CHAPITRE IV
LES MANUSCRITS DU Liber Censuutn.
Dans la pensée de Céncius, le registre qu'il faisait composer ne devait pas être une pièce d'archivé, une simple récapitulation des droits du Saint-Siège, comme les collections qui Pavaient précédé (celles de Deusdedit et du cardinal Âlbinus par exemple); en même temps qu*il consacrait le passé, il devait assurer l'avenir, et de larges espaces blancs destinés à l'enregistrement des cens futurs avaient été partout soigneusement ménagés (1). Le registre fut en effet continué, et le Liber Censuum de Cencius demeura pendant trois siècles en usage dans la Chambre apostolique, sans cesse accru par de nouveaux documents qui finirent par tripler rétendue du recueil.
Malheureusement , le manuscrit primitif n'a pas suffi à cette longue fortune, et ]e Liber Censuum nous est parvenu dans un certain nombre de manuscrits qui ont tour à tour tenu lieu d'original, et qui ont tous par conséquent leur importance spéciale. Il importe donc d'étudier attentivement chacun de ces exemplaires, de déterminer les rapports qu'ils ont entre eux et avec Toriginal primitif, en un mot, il faut les classer et faire leur histoire. C'est une étude que personne n'a encore abordée, ce qui explique les erreurs où sont tombés presque tous ceux qui ont parlé du Liber Censuum.
L — Description des manuscrits.
Il existe aujourd'hui, à ma connaissance, dix-neuf manuscrits du Liber Censuum dispersés on divers lieux. Nous les passerons suc-
(1) Ce systôme a été également suivi, au treizième siècle, daas certains registres de la chancellerie de Naples (Voy. Paul Durrieu, Le Liber dona.» iionum Caroli Primi, dans les Mélanges do TEcole de Rome, t. VI, p. 200).
LBS MANDSCRITS DU LIBER GBNSUUM.
cessivement en revue dans Tordre géographique de leur distribution.
1* Palais du Vatican.
Les collections du Vatican renferment cinq manuscrits du Liber Censuum : il y en a deux à la Bibliothèque et trois aux Archives.
Ceux de la Bibliothèque font partie du fonds Vatican proprement dit, où ils figurent sous les numéros 6223 et 8486.
Mb. Vat. n« 6223.
Le manuscrit Vat. n* 6223 est un manuscrit de papier, écrit au seizième siècle, ou dans les premières années du dix-septième, haut de 28 centimètres, large de 22. 11 se compose de 209 feuil- vatieanut 6î23. lets. Les plats de la reliure, en parchemin vert, portent les armes d'un cardinal Barberini ; le dos, en parchemin blanc, a été refait sous le pontificat de Pie IX.
Incipit : De censibus cum tributo CC bisantiorum.
Explicit : Bohemie tredecimo, Imperii vero primo.
Le Liber Censuum proprement dit n'y figure pas ; mais comme le manuscrit n'a ni titre ni folio de garde, tout nous porte à croire qu'il a dû subir une mutilation. Tel qu'il est, il se compose de cahiers réguliers de 12 folios, tous de la môme main.
On lit, sur la première page, cette note, d'écriture assez postérieure : Hxc omnia excerpta sunt ex libro Censuum Cencii Camerarii paucis quibusdam exceptis.
Des biographies pontificales, ce manuscrit ne contient que le premier chapitre : Dieam br éviter .,, ad amicum inveniet (fol. 162 v®- 163 v«).
Mb. Vat. n^" 8486.
Le manuscrit Vat. n^ 8486 est un manuscrit de parchemin, composé de deux cent soixante- trois feuillets, hauts de 35 centimètres, larges de 24. Relié en cuir jaune; au dos, les mots « Cenciu^ Camerarius » en lettres d'or sur fond rouge (1); pagination relati» vement récente (2) ; par une faute du relieur les folios 75-82 ont été placés après le folio 216 (3). Lp manuscrit a dû demeurer
(1) Cette reliure paraît antérieure à rentrée du manuscrit à la Bibliothé* que Vaticane ; on s'est contenté, lors de l'acquisition du manuscrit, d'imprimer assez grossièrement, en chiffres d'or, sur le dos du volume , le n9 8486 qui lui était donné.
(2) Antérieure pourtant au quinzième siècle.
(3) Au dix-huitième siècle, cette erreur était déjà commise. U a dû porter à un moment une fort belle reliure, si on en juge par les fils de soie rouge et verte qui servent à rattacher entre eux les différents cahiers.
Vatieanus 8486.
172 ÉTUDB SUR LE LIBER CENSUDM DE l'ÉGLISE ROMAINE.
quelque temps sans couverture, ainsi qu'on en peut juger par Tétat des premières et des dernières pages , et c'est alors sans doute qa*ont dû disparaître les folios 82-99.
Il se compose de cahiers réguliers de huit feuilles (vingt-sept cahiers), en outre, deux folios sont intercalés après le premier quaternion , un cahier de quatre feuillets après le dix-septième, un cahier de six feuillets après le vingt-deuxième, trois folios détachés et un cahier de six feuillets après le vingt-troisième, et le manuscrit se termine par un cahier de 10 feuillets dont les premiers seulement sont remplis. Les deux folios qui suivent le premier quaternion ne sont d'ailleurs que le reste d'un petit cahier de quatre pages dont la moitié a disparu (la page qui contenait la fin de la pièce numérotée YIII et celle qui contenait la pièce numérotée XIII). L'absence de ces deux feuillets n'est nullement indiquée dans la numérotation des pages, ce qui suffit à nous.prouver que la pagination est bien postérieure à la confection du manuscrit.
