1, 43 : πόθεν μοι τοῦτο ἵνα ἔλθῃ ἢ μήτηρ; — Mat., XVIII, 14: οὕτως οὐχ ἔστιν θέλημα ἔμπροσθεν τοῦ πατρός μου... ἵνα ἀπόληται ἕν... -- Cf. 284, 105.

7° Au lieu d'une proposition consécutive introduite par ὥστε, quand l’idée est celle de assez... pour, trop... pour, si. que, au point de ou que, plus. que de, on peut trouver une proposition finale avec ἵνα :

4. ., L, 9: πιστός ἐστιν χαὶ δίχαιος ἵνα ἀφῇ ἡμῖν τὰς ἁμαρτίας. — J., VI, 7 : διαχοσίων δηναρίων ἄρτοι οὐχ ἀρχοῦσιν αὐτοῖς ἵνα ἕχαστος βραχὺ λάθῃ, et cf. Mat., XV, 33 : ἄρτοι τοσοῦτοι ὥστε χορτάσαι. — Voy. plus loin, 169, ὦ.

8 Au lieu d'une proposition relative finale ou consécutive, on peut trouver la proposition finale avec ἵνα, Mar., IV, 22 : οὐ γὰρ ἔστιν χρυπτὸν ἐὰν μὴ ἵνα φανερωθῇ, οὐδὲ ἐγένετο ἀπόχρυφον ἀλλ᾽ ἵνα ἔλθῃ εἰς φανερόν, et οἵ. L., VIII, 17 : οὐ γὰρ ἔστιν χρυπτὸν ὃ οὐ φανερὸν γενήσεται, οὐδὲ ἀπόχρυφον ὃ οὐ μὴ γνωσθῇ.

99 Au lieu du participe futur final, rarement employé dans le N. T., ou de la proposition infinitive souvent employée, au contraire, après un verbe du sens de aller, venir, envoyer, on peut trouver la proposition finale avec tva, J., ΧΙ, 11 : πορεύομαι tva ἐξυπνίσω αὐτόν, et v. 16 : ἄγωμεν xat ἡμεῖς ἵνα ἀποθάνωμεν μετ᾽ αὐτοῦ. — 4}., VI, 2. | |

L'idée de but est expressément indiquée par la proposition finale (cf. 4°).

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