Sur le Genewis, cf. plus haut, p. 147, note
5. Sommer, III, 159. Dans le Lanzelet (v. 6882-6951) Lôût est un tout jeune homme, né d'Arthur et de Guenièvre ; il accompagnera son père dans le pays d'où les Bretons attendent encore qu'il revienne, soit à tort, soit à raison. La vulgatedu Merlin (U, 124, 316) et le Livre d'Arthur (VU, 20, 52, 206, 207, 212) développent l'indication rapide du Lancelot (III, 159, 163). Le Perlesvaus donne un épisode que M. G. Huet [Rornania, 1914, 101) considère avec raison comme une invention récente. Loholt fils d'Arthur figure également dans YErec (v. 1732), mais ce n'est qu'un nom.
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11. D'une tout autre valeur au |><»int de vue littéraire étail le roman en vers de Chrétien de Troyes, le Chevalier de lé Char relie -'. Il a influencé profondémenl notre auteur . Sans ( îhrétien
1 . Ill, s ; V, 65 ; « et quant vous vendrais au lac, si enta b en! tent
el n'aies garde, quar ce n'esl se enchantemena non
il .i été publié d'abord en 1850, à La Haye, par Jonckbloet, * la fin de son volume Le Roman de la Charrette d'après Gauthier Map et Chr* de Frayes, p. 57-101 imprimé sur 3 col. in-4°, diaprés !<• m->. fr. 794 de la Bibliothèque Nal onale). Une édition critique, d'après les bîi mas. aujourd'hui conservés, .i été procurée par Wendelin F< dans sa collecUon des œuvres complètes de Chrétien de Troyes, sous le titre : Der Karrenritter [Lanceloi . Elle esl accompagnée de l'édition «.lu Guillaume tfAnglet attribuée également à Chrétien Halle. 1899, clxxix-499 pages . Il est regrettable que ce savanl se soi! refusé à la réimprimer, comme il a fait d7><v( d'Fvatn, de Cligrès, dans h> formai in-12.
La partie correspondante du Lanceloi en prose rempli! les 1-56 du
livre de Jonckbloet, qui utilise le ius. IV. 339 de la Bibl. Nat. Dans l'édition Sommer ce grand épisode commence au t. IV, p. 155, ligne 19 - termine p. 226, l. Il ; mais il en faut retrancher les pages ls'J. lig ligne 30, qui son! une interpolation sans valeur littéraire, propre au ms. \dditional 10293 !du British Muséum, base de l'édition Sommer. La Charrette etl prose donne doue en 58 pages m-i la substance d< >ers
du poème de Chrétien, continué à partir du v. 6167 et achevé par Godet'ro\ de Lagny.
3. Longtemps on a cru que, au contraire, Chrétien avait imité le Lanceloi en prose. Jonckbloet dans la préface de son livre p. \w- P, Paris dans les Manuscrits françois (/<• la Bibliothèque du Roi t. I\ les Romans de la Table Ronde ne cessent de répeter celte assertioi dernier même, dans son analyse (au tome V , gourmande à chaque instant Chrétien qui n'a pas compris son modèle ! La lecture de ses notes nous
170 ÉTUDE BU» LE LANCELOT EN PROSi
il n'aurait pas même feu l'idée d'entreprendre de refaire la biographie de l'insipide Lanzelet. Le concept de l'amour fatal de
Lanoelot et de la reine qu'il rencontrait dans le Chevalier de la Charrette pouvait seul donner à son œuvre la grandeur trafique.
Ici notre auteur suit de près L'affabulation de Chrétien. Sans servilité cependant. Quand il le faut il la modifie et la plie à ses propres desseins.
