‹ Étude sur le Lancelot en proseChapitre 322 sur 326 · Voir plus haut, p. 425, not · texte numérisé non relu

Voir plus haut, p. 425, not

3. Il est tout à fait significatif, à notre avis, que la sœur de Percerai

remplace ici Bohort, se substitue en quelque sorte à ce dernier membre de la triade élue. Après la fin édifiante de ses compagnons, Bohort rentre dans le siècle, revient à la cour d'Arthur pour lui apprendre les merveilleuses aventures du graal. Seuls demeurent à Sarras, unis dans la mort, les trois êtres vierges, également purs, diversement parfaits : deux hommes et une femme.

142 ÉTUDE SUE LE I AN Ci: LOT EN PROSE

pervertie par la force corruptrice du mal, par la concupiscence, la pécheresse et la tentatrice, réunies en la seule personne de notre première mère. Les incarnations successives d'Eve dans la Quête sont : d'abord la reine Guenièvre, la tentatrice, symbole vivant de luxure, mais relégué dans l'ombre ; puis, au premier plan, en pleine lumière, la femme de Salomon, cette expression synthétique de la puissance féminine, de la richesse de ses dons naturels, dont les plus brillants sont la subtilité d'esprit et l'imagination, le plus merveilleux, l'intuition quasi divinatrice. Mais à quoi lui servent tous ces dons, tous ces trésors, quand son âme, enfermée dans la prison charnelle, ne peut s'évader, prendre son essor vers le Bien? Esclave et victime du péché dont elle est issue, cette reine, à la fois orgueilleuse et humble, en attachant à l'épée de David les « renges » d'étoupe, emblème de sa faiblesse et de sa honte, exprime hautement son espoir en une rédemption nécessaire. Car non seulement la compagne de l'homme, créée comme lui par le souffle de Dieu et à son image, ne peut rester en dehors de l'œuvre du salut, mais elle doit faire refleurir elle-même la vie flétrie par sa faute : Eve déchue doit renaître. Ainsi la femme de Salomon devient, par l'effet de sa volonté intelligente, par sa foi surtout en un avenir meilleur, le trait d'union entre l'Ancienne et la Nouvelle Loi, entre Eve et Marie.

Celle à qui échoit dans notre roman l'honneur insigne d'effacer — une seconde fois après Marie — la tache ancestrale, la sœur de Perce val, l'amie de Galaad le Rédempteur, c'est la femme à l'état de grâce. Elle est première dans l'ordre mystique, tout comme l'autre est première dans l'ordre naturel. Victorieuse dans la vie par la vertu de sa virginité, elle brise sans effort la gangue où était enfermée l'âme immortelle de la femme, libérant par ce geste toutes les possibilités latentes qui sommeillaient en cette âme. Triomphante dans la mort par la vertu du sacrifice, la palme du martyre à la main, elle ouvre toutes grandes ses ailes et monte, pure entre les pures, jusqu'au séjour des bienheureux qui chantent la gloire de la Reine des cieux :

Ave virgo virginum, ave lumen luminum, ave stella praevia !

ADDITIONS il l i h;iî|( i i« »\s

Ahhl flONS

P, 15, nota epoi lei p 121, noir i

nol i

P, I" 28 il ciii été Intéreaeanl d'ajoutet tu chapitre lacemenl un cei lain nombre <i«' i ipi

i- l .i parenté qui unil I Lancelol Hectoi i . \ , p. Il 7-1 Si nommé dei M très pour la première fois I la Bn du t. IV i «.•st pi de longue main : dam la Chërretie^ Siméon ri

i incelol la péché charnel de ion père le roi Ban d< I i IV,

I». I7fl ; cf. VEitoire, l

Le même Siméon «-n apprenant I Lancelol que Hélèn

rivante ibid. prépare un épiaode de la fin de YAgrëttin t. V, H

>' L'entrée en scène du personnage, peu important lant, de

Galehaudin dans VAgnvëin t. V, 100 i1 ih . semblepi

dès la lin de Gêlthëui t. IV, p. 155 el même dès le début du tom<- l\ p. 39 .

I Peut-être le joli épiaode montrant Lancelol sus pieds d< sollicitant Bon pardon pour avoir quitté La co «le la

reine est-il destinée accentuer sa culpabilité lorsqu'il commet la m<j faute, bien îles années plus tard i. IV, p. B3 . et I mieua eipliquerle courroux de Guenièvre t. IV, p. 209 . Galehaut, Lenl son

ami, reprend les termes mêmes dont s'ei e jadis la reine : en...

«.loi t on un tel inesfait pardonner » t. IV, f. plus bai ! .

