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iller, réoonoilié a> ec aon ndi
lion expresse <!<• ne plus retomber dans le mal
(Jne lois la consoienoe du pécheur éveillée, le n mo le
quittera plus , 1 accomplira peu a p ur.
Ce travail es1 déjà si avancé que lorsque Lancelol renconl dans la forêt voisine un i valet » inconnu, il se lai mot
répondre injurier par Lui et ne relève même olea
odieuses, si blessantes pour lui et pour sa dame! ... ele G « nièvre vous a si atorné que voua en avéa perdu la joie d -. et la compaignie des angeles et tote bonor ten « venus a totes hontes recevoir] ■■ El le b< uisi
par le premier venu, s'en va « plorani et démentant et priant « Nostre Signor qu'il le ramaint a tel voie qui profitable I « l'aine ' »,
Maintenant Lancelol paraît mûr pour la grande pénitence : il peut boire jusqu'à la lie la coupe, s'abreuver de s..n amertume, entendre, tête basse, jusqu'au bout, le terrible réquisitoire <lr contre lui, et surtout contre son idole, parle second ermite que
la Providence lui envoie. Le langage de ce dernier est autrement plus dur. infiniment plus âpre, que celui du premier. Il n'épargne pas le malheureux sombré dans L'abîme, et appelle crûment les choses par leur nom. Et pourtant, lui aussi, commence par rendre hommage aux vertus qui fleurissaient 1 adolescence du héros et qui l'avaient marqué du sceau de 1 élection. Appelé à de hautes destinées, il a été, hélas, perdu par la
Ï2» ÉTUDE SUR LE LAïfCELOT EN PROSE
« luxure ». Ici, le prudhomme retrace, en ascète impitoyable, l'histoire, si humainement belle, des relations de Lancelot et de la ivine Guenièvre, en commençant par leur première et fatale rencontre, en remontant jusqu'aux Enfances. Humble, charitable, juste et pur, Lancelot-Galaad { entra dans l'ordre de la chevalerie, qui est une institution divine. Ne sachant comment s'attaquer à un être aussi parfait, le démon le tenta par le piège, presque infaillible, de la femme.
Laissons la parole à Termite lui-môme qui traduit certainement la pensée de l'auteur.
« Car li premiers pères avoit par feme esté decheùs, et Sale- « mons, li plus sages de tous les homes terriens, et Sanses, li « plus fors de tous homes, et Absalon, li fiex David,, qui fu li « plus biax hons del siècle. Et puis fist li anemis que tôt cil ont « esté honi et decheùs... Lors entra [le diable] en la roïne Gue- « nievre... et Tesmut a che qu'ele te regarda volentiers tant que « tu demoras en son ostel le jor que tu fus fais chevaliers. Quant « tu veïs qu'ele te regarda si i pensas, et maintenant te feri li « anemis d'un de ses dars a descouvert si durement qu'il te fist (( cancheler 2. Canceler te fist il si qu'il te fist guenchir hors de « droite voie et entrer en chele où tu n'avoies onques esté — ce « fu en la voie de luxure, ce fu en voie qui gaste cors et ame si « merveilleusement que nus ne le puet très bien savoir qui essaie « ne l'ait. Dès lors te toli li anémies la veue : car, si tost comme « tu eus tes iex escaufer de l'ardor de luxure, maintenant encha- « cas humilité et atraisis orguel... et disoies en ton cuer que tu « ne te devroies riens proisier ne se priseroies jamais se tu « n'avoies la volenté de celé que tu veoies si bêle 3. »
Voilà comment, par l'entremise de la femme, le démon entra dans le jeune « sergent de Jésus-Christ » et en fît à tout jamais son vassal. Le feu de luxure qui brûle dans son cœur a consumé — et souvent transformé en leurs contraires — toutes les
1. N'oublions pas que tel est le nom de baptême de Lancelot (III, 3), nom quilui est révélé pour la première fois par son ancêtre Siméon (IV, 176) et qu'il a perdu par son péché (V, 114).
2. Notons l'image choisie par l'ermite pour le coup de foudre qui fait chanceler le héros : elle est empruntée à la phraséologie courtoise, c'est le « dard de l'Amour », qu'on retrouve à chaque page dans les romans de l'époque.
