CHAPITRE XVI
Propositions dépendantes (circonstancielles) temporelles :.
209. La proposition temporelle estune proposition indépendante marquant le temps d'un acte exprimé dans une autre proposition indépendante ; elle devient dépendante lorsqu'elle est mise en relation avec la dernière par une des particules suivantes (93; 175; cf. J., XIX, 23, et Mar., XV, 24):
ὅτε, quand, (temps) où, tant que, après que. — ὁπότε (L., VI, 3, Tis.). — ὅταν, quand, tant que, pendant le temps que, après que, toules les fois que. — ἐν οἷς, ἐν ᾧ, pendant que, comme, lorsque. — ἐφ᾽ ὅσον, lant que, pendant le temps que. — ἀφ᾽ οὔ, ἀφ᾽ οὗ ἄν, depuis que. — ὁσάκις ἐάν, loules les fois que.
ὡς, comme, lorsque, depuis que, que, après que, en même lemps que, pendant que, lant que; ὡς ἄν, quand, aussilôt que (— après que).
ἕως, ἕως ἄν, ἕως οὗ, ἕως ὅτου signifient, quand la proposition principale est affirmative : jusqu'à ce que, en attendant que; quand celle est négative: avant de ou que, tant que... ne... pas.…..; si d’abord, si préalablement, que d'abord; et parfois, pendant que.
ἄν et ἐάν, quand, toutes les fois que (cf. 200).
ἡνίκ᾽ ἄν, toules les fois que, à chaque fois que.
ἐπάν, après que. — ἐπειδή, après que (Luc, VII, 1).
πρίν et πρὶν ñ, avant de où que.
ἄχρι(ς); ἄχρις ἄν, ἄχρις οὖ; ἄχρις οὗ ἄν, jusqu'à ce que.
μέχρι, μέχρις οὗ, jusqu'à ce que?.
Les particules ὁπότε, ἐπειδή, ἐν οἷς se rencontrent une fois chacune dans Luc; ce sont des vestiges de la langue classique.
Les particules ἐπεί et ἐπειδήπερ sont causales et non temporelles, dans le N. T. (176).
Les particules ὡς τάχιστα, ἐπεὶ τάχιστα, ἐπειδὴ τάχιστα, ἐπειδὴ πρῶτον, ἐξ οὔ, ἔστε, ne se rencontrent pas dans le N. T. — Ἔστε ne se trouve ni (dans Homère ni) daus les LXX, ni dans Je N. T., quoique fréquent chez les poètes classiques et les écrivains post-classiques.
210. Classiquement, « dans toute proposition temporelle qui exprime un fait réelisolé, on emploie le mode réel, l'indicatif. »
1. Kocu, 118; Cunrius, 556-558; Cucuez et Riemaxx, 120-122; Maovio, passim.
2. ἄχρι, seul, est analoguc à ἕως (classique); ἕως οὔ, ἕως ὅτου sont des formes analogues aux formes classiques ἄχρις οὗ, μέχρις οὖ; πρὶν r, est poétique et postclassique.
(Kocx, 118, 1). Il en est de même dans le N. T. (97). La négation est où.
La proposition garde le temps et le mode qu'elle aurait, si elle était indépendante, c’est-à-dire : le présent, l'imparfait, l'aoriste. Le parfait est rare; le plus-que-parfait n'est peut-être pas employé. — « Si le verbe de la proposition principale est à un temps secondaire, on emploie dans la proposition temporelle : l’imparfait, pour marquer la simultanéité, parce qu'une chose qui se fait en même temps qu'une autre se conçoit toujours avec l’idée de durée; et l'indicatif aoriste, le plus souvent, pour marquer l’idée d’antériorité. » (Kocx, 118, 1, Rem). Il en est de même dans le N.T.
Quel que soit le temps du verbe de la proposition principale, on peut avoir dans la proposition temporelle, dans le N.T., le temps du style direct quand l'écrivain rapporte la pensée d’autrui.
Exemples :
L., XIII, 7 : ἰδοὺ τρία ἔτη ἀφ᾽ οὐ ἔρχομαι ζητῶν χαρπὸν ἐν τῇ συχῇ ταύτῃ. — J., IX, 4 : ἔρχεται νὺξ ὅτε οὐδεὶς δύναται ἐργάζεσθαι. — Η,, 11,13 : παρακαλεῖτε ἑαυτοὺς χαθ᾽ ἐχάστην ἡμέραν ἄχρις οὗ τό Σήμερον χαλεῖται. --- Mal., V, 25; IX, 15, Mar., II, 19; XI, 1; J., IX, 4; 4 Tim., IV, 13.
