Aussi croyons-nous inutile de corriger le passage
Proposition conditionnelle de la quatrième forme : mode de possibilité (optatif).
494. La proposition conditionnelle de la quatrième forme présente la condition comme une simple possibilité, une pure supposition.
Classiquement, le verbe de la proposition conditionnelle est à l'optatif avec εἰ; celui de la proposition principale est en général au mode potentiel (optatif et ἄν), mais peut être aussi à Pindicatif (Currivs, 567; CucuEL et RIEMANN, 110.)
La proposition conditionnelle de la quatrième forme se rencontre dans deux passages du N. T. :
4 P., III, 13-14 : καὶ τίς ὃ χαχώσων ὑμᾶς, éxv τοῦ ἀγαθοῦ ζηλωταὶ γένησθε; ἀλλ᾽ εἰ χαὶ πάσχοιτε διὰ διχαιοσύνην, μαχάριοι. --- # P., IT, 17 : χρεῖττον γὰρ ἀγαθοποιοῦντας, εἰ θέλοι τὸ θέλημα τοῦ θεοῦ, πάσχειν, ἢ χαχοποιοῦντας.
C'est un reste de la langue littéraire. Les deux passages appartiennent au même auteur et au même développement. — Le verbe n'étant pas exprimé dans la proposition principale, le mode potentiel a été écarté.
« Gette période conditionnelle est d'un emploi très fréquent chez les Attiques : par politesse, ils expriment volontiers, comme des idées purement personnelles et n'ayant de valeur que pour la personne qui parle, soit des maximes générales.., soit des suppositions dont la réalisation peut être considérée comme possible. » (Kocx, 114, 3). Ce tour délicat et réservé est abandonné dans le N. T.; il ne devait pas être fréquent dans la langue familière, et il ne convenait pas au Juif, qui tend toujours à renforcer l'affirmation (34).
Nous croyons que l’auteur a choisi à dessein cette forme pour sa pensée. Dans les deux passages, il parle d'épreuves et de souffrances ; n’a-t-il pas voulu ménager son lecteur, en présentant cette idée d'épreuves comme une simple possibilité, au lieu de la présenter comme une éventualité ou une certitude ?
L'abandon, dans le N.T., de la quatrième forme de la période conditionnelle est une des particularités caractéristiques de la langue de ce livre. Elle est remplacée : soit par la période de la première, soit par celle de la troisième.
Dans les LXX, cette quatrième forme doit être rare ; l’hébreu ne possède rien d’analogue, et le Juif pense autrement que le Grec.
Notons enfin la locution st τύχοι, devenue dans le grec postclassique une locution adverbiale qui signifie : je suppose, pourrait-on dire, par exemple. Elle se trouve : 4 Co., XIV, 10, et XV, 37, c'est-à-dire dans Paul seul; cf. LuciEN, Zcaromén., 6; Epicrèr., III, 1, 3. Cette locution corrige ce qui paraîtrait trop absolu dans l'affirmation.
Observations complémentaires.
495. a) Les écrivains du N. T. saisissent très nettement la différence qui existe entre l'indicatif et le subjonctif, J., XIII, 17 : εἰ ταῦτα οἴδατε, μαχαριοί ἐστε ἐὰν ποιῆτε αὐτά, PUISQUE VOUS SAVEZ cela, vous serez bienheureux si vous le praliquez. — Mar., III, 24 et 26 ; J., III, 12; X, 38; 41 Co., VII, 36.
Ce qui justifie ce principe (182, d ; 183, e) : que le temps et le mode suivent toujours rigoureusement la nature de l’idée.
b) Lorsque la condition est éventuelle, elle peut être exprimée indifféremment, dans bien des cas, par la première ou par la troisième forme, suivant la manière dont l’envisage celui qui parle :
Mat., XVIIL 8-9 : εἰ δὲ à χείρ σου ἢ ὃ πούς σου σχανδαλίζει ce, Ex= χοψον αὐτὸν χαὶ βάλε... χαὶ εἰ ὃ ὀφθαλμός σου σχανδαλίζει σε, ἔξελε αὐτόν. Cf. Mar., IX, 45-47 : ἐλν ὃ πούς σου σχανδαλίζῃ σε, ἀπόχοψον αὐτὸν...., χαὶ ἐὰν ὁ ὀφθαλμός σου σχανδαλίζῃ σε, ἔχύαλε αὐτόν. — Α., V, 38-39; Gal., I, 8-9. — Dans les LXX, Gen., XLIV, 23 et 26.