L'écriture appartient à diverses époques du treizième siècle , et il suffit d'y jeter un coup d'œil pour reconnaître qu'il s'est formé lentement, par apports successifs. Aussi n'y a-t-il aucune régularité dans la disposition de l'écriture. Le plus souvent il y a deux colonnes à la page , mais quelquefois aussi les lignes occupent toute la largeur du folio. Ou compte à la page tantôt trentre-quatre lignes^ tantôt trente-cinq, tantôt trente-huit, parfois même quarante-deux ou quarante-trois. Dans les rubriques,, mêmes irrégularités : les titres sont le plus souvent en rouge et généralement précédés d'un numéro d'ordre; mais plus d'une fois le numéro d'ordre est absent, si bien que la pièce ne paraît pas avoir été comprise dans la numérotation générale, et plus d'une fois aussi les titres sont écrits à Fencre noire, de la même main qui a transcrit le corps même du document. Les titres en rouge ne sont pas eux-mêmes tous d'une même teinte ; certaines rubriques portent la trace de remaniements très reconnaissables au ton beaucoup plus foncé du minium dont on s'est servi pour les retoucher, et ce ton plus foncé est justement celui d'autres rubriques qui doivent être par conséquent plus récentes que les premières.
Dans le corps du manuscrit il y a des |blancs assez nombreux, et quelquefois assez considérables; en certains endroits, des pages entières sont restées vides. On peut observer que ces blancs se rencontrent toujours à la fin d'un cahier, ce qui s'explique par le mode de composition de l'ouvrage, et par les intentions primitives du camérier. Gencius nous dit en effet qu'il a eu soin de mena-
ger dans son registre des blancs assez étendus pour que ses successeurs pussent 7 insérer les actes de leur administration (1), et rinspection de tous les manuscrits un peu anciens du Liber Censuum nous apprend que Cencius avait en général réservé pour les accroissements futurs les dernières pages des divers cahiers de son registre. La chose est plus frappante dans le manuscrit 8486 que partout ailleurs : les premières pages des cahiers sont d'une môme main, tandis que les dernières sont en général remplies par des écritures postérieures. Il est donc difficile de faire des remarques générales s'appliquant à l'ensemble du manuscrit; c*est en détail, et par couches, pour ainsi dire, qu'il faut l'examiner.
Il est assez aisé de reconstituer l'état primitif du manuscrit. L'écriture la plus ancienne commence au folio 11 et' couvre les premières pages de tous les cahiers jusqu'au folio 150. Elle est ronde, d'une forme régulière, et d'une encre un peu pâlie. Dans ce premier état le manuscrit comprenait 18 cahiers» Il commençait par les mots : Incipit Liber Censuum Romane Ecclesie... et se terminait, au milieu du serment prêté au Saint-Siège par Robert duc de Fouille, aux mots : et ad (actuellement fol. 150). A ce moment, certaines rubriques n'avaient pas la forme qu'elles ont reçue depuis ; par exemple au n** LXXI, au lieu du titre De civitatibus et territoriis que rex Carolus, etc., il y avait, Ex Romano pontificali cap. CXLVIIH; au n*» CXXIII, il y avait Exemplum cartule de CrognetOy au lieu de : Exemplum restitutionis de Crogneto et territorio ejusdem Lucio pp. W facte; au n* CXVIII, il y avait simplement Contractus^ au lieu de Contraclus super eodem ; au n® CXXX, il y avait Locatio Prenestine civitatis (plus un quatrième mot que je n'ai pu rétablir), au lieu de Locatio Prenestine civitatis facta domine Stefanie senatrici sub annua pensione^ etc. ; au n° CLIX, il y avait manda^um camerarii super eodem, au lieu de quod ostich m de mandato camerarii, etc.
Nous pouvons distinguer ensuite une seconde période pendant laquelle on ajoute deux cahiers, l'un de huit feuilles, l'autre de quatre, avant V Incipit Liber Censuum Romane Ecclesie, et sept nouveaux cahiers à la suite du manuscrit déjà constitué, ce qui a porté à 2 1 4 le nombre des feuillets du registre. Ces nouveaux cahiers
(1) ff Saccessoribtts mois prestans materiam univorsis qualiter de cetero usqae ad exitum mundi census illos qui suis de novo temporibus statuentur, in eodem volumine sufficientibns , ut aestimo, spatiis adaptato... et ipsi faciant adnotari » (Préface au Liber Censuum),
174 ÉTUDE StJR LB LIBBR GBNStlUM DB l'ÉGLISB ROBIAINB.
sont remplis de la même façon que les anciens; les dernières pages sont généralement réservées pour les transcriptions futures. Cesi pendant cette seconde période que les différentes pièces insérées dans le manuscrit ont été numérotées de i à 288, et, comme il restait à ce moment dans rintenralle des pièces numérotées un certain nombre de pages blanches qui ont été remplies plus tard, nous trouvons dans le manuscrit tel qu'il est aujourdliui des documents sans numéro d'ordre, pêle-mêle avec des documents qui sont numérotés. Gela tient tout simplement à ce qu'ils ont été introduits dans le manuscrit postérieurement à la numérotation.
Par contre, le mode de composition du registre a quelquefois nécessité Fintroduction de feuilles ou de cahiers supplémentaires dans le corps même du manuscrit. Par trois fois une série d'actes relatifs à un même objet dont le premier avait été transcrit vers le milieu ou la un d*un cahier n'a pu trouver place tout entière dans ce nouveau cahier, et comme les premières pages du cahier suivant étaient déjà pleines, on a dû, pour ne pas interrompre la série, insérer quelques feuilles de parchemin supplémentaires (1). On a intercalé ainsi les folios 155-158, les folios 199-204, et les folios 213-221, et le manuscrit a eu de la sorte 229 folios.
