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CHAPITRE XV

Propositions dépendantes (circonstanciel]les) conditionnelles et concessives.

482. a) On a vu (93) que la proposition conditionnelle était une proposition indépendante exprimant la condition d'un acte exprimé dans une autre proposition indépendante. Mise en relation avec cette dernière par une particule ou un relatif, la première devient dépendante.

b) La période conditionnelle se compose de deux propositions : l’une, introduite par une particule et exprimant la condition ; on l’appelle antécédent, protase, proposition secondaire, ou simplement proposition conditionnelle; l'autre, exprimant l'acte qui dépend de la condition; on l'appelle conséquent, apodose, ou simplement proposition principale.

c) La proposition principale peut prendre toutes les formes de la proposition indépendante exprimant un jugement ou un désir.

d) Les deux propositions sont indépendantes l’une de l'autre pour l'emploi du temps et du mode qui ne dépendent que de la nature de l'idée (99; 175, 5°); ce qui explique le mélange des formes de la proposition conditionnelle. Cependant :

e) Il existe entre les deux propositions un rapport ordinaire et régulier, résultant de la nature même des idées, et amenant une correspondance ordinaire entre les deux propositions, au point de vue de leur construction.

483. a) La forme de la proposition conditionnelle Géheid de la manière dont celui qui parle conçoit l'idée. Il peut la considérer : comme réelle, comme irréelle, comme éventuelle, comme possible simplement. — De là les quatre formes de la période conditionnelle dont traite la grammaire classique (Gurrius, 534, 535.) |

b) Dans le N. T., l'acte n’est plus considéré comme simplement possible; aussi ne reste-t-il que de rares exemples de la quatrième forme, remplacée par la première ou la troisième (9).

4. Cunrius, 534-550; Kocu, 114, et 114, Β΄; Cucuec et Riemann, 109-114; Maovio, 108; 117-118.

c) Lorsque la condition est conçue : comme réelle, le verbe est au mode de réalité (indicatif), comme irréelle, le: verbe est au mode d'irréalité (indicatif des temps secondaires}; comme éventuelle, le verbe est à l’un des deux modes d’éventualité (subjonctif ou indicatif futur); comme possible simplement, le verbe est au mode de possibilité pure (optatif).

d) Classiquement, la proposition conditionnelle est introduite par εἰ, ἐάν, ἄν, ἤν. Elle est introduite dans le N. T. par εἰ et ἐάν; rarement par ἄν (Jean seul, ΧΙ], 32 (WH); XIII, 20; XVI, 23; XX, 23); jamais par ἥν.

e) Classiquement, εἰ est lié au mode indicatif et ἐάν au mode subjonctif. Dans le N. T., l'emploi du mode étant indépendant de la forme traditionnelle de la proposition et de la particule qui l’introduit, on trouvera εἰ avec le futur et le subjonctif, pour une condition éventuelle, et ἐάν avec l'indicatif pour une condition réelle.

Proposition conditionnelle de la première forme : indicatif au mode réel.

484. La proposition conditionnelle de la première forme présente la condition comme réelle.

Tantôt la condition existe réellement (Mut., XIV, 28), et alors la particule, et ou ἐάν, équivaut à puisque, et même parce que (CucueL et RIEMANN, 108, Rem. I). Tantôt la condition n'existe pas (Mat., XII, 26); celui qui parle la regarde provisoirement comme réelle, afin de pouvoir établir son raisonnement (Kocow, 114, I, et note 1.)

Les deux propositions de la période gardent le temps et le mode qu’elles auraient, si elles étaient indépendantes. Par suite, on trouvera: dans la proposition conditionnelle, les temps de l'indicatif au mode réel : présent, aoriste, parfait (97); dans la proposition principale, les temps de l'indicatif aux modes réel ou éventuel, présent, futur, aoriste, parfait.

La négation est régulièrement ur, en grec classique, dans la proposition conditionnelle. Dans le N. T., la proposition conditionnelle n'est qu’une proposition indépendante affirmative devenue dépendante; elle garde la négation où, attachée au mode indicatif (12).

Exemples :

1° Avec εἰ, Mat., XIX, 10 : εἰ οὕτως ἐστὶν ἢ αἰτία τοῦ ἀνθρώπου μετὰ τῆς γυναιχός, οὐ συμφέρει γαμῆσαι. --- Mar., IV, 28 : εἴ τις ἔχει

ὦτα ἀχούειν, ἀκουέτω, et οἵ. Mat., V, 29. — A., V, 39 : εἰ δὲ ἐκ. θεοῦ ἐστίν, où δυνήσεσθε χαταλῦσαι αὐτούς. — 4 Co., XV, 16 : εἰ γὰρ νεχροὶ οὐχ ἐγείρονται, οὐδὲ Χριστὸς ἐγήγερται.