6) Glassiquement, «il n'est pas rare de rencontrer la quatrième forme au lieu de la seconde... La personne qui parle pour ne pas affaiblir sa pensée en faisant ressortir qu'elle n’est pas conforme à la réalité admet comme possible un fait qui en réalité n'existe pas.» (CurTius, 548, 3.)
La langue du N. T. ne substitue pas la quatrième forme à la seconde ; elle renchérit encore en lui substituant la première ou la troisième, et en présentant comme réelle ou éventuelle une condition qui n’a pas existé ou même ne peut exister. Ilen est ainsi quand la condition aurait pu être ou devrait être rapportée au passé (4 Co., XII, 15, etc.).
Au contraire, quand la condition est irréelle et que celui qui parle vew en déclarer l'irréalilé, il se sert toujours de la seconde forme, et non de la quatrième, qui affaiblirail l'idée d’irréalité.
Dans les deux cas, on reconnaît la tendance à renforcer l'af-
firmation.
196. a) Classiquement, à la place de la proposition conditionnelle, «les orateurs et les poètes emploient quelquefois une proposition indépendante à l'impératif ou à l'indicatif. » (CurrTius, 519, Rem. 1). Ce tour, très vif et très naturel, est fréquent dans le N.T., J., IT, 19 : λύσατε τὸν ναὸν τοῦτον, χαὶ ἐν τρισὶν ἡμέραις ἐγερῶ αὐτόν. — # Co., VII, 21 : δοῦλος ἐχλήθης; μή σοι μελέτω. — R., XIII, 3; 46ο., VII, 27, etc.
b) La proposition principale prend, comme chez les classiques, toutes les formes des propositions indépendantes déclaratives et volitives.
c) Dans la proposition principale, le verbe peut être supprimé ainsi que la particule ἄν, 4 Co., XII, 19; 4. P., III, 14.
d) La proposition principale peut être supprimée, et à suppléer d’après le contexte :
J., VI, 64-62 : εἶπεν αὐτοῖς Τοῦτο ὑμᾶς σχανδαλίζει; ᾿Εὰν οὖν θεωρἧτε τὸν υἱὸν τοῦ ἀνθρώπου avabaivovre ὅπον ἦν τὸ πρότερον; Suppléez : τί γενήσεται, OÙ τί ἐρεῖτε, ἐχν θεωρῆτε...; — L., IX, 18: εἶπεν δὲ πρὸς αὐτούς Δότε αὐτοῖς φαγεῖν ὑμεῖς. Οἱ δὲ εἶπαν Οὐχ εἰσὶν ἡμῖν πλεῖον ἡ xpτοι πέντε χαὶ ἰχθύες δύο, εἰ μή τι πορευθέντες ἡμεῖς ἀγοράσωμεν χτλ., nous n'avons que cinq pains el deux poissons, (et avec cela nous ne pouvons leur donner à manger) à moins que tu ne veuilles que nous allions acheter, etc. La proposition conditionnelle contient le subjonctif délibératif du style direct, πορευθέντες ἀγοράσωμεν...; faut-il que nous allions acheter. ὃ
497. La proposition principale est encore supprimée dans deux Cas :
1° Par aposiopèse, pour produire un effet oratoire, comme chez les classiques, L., XIX, 42 : et ἔγνως ἐν τῇ ἡμέρᾳ ταύτῃ καὶ σὺ τὰ πρὸς εἰρήνην — νῦν δὲ ἐχρύδη ἀπὸ ὀφθαλμῶν sou. — L., XIII, 9; A., XXIII, 9. — Cette figure de grammaire ne se rencontre que dans Luc.
L., XXII, 42, Tis. lit : et βούλει παρενέγχαι, avec aposiopèse; mais WH. lisent : εἰ βούλει, παρένεγκε. — Eph., III, 2, la proposition principale se supplée du verset 1.
