‹ Etude sur le grec du Nouveau TestamentChapitre 53 sur 101 · Nous tirons de ce qui précède ces trois conclusions · texte numérisé non relu

Nous tirons de ce qui précède ces trois conclusions

1° La langue du N. T. aime à employer la proposition finale avec ἵνα, toutes les fois que la pensée peut être conçue avec une idée de finalité, c'est-à-dire une idée de tendance ou d'aboulissement à quelque chose (142, ὃ).

2° Elle aime à remplacer par la proposition finale avec ἵνα la proposition infinitive et d’autres espèces de propositions (causales, affirmatives, relatives, temporelles, conditionnelles.)

3° La particule ἵνα est employée de préférence à toute autre particule de finalité.

Ce sont là trois particularités caractéristiques de la langue du N.T.; elles proviennent toutes trois de la langue familière et peut-être même populaire,

448. Quand la proposition finale avec ἵνα ou (ὅπως) remplace la proposition infinitive ou une antre espèce de proposition, l'acte qu'elle exprime peut toujours, relativement à l’acte de la proposition principale, être rapporté à l'avenir (3, a et δ), et le subjonctif garde ainsi sa valeur de mode d'éventualité. La proposition finale est alors employée soit au style direct, soit au style indirect.

Style direct. Mat., X, 25 : ἀρκετὸν τῷ μαθητῇ ἵνα γένηται ὡς ὃ διδάσχαλος αὐτοῦ. — J., XI, 15 : χαίρω δι᾿ ὑμᾶς, ἵνα πιστεύσητε, ὅτι οὐχ ἥμην ἐχεῖ. La proposition finale exprime le motif futur conçu comme but ; ὅτι indique le motif réel.

Slyle indirect . J., XIII, 1 : εἰδὼς ὃ ᾿Τησοῦς ὅτι ἦλθεν αὐτοῦ ἡ ὥρα ἵνα μεταθῇ ἐχ τοῦ χόσμου τούτου. Jésus ἃ dit ou aurait dit : ἦλθεν ἣ ὥρα ἵνα μεταθῶ Ex τοῦ χόσμου τούτου.

149. a) La proposition finale qui exprime un acte éventuel (attendu, voulu, désiré, commandé) prend les deux modesd'éventualité : subjonctif et indicatif futur, les deux modes que nous

1. a) P. Viereck dit (p. 67, 10) : « Particularum finalium inveniuntur plerumque ὅπως, rarius ἵνα, cum Polybius rarissime utatur ὅπως et ὡς, plerumque ἵνα. Polybii consuetudinem secuti interpretes etiam verba censendi, dicendi, judicandi, quæ ἃ classicis qui dicuntur auctoribus cum infinitivo solent conjungi, cum particulis ὅπως vel ἵνα jungunt. » Il cite Ψηφίζειν ἵνα ; ἔδοξεν Eva, ὅπως, où l'infinitif ; χρίνω ὅπως, διαλέγεσθαι et λόγους ποιεῖσθαι ὅπως, ἐντολὰς διδόναι ἵνα. Il constate que Ἰ᾽υβᾶρο de la proposition finale est le même après les verbes consulendi et providendi, et (p. 68, 12) après les verbes censendi et jubendi.

δὴ) Jan passage de W. W. Goodwia mérite d'être cité. Après avoir dit (355) que les verbes signifiant prier, demander, etc., sont suivis parfois de ὅπως et du subjoaclif, au lieu de l’infinitif, il ajoute (357) : « On trouve λίσσομαι avec ἵνα dans Odyss., [, 327... On peut comparer Démosr., XVI, 28 : δῆλοι ἔσονται οὐχ ἵνα Θεσπιαὶ κατοιχισθῶσι μόνον ποιούμενοι τὴν σπουδήν (it will be evident that they lake an interest not merely in having Thespiæ established). Dans ces deux exemples, la proposition objective δὶ devenue une proposition finale pure. Ce fait est très rare en grec classique ; mais il apparait de nouveau daus la langue post-classique, par exemple dans le N. T.; ainsi : ἐντολὴν καινὴν δίδωμι ὑμῖν ἵνα ἀγαπᾶτε ἀλλήλους, Ψ., ΧΠῚ, 81; ἐδεήθην ἵνα ἐκβάλλωσιν, L., IX, 40. Cf. le latin rogat ut liceat. »

c) Sur l'emploi presque illimité de la proposition finale avec ἕνα daos le grec post-classique, voy. SopHocLes, sub ver. ἵνα.

d) Les écrivains du N.T. considèrent si bien la proposition finale avec ἵνα et la proposition infioitive comme équivalentes qu'on peut trouver ces deux proposilions coordonnées, Ap., VI, 4 : sai τῷ χαθημένῳ ἐπ᾿ αὐτὸν ἐδόθη [αὐτῷ] λαθεῖν τὴν εἰρήνην [ἐκ] τῆς γῆς χαὶ ἵνα ἀλλήλους σφάξουσιν (Cf. B. Weiss, Die Johannes- Apocalypse, Leipzig, 1891.)

