Potvin, t. VI, p. 157-158. Cf. plus haut. p
136 ÉTUDE SUR LE LÀNCELOI r.N PROSE
Postérieur à Tannée 121 i, ou environ, le Lancelot-Grâal es1 donc antérieur à 1227 '.
En ce qui concerne YEstoirc nous pouvons confirmer et préciser ce résultat. Hélinand, le célèbre moine de Froidmont. a eu ce texte sous les yeux. Un passage de sa chronique nous le montre acceptant les assertions émises au début de VEsloire et recherchant naïvement son original latin 2.
« Hoc •' tempore |v. 720] in Britannia cuidam eremitae mon-
« strata est mirabilis quaedam visio per angelum de sancto Joseph
« decurione b, qui corpus Domini deposuit de cruce et de catino
« illo sive paropside in quo Dominus coenavit cum discipulis
« suis. De qua ab eodem eremita descripta est historia quae
« dicitur de Gradali ; gradalis autem sive r gradale gallice dici-
« tur d scutella lata et aliquantulum profunda, in qua pretiosae
« dapes cum suo jure divitibus soient apponi gradatim. unus
a) La reproduction de Vincent de Beauvais est précédée du mot Helinandus. — b) nobili ajouté par V. de B. — c) vel V. de B. d) omis par V. de B.
1. Ces données dispensent d'avoir recours à d'autres beaucoup moins précises :
1° Ainsi l'intervention du pape dans l'affaire de la « Fausse Guenièvre » IV, 71) s'inspirerait d'un épisode célèbre de la vie de Philippe-Auguste, la répudiation d'Ingeburge (voy. entre autres P. Paris, IV, 101, note 1 ; Freymond, dans Zeitschrift fur roman. Philologie, XVI, 1892,97, note 1 ; D. Bruce, Mort Artu, p. xxix.) Le Lancelot serait donc postérieure 1200. — On peut objecter que le Lancelot peut s'inspirer également d'épisodes de la vie d'autres souverains français, tels Robert II ou Philippe Ier.
2° On parle de Meraugis et ce serait sous l'influence du roman de Meraugis de Portlesguez, lequel serait du premier quart du xme siècle voy. P. Paris, III, 168 ; Groeber dans le Grundriss, II, h, 1002.) Mais la date du roman en vers de Raoul de Houdan est mal déterminée (voy. Pauphilel dans la Romania, 1907, 593 ; cf. G. Reynaud, ibid., 1910, 400) ; et enfin dans l'éd. Sommer (III, loi, 1. 2) au lieu de Meraugis on lit « li gais Galentins ».
3° L'incident de la pomme empoisonnée dans la Mort d'Arthur serait imité du Gaydon, lequel est postérieur à 1218 (D. Bruce, xxix-xxx et 274- 277). Mais le thème de l'innocent soupçonné pour un prétendu crime est tellement répandu qu'il n'y a pas nécessité de recourir à cette hypothèse d'un emprunt à ce poème.
2. Éd. par Tissier, Bibliotheca patrum Cisterciensiutn, t. VII (1669 col. 92 (reprod. dans Migne, Patrol. lat., tXCXII, col. 814-815), Vincent de Beauvais a reproduit ce passage dans son Spéculum historiale, 1. 23 (éd. de Venise, 1591, t. IV, fol. 327 verso ; éd. de Douai, 1624, t. III, p. 950, 2'- col. . Je mets en note les variantes de Vincent de Beauvais.
