B) Emploi du futur
L., XVII, 22 : ᾿Ελεύσονται ἡμέραι ὅτε ἐπιθυμήσετε μίαν τῶν ἡμερῶν χτλ. — J., IV, 21 : πίστευέ μοι, γύναι, ὅτι ἔρχεται ὥρα ὅτε οὔτε ἐν τῷ ὄρει τούτῳ οὔτε ἐν ᾿Ιεροσολύμοις προσχυνήσετε τῷ πατρί. — L., XIIT, 32 (Tis.); J., IV, 23; V, 25; XVI, 25; R., Il, 16 (Tis.); 2 Tim., IV, 3.
Le futur se rencontre après ὅτε, quand cette particule se rapporte à un nom de temps exprimé ou à suppléer. — Chez les classiques, ὅτε suivi du futur est une exception rare.
Mal., V, 11 : μακάριοί ἐστε ὅταν ὀνειδίσωσιν ὑμᾶς xat διώξουσιν καὶ εἴπωσιν (ΤΊ5.; ΝΗ. διώξωσιν). — L., XIII, 28 : ὅταν ὄψεσθε (Tis.; WH. ὄψησθε, forme possible). — Ζ., XIII, 35 : οὐ μὴ ἴδητέ ue ἕως ἥξει ὅτε εἴπητε ! (Tis.; mais WH. ἕως εἴπητε). — 4}., IV, 9 : ὅταν δώσουσιν τὰ ζῶα. — L., XXI, 24 : ᾿Ιερουσαλὴμ ἔσται πατουμένη ὑπὸ ἐθνῶν ἄχρι οὗ πληρωθῶσιν [χαὶ ἔσονται] χαιροὶ ἐθνῶν (WH.; mais Τί 8. supprime χαὶ ἔσονται). — Ap., II, 25 : ὃ ἔχετε κρατήσατε ἄχρι οὗ ἄν ἥξω ?, — ApD., XVII, 17 : ὁ γὰρ θεὸς ἔδωχεν εἰς τὰς χαρδίας αὐτῶν ποιῆσαι τὴν γνώμην αὐτοῦ... ἄχρι τελεσθήσονται οἱ λόγοι (cf. XX, 3 et 5).
215. a) L'emploi du subjoncif éventuel, sans ἄν, après les particules temporelles signifiant jusqu'à ce que, appartient à la langue familière et post-classique; voy. LinbELL et SCOTT, aux différentes particules; PoLyBe, V, 56, 2; PLUTARQ., Cat. min., 59; César, 1.
Dans les LXX, l'usage est le même que dans le N. T. Ainsi, Gen., XII, 12 : ὡς ἂν ἴδωσί σε οἱ Αἰγύπτιοι, ἐροῦσιν ὅτι... — Gen., XLIX, 10 : οὐχ ἐκλείψει ἄρχων ἐξ ᾿Ιοὐδα..., ἕως ἐὰν ἔλθη. — Ex., I, 10.— Ex., ΧΥ͂, 16 : μεγέθει βραχίονός σου ἀπολιθωθήτωσαν, ἕως παρέλθη ὁ λαός σον, Κύριε, ἕως ἂν παρέλθη
1. “Ὅτε avec le subjonctif se trouve quelquefois en poésie; souvent chez les écrivains byzaotins ; mais non chez les prosateurs grecs.
2. Nous croyons que ἥξω est au futur, et non au subjonctif aoriste, quoique la forme £a se rencontre dans les LXX. La forme tax ne se rencontre pas dans le N. T.; au contraire, le futur ἥξω est employé plusieurs fois (Mat., XXIII, 36; J., VI, 317, etc.). Le futur après ἄν ne peut étonner dans le N. T., en présence des exemples que nous donnons ici, el avec lesquels on peut comparer, 4., VII, 7; Ap., LL, 22.
ὁ λαός σου. — Job, XX XII, 11 : ἐρῶ γὰρ ὑμῶν ἀκονόντων ἄχρις οὗ ἐτάσητε λόyouc. — Ps., LXXI, 7 : ἀνατελεῖ ἐν ταῖς ἡμέραις αὐτοῦ διχαιοσύνη..., ἕως οὗ ἀνταναιρεθῇ ἢ σελήνη. — Prov., I, 26, 27,28; VI, 22: Es., XXII, 14; XX VIII, 19; XLII, 4; Jér., X XIII, 20.
