Tout participe employé comme complément distinctif
peut avec l'article acquérir la valeur d'un nom. — Le participe masculin avec l’article désigne soit un individu déterminé, pris dans un cas particulier, soit toute une classe d'individus. Dans ce dernier cas le participe est précédé quelquefois de r&(Kocu, 123, 2, a). Le participe neutre prend souvent la valeur d’un substantif abstrait.
Il en est de même dans le N.T. : Mat., IV, 3 : καὶ προσελθὼν ὁ πειράζων. — Mat., XI, 3 : où el ὃ ἐρχόμενος; — Mat., XXIV, 15 : ὁ ἀναγινώσχων νοείτω. — Dans les LXX, 4 R., XVI, 4 : ὃ βλέπων, le Prophète. — Sag. Sir., XXVIIL, 1 : ὃ ἐχδικῶν.
Mat., XIX, 21 : τὰ ὑπάρχοντα, et XVIIT, 30 : τὸ ὀφειλόμενον.
a) Dans le N.T., l'emploi de πᾶς devant le participe est beaucoup plus fréquent que dans le grec classique; ainsi Mat., V, 22, 28; VII, 8, 21, etc.; c'est une des particularités caractéristiques de la langue de ce livre : elle est due à l'influence de l’hébreu où la même construction est en usage.
δ) « Devant un adjectif ou un participe accompagné de l’'article générique, πᾶς renforce l'idée de chaque, quelconque, déjà renfermée dans ces expressions. L'article ne saurait être supprimé. » (Kocx, 72, 10, c, et Rem. III.)
L'article manque dans le N. T., mais très rarement, Mal., XIII, 19 : παντὸς ἀχούοντος. — L., XI, 4 : παντὶ ὀφρείλοντι. — VI, 40 : χατηρτισμένος δὲ πᾶς. -— 2 Th., 11, 4 : ἐπὶ πάντα λεγόμενον θεόν. —
Apoc., XXII, 15.
L'article peut manquer aussi en hébreu, comme dans ces exemples, littéralement rendus par les LXX, 4 R., IIL, 41 : παντὸς ἀχούοντος αὐτά. — Job, XXXI, 32 : à δὲ θύρα pou παντὶ ἐλθόντι ἀνεῴχτο.
c) L'article manque devant le participe (non accompagné de πᾶς) dans le passage suivant, Mar., 1, 3 (Mat., LI, 3; L., III, 4) : φωνὴ βοῶντος ἐν τῇ ἐρήμῳ. C'est une citation des LXX, Es., XL, 3. L'hébreu n'a pas l'article, et les LXX ne l’ont pas employé non plus, sans doute sous l'influence de l'hébreu. Cf. encore pour la suppression de l’article, LXX, Prov., XII, 1: ὁ ἀγαπῶν παιδείαν ἀγαπὰ αἴσθησιν, et Eccl., V, 9 : ἀγαπῶν ἀργύριον οὐ πλησθήσεται ἀργυρίου, et Eccl., XI,4 : τηρῶν ἄνεμον οὐ σπείρει, καὶ βλέπων ἐν ταῖς νεφέλαις οὐ θερίσει. --- Cf. 299.
293. On trouve l'article devant un participe qui se rapporte à un antécédent indéterminé, dans les passages suivants : Gal., Ι, 7 : εἰ μή τινές εἶσιν of ταράσσοντες ὑμᾶς. — Col., 11, 8 : βλέπετε μή τις ὑμᾶς ἔσται d συλαγωγῶν. — Α., [V, 12 : οὐδὲ γὰρ ὄνομα ἐστιν ἕτερον ὑπὸ τὸν οὐρανὸν τὸ δεδομένον ἐν ἀνθρώποις ἐν ᾧ δεῖ σωθῆναι ἡμᾶς. — L. XVIII, 9 : εἶπεν δὲ καὶ πρός τινας τοὺς πεποιθότας ἐφ᾽ ἑαυτοῖς ὅτι εἰσὶν δίχαιοι. — Jude, 4 : παρεισεδύησαν ἴγχρ τινες [ἄνθρωποι, οἱ πάλαι
προγεγραμμένοι εἰς τοῦτο τὸ χρίμα. — 2 J., 7 : πολλοὶ πλάνοι ἐξῆλθαν εἰς τὸν χόσμον, οἱ μὴ ὁμολογοῦντες ᾿Ιησοῦν Χριστὸν ἐρχόμενον ἐν σαρχί. — Ph. \I]I,18-19.
Dans ces passages, le participe avec l’article exprime ce que l'écrivain considère comme l’attribut spécial et caractéristique de la personne ou de la chose dont il parle (cf. 291 ; 338; voy. ELcuicotTT, ἐπ Gal., 1, 7). Cette construction du participe se rencontre quelquefois chez les auteurs classiques (Goopwin, 826, renvoyant à Isocr., VIIT, 139), et assez souvent chezles auteurs post-classiques (LuciEN, Abdic., 3; Dion CHRYSosT., XXXVIIT, 482).
Pour Gal., 1, 7 et Col., 11, 8, l’article avec le participe équivaut à une proposition relative consécutive (cf. 228 ; 230 ; 299), et, dans tous les autres passages, à une proposition relative (239, 4; cf. 299). Le passage des Actes, IV, 12, équivaut à τοῦτο Ἱὰρ τὸ ὄνομα, τὸ δεδομένον ἐν ἀνθρώποις, μόνον ἐστὶν ἐν ᾧ δεῖ...
294. Classiquement, le participe employé comme substantif, même s’il est attribut, conserve l'article (Kocx, 72, Rem. Π|: 123, 2, nota). Il en est de même dans le N. T., J., VIII, 18.
295. Le participe futur s'emploie avec l'article, quand il doit désigner une classe de personnes ou de choses (Kocx, 72, ἡ Rem. ἢ). Il en est de même dans le N. T., Z., III, 5 : θεράπων εἰς μαρτύριον τῶν λαληθησομένων. — L., XXII, 49 : 4. Co., XV, 37; 4 P., XI, 13.
Nota. — Le participe, complément distinctif, est toujours accompagné de l'article, comme en grec classique, sauf daus quelques passages cités plus haut (282).
Participe complément attributif.
296. Classiquement, « le participe peut se joindre, sans article, à un nom à titre de complément attributif, pour exprimer un rapport de temps, de condition, de cause, de concession, de but » ou de manière d’être. « Il remplit, en ce cas, la fonction d'une proposition secondaire... dont le sujet serait le nom en question. » Le participe exprime alors une qualité, ou une manière d’être ou d'agir transitoire (Kocx, 124, 1 ; cf. CurTius, 579).
En règle générale, le participe s'accorde avec le nom auquel il se rapporte en genre, en nombre et en cas.
Le participe, complément attributif, s'emploie de même dans le N. 1.1.