La troisième période a ajouté au registre trois cahiers, et il y a eu alors 253 pages dans le manuscrit. C'est à ce moment que la disposition de l'écriture a changé ; au lieu d'écrire sur deux colonnes, on a écrit sur toute la largeur do la page, et si pareil fait se retrouve parfois dans les pages précédentes , c'est qu'il s'agit précisément de documents enregistrés pendant cette troisième période sur des feuillets restés blancs : aucun d'eux en e£Fet n'est numéroté. Le manuscrit a dû demeurer longtemps sous cette forme, et son dernier folio (fol. 253) a servi à enregistrer un cer^ tain nombre de notes secondaires, relatives le plus souvent à la personne même des camériers (2). Il semble d'ailleurs, qu'à ce moment, le manuscrit ait commencé à être moins soigné : beaucoup de pièces n'ont pas de titre en rouge, quelques-unes même n'en ont pas du tout, et les lettres initiales ne sont plus en couleur.
Plus tard, un cahier de dix feuillets est venu s*ajouter au ma-
(1) Fol. 150-155; 199-204; 213-215.
(2) « Ixmocentius episcopus seryus servorum Dei... dilecto filio M. camarario. »
« Quitatio Berengario de Secureto de gestis per eum in caméra domini pape. 9
c Anno domini MCGLVI , mense madio , pontificatus autem domini pape Alexandri IV anno primo, ind. xiv Laurencius... joravit..., etc. »
LBS MÀNUSGMT8 DU LIBBR GBNSUUU. 175
nuscrit, mais sans y rien changer. C'est une juxtaposition purement matérielle qui a simplement augmenté le volume du registre. Le cahier en question forme un tout à part, avec on tiCm particulier. Ce sont les Acta camerx per Jaeobum de Viterbio (i). Cette dernière adjonction a porté à 263 le nombre des feuillets du manuscrit Yat. 8486*
Il serait intéressant de déterminer les dates qui répondent aux différentes périodes que nous distinguons dans le manuscrit Yat. 8486. Nous n'avons pas malheureusement de critérium bien certain. Mais nous pouvons pourtant, à Taide des pièces datées, arriver à une certaine approximation. Nous remarquons, par exemple, que, parmi les pièces numérotées, il n*en est aucune de postérieure à 1236, et que les documents de 1238, insérés au milieu même des documents numérotés, sont déjà d'une autre écriture que les actes qui portent des numéros. Il est naturel, il me semble, d'en conclure que la numérotation doit avoir eu lieu à la fin de 1236 ou en 1237. G*est en efiTet la seule façon d'expliquer le désordre apparent du manuscrit. On adonné en 1236 des numéros d'ordre à tous les documents qui étaient alors inscrits sur le registre, et lorsque plus tard on a introduit de nouveaux documents sur les pages demeurées vides, ils se sont trouvés naturellement sans numéro au milieu de la série des pièces numérotées. Nous constatons, d'autre part, que les divers documents antérieurs à 1236 paraissent avoir été enregistrés séparément et successivement à des intervalles très variables, ce qui laisse à supposer qu'un assez long temps s'est écoulé entre la rédaction primitive du manuscrit et le jour de sa numérotation. Il en résulte que le manuscrit Yat. 8486 doit être notablement antérieur à l'année 1236.
Archives du Vatican. Arm. XY, n*> 1.
Le manuscrit qui porte le n^ 1 dans l'Armoire XY aux Archives ArchWes do vadu Yatican est un manuscrit en parchemin de 505 feuillets, hauts Ànn!*^/n* i. de 35 cent, et larges de 28, dont 489 seulement sont numérotés.
(1) « Bententia lata inter mappularios et addexstratores urbis et servientes domini pape » (1288).
« SindicQS universitatis et bominum castri Rocce Gontrate Senogalienais diocesis promittens annuatim solvendas Ecclesie Romane cxxx libraa Ravennat. > (1291).
« Similis promissio facta per sindicum nniversitatis eastri Montis For* tini » (1291).
« Emptio castri Mirande, etc. »
Pontificat d'Alexandre IV.
Pontificat de Nicolas IV.
166 ÉTUDE SUR LB LIBER GENSUUM DE l'ÉGUSB ROiybUNE.
Mais il est certain qu'Alexandre IV parait avoir pris tout spécialement à cœur le recouvrement du cens (1) : Nous le voyons envoyer coup sur coup Jean d'Ocre en Allemagne (2) , Pierre de Pontecorvo en Hongrie , Bohême et Pologne (3) ; maître Sinitius dans le royaume de France et les contrées voisines (4) ; Jean de Frosinone en Irlande et en Angleterre (5).
Quant à Nicolas lY, si les textes ne nous permettent pas de mesurer toute retendue de son activité, ils nous font très bien voir le mécanisme de la perception du cens à son époque. Nous avons, en effet ^ les originaux des lettres données , le 13 septembre 1290, aux commissaires apostoliques pour le recouvrement du cens en France (6) et dans les Deux-Sicilês (7) ; ce sont des extraits du Liber Censuum en forme authentique : sicut in RegisLro Romanx ecclesix continetur sub bulla nostra fecimus annotari. Cette bulle est le point de départ de toutes les opérations des envoyés pontificaux ; c'est toujours à elle qu'ils se réfèrent, sicut continetur in littera bullata. Les archives du Vatican ont conservé les comptes authentiques d'Albert de Grondola et de Lanfranc de Scano ,
Boniface VIII (Theiner, Cod, diplomat.y t. I, p. 261, col. 1) marque à la colonne des recettes en 1302 : Item a magistro Giffredo quondam nuntio domini pape in Anglia et nunc episcopo Parmensi pro parte denarii S. Pétri anni XCVII et XCVIII et quibusdam censibus CCLVII libraê xviu soi. et Yiii den, sterling.