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les oas, m peu satisfaisante qu'elle noua pu au point de
vue psychologique, L'interprétation de l'ermite irde on ne
peut mieux avec 1;» tendance de plus en plu ituëc de I
teur à transposer toutes lea val< ura moral I e qv lin,
c'est sa fervente sympathie, pour ne pas dire son admi pour oe magnifique type d'humanité que tour i tour, il glorifie ou abaisse. Lancelot reste toujours va le premier dans
l'ordre naturel, tout comme Galaad «si le premier dans l'ordre mystique. Et la déduction s'impose : seul un tel p pu
engendrer un tel fils I
Lancelot, flétri par son péché, ne peut suivre lea lus du
Graal, — il a perdu son droit d'élection — mais il est quand même appelé. Seul parmi Les nombreux quêteurs, compagnons de la Table Ronde ', il arrive, trois fois purifié par la * et revêtu de La haire, jusqu'au seuil du sanctuaire : seul il contemple de loin, comme dans une transe, « les merveilles in primables 2 ».
1. Tous les quêteurs partis en même temps que L. subissent un sort piteux, même le brillant liauvain, traité, comme en se le rappel une
extrême dureté dans la Quête et déjà honni lors de sa vis enic
(IV, 347 . Par centre, L. recueilli dément par le roi Pelles et sa Bile, la mère de Galaad, y recouvre merveilleusement L'esprit, grâce au sainl G Y. MX)).
1. Voici comment la Quête nous raconte cette dernière visite de Lancelot repentant à Corbenie. Une voix lui ordonne de quitter la nef qui l'avait amené [cf. plus haut devant feutrée d'un château, gardée par deux lioi d'avancer ; il y trouvera « une partie de ce qu'il désire tant voir . Il pénètre dans le château et, errant à travers des salles désertes, arrive à une porte fermée, derrière laquelle on entend chanter moult doucement . Sur sa
i2G ÉTUDE Si:R LE LANCELOr EN PROBE
Il est vrai (jue, après sa vision du Graal, Lancelot retourne au mal ; niais cette chute n'est pas définitive, puisqu'il se repent une seconde fois et, dans la Mort </' Ar/hur. ce crépuscule des héros, expie sa faute et meurt en odeur de sainteté. Son péché lui est donc remis, sinon parce qu'il a beaucoup aimé, tout au moins parce qu'il a beaucoup soulîert. I) ailleurs, ne doit-on pas invoquer pour lui l'éternelle excuse de l'homme, sa faiblesse visà-vis de la tentatrice ? La femme, voilà l'ennemie !
Toute la colère, toute la haine de Fauteur de YEsloirc (loi Saint Graal et de la Quête se retournent contre celle qui, de tout temps, s'est montrée l'instrument trop docile de l'Esprit du Mal. 11 y revient avec insistance à maintes reprises. Dans le chapitre sur la nef de Salomon, tiré, comme on le sait, de 1 Esloire, il explique, en ces termes, l'action néfaste de la femme, source de tous nos maux :
«... Quant Eve la pécheresse, qui la première feme estoit, ot « prins conseil a l'anemi mortel, ce fu al diable, qui dès lors com- « mencha a engingnier l'umain lignage. Et tant l'ot enorté de « pechié mortel, ce fu de convoitise, par coi ele fu jetée del <( paradis et le fist quellier del fruit mortel *. »
prière, la porte s'ouvre et il voit, inondé de lumière, un autel d'argent, avec dessus le Graal couvert d'un samit vermeil. Un prêtre entouré d'anges célèbre la messe. Lancelot fait un pas en avant, mais une voix l'avertit de ne pas entrer, car il s'en repentirait. Tristement il obéit et regarde, sans plus s'approcher, se dérouler le service divin. Au moment de l'élévation, Lancelot s'imagine tout a. coup que l'officiant n'aura jamais la force de soulever le calice. Oubliant la défense divine, il s'élance et tombe foudroyé. Pendant 14 ou 24 jours (selon les manuscrits) et autant de nuits, Lancelot reste inanimé (ce nombre symbolise les années qu'ila vécues dans le péché). Revenu enfin à lui, il apprend tout ce qui vient de lui arriver et le nom du château du Graal. Sa quête est terminée, il ne reverra jamais plus le «vaisseau » sacré, il n'en connaîtra pas les mystères réservés à d'autres, plus purs. Et dépouillé de sa haire, malgré ses protestations, par les gens de Corbenic, Lancelot reviendra au pays de Logres, à la cour d'Arthur, où il retrouve l'incurable passion, qui ne le quittera qu'avec la vie de la reine.
