‹ Étude sur le Lancelot en proseChapitre 305 sur 326 · Sommer, IV · texte numérisé non relu

Sommer, IV

2. C'est uniquement au point de vue chronologique naturellement, que Bohort est le premier, Galaad n'apparaît que vers le milieu et Perceval seulement à la fin de l'Ayrauain.

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Le dénouemenl de la Charrette en pi : !<• même que celui

de La Charrette en vers, sauf en ce qui 1 quelques lon-

gueurs, supprimées par notre auteur el de a modifications,

de détail. Vinsi le tournoi de Pomeglaj esl 01 non pas

par les demoiselles désireuses de trouver des mai les <l elles,

comme dans Chrétien, mais par La reine elle même sui l<- conseil dr La Dame du Lac. Lanoelof s'échappe de La m< (grâce .1 La femme du sénéchal, son geôlier dans Les deux pour assister à ce tournoi, raconté beaucoup plus brièvement dans Le roman que <lans Le poème doni il forme un des morceaux Les plus brillants2. Pareillement les plaintes de Lancelot, enfermé après son escapade dans une tour sans fen plaintes aux-

quelles Godefrov de Lagnv consacre tout un mono sont

ramassées ici en quelques lignes ; mais on 3 ti aulieud'une

variation médiocre sur Le thème des injustices de La Portum souvenir ému de L'amie absoute (jui manque chez le successeur de Chrétien île Troves :

l. Malgré le rôle mondain que L'auteur fait jouer à ce héros dans les

Suites de la Charrette, il reste néanmoins sinon vierge, tout an moins chaste, et se relève complètement dans la Quête du Graal.

"2, 1. émotion el l'admiration des pucelles à la vue des exploits du chevalier inconnu que chacune désire pour mari, l'ironie de Guenièvre à leur égard, si joliment exprimée par le poète, manquent entièrement dans le récit en prose qui élague et abrège, non sans quelque séch<

3. Éd. W. Foerster, p, 229-231. La continuation du poème de Chré par tiodet'roN prend au vers 6153 (p, 218; c( . p, wi .

i04 ÉTUDE srn u: LANdELÔI i-:n PROSE

« Et vous, fait-il, madame La royne, dont tout li bien me « s(Mit venu. Certes il ne m'en poise mie tant pour moi se je « muir yci, mais pour vous : quar jou sai bien que vous en ave- <( rez assez doel et corous dès que vous savrés ma mort1. »

Dans les deux Charrettes, c'est la sœur de Méléaguant le traître qui délivre notre béros, au risque de sa propre vie dans notre roman. Enfin le troisième combat des deux rivaux, combat décisif, à la cour d'Arthur, est représenté un peu différemment chez les deux auteurs. Dans le Conte de la Charrette le succès se dessine vite en faveur de Lancelot qui coupe d'abord le bras droit à son ennemi, trop « forcené » pour demander merci, puis, sans l'ombre d'une hésitation, fait voler sa tête. Au contraire, dans la Charrette en prose Lancelot, après une lutte longue et indécise, a le dessus; alors, magnanime comme toujours, il permet à Méléaguant de reprendre ses armes. Ils recommencent la bataille et, vainqueur une seconde fois, Lancelot, sur un signe de la reine, achève Méléaguant, en lui coupant la tête. Les regrets quelque peu surprenants du roi Arthur sur le sort bien mérité du traître lui sont inspirés par son affection et son estime pour le roi Baudemagu dont le souvenir plane sur l'assemblée et viendra hanter Lancelot lui-même dans les Suites de la Charrette ?.

Lancelot triomphant, après avoir accompli sa plus belle aventure, celle de la délivrance de la reine Guenièvre du pays dont « nul ne revient », est proclamé par Keu « la fleur de la chevalerie terrienne ». Tout le monde l'acclame : la reine se jette à

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