Nous avons des détails sur ses appointements. Une bulle de Martin IV, du 10 février 1285, expédiée par Honorius IV (édit. Prou, n* 469, col. 335), l'autorise à ajouter aux 7 sous sterling qui lui avaient été primitivement alloués 3 autres sous sterling.
Au reste, il était chargé également de lever les décimes ecclésiastiques et le cens de 1,000 marcs sterling dû par le roi.
(1) Son camérier était Nicolas d'Anagni, neveu de Grégoire IX; voyez. Archives du Vat., Reg. n* 27, bulles d'Urbain IV, des 19 septembre 1262 et 19 février 1263.
(2) Bulle d'Urbain IV, 7 décembre 1261 (Archives du Vatican, Reg. n* 27, fol. 9). On voit, par cette lettre, que l'agent apostolique voyageait avec quatre chevaux et une suite de cinq personnes ; il était porteur d'une lettre de recommandation du pape, qui lui facilitait considérablement le voyage.
(3) Bulle d'Urbain IV, 26 septembre 1261 (Potthast, n« 18131).
(4) Registre caméral d'Urbain IV (JRe^. n* 27) , fol. 3 , aux archives da Vatican.
(5) Jbid. , fol. 3. Un des premiers soins d'Urbain IV paraît avoir été de demander à tous les collecteurs en mission une reddition de comptes, « ut veniant reddituri rationem, » Le folio 3 du Registre caméral est rempli d'invitations de ce genre.
(6) Archives du Vatican, Instrumenta miscellanea^ C. Fasc. XI, n* 2.
(7) Archives du château Saint- Ange (au Vatican), Arm. XI, caps, vu, n* 1. — Cf. Muratori, Antiq,, t. VI, col. 146-154.
ainsi chargés par Nicolas IV de la perception du cens, Tun en France (1), Tautre dans lltalie centrale (2). On y peut suivre jour par jour l'itinéraire des commissaires apostoliques et se rendre très bien compte des détails de leurs opérations (3). Ce sont des documents précieux , non seulement pour l'histoire du cens 9 mais encore pour la numismatique, car on y trouve à chaque page l'évaluation en espèces de cours des anciennes monnaies portées au Liber Censuum, déjà vieux d'un siècle.
Les sommes ainsi recueillies étaient le plus souvent remises à des banquiers, pour le compte du Saint-Siège (4). Le pape en eut pendant longtemps la pleine et entière disposition (5) , et nous avons vu plus haut Honorius III les affecter directement à la Terre Sainte, sans môme les faire passer par la caisse pontificale. Il semblait môme que le pape eût seul qualité pour toucher ou faire toucher ce revenu; c'était le successeur de l'Apôtre qui, personnellement , prêesentialiler^ devait recevoir l'offrande , et nous voyons qu'en 1260 l'évâque de Ratisbonne, chargé parles moines d*0beralteich d'acquitter à Rome le cens qu'ils n'avaient point payé depuis vingt^huit ans , rapporta la somme qu*on lui avait confiée , parce qu'il était arrivé à Rome au moment de la mort
(1) Archives da Vatican, Collectoriœ, n* 108*
(2) Archives du Vatican, Arm. XXXIV, n* 33 A.
(3) Voy. Mélanges publiés par TEcole de Rome, 1890, p. 369-383.
(4) Généralement à des maisons de Pise, de Florence, de Pistoie ou de Sienne, qui avaient le titre de merc&torês caméras.
(5) Il y a une histoire bien intéressante à faire des finances pontificales au treizième siècle ; le trésor apostolique était toujours vide. La croisade, dans la première moitié du siècle . les affaires do Sicile dans la seconde absorbaient tous les revenus. Aussi, les anciens cens ne suffisent plus ; pou à peu, il faut créer de nouvelles sources de revenus , et on assiste à la naissance de cette fiscalité de la Cour romaine qu*on a si fort reprochée aux papes d'Avignon. Elle leur est antérieure. D'ailleurs, la papauté a suivi en cela le mouvement général des Etats européens ; c'est avec Philippe le Bel que s'est constitué en France l'impôt royal : jusque-là le roi de France avait en réalité vécu sur les cens et rentes de sa seigneurie.
Nous avons vu plus haut Honorius III écrire : cameram euacuammus. En 1262, une lettre inédite d'Urbain IV à l'archevêque de Ganterbury nous permet de toucher du doigt la plaie vive : Nobis fatigatis quotidie gravibus et importunis clamoribus creditorum et maxime Romanorum, quibwi in magna summa pecunie ecclesia ipsa noscitur obligata (Archives du Vatican, Reg. n* 27, 23 janvier).
Or, cette détresse financière du pape ainsi poursuivi par ses créanciers coïncide avec la période oU la perception du cens s'opérait le plus régulièrement.
d'Alexandre lY (1); c'est seulement en 1274 que le monastère retardataire fit remettre entre les mains du camérier pontifical , agissant au nom du pape Grégoire X, les quarante annuités échues (2).
