‹ Étude sur le Lancelot en proseChapitre 240 sur 326 · VI, 192, 1. 3. Cf. plus haut, p · texte numérisé non relu

VI, 192, 1. 3. Cf. plus haut, p

3. « Après iceste estoire [le Perlesvaux) commence li si contes conni.- « Brians des Illes guerpi le roi Artus por Lancelot qu'il n'amoit mie et « conme il aseiira le roi Claudas, qui le roi Ban de Benoïc toli sa terre. Si « parole cis contes conment il le conquist et par quel manière et si com « Galobrus de la Vermeille Lande vint a la cort le roi Artus por aidier Lan- « celot, quar il esloit de son lignage. Cist contes est moût Ions et moût « aventureus et poisanz ; mes li livres s'en tera ore atant trusqu'a une autre « foiz » (Potvin, I, 348). Voy. aussi Heinzel, p. 177; Nitze, p. 16-17.

4. Cependant il serait injuste de ne pas signaler quelques belles scènes dans le Perlesvaux : par exemple celle où Lancelot refuse de « guerpir » la reine (p. 128-130). L'auteur avait certainement sous les yeux la Quête (VI, 45- .'il, 88-92, 95-100), mais il a hardiment et très heureusement retourné la situation : au lieu d'obéir pieusement aux objurgations de Termite, Lancelot défend sa dame et son amour ; menacé de ne pas voir le graal, il s'en remet à la volonté de Dieu. Le soir, chez le roi Pêcheur, le graal n'apparaît pas. Le lendemain, Lancelot s'éloigne, nullement repenti : il prie le Seigneur de lui permettre de voir la reine, « car c'est ses greignors desirriers » (p. 132). Ce vœu impie ne sera pas exaucé; au retour de ses aventures, il apprendra la tin subite de Guenièvre (p. 247). Une autre belle page nous le montrera priant sur son tombeau (p. 262).

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tii de Gauvain, Son oeuvre eal en partie une | \ 03 l'anelvae de *«. Paria dans I Histoire littéraire de ta 1 t. XXX,

.1 L'édition de W. Koe rater, Lei merveillet 1908, ki i-5 10 pages G sellschaft fur romanische Literatur,l. XIX .

Sur cette composition, d une prolixité el «I un ennui effroj (i. Paris dans la Homania, 1. XXIV, 1894, p.

Grundriss der roman, Philologie, 1. II, p. 1009. bille eal 1314

(1. Paris . à 1331 e\ anlérieui 1 li. Grœtx

;*. On trouvera une analyse du Palamède dans Lœseth, Le roman en pi de Tri3tant p, 1 el au bas de 1 s BibliotJn

Hautes Etudes, fasc. B2 . Cf. G. Paris, Merlin, I, xxvih-xxxii, el Homania, XVI, 585. Les ?ues de 0, Sommer, Zur Kritik der altfranz. Art us romane in Prosa-Roberl und Helie de Borron Zeilschrift fur roman, l'hilolot/ic, t. \\\ll, 1908, p. 323 son! résumées el critiquées par M Roques (dans la itomania, t. XXXVIII, L909, p. k>3-465 . Cette composition sérail antérieure à 1275 selon Rajna dans [&Romania1 1888, 183, cote 5 mémo à 1240 selon Ward Catalogue of romances, I, 366 el O. Sommer (toc, ci/., 337). Grœber 11, 1008 L'abaisse à la fin du xnr siècle.

1. La » lon/.a... di pel macula to -, qui effraye le poète 'luis la n aelva oscura », au débul de L'œuvre, rappelle de p 1 ôs la « bête cl.- - jue rencontre le solitaire de 717 dans le Val dos mors » de YEstoire Sommer, I, 8-9).

;>. Cf, p. "277, note -2.

6. Sur lo problème de La date et de L'origine de 1 Amadis, voy. Grâce Sara W illiams, The Amadis question, dissert, de la Faculté de philosophie de Columbia University, New-York, 1907-10, 108 pages Extr. de la Revue Hispanique, t. XXI).