moi ..lin-. posl ilimii m 'li
nomine qi ' r t"
i uni pi optai ' onl mm h quia fo
tioti matai ii iiini pi opt n i • h t u m id t t 01 dinem mulii
plioem pretioeat llln dtpum i lan< histoi iam lattm
,n\ enii <• non potui *6d tanium • al I ripf i hab< I
quibuadara prooei ibui n* fat ilc ni aiunl toU invi nii i pot
riant .nii.iii i luiii potui id I' ■■.■ ii'lwni sedula ib aliquo
impetrare Qi|od mox ul potuei o veri ûmil il util
mocincte transféra ni in latinum*
1 1,| in.ii ni vivait encore < n 1 2211 mais a dû mourii peu apn Au surplus sa chronique était terminée avanl 12 ! ir il l'a prêtée à Guérin, évéque de Senlia depuis 1214 qui mourut cette année el en égara quelques cahiers pai I •
i vulgari omit psti \ . de 0. / graal \ de B g phi omise p*r V de B>
l . n |nii pari •• un concile de roulouse qui ne peul être que celui de! née 1829 eoy, Dora Brial dans Histoire littéraire de U ■-. t. XVIII,
p, ai el 97. Passé cel événement il o'esl plue question de lui donne pour date de La morl d'Hélinand, I rrundriêê, II, u,
reproduite par B. E}rugger toc, cit., i \\l\. p. 108 ; mais c'est ai d'impression corrigée en 122" par Groeber lui-même II. u, 696, note I al orrection insuffisante, car 1221 est un lapsus pour 12 b le
ma. original de la chronique d'Hélinand cf. note 3 les additions commencent à l'année 1234 seulement.
Elu en 1214, sacré à la lin de cette année, Guérin mourul le 18 ou 19 avril 1221 Gallis Christian*, t. X, col. 1410 ,
3. Nous sommes informés de cette particularité par Vincent 0e Beaw I. XXIX, c. 1<IS qui utilisa la chronique d'Hélinand pour ton Spéculum historiale} dont il publia deux rédactions en 1244 el 1254 voy. Oudin, Script, ecc/es., t. Ul. p. 22;e1 &ug. Molinier, Sources de V histoire de i t. III, w 2524 Cette chronique, qui allait du commencement du moi l'année 1204, formail i'.» livres écrits sur 84 cahiers. Dès les années : 1235, il n'\ avait plus à Froidmont que les livres - ssant les
années 634 à 1204: ce sont en effel les seuls dont A.ubri de Trois-Fontaines ait fait des extraits dans sa chronique voy. Mon, Germaniae hist.t t. XXIII, p. 64] et c'est justement cette partie dont L. Délire a retrouvé l'original, sur l'indication de l'abbé Renet, au séminaire de Beauvais x^
et documents publiés par la Société de V histoire de France, à Voccasion du cinquantième anniversaire de sa fondation, Paris, 1884, p. 141-154 Ma i. reusemenl nous n'avons plus du livre i-a. où se trouvait le pass [ui nous intéresse, que la tin, commençant à l'annéi s" 3 De telle sorte que nous sommes réduits pour notre texte à l'édition du P. Tissier qui. en 1669, consulta l'original encore à Froidmont et nota t. VII, p. 73 qu'on n'y conservait
138 ÉTUDE MR LE LANCKLOT EN PROSK
terminus ad f/ucm coïncide donc d'une manière frappante avec celui qu'on vient d'établir grâce à la dédicace de Manessier.
On a voulu et on veut encore ' que llélinand ait composé sa chronique en 120i ou peu après, sous prétexte qu'il la conduite jusqu'à la prise de Gonstantinople par les Latins : par suite YEstoire se plaçait un peu auparavant. Déduction évidemment téméraire, car Hélinand pouvait, à un moment quelconque; de sa vie, vouloir clore sa chronique avec la mention d'un événement éclatant.
Une remarque permet, je crois, d'abaisser le terminus a r/uo jusqu'à 1222. Pour écrire YEstoire, dont la majeure partie se passe en Orient, l'auteur avait besoin d'un matériel onomastique d'allure orientale. Nous verrons que les Actes des Apôtres apocryphes, la Bible, peut être une liste de rois d'Ethiopie, d'autres sources, encore mal définies, lui avaient fourni Bohort, Kaleb Alfassam, Galaad, Aminadap, Eliab, Helizabel, etc.
