‹ Étude sur le Lancelot en proseChapitre 88 sur 326 · Cf. plus haut. p. UT. la reproduction de ce passage · texte numérisé non relu

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122 ÉTUDE SU» LI LAIfCBLOT l'A PROSE

Les aventures <lel roiaume perilleus, aventureus, ce fu li reines de Logres ».

Ici la contradiction est flagrante : le seul qui puisse occuper le ■ siège périlleux » de La Table Ronde sans expirer aussitôt c'est Galaad. VAgrav&in [insiste déjà sur ce point en montrant1 le supplice de Brumant, assez présomptueux pour en douter. Le premier signe pour la cour d'Arthur que le héros du Graal est survenu c'est même son succès à l'épreuve du siège périlleux.

Ce n'est pas tout. Il y a le cas de Pelles : celui-ci n'est pas le « roi mehaigné » dans YAr/ravain et la Quête, il est son fils.

Nous retombons dans le dilemme : d'une part l'auteur du tome Ier connaît de Y Estoire et de la Quête certains traits en conformité avec les autres parties du Corpus, d'autre part il les contredit sur deux ou trois points essentiels.

Je ne vois qu'un moyen d'en sortir :

Il faut admettre que l'auteur du tome Ier est l'auteur des volumes suivants et de Y Estoire. Mais, quand il écrit le tome Ier il n'a pas encore arrêté son plan dans tous les détails. U Estoire, il la porte dans sa tête, mais elle n'est pas encore couchée par écrit. Il est décidé à amener Joseph d'Arimathie en Grande- Bretagne, mais il n'a sans doute pas encore conçu Josephé, fils de Joseph, autrement il lui attribuerait, comme dans YEstoire, le principal rôle dans la conversion de ce pays à la foi chrétienne. C'est sans doute lui qui parle par la bouche de la Dame du Lac quand elle déclare ne pas savoir (encore) les noms des descendants de Galaad Ier, fils de Joseph d'Arimathie 2. Il a inventé Pelles et compte en faire quelque chose, mais il demeure sous l'influence du Perceval de Robert de Boron, etil ne distingue pas encore le « roi pêcheur » (Pelles) du roi « mehaigné 3 ».

Vis-à-vis de Perceval son attitude est très hésitante — et elle le restera jusqu'au bout. Jamais les origines de ce personnage et ses rapports de parenté avec Lancelot et Galaad ne seront pas nettement définis — et ils ne pouvaient pas l'être sans danger. Comme l'auteur ne se permettra pas de dépouiller entièrement Perceval, sans doute par égard pour la « Trilogie », de Robert de Boron à laquelle il doit tant, il n'osera le disqualifier de but en

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