7. Le caractère moralisant de V Amadis a été déjà signalé à plus dune reprise. Ainsi par E, Baret, Études sur la rédaction espagnole de i Amadis

(( perle des romans ». Dès son apparition en France YAmadis éclipsa le vieil ancêtre, compliqué et trouble, puis le précipita clans les oubliettes de la littérature ' . Encore eût-il mieux valu

de Gaule 1853 , p. 128-13G, 141-142. Voy. aussi Gustave Reynier, Le Roman sentimental avant VAstrée (1908), [>. 7, 157, 200-203, 233. Sur son influence, voy. Edouard Bourciez, Les mœurs [><>lins et la littérature de cour sous Henri // (188(>) : le chapitre m (p. 60-100;.

1. Le premier volume de la traduction d*Herberay des Essarts est de 1540. Cf. Gustave Reynier, Le Roman sentimental avant VAstrée, p. 157.

On cesse aussitôt d'imprimer le Lancelot dont les éditions s'étaient succédé, de 1488 à 1533, à intervalles rapprochés (voy. plus haut, p. 1, note 1). Le souvenir n'en disparaît pas tout de suite. Antoine du Verdier le cite, ainsi que le Singraal (sic), dans sa Bibliothèque (Lyon, 1585, fol. 1127 et 1128; cf. éd. in-4°, III, 456). Il s'en réimprime même ;i Lyon chez Ben. Rigaud, en 1591, une dernière édition, mais ce n'est qu'un abrégé en 166 pages, petit in-8°. Notons aussi en Italie une édition imprimée à Venise en 1558-59, en 3 vol. in-80, l'Illustre e famosa isloria di Lancilotlo dal Lago.

Au xvne siècle, la renomm e du Lancelot subit une éclipse. Le P. Labbe en parle avec le dernier mépris et se refuse à l'admettre dans sa Nova Rihliutheca manuscriptorum librorum (1652) : « poteram et plura addere ac « praecipue fabulosis referta narrationibus figmentisque poeticis : les « Romans de Lancelot, de Perceforest, de Guiron le Courtois, du Bon « chevalier Tristan, de Bouchechardier, de Guy et Beuves de Hanlone, de « Cleriadus et de Meliandre, du Pauvre Duraz dit Guérin, d'Artus, de la « reine Genevre, de Mélusine, etc. Verum hiec otiosorum hominum [t-oyxo- « Xr)XEÎa, etc. (sic) bibliothecarum meras quisquilias, iis qui nugamentis « hujusmodi delectantur everrendas permitto » (p. 344, n° mdxxiii du Supplément 8).

Huet cite le Lancelot dans sa Lettre à Monsieur de Segrais : De V origine des romains (2e éd., 1678, p. 158), mais, visiblement, il ne l'a pas lu.

Notre roman cependant avait obtenu les suffrages de l'historien et juriste Chantereau-Lelèvre et de l'héraldiste Wlson de la Colombiere, mais, semble-t-il, pour des motits étrangers à la littérature (voy. plus haut, p. 155, note 9).

Au contraire, Chapelain, la célèbre victime de Boileau, a fort goûté le Lancelot. Il défend son mérite contre Ménage qui lui reproche d'avoir « formé le comte de Dunois [dans la Pucelle\ sur le modèle de Lancelot. Le type de Galehaut avait frappé Chapelain: « Achille n'aima pas tant Patrocle « ni Tliésée Pyrithous et il n'y a rien d'approchant dans le Toxaris quoi- « qu'il ait été composé pour l'idée de l'amitié parfaite et que depuis une « si longue suite d'années les Sçavans ne se soient rien imaginé de plus « accompli » (Continuation des Mémoires de littérature et d'histoire publiés par le P. Desmolets, t. VI, part. 1, 1738, p. 334). Voy. aussi le début de l'entretien De la lecture des vieux romans (avec Ménage et Sarrazin), publié en 1870, pour la première fois, par Alph. Feillet (broch. in-8°, 52 pages), qui l'avait trouvé dans les papiers de Conrart à la Bibliothèque de l'Arsenal. — Sur Chapelain et ses goûts littéraires, voy. la thèse de Georges Collas (Paris, 1911), particulièrement les pages 187 à 192.

La Bibliothèque universelle des romans publia dans son premier volume d'octobre 1775 (p. 62-117) une assez bonne analyse du Lancelot et de la

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1 .m 717. I d être surnaturel, qui est Chris! en personne lui I un petit livre, si petil qu'il tenait dans le creux de la m Livre qu'il faut lire par langue de cœur non de bouche car il émane du Sauveur lui-même. Après avoir été soumis à divei épreuves, le solitaire, sur un ordre venu dT.n-h.iut. comment transcrire le a livret quinze jours après Pâques 3-12 .

