‹ Étude sur le Lancelot en proseChapitre 63 sur 326 · III · texte numérisé non relu

III

90 ÉTUDE si i: il. LANCELOT IN PROSE

si L'on pensait que 1»' symbolisme mystique soitinconnu au Lan- (■<•/(>/ propre. Comparez, si vous en avez le courage, les songes du roi de Perse Label, <lu duc Ganor, de Galaad el leurs interprétations par des sages dans VEstoire*, les songes de G au vain, d'Hector, de Bobort dans la Quête 2, à ceux d'Arthur 3, de Galehaut 4, de la demoiselle qui tire Lancelot du puits 5, on encore les nuits agitées passées par Gauvain 6 et Bohort au « palais périlleux 7 ». L'esprit, les procédés, la langue sont identiques ; les « accessoires » sont les mêmes : lions, serpents, léopards, dragons.

De tous ces rêves, le plus curieux à coup sûr, est celui d'Arthur. Effrayé par un songe, le roi a fait venir ses « clercs » et leur a demandé de l'interpréter. Les clercs veulent se dérober, mais sous la menace, ils révèlent la vérité terrifiante : Arthur va perdre sa couronne, à moins qu'il ne soit secouru par le lion « ewage » (aquatique) et le médecin sans médecine par le conseil de la fleur 8. Les clercs sont, du reste, incapables d'expliquer cet arrêt qui leur paraît «. grant folie » 9. L'explication viendra peu après d'un inconnu, « prud'homme de grant savoir», qui, à un moment critique, se présente à Arthur. Après avoir rudoyé le roi et lui avoir reproché ses fautes comme souverain et sa vie pécheresse, le « maître » donne la solution de l'énigme que n'ont pas su résoudre les sages clercs :

Saches que il no [lo] te distrent mie sanz raison, car li leons ce est Dex. Dex est senefiez par lo lion, par les natures do lion qui d'autres bestes sont diverses. Mais ce que il lo virent evage, ce est une granz mervoille : evage Fapelerent ilpor ce que il loquiderent veoir en levé. L'eve ou il lo quiderent veoir ce est cist siegles, car autresi corne li poisons ne puet vivre sanz eve, autresi ne poons nos vivre sanz lo siegle, ce est a dire sanz des choses do siegle. An cest siegle estoient envelopé cil qui te distrent qu'il avoient veu lo lion, et por ce qu'il estoient del pechié do siegle anvolopé et maumis, por ce lor fu il avis

Page 1