1. VI, 151. L'insistance avec laquelle notre auteur, d'accord avec son temps, accable la première femme, Eve, ne l'empêche pas ailleurs de répartir les responsabilités avec plus d'équité. Dans 1 Estoire, où on nous refait toute l'histoire de la chute de nos premiers ancêtres, il est dit notamment que Dieu, après la faute, appela Adam le premier : « et il fu bien raison qu'il « en fust plus occoisoneus que sa feme, car elle estoit de si foeble complec- « tion comme celé qui estoit prinse de la coste al homme ne mie li lions de « li >>*(!, 128). Malgré cela, le poids du péché originel retombe bien plus lourdement sur la femme que sur l'homme.
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de la loi, es! \ ei té pari In m. un qui cueillit el offi il
jouis du paradis t< , le fi uil défendu de I ai bi i de •
Ce thème, foncièrement m étroite avec le motif populaire de l'astuoe féminin» exploité dans les fabliaux el développé d'une façon : dans l'histoire de la nef de Salomon Selon la tradition litl de l'époque, Salomon es( re présent i.-mi «I .mi
de l'antiquité commi dupe et victime de I engin femmes :
El chil Salemons lu si sages qu'il fu garais de boine ■ que lions mortels pooil savoir... el nonpourquanl ne « durer ses grans sens encontre l'engien sa feme qu'ele n< u deçul assés souvenl quant ele i voloil paine mettre I « doil on nue tenir a merveille, car puis que femme veul mettre
s'entente el son cuer en engien nul sens d'orne mortel n- « poroil prendre : si ne commencha p nos, mais a
u premier père ' . »
Gel aveu d'impuissance résignée mel en relief toute la foi redoutable de la femme. Dans une telle appréciation, si malv< lante qu'elle suit à son égard, il n'y a pas de mépris pou: sexe, réputé faible el léger : on ne dédaigne pas un adi de cette taille, on lui fait l'honneur, tout en le maudissant, de
t. VI, IT>7. C'esl surtout la mésaventure tragique d'Hippocrale, longuement racontée dans VEstoire, qui illustre, dans notre roman, La redoutable puissance de ce sexe. Se rappeler encore 1' ■ enserremenl » de Merlin par Niniane [la dame du Lac au début du Lancelot propre. Cependant, il faut remarquer, qu'ici comme ailleurs roir le lai d'Aristote), le -• engigné a que parce qu'il >o laisse trop facilement prendre au piège d< propre concupiscence. La vraie morale de tout - - histoi rait
donc être celle-ci : tous les hommes, même le> plus - ges — ou repu tels — sont faibles devant la ton ta lion.
compter avec lui ! Tel est en effet le sentiment profond du roi Salomon. Au-dessus de sa mâle et inconsolable douleur, plane une angoisse, pour ainsi dire métaphysique. L'une s'exhale en cette plainte :
« J'ai avironé le monde et aie parmi en tel manière comme « sens d'omme mortels le poroit encherquier, ne onques en celé « circuite ne poi trover une boine feme !. » L'autre, fruit d'une longue et solitaire méditation, se résume en cette question troublante : « porquoi feme faisoit si volentiers corous 2 a home? » Et le mari trompé, le sage déçu, en vient à blasphémer contre la compagne que Dieu a donnée à l'homme, disant que « feme n'estoit pas cose espiriteus, mes drois anemis 3 ». A cause d'elle les descendants d'Adam mangent encore leur pain trempé de larmes !
Et voici que tout à coup une réponse imprévue, jaillissant comme un rayon de lumière au milieu des ténèbres, se fait entendre :
« Salemon, Salemon, se de feme vint tristece a home ne t'en « esmerveille, car une feme sera encore, dont il venra a home « grignor joie C. tans que ceste tristece n'est, et celé feme nestra « de ton lignage sans doute 4. »
La voix du Saint-Esprit parle à Salomon dans la nuit noire, et ces paroles n'apportent pas seulement un soulagement à sa peine, mais contiennent aussi une promesse au genre humain, et un espoir de rédemption pour la femme. C'est la première Annonciation.
En attendant que se réalise cette espérance, nous voyons apparaître devant nous, comme frappée en une médaille de bronze, la vivante réincarnation d'Eve la pécheresse, la belle épouse perfide et, quand même, tant aimée du grand roi. Sur elle se concentrent tous les dons que la nature a généreusement répandus sur ses filles. Malgré la répugnance qu'inspire à notre auteur sa perversité, il l'appelle « viseuse » (voyante) et nous montre que, sans sa rare subtilité, cette fois employée pour le bien, jamais la nef de Salomon n'aurait vu le jour.