Cette construction se rencontre sur les inscriptions de l’époque grécoromaine. P. VIERECK (p. 67, 9) dit : « Inauditum vero genus dicendi invenimus in fœderibus : XXI, 27 cf. 32, XXIII, 23 cf. 18 legimus pro ἐάντε ὡς τε CUM CODj.; quod unde natum sit vix explicari potest. Nam in exemplari latino utrum ut an cum fuerit dubium est. Certe ad ὡς ἄν addendum erat ne plane a sermone græco abhorreret (cf. N. T. 4 Co., XI, 34; Ph., II, 23; BUTTMANN, p. 199 seq.).
On lit, 4 Co., XI, 34 : ὡς ἂν ἔλθω, et Ph., II, 23 : ὡς ἂν ἀφίδω. AU passage allégué de Buttmann, ce dernier dit que pour Gal., VI, 10, des manuscrits donnent ἔχωμεν pour ἔχομεν, qui est seul correct, ajoute-t-il. Mais ΝΗ. et Ti. adoptent ἔχωμεν, seule leçon autorisée, très admissible dans le grec du N. T. et très claire; voy. 213, a.
L'exemple qui a étonné P. Viereck est : XXI, 27 : ὡς te τῷ δήμῳ τῷ Ῥωμαίων καὶ τοῖς ὑπὸ “Ρωμαίους τασσομένοις πόλεμον ἐπιφέρωσι, μήτε τοῖς πο[λεμίοις μήτε ὅπλοις] μήτε χρήμασιν μήτε ναῦσιν βοηθείτω ὁ δῆμος καὶ βουλὴ δόλῳ πονηρῷ]. Le sens est : δὲ quand on déclarera la guerre aux Romains ou à leurs tribulaires, les Astypaliens ne devront aider d'aucune manière ceux qui déclareront la guerre. — La formule est la même dans les autres références. La suppression de ἄν dans ces passages s'explique, comme pour ceux du N.T., par l’usage de la langue familière post-ciassique.
δ) L'emploi du futur après ἄν se rencontre chez les poètes grecs, très rarement chez les prosateurs, souvent chez les écrivains post-classiques et byzantins. Il appartient à la langue familière, et il est fréquent dans les LXX, Deut., V, 27 : ἄχουσον πᾶντα ὅσα ἂν εἴπῃ χύριος ὁ Θεὸς ἡμῶν xai σὺ λαλήσεις πρὸς ἡμᾶς πάντα ὅσα ἂν λαλήσει Κύριος. — Lév., XXV, 16 : καθότι ἂν πλεῖον τῶν ἐτῶν πληθυνεῖ τὴν ἔγχτησιν αὐτοῦ χαὶ χαθότι ἂν ἔλαττον τῶν ἐτῶν ἐλαττονώσει xt. — Jug., X, 18; XI, 24.
6) L'emploi du subjonctif après une particule temporelle sans ἄν correspond à l'emploi du même mode après et (191, 2°); l'emploi du futur après ἄν correspond à l'emploi du même temps après ἐάν (192); l'emploi du futur après ὅτε correspond à l’'emploi du même temps après εἰ (192). Nous constatons ici la tendance qui existe dans le N. T. à unifier la syntaxe des propositions identiques ou analogues (175, 4); nous verrons plus loin que cette tendance s'étend aux propositions relatives!.
1. Remarquons encore que les propositions temporelles introduites par une particule signifiant jusqu'à ce que et se rapportant à l'avenir, présentent une grande analogie, au point de vue de l’idée (acte éventuel attendu), avec les propositions finales; les unes et les autres prennent les mêmes modes d'éventualité, c’est-à-dire la même construction (150, 19, et cf. 212).
