‹ Étude sur le Lancelot en proseChapitre 131 sur 326 · Cf. plus haut. p · texte numérisé non relu

Cf. plus haut. p

188 ÉTUDE mu LE LANCELOT EN PROBE

ronomastique, au moins partiellement ; ainsi Gaheriet (cf. Karjei v. 6229), Dodiael Le Sauvage (cf. v. 71 07), etc. Signalons surtout Galehaut : ce lils de la géante répond au jeune géant Eseâlt le Long du Lanzelet \. 7544) 1.

Les épisodes où (igurenl des messagères envoyées, à bien des reprises, par la Dame du Lac à Lancelot et aux personnages de la cour d'Arthur paraissent également s'inspirer du Lanzelet. Peut-être la troupe des cent chevaliers à Plurîs 2 a-t-elle donné naissance, par suite d'une méprise, à l'étrange « Roi des Cent chevaliers » de notre roman.

On peut sans doute augmenter le nombre de ces rapprochements. Mais ce qu'il importe de faire observer c'est que, après le récit de l'adoubement du jeune héros, tout diffère absolument entre le Lanzelet et le Lancelot 3. Le second n'a guère fait des emprunts au premier qu'en ce qui concerne les« Enfances ».

Dans ces emprunts mêmes les modifications sont profondes et elles sont le plus souvent très conscientes.

La scène est transportée de Grande-Bretagne en Gaule : le Genewis (certainement le Gwynedd, c'est-à-dire le Nord-Galles) devient le Benoïc, royaume fantastique situé dans l'Ouest 4. Ban n'est plus un tyran chassé par ses sujets ; c'est un saint personnage, victime d'un usurpateur, Glaudas, que l'on charge de tous les péchés de Pant. Lancelot cesse d'être parent (neveu) d'Arthur et on comprend bien pourquoi : cette parenté aggraverait sa culpabilité, déjà si lourde, vis-à-vis du roi de Logres ; Lohot, fils d'Arthur, n'est plus né de Guenièvre, stérile dans notre roman: le roi l'a eu avant son mariage de la belle demoiselle Lisanor 5.

1. P. 176. Ulrich a certainement lu de travers le nom du géant : dans le ms. qu'il avait sous les yeux l pouvait être pris pour unes et le g initial n'était sans doute pas rubrique. Le nom devait être Gjalehalt ou Galeholt.

Page 1