O. Risuanx, Syntaxe latine, Introduction, 3, ὁ
INTRODUCTION. XXVII
ture littéraire de leur auteur. Enfin, dans les différents livres du N.T., se rencontrent çà et là, comme nous le verrons, des constructions qui appartiennent spécialement à la langue littéraire.
Bien plus, quelques-uns des opuscules du N.T. n'auraientils pas été rédigés, au moins dans une certaine mesure, par des scribes, des secrétaires ? Nous lisons dans la Lettre aux Romains, XVI, 22 : ἀσπάζομαι ὑμᾶς ἐγὼ Téprios ὃ γράψας τὴν ἐπιστολὴν ἐν Κυρίῳ, et 4 Co., XVI, 21 : ὁ ἀσπασμὸς τῇ ἐμῆ χειρὶ Παύλου. « Cette salutation et les mots qui la suivent garantissaient l'authenticité de la lettre; cf. Col., IV, 28; 2 Th., III, 17. Le reste de la lettre était écrit par un secrétaire; cf. Ro., XVI, 22'.» Or, le scribe a-t-il écrit, sous la dictée, non seulement les idées, mais encore les mots ? Ou bien, parfois, n'a-t-il pas rédigé lui-même ce qu'il avait ordre d'écrire ? Et dans ce dernier cas, s'il possédait une certaine culture littéraire, quelle part a-t-il prise dans la facture des phrases, dans la langue et la syntaxe de la lettre?
Dans les Actes, XXIV, 1-2, nous voyons le grand-prêtre juif se présenter au tribunal de Félix, pour accuser Paul, en compaguie du rhéteur Tertullus, qui porte la parole à sa place. Or, saint Jacques, par exemple, évêque de Jérusalem et de communautés chrétiennes, dont les unes parlaient l’araméen et les autres le grec, ne pouvait-il avoir un interprète grec à son service ?
Mais quand même certaines parties ou certains passages du N. T. trahiraient dans leur forme la main d’un secrétaire lettré, ce qui peut en provenir ne change pas le caractère général de la langue du Ν. Τ. Ce secrétaire, en effet, parlait et écrivait certainement la langue de son temps et de son pays, quelque couleur littéraire qu'il ait pu lui donner; nous restons toujours avec lui dans le grec post-classique.
20 La langue du N. T. est une langue impersonnelle, malgré la personnalité du style de chacun des auteurs de ce livre.
4. Ecuicorr, in loc. Voy. St. Paul's first Epistle to the Corinthians, with a crilical and grammalical commentary, by C. J. ELuicorr; Londres, 1887.