416. Quand le verbe de la proposition temporelle exprime un acte éventuel et se rapporte à l'avenir, le verbe de la proposition principale est généralement au futur. On trouve cependant :
Le préseni, quand l'acte est actuel aussi bien que futur (idées de durée, de fréquence indéterminée) :
J., IX, 5 : ὅταν ἐν τῷ χόσμῳ ὦ, φῶς εἰμὶ τοῦ κόσμου, {ant que je serai (ou je suis) dans le monde, je serai !ou je suis) la lumière du monde. — Mat., XXII, 10 : περιάγετε τὴν θάλασσαν χαὶ τὴν ξηρὰν ποιῆσαι ἕνα προσήλυτον, καὶ ὅταν γένηται ποιεῖτε αὐτὸν υἱὸν γεέννης. --- Μαΐ., XIII, 32; Mar., XIV, 7. L., XI, 22, 34.
La règle cest la même pour la proposition temporelle et pour la proposition conditionnelle (191, nota). |
Le présent proleplique, 1 Co., XI, 26 : ὁσάχις γὰρ ἐὰν ἐσθίητε τὸν ἄρτον τοῦτον καὶ τὸ ποτήριον πίνητε, τὸν θάνατον τοῦ xuplou ἀπαγγέλλετε. — J., VII, 27 : ὃ δὲ χριστός, ὅταν ἔρχηται, οὐδεὶς γινώσχει πόθεν ἐστίν.
Le passé, Eph., IV, 11-13 : αὐτὸς ἔδωχεν τοὺς μὲν ἀποστόλους, τοὺς δὲ προφήτας... εἰς οἰχοδομὴὴν τοῦ σώματος τοῦ Χριστοῦ μέχρι καταντήσωμεν οἱ πάντες εἰς τὴν ἑνότητα τῆς πίστεως. Subjonutif aoriste du style direci. — 4p., XVII, 17; XX, 3, 5, les aoristes sont proleptiques, et équivalent à des futurs dans la pensée de l'écrivain, comme on le voit en comparant XVII, 17 avec le v. 16.
217. Les propositions conditionnelles peuvent exprimer l’idée de temps et équivaloir à des propositions temporelles, εἰ — ὅτε, et ἐάν — ὅταν (cf. 200). Dans ce cas :
Quand l'acte se rapporte au passé ou au présent, la proposition conditionnelle est fréquentative ; quand il se rapporte à l'avenir, la proposition conditionnelle exprime soit l'acte isolé et déterminé, soit l'acte qui se répète (Currius, 557, et 557 bis.)
L., VI, 32 : καὶ εἰ ἀγαπᾶτε τοὺς ἀγαπῶντας ὑμᾶς, ποία ὑμῖν χάρις ἐστίν; (= ὅτε ἀγαπᾶτε). --- J., XII, 32 : χἀγὼ ἂν ὑψωθῶ Ex τῆς γῆς, πάντας ἑλχύσω (= ὅταν ὑψωθῶ). --- 4 J., II, 28 : μένετε ἐν αὐτῷ ἵνα, ἐὰν φανερωθῇ, σχῶμεν παρρησίαν. — Mat., V, 46 ; XVIII, 19. — L., XI, 84: ὅταν ὃ ὀφθαλμός σου ἁπλοῦς Ἤ γεν. ἐπὰν δὲ πονηρὸς Ἢ» οἱ οἵ, Mat., VI, 22-23 : ἐὰν οὖν n ὃ ὀφθαλμός σου ἁπλοῦς..., ἐὰν δὲ ὃ ὀφθαλμός σου πονὴρὸς ἢ. — J., XIV,3; 40., IL, 23 4 Th, 11, 7; IE, 8; 4.,. 1Π,1 (cité des LXX, Ps., XCIV, 8).
Dans les LXX, Tob., IV, 3: ἐὰν ἀποθάνω, θάψον με. — Prov., II, 24; Amos, VII, 2.
248. ‘Qc, particule temporelle, est fréquent dans Luc (Évangile et Actes), et Jean (Évangile) ; il est rare ailleurs.
Ὥς ἄν n'est jamais particule de temps en grec classique, et l’est toujours dans le N. T. Son emploi est spécial à Paul (R., XV, 24; 4 Co.,
XI,34; XII, 2), et appartient, dans ce sens, au grec post-classique, Joskp., Anliqg., XI, 8, 8: LXX, Gen., VI, 4; XII, 12.