Deux parte Sous le poutificat do Nicolas IV, il y eut, dans l'administration dans les reTenns financière du Saint-Siège, une profonde modification.
am -bjego. j^^ pape, considéraut quo, pour le service de l'Eglise Romaine, les cardinaux travaillaient nuit et jour « dies laboriosos agunt noctesque perducunt insompneSf » jugea convenable de leur assigner une part dans les revenus de TEglise € cui communicant in adversis (3). »
En conséquence^ il décida, par acte du 18 juillet 1289, que de tous les revenus du Saint-Siège (de universis fructibus, redditibus^ proventibus, mulcUSf eondempnationibus et censibtis supradictis) il serait fait désormais deux parts, dont l'une alimenterait la caisse pontificale et dont l'autre serait touchée par le collège des cardinaux^ pour être répartie également entre tous les membres (4). Pour faciliter à Tavenir l'exécution de la mesure susdite, le pape disposait a que la nomination et la destitution des recteurs préposés aux différentes provinces des Etats de l'Eglise, ainsi que celles de tous les autres collecteurs des fruits, revenus, profits, amendes, condamnations et cens ne se feraient jamais que de l'aveu du sacré collège. »
Les collecteurs envoyés par Nicolas IV continuèrent à lever les cens dûs à l'Eglise Romaine, sans s'occuper de la répartition à intervenir entre le pape et le sacré collège.
Mais, plus tard, la distinction du revenu qui allait à la Chambre apostolique et du revenu qui était réservé au collège des cardinaux se fit au moment même de la perception ; on acquitta les cens en deux parts, l'une pro medietate cameram apostolicam contingente^ l'autre pro medietate cameram coUegii contingente (5).
(1) Monum. Boic&y t. XII, p. 101.
(2) Quittance délivrée par Guillaume de Saint-Laurent, camérier du pape, le 26 février 1279, à l'abbé d'Oberalteich , pour 5 marcs de bon argent, an poids de Cologne , représentant quarante aurei , à raison d'un aureus annuel {Mon. Boica, t. XII, p. 102).
(3) Potthast, n- 23010.
(4) Ibid,
(5) Les Archives du Vatican ont conservé des comptes relatifs à la Chambre du collège cardinalice; le n* 319 des Collectoriss contient, par exemple, l*énumération de toutes les sommes touchées par les camériers des cardinaux do 1317 à 1331, à raison du cens pro medietate cameram collegii con-
IiA PERCEPTION DU GENS. 169
Aussi voyons-nous le pape Benoît XII, sitôt après sou avène- LtUberCennum ment 9 prescrire, le 24 décembre 1334, que le camérier du sacré collège doit avoir à sa disposition une copie du Liber Censuum (1).
Un des exemplaires du Liber Censuum en usage à la cour pontificale durant le quinzième siècle, porte une ordonnance du pape Eugène lY, datée du 4 mars 1431, où sont renouvelées les dispositions de la bulle de Nicolas IV (2).
On pourrait donc poursuivre jusqu'au quinzième siècle Thistoire de la perception du cens (3). Ce qiie nous en avons dit peut suffire à donner idée de la portée qu*a eue Tœuvre de^Gencius et de Tusage qu'on en a fait.
tingentet ainsi que l'indication des répartitions faites entre les différents cardinaux; de même encore les n** 312 et 310 pour les années 1314-1317.
(1) Ms. Ottoboni 3078, fol. 94 : « Incipit instrumentum donationis parte sacro collegio dominorum cardinalium per Benedictum papam XII, anno domini MCGGXXXIIII, de medietate omnium censuum, visitationum, et denariorum sancti Pétri qui per quascumque personas quarumcumque terrarum et locorum ecclesie Romane debebantur a tempore hujus donationis citra pro tempore vice ipsius domini Benedicti, necnon de medietate omnium fructuum, reddituum, proventuum et emolumentorum omnium terrarum et locorum R. E. et aliorum qui ex ipsis terris coUegi, percipi, et levari contigerat per tempus supradictum , deductis expensis ; et quod camerarius sàcri collegii, qui fuerit pro tempore, sive clerici collegii debebant vocari et interesse ad computum reddendum per quoscumque officiales de receptis et administratis per eos de predictis, et quod camerarius sacri collegii debebat habere copiam libri censualis ecclesie Romane. > Cf. Archives du Vat., Collectoriœ, n* 321, fol. 106.
(2) Ms. Riccardi n* 228, fol. 72-74.
(3) J'ai entrepris, à ce point de vue , le dépouillement des Collectoriœ aux Archives du Vatican, et je donnerai le résultat de mes recherches dans mon édition du Liber Censuum,
172 ÉTUDE SUR LE LIBER CBNSUUlf DE l'É&LISB ROICAINE.
quelque temps sans couverture , ainsi qu'on en peut juger par l'état des premières et des dernières pages , et c'est alors sans doute qu'ont dû disparaître les folios 82-99.
Il se compose de cahiers réguliers de huit feuilles (vingt-sept cahiers), en outre, deux folios sont intercalés après le premier quaternion , un cahier de quatre feuillets après le dix-septième, un cahier de six feuillets après le vingt-deuxième, trois folios détachés et un cahier de six feuillets après le vingt-troisième, et le manuscrit se termine par un cahier de 10 feuillets dont les premiers seulement sont remplis. Les deux folios qui suivent le premier quaternion ne sont d'ailleurs que le reste d'un petit cahier de quatre pages dont la moitié a disparu (la page qui contenait la &n de la pièce numérotée YIII et celle qui contenait la pièce numérotée XIII). L'absence de ces deux feuillets n'est nullement indiquée dans la numérotation des pages, ce qui suffit à nous. prouver que la pagination est bien postérieure à la confection du manuscrit.