A. En (h-ient.

'1 Au temps OÙ le Sauveur souffrit la mort pour notre salut, vivait à Jérusalem un chevalier du nom de Joseph d'Arimathie, qui partageait secrètement la toi nouvelle. Après qu'il eut vu Jésus en croix, Joseph, voulant conserver un objet avant appartenu au Rédempteur se lit remettre 1' a ecuelle » dans laquelle le fils de Dieu avait mangé l'agneau le jour de Pâques avec ses disciples. Puis il obtient de Pilate, dont il avait été « soudoyer pendant sept ans, pour prix de ses services, le corps de Jésus. Il détache le corps et, avant de le porter au sépulcre, recueille dans Técuelleles gouttes de sang qui en sortaient. Fureur des Juifs qui jettent Joseph dans une « chartre » del'« évêque "juif Caïphus. Apparition à Joseph de Christ ressuscité : il ne dissimule pas à Joseph qu'il restera longtemps en prison, mais le réconforte en lui tendant Pécuelle. Joseph est oublié de tous, sauf de sa femme Eliap,

et de son fils Josephé, âgé d'un an et demi lorsque son père fut emprisonné ; celui-ci est baptisé par saint Jacques le Mineur (12-15). [2 Vespasien, fils <1^ l'empereur Titus, est atteint de la lèpre. Un voyageur venu de Capharnaûm, apprend à son père qu'il a été jadis sauvé du même mal par un prophète. Vespasien est guéri par la « touaille » dont Jésus s'était essuyé le visage alors qu'il marchait au supplice. Il décide de venger la mort du prophète et part pour la Judée. Il fait retirer Joseph de la chartre où celui-ci s'imagine n'être resté que trois jours alors qu'il y est demeuré quarante-trois ans. Une voix céleste ordonne à Joseph de partir pour prêcher la foi en terres étrangères ; il emmènera sa famille, et son (ils Josephé devra conserver sa virginité. Avant de quitter Jérusalem Joseph d'Arimathie reçoit le baptême des mains de saint Philippe, évêque de cette cité. Vespasien reçoit le baptême, mais secrètement, si bien que l'empereur ne l'apprendra que lorsqu'ils feront de concert le siège de Jérusalem, et alors Titus chassera son fds (15-20). [3] Joseph passe le désert avec ses 6o compagnons. Construction d'une huche ou arche pour porter la sainte écuelle. Arrivée à Sarras, cité dont les Sarrasins tirent leur nom. Le roi du pays est Evalac « le méconnu». Joseph lui expose la vie de Jésus et les principes de la foi chrétienne. Evalac incrédule fait appeler ses clercs (20-27). [4] Songe merveilleux du roi de Sarras (27-29). [5] La même nuit prière de Joseph d'Arimathie. Le lendemain manifestation du Saint Esprit alors que les chrétiens se trouvent devant l'arche au « palais spirituel ». Josephé pénètre dans 1' « arche », qui est miraculeusement extensible, et y contemple des mystères ineffables. Christ en personne le sacre évêque (27-36). Symbolisme des vêtements sacerdotaux et devoirs de lévêque. Le mystère de l'Eucharistie est dévoilé à Josephé (36-41). [6]i Joseph est convoqué par Evalac pour disputer contre les clercs païens (cf. § 3 fin). Son fils Josephé confond les faux sages et prophétise que l'Egyptien Tolomer, roi de Babylone, mettra le roi méconnu (Evalac) à deux doigts de sa perte; puis il renverse les statues des démons Mars et Apollon (41-46). Origine et histoire d'Evalac : il est fils d'un « refaitiere » de Meaux qui a passé en Orient où il a fait sa fortune (47-48). Invasion de Tholomer, défaite et