219. Les propositions temporelles, introduites par une particule signifiant jusqu'à ce que ou avant que, donnent lieu à quelques remarques communes :
a) Lorsque la proposition principale est affirmative, la particule temporelle signifie : jusqu’à ce que; tant que... ne... pas. — Lorsqu'elle est négative, la particule signifie : avant de ou que ; tant que... ne... pas ; que... d’abord ; si préalablement.
Mat., 11, 13 : ἴσθι ἐκεῖ ἕως ἂν εἴπω σοι, resles-y jusqu'à ce que je te parle, tant que je ne le dirai rien. — L., I, 20 : ἔση σιωπῶν χαὶ μὴ δυνάμενος λαλῆσαι ἄχρι ἧς ἡμέρας γένηται ταῦτα, JUSQU'À 66 QUE ces événements aient eu lieu, tant que ces événements n'auront pas eu lieu. — Mal., XXIV, 39 : καὶ οὐχ ἔγνωσαν ἕως ἦλθεν ὁ καταχλυσμός. — Α., VII, 18 : ηὔξησεν ὁ λαὸς καὶ ἐπληθύνθη ἐν Αἰγύπτῳ ἄχρι οὗ ἀνέστη βασιλεὺς: ἕτερος.
Mat., V, 26 : οὐ μὴ ἐξέλθῃς ἐχεῖθεν ἕως ἂν ἀποδῷς τὸν ἔσχατον χοδράντην, lu n'en sorliras pas avant d'avoir payé, lant que lu n'auras payé, que lu n'aies payé, si lu ne payes d'abord. — — Mat., XXIII, 39 : où μή με ἴδητε ἀπ᾿ ἄρτι ἕως ἂν εἴπητε, VOUS ne me verrez plus avant que vous ne disiez, si vous ne diles d'abord, à moins que vous ne disiez d'abord. — Ap., VIL, 3: μὴ ἀδιχήσητε τὴν γῆν..., ἄχρι σφραγίδωμεν τοὺς δούλους τοῦ Θεοῦ, avant que nous n'ayons marqué, tant que nous n'aurons pas marqué...
δ) L'acte exprimé dans la proposition principale dure jusqu'au moment ou à lieu l'acte exprimé dans la proposition temporelle ; mais dure-t-il encore aprés, ou bien cesse-t-il ? La proposition temporelle ne l'indique pas, et ilen est de même avec la proposition temporelle introduite par πρίν, avant de ou que. — Cependant :
S'il n'existe qu'une relation temporelle entre l'acte de la proposition principale, durable par nalure, et l'acte de la proposition temporelle, on doit supposer que le premier continue après que le second a eu lieu, parce que l'existence du premier est indépendante de celle du second :
Mat., XXII, 44: κάθου Ex δεξιῶν μου, ἕως ἂν θῶ τοὺς ἐχθρούς σου ὑποχάτω τῶν ποδῶν σου. — Α., VI, 11 : ἐρρέθη αὐτοῖς ἵνα ἀναπαύσονται ἔτι χρόνον μιχρόν, ἕως πληρωθῶσιν χαὶ οἱ σύνδουλοι αὐτῶν. --- Mat., 1,25; XXIV,38; 4., XXV, 21, etc.
S'il existe entre l'acte de la proposition principale et l'acte de la proposition temporelle une relation de temps et une
relation de condition en même temps, le premier cessera aussitôt que se produira le second, parce que l'existence du premier dépend de la non-existence du second :
Mat., V, 26 : οὐ μὴ ἐξέλθης ἐχεῖθεν ἕως ἂν ἀποδῷς τὸν ἔσχατον χοδράντην (ΞΞ ὅταν ἀποδῷς τὸν ἔσχατον χοδράντην, ἐχεῖθεν ἐξελεύσῃ). --- Mat., II, 9; ΧΙ, 20; XIII, 33; XVI, 28, XVIII, 30 et 34; L., I, 20; XV, 8, etc.