;>° Dans la Quête on retrouve les mêmes habiletés. Galaad arri Camaaloth sans épée, alors qu'il a i le matin même dans

une abbaye t. VI, p. » ; c'esl qu'il s la prescience qu'il va retirer en : sence d'Arthur l'épée Bchée dans le perron tlottant : la première ne serait done qu'une gêne t. VI, p. 10-4 I . Et quand il isi de l'épée «le

David, l'épée >< aux étranges reng omme Is premi lie du :

ron, lui devient inutile, et il la laisse prendre par IVrceval VI, t' Remarquer, à ce propos, que la troisième épée merveilL - Ile que Galaad soûl parvient à ressouder à Corbenie, il l'abandonne tort

[VI, 188). Ainsi le> deux compagnons ne sont invincibles que gi aux armes de leur émule, désormais leur maître, Galaad. Notons encore que, à la fin de la Quête, Gauvain manque d'être tué clans un tournoi par Galaad brandissant son épée t. VI, p. 141 . Cette épée était celle du perron. Gauvain avait imprudemment voulu tenter l'aventure et Lancelot l'avait averti, dès le début de la Quête, que i ceste espée vos touchera

encore de si près que vous ne la voldriés avoir baillée por l'onor de i. chastel, le meillor, del roïaume de Logres » (t. VI, p. 7).

P. 1-7 (cf. p. S'J-90, 94). A propos <lo L'épisode de la « fausse Guenièvre », relever que la reine elle-même avoue que cette épreuve est la punition de sa faute : « il m'en escarra par mon pechiét j>our chou que j'ai meserré envers le plus preudomme del monde » (IV, 54).

P. 77. Pour le texte de la Quête del saint Graal, enregistrons l'observation de O. Sommer : « the Vulgate-Quesl lias practically corne down to us in the form in which it was originally cast » (VI, 3, note 1), déclaration à laquelle se rallie Douglas Bruce, dans la Iiotnanic review, IV, 4913, 460, note 92, après avoir fait la même remarque pour la Mort d'Arthur : « I hâve observée! no sign in my manuscript researches or in my study of « the printed sources that the Vulgate Mort Artu, as \\e see it now in « the MSS., is the resuit of growth and accretion through successive « rédactions. »

P. 80, 1. 3. » On y reviendra plus loin... » Voy. p. 253-255.

P. 81, 1. 20-21. « On y reviendra plus loin ». Voy. p. 239.

P. 81-82. Au sujet des rapports de ÏEstoire, avec la Mort d'Arthur, on doit faire observer que ÏEstoire sait (I, 280) qu'un jour Guerrehès sera tué par Bohort (t. VI, p. 281, 1. 7-11). La confusion fréquente entre les noms Guerrehès et Gaheriet explique que dans le ms. Royal 19 C. xn on fasse de Lancelot le meurtrier (cf. éd. Hucher, t. III, p. 270) : Gaheriet périt, en effet, de la main de Lancelot dans la Mort d'Arthur (t. VI, p. 281, 1. 20-31). Ce dernier trait n'est pas dans YEstoire.

La naissance de Mordret, due à l'inceste d'Arthur avec sa sœur [cf. p. 92] qui ajoute à la tragique horreur de la bataille de Salisbury (t. VI, p. 37) est indiquée déjà dans YEstoire (t. I, p. 280-281); cf. YAgravain (t. V, p. 284-285). La légende s'inspire de celle de Charlemagne : voy. la préface de G. Paris à l'édition de la Vie de saint Gilles, de Guillaume de Berneville (p. lxiv-lxx, lxxv-vi) ; Ethel C. Jones, Saint Gilles, p. 38-45 (Thèse de doctorat d'Université, Faculté des Lettres de Paris, 1914).

On peut se demander si le récit de la chasse qui entraîne au loin Galaad Ier et le met en présence de la tombe de Siméon (I, 283-4) n'est pas destiné à préparer l'important épisode de la Charrette où Lancelot rencontre, à son tour, la tombe de Siméon, après avoir levé la lame qui recouvre la tombe voisine de Galaad Ier (I, 275-277). Celui-ci étant roi d'Hocelice, ou pays de Galles, on ne s'explique pas que Lancelot trouve son tombeau dans le pays de Gorre. La chose se comprend mieux, si un incident fortuit a entraîné le roi au loin : c'est la rencontre de la tombe de Siméon et le dessein de bâtir auprès d'elle une abbaye où il sera enseveli qui explique que le roi de Galles ne repose pas en son royaume. L'auteur a bien prévu notre étonnement à ce sujet : à peine Lancelot a-t-il réussi à exhumer le corps de Galaad Ier qu'on nous montre une compagnie de « rendus », avertis par une vision, accourant chercher les restes du vieux souverain pour le reporter en son rovaume, le pavs de Galles (IV, 177).

P. 90. Lancelot n'est pas vassal du roi, pas plus que Galehaut et Hector. On nous dit expressément à la fin du tome III (p. 429) que Arthur « ne les retint pas corn ses chevaliers, ains les retint corn sez compaignons et a seignors de lui ». Le lien qui unit le chevalier domestique à son seigneur, si fort soit-il, est distinct du lien vassalique. Voy. Guilhiermoz, Essai sur V origine de la noblesse en France (Paris, 1902), p. 242, 346-348. Les Libri

Page 1