HISTORIQUE
La véritable origine du Jalap a fait l'objet de nombreuses controverses pendant de longues années. La provenance toute américaine que personne n’a osé lui discuter, nous dispense de rechercher dans les premiers auteurs. Pour découvrir l’origine de cette plante, il nous faut remonter jusqu’en 1570, époque à laquelle Nicolas Monardès, médecin de Séville, vante les propriétés purgatives d’un rhizome dont il ignore l’origine véritable et qu'il désigne sous le nom de Méchoacan.
Antoine Collin, en 1610, fit paraître à Lyon une preinière édition de la traduction de l’ouvrage de Monardès, et dans la deuxième édition, en 1619, il décrivit avec plus de détails une racine arrivée en France avec celle du Méchoacan qu'il appelle racine de Jalap. D’après la description qu’il :en fit, ïl est permis de croire que Collin avait bien en main la racine du vrai Jalap; restait à trouver la plante qui le produit.
D'abord, Gaspard Bauhin l’attribue à une bryone, dont il fait remonter l’arrivée en France en 1609 et qu’il décrit sous le nom de Bryonia Mechoacana nigricans ab Alexandrinis et Massiliensibus jalapium dicta. D'où il nôus est permis de conclure que dans les premiers temps l'importation se fit en France par le port de Marseille.
Ray, Plukener, Sloane la considèrent comme une Convolvulacée. Pour les Allemands, c’est une rhubarbe. Tournefort
EAbhE en fait également mention sous le nom de Jalapa mirabilis officinarum fructu rugoso. Linné l’attribue au Mirabilis longiflora et Bergius au Mirabilis dichotoma, ce dernier se basant sur les propriétés purgatives plus marquées de cette espèce.
Houston rapporta de son voyage en Amérique une racine possédant les mêmes propriétés purgatives que celles du Jalap dont elle avait l’aspect général. Bernard de Jussieu la reconnut pour être un liseron; Linné la nomma Convoloulus jalapa. |
En 1777, Thierry de Ménonville visita le Mexique et trouva près de la Vera-Cruz une plante qu’il décrivit comme étant la vraie souche du Jalap, qui n’était autre que le Batatas jalapa (Choisy), décrit par Michaux sous le nom d’Æpomæa macrorhiza, et par Desfontaines sous le nom de Convolvulus jalapa.
La vraie plante du Jalap fut envoyée de la ville même de Xalapa en 1827 au D' Redman Coxe, de l’Université de Pensylvanie; mais, égaré par certains traits de ressemblance avec l’Ipomæa macrorhiza décrit parMichaux, il lui donna la même origine. Il fut réservé à Daniel Smith, quatre ans après, de reconnaître l’erreur de Redman Coxe et d’assigner au Jalap sa véritable origine.
A la même époque, Ledanoïs, pharmacien français, profitait de son séjour au Mexique pour étudier de près la question du Jalap et il fut assez heureux pour arriver à une solution qui, désormais, levait tous les doutes. Profitant du besoim d’argent d’un colon, il put acheter des racines de Jalap incomplètement sèches et réussit, à force de soins, à faire germer un tronçon de ces racines. Dès-lors la multiplication fut facile et le secret que les colons gardaient avec tant de soin, de peur de se voir enlever un objet de leur richesse, était enfin dévoilé. La même année, Ledanois en fit une description qu’il envoya à l’Académie des Sciences ; en même temps, il fit parvenir à Humboldt des échantillons qu'il
Sr avait récoltés et fit connaître une nouvelle espèce qu'il nomma Jalap mâle ou Jalap fusiforme.
Ce n’est qu’à son retour en France que Ledanois put revendiquer ses droits à la découverte du Jalap officinal que Bentham appela /pomæa où Exogonium purga, nom qui lui est resté depuis.