2° Quand la proposition conditionnelle équivaut à un serment
Négatif, Mar., VIIL, 12 : ἀμὴν λέγω Εἰ δοθήσεται τῇ γενεᾷ ταύτῃ σημεῖον, et cf. Mat., XVI, 4 : σημεῖον οὐ δοθήσεται αὐτῇ. --- Ce tour est un hébraïsme littéral, cf. Z7., III, 11 (et ΤΥ, 8), citation textuelle des LXX, Ps., XCIV, 11 : ὡς ὦμοσα ἐν τῇ ὀργῇ μου Εἰ εἰσελεύσονται εἰς τὴν κατάπαυσίν μου.
Positif : ei est alors combiné avec μήν, ZZ., VI, 14 : ὥμοσεν
χαθ᾽ ἑαυτοῦ λέγων Et μὴν εὐλογῶν εὐλογήσω. — Ce tour est aussi un hébraïsme littéral; cf. les LXX, Ezéch., XX XVI, 5 : εἰ μὴν ἐν πυρὶ θυμοῦ μου ἐλάλησα, et Job, XX VIT, 3.
498. On trouve souvent un pronom démonstratif annonçant une proposition conditionnelle épexégétique, 1 J., IT, 3 : καὶ ἐν τούτῳ γινώσχομεν ὅτι ἐγνώχαμεν αὐτόν, ἐχν τὰς ἐντολὰς αὐτοῦ τηρῶμεν.
499. Nous avons noté l'abandon de l'optatif : dans la quatrième forme dé la proposition conditionnelle (194); pour indiquer la répétition de l’acte dans le passé (191, nota); employé comme optatif oblique (193).
De plus, on ne trouve dans le N. T. : ni la construction de la première forme dont parle Curtius (548, 1), si fréquente chez les Attiques (PHÈ- DON, Ch. xtt1 et χιν); ni l'emploi de l'expression ironique εἰ un ἄρα (CUR- TIUS, 548, 2); ni l'emploi de ὥσπερ ἂν ei, OU ὡσεί, avec une proposition conditionnelle et comparative en même temps; ni l'emploi de l’aoriste dont parle Curtius (543, Rem. 2); ni celui dont parlent Cucuel et Riemann (111, Rem., note 2, ὃ. de Ο. R.).
Classiquement, deux propositions conditionnelles, entre lesquelles la personne qui parle donne à choisir, sont introduites par εἴτε... εἴτε, et, lorsqu'elles se rapportent à l'avenir, par ἐάν τε... ἐάν τε (KocH, 114, ὃ, 2). Cette construction, abandonnée dans le N. T., se retrouve cependant deux fois dans Paul, R., XIV,8; 1 Th., V, 9-10.
200. Au lieu d’une proposition conditionnelle introduite par et ou ἐάν, on rencontre très souvent une proposition relative (conditionnelle); une proposition temporelle; ou une proposition participe (cf. L., IX, 25 avec Mat., XVI, 26; et LXX, Gen., XLIV, 34).
Lorsque la proposition relative et la proposition temporelle expriment une idée de condition, elles suivent la syntaxe de la proposition conditionnelle.
Comme en grec classique, st et ἐάν peuvent indiquer à la fois la condition et le temps, tandis que ὅταν, par exemple, indiquera à la fois le temps et la condition.
Après une locution impersonnelle, la proposition conditionnelle peut remplacer la proposition infinitive, 4 Co., IX, 11 ; cf. les LXX, Job, X, 3; et cf. 257, b.
201. Il existe dansle N.T., une tendance à assimiler εἰ et ἐάν. cette tendance existait dans la langue familière de l’époque gréco-romaine, comme le montrent les exemples que nous avons cités des LXX, et du C. 7. À.; et cf. SOoPHOCLES, sub ver. εἰ el ἐάν. Cette tendance ἃ dù être favorisée par l'influence de
l'hébreu, qui ne possède qu'une seule particule employée aussi bien pour le mode réel que pour le mode éventuel. — Y a-t-il eu une influence du latin, qui ne possède aussi qu'une particule conditionnelle ?