1. Le ms. 10292, suivi par O. Sommer, omet ici de marquer une division Qui est indispensable. Nous l'indiquons comme § 6

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Josephé et ses comps arrivent ï Orcan ezorci enf lei

démons <•( baptisent la population I in ta lomb

morte avant devoir pu quitter le peyi Josephé, déçu par le diable, cesse un instant d.- baptiser pour courir i le:

il e^t frappé d une lanee ■ ■ la ouisse par un ange. Il trente trois évéques, Découverte des tombeaux de Salli d'Hermoinc of. > s. Ti 78 Mordrain e1 N fx nètrenf d

l'arche sainte. Nascien reconnaît dans l'écuelle le saint dont une voix mystérieuse lui avait jadi -qu'il n'était

qu'écuyer, l'ail espérer La contemplation future: soulevant patène, il regarde à l'intérieur de 1 « ecuelle . mais il perd la vue et se refuse à raconter les mystères supra-sensibles qud b entrevus 78-80 . Un ange survient, retire de la cuisse de Josephé le Per de lanoe qui y était demeuré et rend la vue a Nascien, Il annonce que la .lance cessera de saigner jusqu'à ce que c meneent les aventures de Bretagne entreprises par lr«> bons chevaliers. Un soûl mortel après Nascien contemplera les d veilles du graal et il sera orne de toutes les perfections !. Un seul sera frappé de la même lanee que Josephé8 et ce sera un roi île son lignage, et il ne pourra guérir jusqu'à ce que les merveilles du graal soient découvertes au pur des purs, qui sera en même temps le dernier descendant de Nascien 80-84). Interprétation par Josephé d'un songe de Mordrain : le roi brûle 1' « image» de femme qu'il mettait chaque nuit dans son lit (81-83). 10 Nouveau songe qui laisse le roi Mordrain troublé ; Josephé vient de quitter Sarras avec son père et personne ne peut lui en don-

t. Galaad. Voy. La Queste du saint graal i 15 ter et [obis.

2. Pellehan ou Pellinor. Voir plafl loin§ 38 et Qucte^JO et 15 bis.

296 ÊTUDH SIR LE LAMCELOT EH PROSE

ner L'interprétation. Le Saint-Esprit enlève Mordrain et l'emporte à une distance de dix-sept jours de marche (8i-88). [ll]Nascien, soupçonné d'être la cause de la disparition inexplicable de Mordrain, est jeté en prison par les barons, à l'instigation du païen Calafer (87-88). 12 Mordrain est transporté sur une roche élevée située dans l'Océan à l'endroit où la mer de Babylone (la Méditerranée) se joint à la mer d'Irlande. Cette île avait été le repaire du brigand Forcaire que le grand Pompée assiégea et mit à mort. Indigne conduite de Pompée qui logea ses chevaux dans le temple de Jérusalem ; il céda aux représentations du prudhomme qui fut père de monseigneur saint Siméon (88-92). 113] Un bel homme aborde à l'île désolée : il vante son pouvoir et déclare s'appeler « Tout en tout » ; accoste ensuite une nef d'où descend une belle dame. Ces deux démons tentent de détruire la foi en Mordrain. Tempête ; après quoi arrive un « prudhomme » qui met le néophyte en garde contre les surprises du Tentateur. Aussi, quand la femme démoniaque reparaît, Mordrain repousse ses cadeaux. La foudre fend la roche (93-103). Arrivée d'un oiseau noir aux yeux rouges. Retour du prudhomme et de la femme qui, pendant sept jours, se disputent Mordrain. Une chaleur intolérable brûle la roche. Nouvelle nef: elle est censée porterie corps de Nascien. Désespoir de Mordrain ; il va blasphémer Dieu quand le prudhomme le réconforte et le met en garde contre un nouveau piège du diable (103-106). Mordrain voit venir à lui un homme marchant sur la mer : c'est l'esprit de l'ermite Salluste (cf. § 8 et 9). Il donne à Mordrain l'interprétation de son songe : les neuf fleuves signifient la descendance de son neveu ; le neuvième surpasse les autres : Jésus-Christ se baignera nu en lui parce qu'il lui découvrira les secrets cachés à tous les mortels, et c'est celui dont l'ange a parlé (§ 9), celui devant lequel les merveilles du graal seront découvertes (106-107). [141 Nascien emprisonné (cf. § il) est délivré d'une manière surnaturelle. Son jeune fils, Célidoine, que Calafer fait jeter du haut d'une tour, est soutenu miraculeusement par neuf mains. La vengeance céleste s'abat sur Calafer. La reine Sarracinthe envoie cinq messagers à la recherche de Nascien (107-111). [15] Triste destinée de la duchesse Flegetine après l'emprisonnement de son mari, Nascien ; rêve où son mari lui apparaît. Elle s'enfuit secrètement dans le royaume de Méotide (111-114). [16] Nascien est emporté

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