‹ Étude sur le Lancelot en proseChapitre 317 sur 326 · I .«• moment d< i lu < li Bal I anc< l< il i mi · texte numérisé non relu

I .«• moment d< i lu < li Bal I anc< l< il i mi

;m pied d'une oroix, prèi d*u ml iqui i hapelli

le Sainl ( îi aal appai el puéril un i he vali< i malade, qui pi

.i haute vois I lieu de lui i rd<

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napelle où, la \ eille, il a^ ail apei -, u un i bandelii i :i\ ee d< l lumi . maia une vob entend) •

heur enduroi : I anoelot, plus dure que piere, plu que

.. fus! et plus despris que fi gui» mmenl fus tu tant hardii

« que tu en lieu ou li sainl graaus repairasl o Pour

la première fois dans notre roman Lancelot, interpell une ^1 violente indignation, senl se réveille] en lui chrétienne : il Bail qu'il esl maudit el en devii e la raison qu'on ne lui découvre pas encore. Pour la première fois il bal coulpo :

.. Or, voi je bien que ma chaitivetés m'a confondue plus que u autre chose. Car quant je me deûsse amender lors me destruil u li anemis qui m'a tolu la veue, si que je ne puis veoir cb u qui de par Dieu soit... Cardes lors que je fui primes chevalier >< ne lu il onques eure que je ne fuisse couvert de ténèbres et de « peebié mortel : car par tôt ai habité en luxure el en la vilté de

iest monde, plus que nus autre '. »

C'est dans cet état de dépression que Lancelot arrive chei le premier ermite, lui demandant aide et conseil. Quand 1<" vieil- Lard apprend le nom illustre de sou hôte, il ne peut cacher surprise de le voir, lui, si beau et si vaillant, dont on ne trouve le pareil nulle part, « mener si grand deuil ». Il 1 exhorte aloi ne pas suivre l'exemple du mauvais serviteur des Écritures, qui avait enfoui son talent et le presse de lui faire sa confession maintenant il crie merci à Dieu, non seulement il sera pardonne mais se relèvera plus fort et plus vigoureux qu'il ne fut jamais avant. Mais l'amant, délicat jusqu'au scrupule, qui n'avait

i. VI, 44-45,

encore révélé ;> personne « l'cstre de lui et de la roïne », hésite, en proie à un trouble Légitime : se confesser, avouer l'intime secret de son cœur, n'est-ce pas déjà trahir, renier ce passé, dont il a recueilli tant de gloire? Une lutte intérieure des plus dures s'engage en lui. Il « jette un profond soupir et ne peut dire mot de sa bouche ». Enfin, mû par une volonté supérieure à la sienne, Lancelot se décide à cet aveu ; mais, par un retour suprême, il essaye encore de sauver — dernière épave au milieu du naufrage de sa vie — l'honneur de celle qui fut tout pour lui:

« Sire, dist Lancelot, il est ensi que je suis mort par le pecié « dune dame que j'ai amé toute ma vie : ce est la roïne Gue- « nievre, la famé monseignor le roi Artu. C'est celé qui à plenté « m'a doné l'or et l'argent et les riches dons que j'ai aucunes « fois donnés as povres chevaliers. C'est celé qui m'a mis el « grant buban et a la grant hautece où je sui, c'est celé par qui « amor je ai fait tante proece dont tous li mondes parole. C'est « celé qui m'a mis de poverté en richece et [de] mesaises a toutes « boines eùretés terrienes. Mais je sai bien que par le pechié de « lui s'est Nostre Sires corechiés à moi *. »

Dans ce plaidoyer douloureux de l'amant, plaidoyer qui reprend sous une forme mal assurée, la thèse soutenue avec tant de conviction auparavant, éclate en plein la contradiction flagrante sur laquelle est fondée toute l'œuvre du Lancelol- GraaL Les deux conceptions : celle de Yamour-veiHu, et celle de Y amour-péché , se trouvent tout à coup mises en présence, et se heurtent de front dans les paroles mêmes du héros. Passant par-dessus sa tête, le débat s'élargit, prend une portée plus générale excédant le cadre même de notre roman.

Comment concilier l'irréconciliable ? Ce problème a vivement préoccupé et passionné les imaginations du Moyen âge. Les poètes italiens du duoeento, héritiers directs des troubabours, ont essayé de le résoudre : en épurant l'amour profane, ils l'ont transfiguré, et un Dante en a fait le portique de l'amour divin. Un esprit différent, plus rigoureusement ascétique et plus réaliste aussi, souffle dans les romans en prose du Graal. Leur solution du problème est autre ; développée dans la seconde partie de la

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