6) Le latin μέ aurait-il favorisé l'emploi de la proposition finale avec ἵνα ἢ

avons vus employés avec le même sens dans les propositions volitives indépendantes. — Lorsqu'elle exprime, au contraire, une conséquence Ou une fin considérées comme réelles, le verbe est au mode de réalité : l'indicatif. Les particules ἵνα el ὥστε ne font que marquer la relation logique qui existe entre la proposition principale et la proposition dépendante, et elles équivalent presque à des particules de coordination; la proposition dépendante pourrait être remplacée par une proposition indépendante coordonnée au moyen d’une particule signifiant : c'est pourquoi, en conséquence.

L'infinitif après ὥστε remplace les modes finis : subjonctif et indicatif.

b) Enfin, dans le N.T., les propositions dépendant de verbes qui signifient prendre garde, craindre, s'efforcer de, travailler à ce que, prendre soin que, elc., sont assimilées complètement aux propositions finales ordinaires, s'introduisent par les mêmes particules, et suivent la même syntaxe.

En un mot, toutes les proposilions finales ont été unifiées dans la langue du N.T., comme l'ont été les propositions dépendantes affirmatives et interrogatives.

c) Nous traiterons en premier lieu des propositions finales et consécutives introduites par ὅπως, ἵνα, et μή; en second lieu, des propositions finales et consécutives introduites par ὥστε.

Propositions finales et consécutives introduites :par ὅπως. ἵνα. un.

450. Classiquement, « après un temps principal, le subjonctif est de rigueur dans la proposition finale : c’est le subjonctif employé dans une proposition exprimant un désir. Après un temps secondaire, l’optatif est le mode ordinairement employé dans la proposition finale; c’est l'optatif oblique... » — La négation est ur.

Après un temps secondaire, on trouve souvent aussi le subjonctif; «c'est qu'alors l'écrivain veut faire ressortir l’idée de désir exprimée par ce mode. Le contexte seul indique que ce désir n’est pas chez l’écrivain, mais chez la personne dont il parle.» (Kocx, 111, 1-3; cf. CurrTius, 530-532.)

Dans le Ν. T., les règles suivent les principes posés plus haut (97-101) :

1° L'acte est considéré comme éventuel :

Le verbe de la proposition finale est à l’un des deux modes d'éventualité; au subjonctif, le plus souvent; moins souvent à l'indicatif futur ; exceptionnellement et rarement à l'indicatif présent, semble-t-il.

Nota. — L'emploi du futur est une des particularités caractérisliques de la langue du N. T.

Si le verbe de la proposition principale est à un temps principal, le subjonctif est à l’un des trois temps : présent, aoriste, parfait.

S'il est à un temps secondaire, le subjonctif est à l’aoriste, et il correspond ainsi à l'optatif oblique de la langue classique, qui est abandonné.

Si, après un temps secondaire, on trouve le subjonctif présent, c'est le subjonctif présent du style direct. Ainsi, Mar., ΠῚ, 9 : καὶ εἶπεν τοῖς μαθηταῖς αὐτοῦ ἵνα πλοιάριον προσχαρτερῇ αὐτῷ, et cf. les LXX, Daniel, VI, 1-2 : κατέστησεν (Δαρεῖος) ἐπὶ τῆς βασιλείας σατράπας ἑχατὸν εἴχοσι... χαὶ ἐπάνω αὐτῶν ταχτιχοὺς τρεῖς, ὃς ἦν Δανιὴλ εἷς ἐξ αὐτῶν, τοῦ ἀποδιδόναι αὐτοῖς τοὺς σατράπας λόγον, ὅπως ὁ βασιλεὺς μὴ ἐνοχλῆται ©. --- On ne trouve pas le subjonctif parfait.

Nota. — L'optatif se rencontre dans un seul passage.

2° L'acte est considéré comme réel par celui qui parle; il est exprimé par le verbe au mode réel (indicatif présent).

Nota. — Le mode irréel n’est pas employé.

Page 1