CHAPITRE IL Résine
Comme nous l'avons déjà dit, c’est dans la résine que réside le principe actif du Jalap ;elle yest en quantité variable; des échantillons ont donné jusqu'à 47 p. 100, tandis que d’autres ont rendu à peine 7 à 8 p. 100.
Cette résine est brunâtre, complètement pure, elle est blanche. Faiblement odorante par le frottement, d’une saveur âcre qui prend à la gorge, déterminant constriction de l’arrière-bouche et crachotement. Elle se réduit facilement en poudre; insufflée dans l'œil, elle y produit une irritation vive, douloureuse. Cette résine est constituée par des glucosides particuliers pour chaque espèce de Jalap.
La convolvuline glucoside du Jalap tubéreux est complètement soluble dans l’alcool, elle se distingue de la Jalapine et de la Tampicine par son insolubilité dans l’éther. Elle est également insoluble dans l'essence de térébenthine, les huiles volatiles, la benzine et le sulfure de carbone, peu soluble dans l’ammoniaque et le chloroforme. Les acides chlorhydrique et sulfurique la dissolvent facilement, ce dernier la colorant en rouge. La potasse caustique la dissout également, caractère qu’elle partage avec la colophane dont elle se distingue d’autre partpar leprécipité que donne cette dernière dans un excès de potasse. Le bi-chromate de potasse et-le permanganate de potasse agissent de même en dégageant une odeur de beurre rance eten colorant la solution en vert olive.
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M. Bouriez, en 1882, dans une étude ayant pour titre recherches sur le Jalap, considère les cellules à résine comme des éléments parenchymenteux hypertrophiés et gorgés de résine. En général, ces cellules sont superposées bout à bout de manière à former des piles verticales assez longues, mais dans aucun cas, il n’y a résorption de la paroi commune à deux cellules successives, il n’y a done pas formation d’un canal et on peut considérer ces cellules à résine comme des glandes unicellulaires disposées dans la masse du liber. D'après Planche, les cloisons se résorbent parfois, et il se forme alors des canaux laticifères, larges etcourts, renfermant un suc laiteux à l’état frais, et à l’état sec, résineux ou gommo-résineu x.
On s’est demandé s’il y aurait intérêt pour la récolte de la résine, às’adresser aux gros tubercules ou auxpetits. M. Andouard estimait que les petites racines seraient généralement plus riches. Mais le fait ne concorde pas avec ce que montre l’étude microscopique et n’est pas d’accord, d’ailleurs, avec les chiffres trouvés par Guibourt.
Le principe actif réside dans la résine constituée par des glucosides différents. Suivant que l’on à affaire au Jalap tubéreux, fusiforme ou de Tampico, ces glucosides prennent les noms de Convolvuline, Jalapine, Tampicine.
D’après Le Maoût et Ducaisne, la résine ne doit ses propriétés purgatives qu’à l’arome qui accompagne ; pour cela ilsse basent sur ce que la poudre de Jalap longtemps exposée à l’air perd en même temps que son arome, ses propriétés purgatives, bien que conservant le principe purement résineux. Cette hypothèse aurait besoin de vérifier.