Cf. plus loin au chap. IX
Potvin, IV, 261, v. 280*3 1-76.
5. Wauchier, qui parle à mainte reprise du graal IV, 60, 73, 76, 1^1, 102, 173, 201, 203, 261-3, 267-8, 276, 319 »-l : V. 1-3, 130-2, 136 ne
fournit, par ailleurs, aucune lumière sur son origine et sa nature. Le roi pêcheur, lui-même, auquel devait être résen s ble-t-il, plutôt qu'à une
pucelle m «.le rencontre, de donner la clef du mystère, se refuse de répondre aux questions de Perceval s deci là c'averés mangié v. par malheur le récit s'arrête juste au moment v. où Fer
« se réconforte » [voy. Birch-Hirschfeld, op. cit., p. 91 . Il me parait plus que vraisemblable que Wauchier ne savait rien ou ne voulait rien dire sur la nature du graal et qu'il s'est tiré d'affaire en laissant brusquement le lecteur, sauf votre respect, le bec dans l'eau. Les vers -^073-75 sont sans doute une interpolation de son continuateur Manessier, lequel a utilisé notre Lnncelol-Graal cf. plus haut, p. 135).
Étude sur le Lance lot. I]
178 ÉTUDE SL'K LE LANCELO r EN PROSE
râbles1, dont le caractère commun est d\Hrc consacrées aux exploits de Gauvain. Ces interpolations, qu'on peut, par convention, appeler le Pseudo-Wauchier, paraissent bien avoir été connues de notre Lanvelol :
En laveur de cette opinion on peut faire valoir un rapprochement. La « coutume » de 1' « hôtel » d'Arthur était que le roi ne s'asseyait pas à table pour manger aux jours de fête tant qu'une « aventure » n'avait été annoncée. A la fête de l'Ascension qui suit la mort de Galehaut, après l'arrivée à la cour de Lionel apportant la triste nouvelle, « lors vint Keux, Il scnescaus, un « baston en sa main et tous des fu blés et dist au ro\ que tout est « près limangiers, quar pour aventure ne remandra il mie. Lors « s'est assis le roy au mangier, ne mie pour talent qu'il en ait, « mais pour sa cort esleecier 2. » Arthur a eu tort de laisser Keu enfreindre la coutume, car après le repas arrive Méléaguant qui réclame la reine. Dans la Quête 3, au contraire, c'est
1. Elles ont passé longtemps inaperçues. G. Paris (dans YHistoire littéraire de la France, t. XXX, p. 27, et dans sa Littérature française au Moyen âcje, § 59) et Schorbach (dans l'introduction de son édition du Parzifal de Wisse et Colin, p. xxvn) remarqueront les premiers, que les vers 10G02 à 2 1 9 i G ;Potvin, t. III, p. 48 à 368 et t. IV, p. 1 à 59) constituent un immense hors-d'œuvre qui ne saurait être de Wauchier. Cette opinion, acceptée par Heinzel (loc. cit., p. 25), n'est pas encore admise par J. L. Weston {Sir Lancelot, I, 30, note 4) etW. Foerster [W or ter bue h, p. 185).
Cette interpolation elle-même a été profondémentremaniée et se présente sous deux formes très différentes l'une de l'autre. Voy. Hugo Waitz, Die Fortsezturujrn von Chrestiens Perceval le Gallois nach den Parher Handschriften (Strasbourg, 1890); — Heinzel (loc. cit., p. 35 et 36) ; — G. Paris (dans la Romania, XXVIH, 1899, 214, 231, note 1).
Selon Heinzel (p. 52-53) il faut admettre, contrairement à l'opinion de G. Paris, que Wauchier a connu Pseudo-Wauchier dont l'œuvre serait donc une première continuation du Conte du graal deChrétien deTroyes. Le fait que le Perceval dit de Robert de Boron utilise à la fois Chrétien et Wauchier (voy. page 134, note 1), mais ignore Pseudo-Wauchier, me paraît donner pleine raison à G. Paris. Les passages de Wauchier où il est fait allusion à des aventures racontées par Pseudo-Wauchier constitueraient donc des interpolations. Si l'on remarque que les vers 30714 à 33754 Potvin, t. V, p. 8-109) sont consacrés à Gauvain, tout comme les vers 10602 à 21916, ilest difficile de ne pas les attribuer à Pseudo-Wauchier, d'autant que le style et l'esprit sont ici et là identiques. Je ne considère comme vraiment attribuablesà Wauchier que les vers 21917 à 30713 (Potvin, t. IV, p. 59-341 et t. V, p. 1-8) et 33755 à 34934 (t. V, p. 109-150; . On reviendra sur ce problème dans V Appendice IL