Ainsi il en détache un épisode, celui des inscriptions placées sur des tombes (v. 1811-1 90G) pour le transporter au début des exploits de Lancelot, dans l'épisode de la « Douloureuse Garde » (III, 157-163). Chose plus curieuse encore, il utilise le vide qu'il a pratiqué dans la « Charrette» pour intercaler la rencontre, inconnue à Chrétien et pour cause, de Lancelot et des tombes de ses lointains parents Galaad Ier et Siméon (IV, 175-177 *). La proclamation de l'indignité de Lancelot et l'annonce encore à demi voilée de l'arrivée du rédempteur, Galaad, se rencontre dès cet endroit.
Surtout il modifie le thème du courroux de Guenièvre et de la signification de la Charrette :
Chez Chrétien, la charrette est symbole d'infamie : elle transportait les condamnés et y monter c'était se déshonorer. Lancelot, faute de coursier, est monté cependant. Il a pu ainsi rejoindre le ravisseur, Méléaguant, et délivrer la reine. Mais celle-ci, loin de lui manifester sa reconnaissance, refuse même de recevoir son sauveur. Puis, quand elle apprend que Lancelot désespéré a voulu se suicider, elle a horreur d'elle-même, fait venir le héros et lui explique le motif de son courroux : elle ne pouvait lui pardonner d'avoir hésité ne fût-ce qu'un instant (l'espace de deux pas) à sauter sur la fatale charrette.
Cette conception psychologique estincompatibleavec l'idée que l'auteur du Lancelot en prose s'est fait de la reine Guenièvre.
produit aujourd'hui une impression de comique achevé. L'erreur de Jonckbloet et de P. Paris a été dénoncée par Paul Mârtens dans une partie de son mémoire Zur Lanzelotsage (dans Romaniseh Siudien de Boehmer, t. V, 1880, p. 647-687) ; il lui a substitué celle d'une source commune. G. Paris, dans la liomania (t. XII, p. 486-497), a prouvé que le roman en prose a pour source ici Chrétien de Troyes : au surplus le Lancelot renvoie au Conte de la Carete (éd. Sommer, IV, 40, 1. 3). 1. Cf. plus haut, p. 115.
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u .1. Im. mi 1.1 pai cette d I ion au protocole courtois1 Et
effet . longtemps après, m immen !
se verra reprocher oe grand crime parcelle même qu'il vient de sauver de l'entreprise de Méléaguanl : tell est guerredon Femme . remarque peu gracieusement meaaire Ken I texte b lui seul s. t. ni peu .1 l'honneur de la reine. L'auteui senti et il l'appuie d'une raison sérieuse M but I
calot prisonnier, réussit b l'insu de celui ci b subtiliser 1 .un. qu'il ;» reçu de la reine et .1 substituer un autre presque semblable ; puis elle dépêche à la cour une m ss - celle ci «I que
Lancelol mourant a avoué le crime qu'il a oommis avec la reine et jette l'anneau à Gueniôvre . Longtemps Lui. -.'lui i 1 ce
grave incident qui, heureusement, n'a pas de suite da grâce au sang-froid et à l'adresse de Guenièvre. M milieu de l'épisode de la Charrette^ une explication se produit «.Mitre Guerrier re et Lancelot : d'abord orageuse —Lancelot auquel la reine réclame son anneau présente de bonne foi oelui de Morgain — elle bc termine par une réconciliation ' : Gtv . ne
fait même pas au héros le reproche, justifié celui-là, vraiment peu contemplé son cadeau.
lui outre notre auteur blâme la cour d'Arthur, a coumn-n par le roi, de ne pas s'élever au-dessus des préjugés. Quand la
1. >< Car bien savoit que elle en auroit trop granl duel et en trop irrant
c< despit le tendroit quant elle lauroit que Lancelot s'en teroit al -
1 oongié m IV, 102 . Chose curieuse, Galehaut Lui-même blâme son ami
dans son l'or intérieur : h SOsi dest'ent Galeholt son compaignon en Tel
l'oyne. non pas por ce .pie il incï>in< - - iee bien <{u'il a tort, mes por
ce qu'il veull apaierlaroynea son compaignon et s'onor garder IV. : B. Vov. IV. 206, l. 36; cf. P. Paris, V. 62-63.