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que dans les cafés d’Ispahan, on ne distribue que des pilules d’opium et des breuvages faits avec des têtes de pavots ou avec les feuilles et les sommités du hachich.
Le roi Dolmus l’introduisit en Chaldée vers l'an 728, et en 780 de l'Hégire l'abus que l’on en faisait en Egypte était déjà si manifeste que des édits furent rendus d'après lesquels son usage était prohibé, et les fauteurs étaient condamnés à avoir les dents arrachées.
Mais il faut Croire que la crainte de ces châtiments fut légère, ou qu'ils furent rarement infligés puisque nous voyons, quelques siècles plus tard, le 17 vendémiaire de l’an IX, le général Menou, commandant en chef des armées françaises en Egypte, obligé de rendre un
décret défendant sévèrement à ses soldats l’usage du
Hachich auquel les indigènes les avaient bien vite habitués. On sait, d’ailleurs, que le fanatique Soleiman qui poignarda le général Kléber, était sous l’influence du Hachich.
Aujourd'hui encore malgré de nombreuses mesures prohibitrices, les habitants des villes d'Egypte, de Syrie,
de Palestine, de Perse, d’'Asie-Mineure et de Turquie.
fument le hachich d’une façon journalière, et l’on évalue à 150 millions au moins, le nombre des individus esclaves de cette habitude.
La grande poussée venue d'Asie, qui au vi° siècle couvrit de musulmans tout le Nord de l'Afrique et une partie de l'Espagne y implanta tout naturellement l'usage du hachich. Jacquot nous dit en 1846, en parlant des Arabes algériens : « Nous savons positivement que le hachich est fumé par quelques individus, mais c'est un
usage assez peu répandu pour que nous n’ayons pu, malgré notre désir. expérimenter sur nous-mêmes les effets du chanvre ». Il n’en serait sans doute plus de même aujourdhui, et en Tunisie notamment, nous savons qu'il se fume un peu partout, mais d’une manière clandestine à cause des lois qui en défendent la vente. ”
Au Maroc son usage est plus répandu encore, et lon prétend qu'après la bataille d'Isly, lorsque les troupes françaises envahirent le camp ennemi, on trouva plusieurs cavaliers ivres de hachich qui rêvaient tranquillement sur leur tapis aussi isolés de tout ce qui se passait autour d'eux qu'Archimède à la prise de Syracuse. Ces marocains avaient pris, dit-on, le bruit de la canonade pour le bruit d'enfants qui jouaient ou pour le choc des héliers du troupeau se heurtant la tête (1). Cette anecdote fait penser aux hindous que les Anglais trouvèrent ivres de hachich à la prise de Delhi, lors de la grande révolte des Cipayes, en 1857.
Le Hachich croît un peu partout dans le Continent noir aussi bien dans la région du Tehad que sur les rives du Congo ou du Zambèze; mais les auteurs sont unanimes à reconnaître qu'il n’y est pas vraiment indigène et qu'il a dû s’infiltrer de proche en proche après la conquête du Maghreb par les Arabes. Kolben nous apprend dans son «histoire naturelle du Cap » que les Hottentots se servent, au lieu de tabac, d'une plante nommée dakka avec laquelle ils mélangent le tabac lorsque leur provision est épuisée. C'est, dit-il, une
(1) In Thèse de Pharmacie de De Courtive, 1848.