L., XIX, 8: εἴ τινός τι ἐσυχοφάντησα; ἀποδίδωμι τετραπλοῦν. — L., XVI, 11 : εἰ οὖν ἐν τῷ ἀδίκῳ μαμωνᾷ πιστοὶ οὐχ ἐγένεσθε, τὸ ἀληθινὸν τίς ὑμῖν πιστεύσει; --- Apoc., XX, 15 : εἴ τις οὐχ εὑρέθη ἐν τῇ βίόλῳ τῆς ζωῆς γεγραμμένος ἐδλήθη εἰς τὴν λίμνην.

J., ΧΙ, 12 : εἰ xexoiuntat, σωθήσεται. — Α., XVI, 15 : εἰ χεχρίχατέ μὲ πιστὴν τῷ Κυρίῳ εἶναι..., εἰς τὸν οἶκόν μου μένετε. --- 2 (Ο., IL, 5; VII, 14.

2° Avec ἐάν, 4 J., V, 14-15 : αὕτη ἐστὶν ἣ παρρησία ἣν ἔχομεν πρὸς αὐτόν, ὅτι ἐάν τι αἰτώμεθα χατὰ τὸ θέλημα αὐτοῦ ἀχούει ἡμῶν. χαὶ ἐὰν οἴδαμεν ὅτι ἀχούει ἡμῶν ὃ ἐὰν αἰτώμεθα χτλ., PUISQUE NOUS SALONS qu'il nous eœauce, etc. — Avec une idée accessoire de temps, 4 Th., III, 8 : νῦν ζῶμεν ἐὰν ὑμεῖς στήχετε ἐν Κυρίῳ, nous vivons du moment que vous persévérez..

Dans les LXX : avec et, Gen., XLVIII, 11; Ex., XXXII, 3: Job, XXII, 20; 1 Mac., XV, 21. — Avec ἐάν, Lév., 1, 14 : ἐὰν δὲ ἀπὸ τῶν πετεινῶν χάρπωμα προσφέρει δῶρον αὐτοῦ τῷ Κυρίῳ. — Job, XXII, 3 : τί γὰρ μέλει τῷ Κυρίῳ, ἐὰν σὺ ἦσθα τοῖς ἔργοις ἄμεμπτος; est-ce que Dieu s'inquiète δὲ tu as été trréprochable...? L'imparfait de narration est au mode réel. — Cf. 4 R., II, 14. : πᾶν ὃ ἐὰν ävé6n.. au mode réel.

Pour les périodes conditionnelles qui ont le verbe au présent dans la proposition conditionnelle, et à l'imparfait dans la proposition principale, voy. 189.

485. a) La proposition conditionnelle au mode réel est assimilée absolument à la proposition indépendante affirmative dont elle garde le temps, le mode, et la négation οὐ.

δ) La négation se trouve : L., XI, 8; XIV, 26; XVI, 11, 31; J., 1, 25; III, 12, V, 47, X,37; R., VIII, 9; XI, 21; 4 Co., VII, 9; IX, 2; XI,6; XV, 13, 14-17; XVI, 22, etc. Voy. 353, a. — Les Actes n'en offrent pas d'exemple, sauf XXV, 11 : εἰ δὲ οὐδὲν ἔστιν ὧν οὗτοι χατηγοροῦσιν... Cet emploi de οὐ est correct et classique ; σου. 313, a (cf. Goopwin, 384-387) — Μή se trouve dans 4 Tim., VI, 3; mais la particule nie le participe, et non la proposition qui est affirmative.

c) Les temps imparfait et plus-que-parfait sont réservés aux propositions conditionnelles de la deuxième forme, au mode irréel. — L'aoriste sert de mode réel dans celles de la première, et de mode irréel dans celles de la seconde.