Parfois, le contexte indique clairement si l’acte de la proposition principale cesse ou continue, Mar., XIII, 30 : où un παρέλθῃ ἣ γενεὰ αὕτη μέχρις où ταῦτα πάντα γένηται. — À., VII, 18 : ηὔξησεν ὃ λαὸς χαὶ ἐπληθύνθη ἐν Αἰγύπτῳ, ἄχρι οὐ ἀνέστη βασιλεὺς ἕτερος, ὃς οὐχ ἤδει τὸν Ἰωσήφ.
D'autres fois, l’écrivain indique simplement qu'un acte a duré jusqu’au moment où s’est produit un autre acte, abstraction faite de toute idée de continuation ou de cessation pour le premier, Mat., V, 25; XXVI, 36, etc.
Nota. — Ce qui vient d'être dit de la continuation et de la cessation de l'acte s'applique aussi à la proposition temporelle introduite par une particule du sens de pendant que, tant que, tandis que.
e) Toutes les particules signifiant : jusqu'à ce que, s'emploient avec ou sans & et le subjonctif éventuel, tandis qu'elles prennent régulièrement ἄν en grec classique.
220. a) Les écrivains du N. T., savent fort bien distinguer les différents sens et les différentes constructions de ἕως:
Mar., VI, 45 : nvayxacev τοὺς μαθητὰς αὐτοῦ ἐμδῆναι εἰς τὸ πλοῖον χαὶ προάγειν... ἕως αὐτὸς ἀπολύει τὸν ὄχλον, pendant qu'il va renvoyer la foule. Cf. Μαί., XIV, 22 : ..«ἕως où ἀπολύσῃ τοὺς ὄχλους, jusqu'à ce qu'il ait renvoyé la foule.
δὴ) Quand ἕως est construit avec l'indicatif, soit avec le sens de jusqu'a ce que, soit avec celui de {ant que, tandis que, le verbe (à l'indicatif) exprime toujours un acte réel passé ou présent, ou au moins imminent et sûr, au point de pouvoir être considéré comme présent (Cf. Kocx, 118, 4). — L'acte est toujours éventuel, quand ἕως est suivi du subjonctif, et celuici est toujours le subjonctif aoriste dans le N.T., comme d'ailleurs après ἄχρι et μέχρι.
224. Nous croyons que l'on doit appliquer ces principes à J., XXI, 22 οἱ ἃ 4 Tim., IV, 14, où l'on trouve ἕως ἔρχομαι, et que ἕως ne doit pas être traduit par jusqu'à ce que, comme si l'on avait ἔρχωμαι.
"Epyxcoôar, dans le N.T., signifie proprement : se transporter d'un endroit dans un autre; dès lors il prend également le sens de aller et celui de
venir, suivant que l’on considère le mouvement du point de départ ou du point d'arrivée. J., XXI, 3: Pierre dit aux autres Apôtres : ὑπάγω ἁλιεύειν. λέγουσιν αὐτῷ ᾿Ερχόμεθα χαὶ ἡμεῖς, nous y allons aussi. — L., XIX, 12-13 : ἄνθρωπός τις εὐγενὴς ἐπορεύθη εἰς χώραν μαχρὰᾶν... Καλέσας δὲ δέχα δούλους ἑαυτοῦ ἔδωκεν αὐτοῖς δέχα μνᾶς καὶ εἶπεν πρὸς αὐτοὺς πραγματεύσασθαι ἐν ὧ ἔρχομαι, pendant que je m'en vais, que je m'absente. L'acte est imminent et sûr; d'où lc présent ἔρχομαι. Les manuscrits donnent li variante ἕως ἔρχομαι. — L., II, 443; XV, 20; 4 Tim., III, 14. Etc.
Jean emploie correctement ἕως, IX, 4 : ἡμᾶς δεῖ ἐργάζεσθαι τὰ ἔργα τοῦ πέμψαντός με ἕως ἡμέρα ἐστίν᾽ ἔρχεται νὺξ ὅτε οὐδεὶς δύναται ἐργάζεσθαι. --- IX, 18 : οὐχ ἐπίστευσαν οὖν οἱ ᾿Ιουδαῖοι περὶ αὑτοῦ ὅτι ἦν τυφλὸς καὶ ἀνέδλεψεν, ἕως ὅτου ἐφώνησαν τοὺς γονεῖς αὐτοῦ. — XIII, 38 : οὐ μὴ ἀλέχτωρ φωνήση ἕως οὗ ἀρνήση με τρίς. — Apoc., VI, 11. -- D'un autre côté, chez cet écrivain, ἔρχεσθαι signifie aussi bien s'en ailer, partir (XXI, 3) que venir, arriver.
