‹ Étude sur le Lancelot en proseChapitre 72 sur 326 · VI, iS · texte numérisé non relu

VI, iS

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la Quête, La baire que Lancelol a revêtue après sa confessiou est un talisman <jui Le défend de toul péché mortel1. Aussi en est-il dépouillé avant que commence la Mort d'Arthur : au moment où il revient de sa Longue « transe, » au château de Gorbenic, il rejette la robe de lin « fraîche et nouvelle » que lui présente une demoiselle et réclame sa haire. On lui répond : « Sire chevaliers, vous nos poés bien laissier la haire, car vostre queste est achievée ; por noient vous travelleriés plus por querre le saint vaissiel, car bien sachiés que vos n'en verrois plus que veu en avés 2. » Remarquer, une fois de plus, avec quelle habileté est amené cet incident : il faut, il faut absolument, que Lancelot quitte la haire, mais que ce soit contre son gré. Une fois dépouillé de ce talisman il redeviendra faible devant la chair et la catastrophe de la Mort d'Arthur pourra être déclenchée. C'est un exemple entre cent, entre mille, de cet art des préparations qui se manifeste d'un bout à l'autre de l'immense roman.

Il faut bien se rendre à l'évidence. Le Lancelot est traversé d'un double courant, chevalerie « terrienne », chevalerie « célestienne ». Tantôt ils se séparent, tantôt ils se confondent, mais ils coulent d'une même source. L'antinomie que le critique souligne est inhérente au moyen âge. On pourrait la retrouver à dire vraidans quantité d'autres œuvres3. La complaisance, allant jusqu'à la complicité, avec laquelle sont décrits les hauts faits et la « desmesure » d'un Renaud de Montauban ou d'un Girart de Roussillon 4, n'empêchent qu'au dénouement l'auteur ne se croie tenu de sauver l'âme du héros en lui attribuant une fin en contradiction absolue avec sa vie passée.

A leur exemple Lancelot fait une bonne fin. Il se retire dans

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