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Tant solemenl deu
l.i chevaliers que il ni monte .
-V Vers fc477-4507, éd. W. Foerster, p. 159.
ï\'2 ÉTUDE BUB LE LANCELOT EN PROSE
Chrétien, Jonckbloet, a \ a rien compris ' : il s'est imaginé que Guenièvre en voulait 8 Lancelot d'avoir forfait à L'honneur chevaleresque en moulant sur la charrette, tandis qu'en réalité elle lui en veut de ne pas y avoir mis plus «l'empressement. Gaston Paris a vu tout de suite Teneur et a remis les choses au point: il a même essayé de défendre l'attitude de la reine en prétendant que nous sommes en présence de la transgression d'une des règles du code d'amour dont Lancelot se serait rendu coupable. Pourtant il avait dit plus haut en parlant de la dame de Lancelot qu'elle se montre avec lui capricieuse, souvent injuste et dédaigneuse '. Oui, c'est bel et bien un caprice de sa part, et un caprice d'autant plus déplacé qu'il vient tout de suite après la rude épreuve vaillamment supportée parle héros.
Dans le Lancelot en prose l'auteur prête de tout autres, de bien plus sérieux motifs de mécontentement à son héroïne. Comme chez Chrétien, encouragé par l'accueil gracieux qui lui est fait, il interroge la reine timidement sur la raison de son courroux :
Quant L. et la royne furent remés ensamble, lors le met la royne en paroles et li demande s'il est auques bleciés. Et il respont qu'il n'aura mal, s'il plest a Dieu. Et puis li requiert L. qu'ele li die pourcoi elle ne volt l'autre jor parler a lui. Et elle li dist : « dont ne vous en alastes vous de la grant cort de Londres sans mon congiét? » Et il li dist que chi ot grant forfait. « Encore y a, fait elle, gregner. » Lors li demande son anel. Et il dist : « Dame, veés le chi » : si li monstre celui de son doit. « Menti m'avés, fait elle, ce n'est il mie ». — Et il jure quamque il puet que si est et il quide vérité dire. Et elle li monstre celui qu'ele avoit en son doit tant que il connoist bien que ce est il. Si ot grant doel de che que il ot porté autrui aniel, et il le sache de son doit et puis le giete parmi une fenestre comme il puet loing. Après li conte la royne comment la damoiselle li avoit aporté le sien anel et la mervelle que elle avoit dite, tant que il s'en connoist que Morgue la desloiaus Ta deceù 3.
1. Le Roman de la Charrette, publié par W. J. A. Jonckbloet, La Haye, 1850, Préface, p. xxxix.