L'écriture appartient à diverses époques du treizième siècle, et il suffit d'y jeter un coup d'œil pour reconnaître qu'il s'est formé lentement, par apports successifs. Aussi n'y a-t-il aucune régularité dans la disposition de l'écriture. Le plus souvent il y a deux colonnes à la page , mais quelquefois aussi les lignes occupent toute la largeur du folio. On compte à la page tantôt trentre-quatre lignes^ tantôt trente-cinq, tantôt trente-huit, parfois même quarante-^eux ou quarante-trois. Dans les rubriques,. mêmes irrégularités : les titres sont le plus souvent en rouge et généralement précédés d'un numéro d'ordre; mais plus d'une fois le numéro d'ordre est absent, si bien que la pièce ne paraît pas avoir été comprise dans la numérotation générale, et plus d'une fois aussi les titres sont écrits à Tencre noire, de la même main qui a transcrit le corps même du document. Les titres en rouge ne sont pas eux-mêmes tous d'une même teinte ; certaines rubriques por* tent la trace de remaniements très reconnaissables au ton beaucoup plus foncé du minium dont on s'est servi pour les retoucher, et ce ton plus foncé est justement celui d'autres rubriques qui doivent être par conséquent plus récentes que les premières.
Dans le corps du manuscrit il y a des jblancs assez nombreux, et quelquefois assez considérables; en certains endroits, des pages entières sont restées vides. On peut observer que ces blancs se rencontrent toujours à la fin d'un cahier, ce qui s'explique par le mode de composition de l'ouvrage, et par les intentions primitives du camérier. Gencius nous dit en effet qu'il a eu soin de mena-
LBS MANUSCRITS DU LIBER GBlfSUUM.
cessivement en revue dans Tordre géographique de leur distribution.
1" PaZats du Vatican.
Les collections du Vatican renferment cinq manuscrits du Liber Censuum : il y en a deux à la Bibliothèque et trois aux Archives.
Ceux de la Bibliothèque font partie du fonds Vatican proprement dit, où ils figurent sous les numéros 6223 et 8486.
Ms. Vat. n« 6223.
Le manuscrit Vat. n* 6223 est un manuscrit de papier, écrit au seizième siècle, ou dans les premières années du dix-septième, haut de 28 centimètres, large de 22. 11 se compose de 209 feuil- Vaticanut 6223. lets. Les plats de la reliure, en parchemin vert, portent les armes d*un cardinal Barberini ; le dos, en parchemin blanc, a été refait sous le pontificat de Pie IX.
Incipit : De censibus cum tributo CC bisanliorum,
Explicit : Bohemie Iredecimo , Imperii vero primo.
Le Liber Censuum proprement dit n'y figure pas ; mais comme le manuscrit n'a ni titre ni folio de garde , tout nous porte à croire qu'il a dû subir une mutilation. Tel qu'il est, il se compose de cahiers réguliers de 12 folios, tous de la même main.
On lit, sur la première page, cette note, d'écriture assez postérieure : Heec omnia excerpta sunt ex libro Censuum Cencii Camerarii paucis quibusdam exceptis.
Des biographies pontificales, ce manuscrit ne contient que le premier chapitre : Dieam breviter ,..ad amicum inveniel (fol. 162 v®- 163 v«).
Ms. Vat. n^" 8486.
Le manuscrit Vat. n^ 8486 est un manuscrit de parchemin, composé de deux cent soixante- trois feuillets, hauts de 35 centimètres, larges de 24. Relié en cuir jaune; au dos, les mots « Cencius Camerarius » en lettres d'or sur fond rouge (1); pagination relativement récente (2) ; par une faute du relieur les folios 75-82 ont été placés après le folio 216 (3). Lp manuscrit a dû demeurer
(1) Cette reliure paraît antérieure à l'entrée du manuscrit à la Bibliothèque Vaticane ; on s*est contenté, lors de l'acquisition du manuscrit, d'imprimer assez grossièrement, en chiffres d'or, sur le dos du volume , le n" 8486 qui lui était donné.
(2) Antérieure pourtant au quinzième siècle.
(3) Au dix-huitième siècle, cette erreur était déjà commise. U a dû porter à un moment une fort belle reliure, si on en Juge par les fils de soie rouge et verte qui servent à rattacher entre eux les différents cahiers.
Vatieanu» 8486.
172 ÉTUDB SUR LE LIBER CBNSUUH DE l'ÉGUSE ROUAINB.
quelque temps sans couverture , ainsi qu'on en peut juger par rétat des premières et des dernières pages , et c'est alors sans doute qu'ont dû disparaître les folios 82-99.
Il se compose de cahiers réguliers de huit feuilles (vingt-sept cahiers), en outre, deux folios sont intercalés après le premier quaternion , un cahier de quatre feuillets après le dix-septième, un cahier de six feuillets après le vingt-deuxième, trois folios détachés et un cahier de six feuillets après le vingt-troisième, et le manuscrit se termine par un cahier de 10 feuillets dont les premiers seulement sont remplis. Les deux folios qui suivent le premier quaternion ne sont d'ailleurs que le reste d'un petit cahier de quatre pages dont la moitié a disparu (la page qui contenait la fin de la pièce numérotée YIII et celle qui contenait la pièce numérotée XIII). L'absence de ces deux feuillets n'est nullement indiquée dans la numérotation des pages, ce qui suffit à nous.prouver que la pagination est bien postérieure à la confection du manuscrit.