A., XXVII, 33 : ἄχρι δὲ où ἡμέρα ἤμελλεν γίνεσθαι, παρεχάλει ὁ Παῦλος. — L., XXIV, 32 : οὐχὶ ἣ καρδία ἡμῶν χαιομένη ny ὡς ἐλάλει ἡμῖν ἐν τῇ ὁδῷ, ὡς διήνοιγεν ἡμῖν τὰς γραφάς; — Mar., XIV, 12; J., VII, 7, XX, 11; 4, 1, 10, VII, 28; XII, 6; R., VI, 20.
Mat.,1X, 25 : ὅτε δὲ ἐξεδλήθη ὁ ὄχλος, εἰσελθὼν ἐχράτησεν τῆς χειρὸς αὐτῆς. — J., IX, 18 : οὐχ ἐπίστευσαν οὖν οἱ ᾿Ιουδαῖοι περὶ αὐτοῦ ὅτι ἦν τυφλὸς χαὶ ἀνέδλεψεν ἕως ὅτου ἐφώνησαν τοὺς γονεῖς αὐτοῦ. --- Mat., 1, 25; II, 9; ΧΙΗ, 33; Mar., ΓΝ,10: VI, 21, VIII, 19; Z., I, 23, 41; II, 42: IV, 25; VII, 1, 12, 45, J., IL, 9; À4., 1, 2; VII, 18; R., ΧΙ, 11: 4 P., IL, 19; Ap., XVI, 18.
L'aoriste correspond à notre parfait défini, indéfini, et antérieur, et à notre plus-que-parfait. d
Mar., IX, 21 : πόσος χρόνος ἐστὶν ὡς τοῦτο γέγονεν αὐτῷ; — ἡ CO., XIII, 11 : ὅτε ἤμην νήπιος, ἐλάλουν ὡς νήπιος... ὅτε γέγονα ἀνήρ, χατήργηχα τὰ τοῦ νηπίου, quand J'étais un enfant, depuis que je suis un homme...
Il n'existe, croyons-nous, que ces deux exemples du parfait.
Avec le temps du style direct, Mar., VI, 45 : εὐθὺς ἡνάγχασεν
a) Les particules, qui signifient ordinairement jusqu’à ce que, ardent ce sens pour le passé et le futur, mais prennent le -ens de aussi longtemps que, pendant que, lant que, tandis que, lursqu'elles sont employées avec le présent de l'indicatif :
Mar., VI, 45 :... ἕως αὐτὸς ἀπολύει τὸν ὄχλον, pendant qu'il va envoyer la foule, et cf. Mat., XIV, 22 :... ἕως οὐ ἀπολύσῃ τοὺς ous, jusqu'à ce qu'il ail renvoyé la foule.— J., IX, 18 :... ἕως ὅτου ἐφώνησαν τοὺς γονεῖς αὐτοῦ, Jusqu'à ce qu'ils eussenl appelé ses parents, et cf. Mal., V, 25 : ἴσθι εὐνοῶν τῷ ἀντιδίχῳ σου ταχὺ τως ὅτου εἶ μετ᾽ αὐτοῦ ἐν τῇ ὁδῷ, (ant que lu 68...
Α., XXVII, 33 : ἄχρι δὲ οὐ ἡμέρα ἤμελλεν γίνεσθαι, παρεχάλει ὁ Ι] χῦλος, Paul les encouragea jusqu'au moment ou le jour allait paraitre, et cf. H., II, 12-13 : παραχαλεῖτε ἑχυτοὺς χαθ᾽ ἕχάστην ἡμέραν ἄχρις οὗ τό Σήμερον χαλεῖται, aussi longlemps qu'on peut lire, tant qu'on peut dire.
b) Le mode réel s'emploie même après une particule temporelle combinée avec ἀν:
AD., VIIL, 1 : καὶ ὅταν ἤνοιξεν τὴν σφραγῖδα τὴν é68ounv, ἐγένετο σιγή. — On trouve ὅτε partout ailleurs (même phrase), VI, 1, 3, 5, 7, 0,12. — Mar., XI, 19 : καὶ ὅταν ὀψὲ ἐγένετο, ἐξεπορεύοντο ἔξω τῆς πόλεως. Quelques commentateurs donnent le sens fréquentatif 1 la proposition temporelle. |
δ] Dans les LXX, Gen., XX VI, 13 : προδαίνων μείζων ἐγένετο ἕως οὗ μέγας γένετο σφόδρα. — Nom., XXXIII, 10 : οὗτος χατῴχει ἐν γῇ Χαναάν, ὅτε εἰσεποἀξύοντο οἱ υἱοὶ Ἰσραήλ. — 1 R., XXX, 4: χαὶ ἔχλανυσαν ἕως ὅτου οὐχ ἦν ἐν εὐτοῖς ἰσχὺς ἔτι τοῦ χλαίειν. — Dan., IV, 4-5 : τὴν σύγχρισιν αὐτοῦ οὐχ ἐγνώριτὰν μοι, ἕως ἦλθε Δανιήλ. — 3 Mac., XIV, 10 : ἄχρι γὰρ Ἰούδας περίεστιν, ἀδύvarov εἰρήνης τυχεῖν τὰ πράγματα.