486. a) On lit, L., XII, 49 : πῦρ ἦλθον βαλεῖν ἐπὶ τὴν γῆν" καὶ τί θέλω, εἰ ἤδη

ἀνήφθη; L'acte est passé ; θέλω ayant son complément direct τί, les mots εἰ ἤδη ἀνήφθη ne peuvent être une proposition dépendante interrogative; enfin, l'interrogation τί θέλω équivaut à οὐδὲν θέλω (53, 6). Le sens est donc : qu’ai-je à désirer, s'il est déjà allumé® = je n'ai rien à désirer, s’il est déjà allumé; et, comme nous dirions en français : tout ce que je désire, c’est qu’il soit déjà allumé. Cf. LXX, Sag. Sir., X XIII, 14 : καὶ θελήσεις, εἰ μὴ ἐγεννήθης, ἔτ serais content, si tu n'élais pas né, — lout ce que tu désirerais, ce serail que lu ne fusses pas né.

b) Nous avons montré comment la proposition conditionnelle devenait une proposition dépendante iuterrogative, en changeant de place, après les verbes déclaratifs (126, e). Il en est de même après les verbes qui expriment un sentiment : « Le verbe θαυμάζειν, je me demande avec étonnement, se construit avec une proposition dépendante interrogative.» (Kocx, 116, 2, Rem. II). Mar., XV, 44 : ὁ δὲ Πειλᾶτος ἐθαύμασεν el ἤδη τέθνηκεν. — 14 J., II, 13. |

6) Il en est de même dans l’exemple suivant, où la proposition conditionnelle équivaut à une proposition complétive directe, en passant après le verbe, Mar., XI, 25 : ἀφίετε εἴ τι ἔχετε χατά τινος.

Proposition conditionnelle de la deuxième forme : mode irréel.

487. La proposition conditionnelle de la deuxième forme exprime une condition qui n'existe pas ou qui n’a pas existé; la proposition principale exprime un acte qui dépendait de cette condition et qui n’a pas lieu ou n’a pas eu lieu. Les deux propositions expriment l'irréalité, et, par suite, nient l'acte; la proposition principale prend ἄν, dans ce cas (13, a).

a) Le verbe de la proposition conditionnelle peut être : 1° à l'imparfait, mode irréel du présent ; 2° à l’imparfait et à l’'aoriste, mode irréel du passé ; 3° au plus-que-parfait, mode irréel du parfait. À chaque temps qui, dans la proposition conditionnelle de la première forme, exprime la réalité, correspond, dans celle de la deuxième forme, un temps qui exprime l’irréalité. On peut donc opposer, membre à membre, une proposition de la première forme à une proposition de la deuxième. Dans ce cas, la proposition de la première forme sera négative, si celle de la seconde est positive ; et positive, si celle de la seconde est négative. On s'assure ainsi du sens d'un temps dans la proposition de la deuxième forme, et l’on voit, par exemple, si l’imparfait est au mode irréel du présent ou du passé.

b) Les deux propositions de la période se construisent indépendamment l’une de l’autre. Le verbe de la proposition principale est à un temps quelconque du passé ; le verbe de la pro-

position conditionnelle, à l'un des trois temps dont il vient d'être question (Goopwin, 410; cf. Cucuez et RIEmANx, 111, Rem., note 2 de O. R.) |

ΟἹ) L'imparfait au mode irréel du présent correspond à notre conditionnel présent; l’imparfait au mode irréel du passé, l’aoriste et le plus-que-parfait correspondent à notre conditionnel passé.

Comme il s’agit d’une supposition, la négation est μή.

Les exemples se classent ainsi :

1° Le verbe de la proposition conditionnelle est à l’imparfait, mode irréel du présent :

J., VIII, 19 : οὔτε ἐμὲ οἴδατε οὔτε τὸν πατέρα pou: εἰ ἐμὲ ἤδειτε, καὶ τὸν πατέρα μου ἄν ἤδειτε. Dans cet exemple, le mode réel et le mode irréel s'opposent l'un à l’autre. — L., VII, 39 : οὗτος, εἰ ἦν [Ὁ] προφήτης, ἐγίνωσχεν ἂν τίς χαὶ ποταπὴ ἣ γυνή. Mode réel : οὗτος οὐχ ἔστιν προφήτης, οὐ γὰρ γινώσχει. — J., V, 46; VIII, 19, 42; IX, 33, 41; XVIII, 36; R., VII, 7; 4. Co., XI, 31; XII, 19; Gal. I, 10; H., VIII, 4. — J., IV, 10 : εἰ ἤδεις τὴν δωρεὰν τοῦ θεοῦ χαὶ τίς ἐστιν ὃ λέγων σοι...) σὺ ἂν ἤτησας αὐτόν. Mode réel : οὐχ οἶδας τὴν δωρεὰν τοῦ θεοῦ, καὶ οὐχ ἤτησας αὐτόν. --- J., XIV, 28 : εἰ ἡγαπᾶτέ με, ἐχάθητε ἄν. Mode réel : οὐχ ἀγαπᾶτέ με, καὶ οὐχ ἐχάρητε. --- Μαΐ., XXIV, 43; L., XII, 39; J., XVIIL, 30; À., XVIII, 14; Æ., VII, 11.