Examinons maintenant J., XXI, 19-23. Jésus s'éloigne de ses Arôtres et se fait accompagner de Pierre seul, auquel il dit : ἀκολούθει μοι. Mais Jean se met aussi à les suivre; car ἐπιστραφεὶς ὁ Πέτρος βλέπει τὸν μαθητὴν ὃν ἠγάπα ὁ ᾿Ιησοῦς ἀχολουθοῦντα (participe imparfait — ὃς ἠχολούθει, qui avait commencé de les suivre). Or Jésus ne voulait que Pierre, comme indiquent les paroles qu’il lui adresse : σύ μοι ἀχολούθει; il fait donc rester Jean. Pierre dit alors à Jésus en parlant de Jean : Κύριε, οὗτος δὲ τί; et Jésus lui répond, sans vouloir lui dire pourquoi il a fait rester Jean : ᾿Εὰν αὐτὸν θέλω μένειν ἕως ἔρχομαι, τί πρὸς σέ; av μοι ἀκολούθει. Jésus est au moment de partir; d'où le présent ἔρχομαι. Le sens de la phrase grecque est donc : Si je veux qu’il reste (là, auprès des autres Apôtres) pendant que je m'en vais (= pendant mon absence), que t'imporief Mais cette phrase, mal comprise, avait été entendue au sens figuré (μένειν, continuer de vivre sur la lerre, ne pas mourir ; ἔρχομαι, apparaître à la fin du monde). Il en était résulté une erreur, que l'auteur détruit au v. 23 en disant : οὐχ εἶπεν δὲ αὐτῷ ὁ ᾿Ιησοῦς ὅτι οὐχ ἀποθνήσχει, ἀλλ᾽ ᾿Εἰὰν αὐτὸν θέλω μένειν ἕως ἔρχομαι, τί πρὸς σέ;
Nous lisons, 4 Tim., III, 14 : ταῦτά σοι γράφω ἐλπίζων ἐλθεῖν [πρὸς σὲ] ἐν τάχει, οὐ IV, 13 : ἕως ἔρχομαι, πρόσεχε τῇ ἀναγνώσει xrk. Dans les deux passages ἔρχεσθαι signitie se rendre, aller; l'acte étant imminent et sûr est exprimé par le présent ἔρχομαι. Le sens est donc : pendant que je me rends vers toi (— en attendant mon arrivée).
222. a) Classiquement, quand la proposition principale est affirmative, πρίν se construit avec l'infinitif : « le sens de la phrase est que l’action exprimée par la proposition principale a lieu avant qu'une autre action puisse s'accomplir, que d'’ailleurs cette dernière s’accomplisse réellement ou non,onne s'en occupe pas.» (Kocu, 118, 5; cf. 279, ὃ, sub fin.). Il en est de même dans le N. T. :
Mai., XXVI, 34 : πρὶν ἀλέχτορα φωνῆσαι τρὶς ἀπαρνήσῃ με. — Mat., 1, 18; XXVI, 75, Mar., XIV, 30, 72; L., XXII, 61: J., 1V, 49; VIII, 58; XIV, 29: 4., IT, 20; VII, 2. — Ce sont tous les exemples.
Ho ne ne se trouve ainsi employé que dans les livres histo-
PROPOSITIONS DÉPENDANTES TEMPORELLES. 131 riques du N. T.— L'infinitif est toujours à l’aoriste (cf. 280, b), tandis qu'il peut être au présent en grec classique.
L'usage paraît être le même dans les LXX que dans le N.T., Esé., XXXIII, 22; Tobie, XIV, 15; Es., XLVI, 10.
b) Classiquement, « quand la proposition principale est négative, πρίν se construit en général avec le verbe fini. » (Kocx, 118, 5). 11 en est de même dans les deux passages suivants du N.T.