202. Εἰ et ἐάν peuvent se trouver combinés avec d'autres particules.
a) Εἴ γε, Eph., IV, 21. — εἴ γε καί, 2 Co., V, 3. — εἰ καί, εἰ δὲ χαί, si aussi, L., XI, 18, etc. — εἰ καί, quoique, introduit une proposition concessive.
εἰ μήν, VOy. 197, 2.
εἰ οὖν, avec l'indicatif au mode réel, Mat., VI, 23, etc. ; une fois avec l'indicatif au mode irréel, AÆ., VII, 11.
et περ, puisque, ne s'emploie qu'avec l'indicatif au mode irréel, R., III, 30, etc. ; mais non 4 P., II, 3, où on lit maintenant et.
etre, εἴτε... εἴτε, avec l'indicatif au mode réel, 4 Co., XIV, 27, etc. ; avec le subjonctif éventuel, 4 ΤΆ., V, 10.
εἰ μή, avec l'indicatif au mode irréel, J., XV, 22; XVIII, 30; A., XX VI, 32; LXX, Deulér., XXII, 30; une fois avec l'indicatif au mode réel, Gal., I, 7; une fois avec le subjonctif éventuel, 4 Co., XIV, 5. — εἰ δὲ μή, J., XIV, 11 ; εἰδὲ μήγε, L., V, 36. Avec ces locutions, le verbe est toujours supprimé dans le N. T., et l’est souvent chez les classiques. Dans Ap., IL 5, et δὲ μή initial est repris à la fin par la proposition complète ἐὰν un μετανοήσης. — εἰ μήτι, avec l'indicatif, 2 Co., XIII, 5; avec le subjonctif délibératif, L., IX, 13.
et οὐ, puisque... ne... pas, si... ne. ρας, J., V, 47, etc.
εἴ πως, toujours interrogatif indirect, 4., XX VII, 12.
δ) Exv, combiné avec une autre particule, est toujours suivi du subjonctif :
ἐὰν μή, Mat., VI, 15; X, 13, etc. — ἐὰν χαί, Gal., VI, 1. — ἐὰν δὲ xal, 4 Co., VII, 11, 2 Tèm., 11, 5. — ἐάνπερ, H., III, 14; VI, 3; — ἐάν τε.... ἐάντε, R., XIV, 8. — κἄν introduit une proposition coucessive, Mal., XX VI, 35, etc.
Les locutions εἰ μή, et οὖν, ἐὰν μή, κἄν, se rencontrent à peu près chez tous les écrivains du N. T. Mais les autres ne sont couramment employées que par Luc, et surtout par Paul; leur fréquence chez ce dernier doit tenir non seulement à sa culture littéraire, mais encore et surtoutau ton oratoire deses Leltres.
Il est probable que les combinaisons de ei avec d’autres particules, employées pour exprimer les nuances de l'idée ou suivre le mouvement du raisonnement, n'étaient pas très usitées dans la langue familière.
PROPOSITIONS DÉPENDANTES CONCESSIVES. 117
Propositions concessives!..
203. La proposition concessive est une variété de la proposition conditionnelle ; elle suppose la condition concédée. La proposition principale exprime un acte qui a eu lieu, a lieu ou aura lieu, malgré la condition, et qui est tout autre, par conséquent, que celui que ferait attendre la proposition concessive. En un mot, la proposition dépendante concessive et la proposition principale expriment deux actes en opposition l'un à l’autre.
La particule qui introduit la proposition concessive équivaut au français malgré que, et se traduit par quoique ; bien que ; quand même ; lors même que.
Les propositions concessives du N. T. 86 divisent en deux classes, qui correspondent à la première forme (mode réel) et à la troisième forme (mode éventuel) de la proposition conditionnelle (184 ; 190).
204. a) Les propositions concessives de la première forme sont introduites par et καί, quoique, bien que.
Le verbe est à l'indicatif au mode réel. — La négation est οὐ.
