Hucher, III
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I m ■ i . . El si I .abel songe h donnei I lidoine sa fille il : bien que ce l i< i i ioil auprès de lui e I d ail pas diapa ru centaines de Perses dans une défait navale,
II eal même indispensable que la défaite des Pi
rieure a Leur débarquemenl dans l'île. La destinée misérable de ers païens esl prévue par Célidoine et elle est le châtiment de leur cruauté envers I enfant qu'ils lancent en pleine mer Bur une barque en compagnie dune bête féroce G ni maleoite, p .. verse et anemi de Dieu Ihesu Crist, me cuidiéz vous i <> morir en tel manière? Jou en escaperai, se il plaisl à Celui en ». qui je croi, qui est mon Sau verres. Mais vous y perirés si tosl « comme vous y enterrés, che sachiés vous bien. Kt si poés b stre asseur que jamais ne retourm i roialme de Pi
« dont li rois Label nous £eta : la mer où vous m'avez nus voua ». destruira et si serés noie et péri, et enterrés es paines d'infer « et en la ténébreuse maison où toute doleur el toute mes « habite. En chele maison n'enterra pas li rois Labiaua-, quar il
« s en est ja OStés, ains enterra en la souveraine maison et en u la joieuse que on apele Paradis '. »
La logique du récit exigerait Jonc que le nef remplie des
1. Lems. 2455 de la Bibl. Nat. passe sous silence la participation embarrassante de Label au combat naval.
2. Le ms. du Mans porto Fanouyel, le ms. 2455 de la Bibl, Nat.. Sabuel (Hucher, II. 498
3. Gela esl même rapporté expressément par Célidoine dans le récit de ses aventures qu'il fait ;i son père Naseien : ...en une ille de la mer où li rois Label arriva par le tormente de la mer qui chele part les eneaeha (I, 160; Hucher, II, 53S .
i. Sommer, I, 159; Hucher. II. 5
382 i m i.r m R 1.1 i.\\< i LOI I <r.
cadavres rencontrés sur la ente <l Egypte par les messagers de Sarracinthe représente L'accomplissement de la menaçante prophétie de Célidoine.
L'histoire racontée par La fille de Label, de quelque façon
qu'on la retourne, est donc inadmissible ef les atténuations du ms. du Mans sont un palliatif insuffisant.
Il faut croire qu'en plaçant dans La bouche de la fille de Label un récit de la mort de son père en contradiction absolue avec ce qui vient d'être rapporté à ce sujet, l'auteur avait un dessein, mais ce dessein il n'est pas aisé de le pénétrer.
On saisit bien que, voulant faire épouser par la suite la iille du roi de Perse à Célidoine, il s'est efforcé d'amener la jeune fille auprès de celui-ci et de Nascien, de façon qu'elle parvienne avec eux en Grande-Bretagne et soit la souche d une lignée de rois et de héros. Gomme les messagers envoyés par Sarracinthe à la recherche de Nascien doivent retrouver celui-ci, le plus simple est que la fille du roi de Perse soit amenée à partager le sort de ces messagers. Montée sur la nef, allégée des cadavres, elle atteint avec ses compagnons l'île d'Hippocrate, reçoit les premiers enseignements de la foi chrétienne, rejoint Nascien et, enfin, se rend à Sarras où elle reçoit le baptême : la reine, épouse de Mordrain (Sarracinthe), qui est sa marraine, lui donne son nom '.
Il eût été très simple, semble-t-il, de remplacer la guerre navale où périssent les Perses par une tempête où auraient péri les païens endurcis, bourreaux de Célidoine. Seulement il eût fallu que la fille de Label connût, dans cette hypothèse, la conversion et la mort de son père, ce qui eût rendu difficilement admissible les discussions avec les démons qui l'amènent, par la suite, à comprendre et à embrasser la foi chrétienne : si Label avait eu sa fille près de lui dans l'île sauvage, comment n'aurait-il pas eu soin de la convertir? On peut croire que l'auteur a préféré sauver le côté moralisant et édifiant fût-ce au prix d'une grossière contradiction 2.