Dans les LXX, Gen., XXXI, 42 : εἰ μὴ ὁ θεὸς τοῦ πατρός μου ᾿Αὐραὰμ καὶ ὁ φόθος ᾿Ισαὰχ ἦν μοι, νῦν ἂν χενόν με ἐξαπέστειλας. — Jug., XIII, 23; 3 Mac., IV, 47. |

9 Le verbe de la proposition conditionnelle est à l’imparfait de narration (exprimant l'acte avec l'idée accessoire de durée) et à l’aoriste, au mode irréel du passé :

H., NII, 7: εἰ γὰρ à πρώτη éxelvn ἦν ἄμεμπτος, οὐχ ἂν δευτέρας ἐζητεῖτο τόπος, δὲ le premier avail élé irréprochable, il n'y auraît pas eu lieu d'en chercher un second. Mode réel : à πρώτη οὐχ ἦν ἄμεμπτος, χαὶ δευτέρας ἐζητεῖτο τόπος. — J., XI, 32 : εἰ ἧς ὦδε, οὐχ ἄν μου ἀπέθανεν ὁ ἀδελφός. Mode réel : οὐχ ἧς ὧδε, καὶ ἀπέθανεν ὃ ἀδελφός. — 4 J., 11, 19 : εἰ γὰρ ἐξ ἡμῶν ἦσαν, μεμενήχεισαν ἂν μεθ᾽ ἡμῶν, s'ils avaient élé des nôtres, ils seraient restés avec nous. Mode réel : οὐκ ἦσαν ἐξ ἡμῶν καὶ où μεμενήχασιν. — J., XI, 21; Gal., IV, 15.

Mat., XXIII, 30 : et ἤμεθα ἐν ταῖς ἡμέραις τῶν πατέρων ἡμῶν, οὐχ ἂν ἤμεθα αὐτῶν χοινωνοὶ ἐν τῷ αἵματι τῶν προφητῶν. On peut entendre : δὲ nous avions vécu du temps de nos ancêtres, nous

n'aurions pas élé leurs complices, et le mode réel sera : οὐχ ἥμεθα ἐν ταῖς ἡμέραις τῶν πατέρων ἡμῶν, χαὶ οὐχ ἥμεθα αὐτῶν χοινωνοί. Mais le mouvement oratoire du passage exige que la supposition soit rapportée au présent. Le sens est : si nous vivions du temps de nos ancêtres, nous ne serions pas leurs complices ; et le mode réel est : οὐχ ἐσμὲν ἐν ταῖς ἥ μέραις..., καὶ οὐχ ἐσμὲν xotνωνοὶ... Le passage rentre ainsi dans la première catégorie d'exemples.

Dans quelques passages, d’ailleurs, il est indifférent de rapporter l'acte au présent ou au passé. Cf. encore R., VII, 7 : … τήν τε γὰρ ἐπιθυμίαν οὐχ ἤδειν, εἰ μὴ ὃ νόμος ἔλεγεν, je ne connaitrais pas la convoilise si la Loi ne disait pas, ou bien je n’aurais pas connu la convoilise si la Loi n'avait pas dit.

Mat., XI, 21 : εἰ ἐν Τύρῳ καὶ Σιδῶνι ἐγένοντο ai δυνάμεις αἱ yevdμεναι ἐν ὑμῖν, πάλαι ἂν ἐν σάχχῳ χαὶ σποδῷ μετενόησαν. Mode réel : αἱ δυνάμεις αἱ γενόμεναι ἐν ὑμῖν οὐχ ἐγένοντο ἐν Τύρῳ οὐδὲ ἐν Σιδῶνι, χαὶ οὐ μετενόησαν. --- ., XV, 22 : εἰ un ἦλθον καὶ ἐλάλησα αὐτοῖς, ἁμαρτίαν οὐχ εἴχοσαν. Mode réel : ἦλθον χαὶ ἐλάλησα αὐτοῖς, xal ἁμαρτίαν ἔχουσιν. --- Μαί., XI, 23; XXVI, 24; Mar., XIV, 21; J., XV, 24; 4 Co., 11, 8; Gal., IX, 21; 4... IV, 8.