Exemples :
2 Co., IV, 16 : εἰ καὶ ὃ ἔξω ἡμῶν ἄνθρωπος διαφθείρεται, ἀλλ᾽ ὃ ἔσω Ἡμῶν ἀναχαινοῦται. --- 3 Co., V, 16 : εἰ xal ἐγνώχαμεν κατὰ σάρχα
χριστόν, ἀλλὰ νῦν οὐχέτι γινώσχομεν. — L., XVIII, 4; 4. Co., VII, 21; XI, 6, 2 Co., VII, ὃ; VII, 12 (en suppléant ἔγραψα dans la proposition principale); XI], 11; PA., 11, 17; Col., II, 5; Æ., VI, 9.
2 Co., VII, 8 : εἰ καὶ μετεμελόμην — νῦν yalpw.C'estl'imparfait de parration, marquant l'acte récent qui a duré dans le passé, je m'en repentais, soit ; mais je m'en réjouis maintenant.
δ) Au lieu de et χαί avec le verbe fini, on trouve aussi, comme chez les classiques, καίπερ et χαίτοι avec le participe, au mode réel :
Phil., LT, 4: ἡμεῖς γάρ ἐσμεν... οὐχ ἐν σαρχὶ πεποιθότες, καίπερ ἐγὼ ἔχων πεποίθησιν χαὶ ἐν σαρχί (— εἰ καὶ ἔχω πεποίθησιν καὶ ἐν σαρχί, ἡμεῖς ἐσμὲν οὐχ ἐν σαρχὶ πεποιθότες). — H., IV, 3 : χαίτοι τῶν ἔργων ἀπὸ χαταδολῆς χόσμου γενηθέντων, quoique ses œuvres fussent achevées depuis la créalion du monde, (ΞΞ εἰ καὶ τὰ ἔργα... ἐγενήθησαν). — Η., V,8; VII, 5, ΧΗ, 17, 2 P., I, 12.
1. Kocx, 116; Cunrius, 550 ; 587, 5 ; 640 ; Cucuez et RIEuANN, 113.
118 PROPOSITIONS DÉPENDANTES CONCESSIVES.
Dans un passage, 4., XIV, 17, χαίτοι mis en tête de la phrase est suivi d’un verbe à un mode fini, et équivaut à : cependant, quoique.
Les propositions concessives de la première forme, introduites soit par et καί, soit par χαίπερ OU χαίτοι avec le participe, ne se trouvent que dans Luc et Paul (sauf 2 P., I, 12) et sont un reste de la langue littéraire.
205. Les propositions concessives de la troisième forme prennent le verbe au subjonctif avec χἄν, ou au futur avec εἰ καί. La particule signifie : quand même, lors même que, mème St :
Mat., XXVI,35 : λέγει αὐτῷ ὃ Πέτρος Κἂν δέῃ με σὺν σοὶ ἀποθανεῖν, οὐ μή σε ἀπαρνήσομαι. — Mat., XXI, 21; J., VIII, 13-14; X, 38, XI, 25. — L., XI, 8 : εἰ καὶ οὐ δώσει αὐτῷ ἀναστὰς διὰ τὸ εἶναι φίλον αὐτοῦ, διά γε τὴν ἀναιδίαν αὐτοῦ ἐγερθεὶς δώσει αὐτῷ.
Dans les LXX, Ps., XXII 4: ἐὰν γὰρ καὶ πορευθῶ ἐν μέσῳ σχιᾶς θαν ἄτου, où φοθηθήσομαι xaxx. — Job, XIV, 5.
206. Il existe un exemple d'une proposition concessive avec l'optatif, correspondant à la -quatrième forme de la période conditionnelle, 4 P., ΠΙ, 14; voy. 194.
207. a) La proposition conditionnelle et la proposition concessive ne sont parfois séparées que par une nuance de sens très légère, Mat., XVI, 18 : κἂν θανάσιμόν τι πίωσιν où μὴ αὐτοὺς βλάψη, s'ils boivent du poison, ou bien : quand même ils boiraient du poison. — 4 Co. XIII, 1-3 (où la proposition concessive suit la proposition conditionnelle).