Ex., XVI, 3 : ὄφελον ἀπεθάνομεν... ὅταν ἐχαθίσαμεν ἐπὶ τῶν λεδήτων τῶν χρεῶν rai ἡσθίομεν ἄρτονς.
L'emploi de l'indicatif au mode réel avec ὅταν appartient à la langue familière post-classique, comme l'emploi de ἐάν dans la proposition conditionnelle de la première forme (184, 2); voy. d’ailleurs SOPHOCLES, Sub terb. ὅταν ; et cf. ce qui suit.
211. Classiquement, « dans une proposition temporelle à sens fréquentatif indéterminé, on emploie... l'optatif sans ἄν, quand le verbe de la proposition principale est à un temps secondaire, » c'est-à-dire quand l'acte se rapporte au passé Kocx, 118, 3). « Au lieu de l’optatif, on trouve quelquefois l'imparfait. » (Kocx, 118, 3, Rem. 11.)
L'emploi de l'optatif pour marquer la répétition dans le passé n'existe pas dans le N. T. La règle est la suivante :
L'acte qui s’est répété dans le passé ou qui se répète dans le présent, ou qui est considéré comme tel, est regardé comme un acte réel, et exprimé par l'indicatif : imparfait, pour le passé; présent, pour le présent. La particule temporelle est combinée avec & qui perd son sens de conditionnalité éventuelle, pour prendre celui de fréquence indéterminée (8, c).
Mar., TITI, 11 : τὰ πνεύματα τὰ axi0upra, ὅταν αὐτὸν ἐθεώρουν, προσέπιπτον αὐτῷ. --- 4 CO., XII, 2 : οἴδατε ὅτι ὅτε ἔθνη ἦτε πρὸς τὰ εἴδωλα τὰ ἄφωνα ὡς ἂν ἤγεσθε ἀπαγόμενοι, loules les fois que vous éliez conduûs. --- Mar., XI, 25 : καὶ ὅταν στήχετε προσευχόμενοι,
ἀφίετε εἴ τι ἔχετε xata τινος, Éoules les fois que vous vous tenez deboul pour prier.
Mais L., XXII, 35, ὅτε ἀπέστειλα est une allusion à deux actes passés déterminés : IX, 2, et X, 1.
L'emploi de ὅταν pour indiquer la répétition de l'acte passé
appartient à la langue post-classique. Il est fréquent dans les LXX :
Avec l’imparfait, 4 R., XVII, 34 : ὅταν ἤρχετο ὁ λέων χαὶ ἡ ἄρχος mai ἐλάμδανε πρόδατον ἐχ τῆς ἀγέλης, χαὶ ἐξεπορενόμην ὀπίσω αὑτοῦ. — Ps., CXIX,7: ὅταν ἐλάλουν αὐτοῖς, ἐπολέμουν με δωρεάν. — Avec l'aoriste, Νοηι., XI, 9: Ps., CVII, 32; cf. Daniel, III, 7. — Avec le présent, Ezx., I, 16 : ὅταν μαιοῦσθε! τὰς “Ebpalac καὶ ὦσι πρὸς τῷ τίχτειν. — Ps., CI, 3 : ἐν ἢ ἂν ἡμέρα θλίδομαι, χλῖνον πρὸς μὲ τὸ οὖς σου. — Prov., I, 22 : ὅσον ἂν χρόνον ἄχαχοι ἔχονται τῆς διχαιοσύνης, οὐχ αἰσχυνθήσονται. — Cf. 184; voy. SOPHOCLES, sub ver. ὅταν; STRABON, I, 1, 7; JOSkP., Antiqg., XII, 2, 3.
212. Classiquement, « dans une proposition temporelle qui exprime, non pas un fait réel, mais un fait éventuel, on emploie le subjonctif avec ἄν; ἄν se place immédiatement après la conjonclion, et, s’il est possible, se fond avec elle en un seul mot... La négation est μή.» (Kocu, 118, 2.)
Dans le N. T., 1° la particule temporelle est accompagnée ou non de ἄν ; 2° on tronve l’un des deux modes d’éventualité : futur indicatif, ou subjonctif; 3° la négation est μή avec le subjonctif, οὐ avec le futur.
Le subjonctif présent correspond à notre futur ou à notre subjonctif présent; le subjonctif aoriste correspond tantôt à noire futur ou à notre subjonctif présent, tantôt à notre futur