L'écriture appartient à diverses époques du treizième siècle, et il suffit d'y jeter un coup d*œil pour reconnaître qu'il s'est formé lentement, par apports successifs. Aussi n'y a-t-il aucune régularité dans la disposition de l'écriture. Le plus souvent il y a deux colonnes à la page , mais quelquefois aussi les lignes occupent toute la largeur du folio. Ou compte à la page tantôt trentre-quatre lignes, tantôt trente-cinq, tantôt trente-huit, parfois même quarante-deux ou quarante-trois. Dans les rubriques , mêmes irrégularités : les titres sont le plus souvent en rouge et généralement précédés d*un numéro d'ordre ; mais plus d'une fois le numéro d'ordre est absent, si bien que la pièce ne paraît pas avoir été comprise dans la numérotation générale, et plus d'une fois aussi les titres sont écrits à Tencre noire, de la même main qui a transcrit le corps même du document. Les titres en rouge ne sont pas eux-mêmes tous d'une même teinte ; certaines rubriques portent la trace de remaniements très reconnaissables au ton beaucoup plus foncé du minium dont on s'est servi pour les retoucher, et ce ton plus foncé est justement celui d'autres rubriques qui doivent être par conséquent plus récentes que les premières.
Dans le corps du manuscrit il y a des jblancs assez nombreux, et quelquefois assez considérables; en certains endroits, des pages entières sont restées vides. On peut observer que ces blancs se rencontrent toujours à la an d'un cahier, ce qui s'explique par le mode de composition de l'ouvrage, et par les intentions primitives du camérier. Gencius nous dit en eSet qu'il a eu soin de mena-
tSS BCANUSGRITS DtJ LIBER CBNSUUM. 173
ger dans son registre des blancs assez étendus pour que ses successeurs pussent y insérer les actes de leur administration (1), et l'inspection de tous les manuscrits un peu anciens du Liber Censuum nous apprend que Cencius avait en général réservé pour les accroissements futurs les dernières pages des divers cahiers de son registre. La chose est plus frappante dans le manuscrit 8486 que partout ailleurs : les premières pages des cahiers sont d'une même main, tandis que les dernières sont en général remplies par des écritures postérieures. Il est donc difficile de faire des remarques générales s'appliquant à Tensemble du manuscrit; c*est en détail, et par couches, pour ainsi dire, qu'il faut Tezaminer.
Il est assez aisé de reconstituer l'état primitif du manuscrit. L'écriture la plus ancienne commence au folio 11 et^ couvre les premières pages de tous les cahiers jusqu'au folio 150. Elle est ronde, d'une forme régulière, et d'une encre un peu pâlie. Dans ce premier état le manuscrit comprenait 18 cahiers. Il commençait par les mots : Incipit Liber Censuum Romane Ecdesie... et se terminait, au milieu du serment prêté au Saint-Siège par Robert duc de Fouille, aux mots : et ad (actuellement fol. 150). A ce moment, certaines rubriques n'avaient pas la forme qu'elles ont reçue depuis ; par exemple au n° LXXI, au lieu du titre De civitatibus et terriloriis que rex Carolus^ etc., il y avait, Ex Romano pontificali cap. CXLYIIIl; au n* CXXIII, il y avait Exemplum cartule de Crogneto^ au lieu de : Exemplum restilulionis de Crogneto et territorio ejusdem Lucio pp, W (acte; au n® CXVIII, il y avait simplement Contractus , au lieu de Contractus super eodem ; au n^GXXXy il y avait Locat/o Prenestine civitatis{pl\i8 un quatrième mot que je n*ai pu rétablir), au lieu de Locatio Prenestine civitatis facta domine Stefanie senatrici sub annua pensione, etc. ; au n^ GLIX, il y avait mandatum camerarii super eodem, au lieu de qiiod ostiarii de mandata camerarii, etc.
Nous pouvons distinguer ensuite une seconde période pendan t laquelle on ajoute deux cahiers, l'un de huit feuilles, l'autre de quatre, avant Vlncipit Liber Censuum Romane Ecclesie, et sept nouveaux cahiers à la suite du manuscrit déjà constitué, ce qui a porté à 2 1 4 le nombre des feuillets du registre. Ces nouveaux cahiers
(1) ff Successoribus mois prestans materiam univorsis qualiter de cetero usque ad exitum mundi census iUos qui suis de novo temporibus statuentur, in eodem volumine sufficientibus , ut aestimo, spatiis adaptato... et ipsi faciant adnotari n (Préface au Liber Censuum).
174 ËTUOB SUR LE LIBfiR GBNSUUM DB L*ÉGUSB ROMAINE.
sont remplis de la même façon que les anciens; les dernières pages sont généralement réservées pour les transcriptions futures. Cest pendanl cette seconde période que les dififérentes pièces insérées dans le manuscrit ont été numérotées delà 288, et, comme il restait à ce moment dans rintervalle des pièces numérotées un certain nombre de pages blanches qui ont été remplies plus tard, nous trouvons dans le manuscrit tel qu'il est aujourdliui des documents sans numéro d'ordre, pêle-mêle avec des documents qui sont numérotés. Gela tient tout simplement à ce qu'ils ont été introduits dans le manuscrit postérieurement à la numérotation.
Par contre, le mode de composition du registre a quelquefois nécessité Tintroduction de feuilles ou de cahiers supplémentaires dans le corps même du manuscrit. Par trois fois une série d'actes relatifs à un même objet dont le premier avait été transcrit vers le milieu ou la an d'un cahier n'a pu trouver place tout entière dans ce nouveau cahier, et comme les premières pages du cahier suivant étaient déjà pleines, on a dû, pour ne pas interrompre la série, insérer quelques feuilles de parchemin supplémentaires (1). On a intercalé ainsi les folios 155-158, les folios 199-204, et les folios 213-221, et le manuscrit a eu de la sorte 229 folios.