Dans les LXX, Gen., XLIII, 9: εἰ un γὰρ ἐδραδύναμεν, ἤδη ἂν ὑπεστρέψαμὲν δίς. — Baruch, III, 13 : τῇ ὁδῷ τοῦ Θεοῦ εἰ ἐπορεύθης, κατῴκεις ἂν ἐν εἰρήνῃ τὸν αἰῶνα. --- Sag., XI, 26.

3° Le verbe de la proposition conditionnelle est au plus-queparfait, mode irréel du parfait :

Mat., XII, 7 : εἰ δὲ ἐγνώχειτε τί ἐστιν Ἔλεος θέλω καὶ où Our diav, οὐχ ἄν χατεδικάσχτε τοὺς ἀναιτίους. Mode réel : οὐχ ἐγνώχατε τί ἐστιν..., καὶ χατεδιχάσατε τοὺς ἀναιτίους. --- J., XIX, 11 : οὐχ εἶχες ἐξουσίαν κατ᾽ ἐμοῦ οὐδεμίαν, εἰ μὴ nv δεδομένον σοι ἄνωθεν. Mode réel: δεδομένον ἐστίν σοι ἄνωθεν, xat ἔχεις ἐξουσίαν. —J., XIV, 7.

Dans les LXX, Jug., VIII, 19 : εἰ ἐζωογονήκειτε αὐτούς, οὐχ ἂν ἀπέκτεινα ὑμᾶς. — Job, IV, 12.

188. a) Classiquement « il est rare que, pour mieux faire ressortir la proposition principale, ἄν soit omis (1e forme de périodes suppositives). » (Currivs, 542). Le N. T. offre un assez grand nombre d'exemples de cette suppression, qui donne à la pensée un caractère affirmatif, J., XV, 22 : εἰ μὴ ἦλθον καὶ ἐλάλησα αὐτοῖς, ἁμαρτίαν οὐχ εἴχοσαν. — J., XV, 24; XIX, 11; R., VII, 7, Gal., IV, 15 : εἰ δυνατόν, τοὺς ὀφθαλμοὺς ὑμῶν ἐξορύ-

δ) Régulièrement, ἄν se supprime avec les verbes et les locutions qui expriment la nécessité ou la possibilité de l’acte en même temps que sonirréalité (5, c ; 39, δ). Il en est de même dans le N. T., J., IX, 33 : εἰ μὴ nv οὗτος παρὰ θεοῦ, οὐχ ἡδύνατο ποιεῖν οὐδέν. — Mar., XIV, 21; À., XXVI, 32.

c) Dans un passage on trouve où et non μή, Mat., XXVI, 24 (Mar., XIV, 21) : καλὸν ἦν αὐτῷ εἰ οὐχ ἐγεννήθη. Mode réel : ἐγεννήθη χαὶ οὐ χαλόν ἐστιν αὐτῷ. La négation est correcte, parce qu'elle ne forme avec le verbe qu'une « seule expression négative » (GO0DwIN, 384.)

489. La période conditionnelle peut se composer de la proposition conditionnellede la première forme et dela proposition principale de la deuxième. Les deux parties de la période sont pensées et exprimées indépendamment l'une de l’autre.

L., XVII, 6 : εἶπεν δὲ ὁ Κύριος Et ἔχετε πίστιν ὡς xéxxov σινάπεως, ἐλέγετε ἂν τῇ συχαμίνῳ ᾿Εχριζώθητι..., χαὶ ὑπήχουσεν ἂν ὑμῖν. — La proposition conditionnelle de la première forme demandait une proposition principale ayant son verbe au futur ou à l'impératif, le mode éventuel, et non le mode irréel. Mais les deux parties de la période sont absolument indépendantes.

Entendez : vous avez, je suppose, de la foi gros comine un grain de senevé ; dans ce cas (Ἀν) vous auriez pu dire au Sycomore : Déracine-toi…., el il vous aurait obéi.

Il faut expliquer de même : J., VIII, 39, leçon de Tis., TRE- GELLES et LACHMANN (mais non de WH,, qui lisent ποιεῖτε). — 2 Co., XI, 4, leçon de Tis. et TREGELLES (mais non de WH et LACHMANN, qui lisent ἀνέχεσθε). — Æ., XI, 15, leçon de Tis. et TREGELLES, qui lisent μνημονεύουσιν, présent historique faisant suite à ceux du v. 14 (mais non de WH et LACHMaNN, qui lisent ἐμνημόνευον).

Le mélange des deux formes dans la même période conditionnelle est d’ailleurs classique. Ce mélange n'existe que dans Luc et Paul".

Proposition conditionnelle de la troisième forme : mode éventuel (futur et subjonctif).

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