L., 11, 26 : ἦν αὐτῷ χεχρηματισμένον... un ἰδεῖν θάνατον πρὶν[ἢ] ἂν
ἴδῃ τὸν Χριστόν. --- Α., XXV, 16.
C'est un reste de la langue littéraire dans Luc. Les autres écrivains du N. T. emploient le verbe fini, mais avec ἕως, ἄχρι, μέχρι.
Ο) Dans le N. T., comme chez les classiques, après une proposition principale négative, πρὶν et ἕως ont le même sens : L., XXII, 34 : où φωνήσει σήμερον ἀλέχτωρ ἕως τρίς με ἀπαρνήσῃ εἰδέναι, et cf. 4., XXV, 16.
223. Au lieu d’une proposition temporelle à verbe fini, on peut avoir :
1° Avec le sens de pendant que, comme, ἐν τῷ et l'infinitif. Cf. 281, ὃ.
2° Avec le sens de avant de ou que, πρό et le génitif de l’infinitif aoriste (280, ὃ) qui correspond à l'indicatif et au subjonctif aoriste. — On trouve une fois l'infinitif présent εἶναι, J., XVII, 5.
3° Avec le sens de après que, μετά et l'infinitif aoriste, Mat., XXVI, 32; Mar., I, 14; L., XII, 5, etc. — Cf. 273, c.
224. On ne trouve pas dans le N.T. l'optatif marquant la fréquence indéterminée (Kocx, 118, 3); par suite on ne trouve pas la construction de l’optatif dans la proposition temporelle et celle de ἄν fréquentatif dans la proposition principale (KocH, 118, 3, Rem. I). — On ne trouve pas ὁσάχις Où ὁποσάχις avec l'indicatif aoriste, pour marquer que l’acte de la proposition principale s’est répété exactement autant de fois que l’acte de la proposition temporelle (Kocux, 118, 3, note 1). — On ne trouve pas où πρότερον πρίν, où πρόσθεν πρίν, avec le sens de pas avant que (KOCH, 118, 5, δ). — Les écrivains du N. T. ne pensent pas ainsi.
225. 1° Les règles de la syntaxe des propositions temporelles dans le N. T. sont les règles ordinaires de la syntaxe classique, au moins en partie. |
2e On peut relever un assez grand nombre de particularités :
Particularités de la langue familière du N.T. : Emploi du mode réel après une particule combinée avec ἄν, 210, ὁ. — Emploi d’une particule temporelle combinée avec ἄν pour marquer la répétition dans le passé et dans le présent, 211. — Emploi du futur aussi bien que du subjonctif,
pour exprimer l’acte éventuel, 212, 213. — La particule ἄν se supprime ou s'exprime, indifféremment, quand la conjonction doit être suivie du subjonctif, 912. — Le subjonctif du style direct est toujours maintenu, 213, αι — Emploi ordinaire du futur après ὅτε, 214. — Emploi du futur aprés une particule temporelle combinée avec ἄν, 214. — Emploi du subjonctif éventuel après ὅτε, 214, et note 1. — Emploi des temps proleptiques dans la proposition principale, 216. — Unification de la syntaxe des propositions temporelles et conditionnelles, 215, 6. — Équivalence des propositions temporelles et conditionnelles, 217. — Emploi de ὡς ἄν comme particule temporelle seulement, 218. — Formes (classiques et) post-classiques de particules signifiant jusqu'à ce que, et avant que, 219,6}
Abandon de certaines particules temporelles employées dans la langue classique, 209. — Abandon de l'optatif de répétition pour le passé, 211. — Abandon de l'optatif oblique, 213, c. — Abandon de la construction de πρίν avec un mode fini, 222, ὃ. — Abandon de différentes constructions de la langue classique, 224.
Particularités de la langue littéraire : Emploi rare de certaines particules de la langue littéraire, 209. — Exemple de l'optatif oblique, 213, c. — Formes classiques des particules signifiant : jusqu'à ce que et avant que, 219, ce. — Construction de πρίν avec le verbe fini, 222, ὃ.
L'hébreu ne paraît pas avoir exercé une influence sensible sur la syntaxe des propositions temporelles dans le N. T.