δ) Il ne reste parfois de la proposition concessive que la particule xav, qui signifie : du moins, seulement :
Mar., V., 28 : ἐὰν ἅψωμαι κἂν τῶν ἱματίων αὐτοῦ σωθήσομαι. La proposition complète serait : ἐὰν ἅψωμαι τῶν ἱματίων αὐτοῦ, xäv ἅψωμαι αὐτῶν, σωθήσομαι, si je puis toucher ses vêtements, quand même je ne ferais que les toucher, etc. Les deux propositions se fondent en une seule : si seulement je puis joucRer, etc. — Mar., VI, 56; 4., V, 15; 2 Co., XI, 16.
Dans les LXX, Sag., XIV, 4 : δερβένυς ὅτι δύνασαι ἐκ παντὸς σώζειν, ἵνα χἂν ἄνευ τέχνης τις ἐπιβῇ.
C) Et καί οἱ χἄν sont concessifs, quand ils équivalent au français malgré que, et alors les particules sont inséparables. D'autres fois, chacune d'elles garde son sens, et la proposition est une proposition conditionnelle ordinaire, J., VIII, 55 : οὐχ
ἐγνώχατε αὐτόν, ἐγὼ δὲ οἷδα αὐτόν, χἂν εἴπω ὅτι οὐχ οἶδα αὐτόν, ἔσομαι ὅμοιος ὑμῖν ψεύστης. — L., XII, 38 (κἂν — κἄν, ΞΞ soit que — soit que); H., III, 20; cf. LXX, Ex., XIX, 13.
d) Ἐπεί ne s’empluie pas dans le N. T., comme en grec classique, avec le sens concesif.
208. 1° La syntaxe des propositions conditionnelles et concessives, dans le N. T., comprend les règles ordinaires les plus importantes de la syntaxe classique. 2 Cependant elle présente un assez grand nombre de particularités :
Particularités de la langue familière du N. T. : Tendance à ne plus considérer la condition comme possible simplement, 183, b. — La nature de l'idée règle seule l'emploi du temps et du mode dans la proposition conditionnelle, 182, ἀ; 183, 6. — La négation dans la proposition conditionnelle de la première forme est οὐ, et non pas μή, 184. — Suppression assez fréquente de ἄν dans la proposition principale, 188, a. — Emploi de ἐάν avec l'indicatif au mode réel, 184, 2°. — Emploi de εἰ avec le subjonctif et de ἐάν avec le futur dans la proposition conditionnelle de la troisième forme, 190, 191, 192. — La répétition de la condition dans le passé est une manière de penser étrangère aux auteurs du N.T. 191, nota. — La locution εἰ τύχοι employée adverbialement, 194. — Remplacement de la période conditionnelle de la quatrième forme par celle de la première et de la troisième, 194. — Suppression de la proposition principale, 196, d. — Tendance à assimiler ei et ἐάν, 201. — Emploi de χἀν comme particule adverbiale dans la proposition concessive, 207, ὁ;
Abandon de ἤν et de ἄν, 183, d. — Abandon de l'optatif employé pour marquer la répétition de l’acte dans le passé, 191, nota. — Abandon de l’optatif oblique et du mode potentiel, 193. — Abandon de la période conditionnelle de la quatrième forme, 194. — Abandon de différentes constructions de la langue classique, 199. — Tendance à abandonner la plupart des combinaisons de εἰ et de ἐάν avec d’autres particules, 202. — Tendance à abandonner la proposition concessive de la première forme, 204. — Abandon de ἐπεί comme particule concessive, 207, d.
Particularités dues à l'influence de l’hébreu : Aposiopèse dans une période conditionnelle équivalant à un serment, 197. — Tendance à employer les formes de la période conditionnelle qui renforcent l’affirmation, 195, c. — Tendance à assimiler εἰ et ἐάν, 201.
Particularités de la langue littéraire : Exemple de la négation ur dans une proposition conditionnelle de la première forme, 185, ὃ. — Mélange des propositions de la première et de la deuxième forme, 189. — Exemples de l'optatif oblique et du mode potentiel (dans la proposition principale), 193. — Exemples de l'optatif dans la quatrième forme de la période conditionnelle, 194. — Emploi des combinaisons de εἰ et de ἐάν avec d’autres particules, 202. — Emploi de la proposition concessive de la première forme ayant son verbe à l'indicatif ou au participe, 204. — Exemple de la proposition concessive ayant son verbe a l’optatif, 206.