Je crois que le nom « païen » de Seraph (devenu Nascien au baptême), l'ancêtre le plus reculé de Lancelot, a été pris dans une lettre de Jacques de Vitry.
Ce nom de Seraph est excessivement rare ~. On le voit porté par un prince musulman, Malek-el-/4sc/ira/*-Alril-Fath- Modhaffer-Eddin-Musa, lequel gouverna le Chelat, pays voisin de la Géorgie, dans le premier tiers du xmc siècle 3. Le nom sémitique
que « la dernière partie » de la compilation : « in autographo enim authoris quo usi sumus haec ultima pars inchoatur a quaternione 79 et terminatur in 84. » L'édition Tissier laisse à désirer. L. Delisle a relevé (loc. cit., p. 142) qu'il a supprimé le mot auctor dans les passages où Hélinand prenait la responsabilité du récit.
Le début de la chronique est conservé en partie (16 livres allant du commencement du monde aux règnes de Darius et Xerxès) dans une copie du xve siècle, le ras. Cotton Claudius B. IX du British Muséum (voy. Bibliothèque de V Ecole des Chartes, t. XLVI, p. 198). Cette copie dérive sans doute de la portion prêtée à l'évêque de Senlis, portion dont la perte n'excite que de faibles regrets.
1. E. Brugger, par exemple (loc. cit., t. XXIX, p. 108;. Ce raisonnement avait déjà été critiqué par E. Martin, dans la Zeitschrift fur Deutsches Alterthum, 1878, p. 78 et suiv.
2. En dehors du personnage dont nous nous occupons, je ne le rencontre qu'en la personne du dernier des Khalifes de la dynastie circassienne des Mamelouks, Al-Aschraf, mis à mort en 1517 par ordre du sultan turc Selim.
3. Stokvis, se trompant de quelques années, lui assigne pour dates de règne 1229-1237, dans son Manuel d'histoire, de généalogie et de chronologie de tous les Etats du globe (Leide, 1888, I, 20).
i,\ 1 1 m . ON PO -i » IOH Dl i
I /;/.// ... | il S ( '. I I I ! S- / i/Ji ■
.1 1 1 1 « 1 1 1 éoi i\ a ni -il Occîdenl el ignorant le lu
|)..u\ .ni difficilement o né< utei cett( trunacription No
\ oni toute i 1 1 1 < pai on homme qui i 1 1 idé I
Jacques de Vitrj C 6 \i pai lui qu< l'Oc< id< ni • iu i
boulai areementa que I im a lion ii< l •■ K han
en \ sic e( >upa lui I- Kl il muaulm m Dan
de ses lettres MnleK cl \ B4 tu B ! I p| | u B 1 1 I I l"iin /,//
niish «»i mu sf.itu temper in melii rite, inimicorura
oonditio vergens ad occaaum in détenus profluebat, | tim
quum inter se Sarrai eni pugnam el dissentionea li iben ot, Damasoi Coradinua '. qui oaatrum peregrinorum oh il
oum magna oonfuaione, multia ei inia interemptia receaai
i hâter ejua, dictua Seruphj audiena regem Indorum, Darid '*. tenam suain invaaiaae, b partibua nostria cum exercitu roo ooaotua eel recedere. Hic autem rei David, vir potentissimus.
< est, quam vulgua Preabyterum Loannem appellat.
Cette Lettrée! d'autres, envoyéea de Damieite au pape el I I diversité de Pans, Le is avril 1221 . n uni pu commi : circuler en Italie el en France avant L'automne de L221. WEstoire y a puisé un nom « sarrasin Seraph. Bile n'a don< pu être rédigée avant cette époqui
I. Editée par Luc d'Achery, Spicilegiumi éd. m-folio, t. III, p. :»91. 8 Ifalak-el-Mandhem .
*. lai mu ombre 1220.