La troisième période a ajouté au registre trois cahiers, et il y a eu alors 253 pages dans le manuscrit. C'est à ce moment que la disposition de l'écriture a changé ; au lieu d'écrire sur deux colonnes, on a écrit sur toute la largeur do la page, et si pareil fait se retrouve parfois dans les pages précédentes , c'est qu'il s'agit précisément de documents enregistrés pendant cette troisième période sur des feuillets restés blancs : aucun d'eux en efifet n'est numéroté. Le manuscrit a dû demeurer longtemps sous cette forme, et son dernier folio (fol. 253) a servi à enregistrer un certain nombre de notes secondaires, relatives le plus souvent à la personne même des camériers (2). Il semble d'ailleurs, qu'à ce moment, le manuscrit ait commencé à être moins soigné : beaucoup de pièces n'ont pas de titre en rouge, quelques-unes même n'en ont pas du tout, et les lettres initiales ne sont plus en couleur.
Plus tard, un cahier de dix feuillets est venu s'ajouter au ma-
(1) Fol. 150-155; 199-204; 213-215.
(2) c Innocentius episcopus serrus servonim Dei... dilecto filio M. camerario. »
« Quitatio Berengario de Secureto de gestis per eum in caméra domini pape. 9
c Anno domini MCCLVI , mense madio , pontificatus autem domini pape Alexandri IV anno primo, ind. xiv Lanrenciufi... joravit..., etc. s
LBS MANUSCRITS DU LIBER GBNSUUM. 175
nuscrit, mais sans y rien changer. C'est une juxtaposition purement matérielle qui a simplement augmenté le volume du registre. Le cahier en question forme un tout à part, avec on titre particulier. Ce sont les Acta camerx per Jaeobum de Viterbio (1). Cette dernière adjonction a porté à 263 le nombre des feuillets du manuscrit Yat. 8486.
Il serait intéressant de déterminer les dates qui répondent aux difiérentes périodes que nous distinguons dans le manuscrit Yat. 8486. Nous n'avons pas malheureusement de critérium bien certain. Mais nous pouvons pourtant, à Taide des pièces datées, arriver à une certaine approximation. Nous remarquons, par exemple, que, parmi les pièces numérotées, il n*en est aucune de postérieure à 1236, et que les documents de 1238, insérés au milieu même des documents numérotés, sont déjà d'une autre écriture que les actes qui portent des numéros. Il est naturel, il me semble, d'en conclure que la numérotation doit avoir eu lieu à la fin de 1236 ou en 1237. C*est en effet la seule façon d'expliquer le désordre apparent du manuscrit. On a- donné en 1236 des numéros d'ordre à tous les documents qui étaient alors inscrits sur le registre, et lorsque plus tard on a introduit de nouveaux documents sur les pages demeurées vides, ils se sont trouvés naturellement sans numéro au milieu de la série des pièces numérotées. Nous constatons, d'autre part, que les divers documents antérieurs à 1236 paraissent avoir été enregistrés séparément et successivement à des intervalles très variables, ce qui laisse à supposer qu'un assez long temps s'est écoulé entre la rédaction primitive du manuscrit et le jour de sa numérotation. Il en résulte que le manuscrit Yat, 8486 doit être notablement antérieur à l'année 1236.
Archives du Vatican. Arm. XY, n» 1.
Le manuscrit qui porte le n^ 1 dans l'Armoire XYaux Archives Arohires da vadu Yatican est un manuscrit en parchemin de 505 feuillets, hauts ▲rml'xv/n* i. de 35 cent, et larges de 28, dont 489 seulement sont numérotés.
(1) « Sententia lata inter mappularios et addexstratores urbis et servientes domini pape » (128S).
« BindicQs universitatis et hominum castri Rocce Gontrate Senogalienais dioeesis promittens axmuatim solrendas Ecclesie Romane cxxx libras Ravennat. » (1291).
« Similis promissio facta per sindicum universitatis castri Montis Fortini » (1291).
« Emptio castri Mirande, etc. »
176 ÉTUDE SUR LB LIBER GBNSUUH DE L'ÉatlSB ROMAINE. •
Ce manuscrit a eu autrefois une fort belle reliure, si on en juge parles fils de soie de diverses couleurs qui réunissent encore les extrémités des différents cahiers. Mais il est probable qu'il a depuis subi bien des vicissitudes. II a dû demeurer assez longtemps sans couverture, car les premières et surtout les dernières pages sont horriblement rongées par l'humidité. La reliure qu'on lui a donnée en 1882 (1), reliure de carton grisâtre, avec dos en parchemin blanc, n'est guère en rapport avec cette ancienne splendeur.
L'écriture est de la fin du treizième siècle (2), avec un certain nombre d'additions postérieures. Sous sa forme primitive, le manuscrit commençait parla rubrique : Incipit Liber Censuum a Cen* turio camerario compositus, et finissait au folio 479, par les mots : Indictione mensibus et diebus suprascriptis. Depuis lors, on a inséré sur lo dernier des sept feuillets blancs qui précédaient le texte, une table des Avalvationes censuales apostolicx, tandis qu'on ajoutait au manuscrit deux nouveaux cahiers où on consignait un certain nombre de privilèges impériaux ou royaux en faveur de l'Eglise. Au quinzième siècle, on a commencé à dresser sur les nouveaux feuillets demeurés libres une table des matières, qui est restée interrompue aux mots : Ecclesia Sancii Sebastiani de Castro Novo^ et c'est là que se termine encore aujourd'hui le manuscrit.
La pagination est antérieure à cette table, et le dernier folio numéroté finit aux mots postmodum reposita extitit.
Le manuscrit n'est pas tout à fait compact. Comme dans le manuscrit Riccardi 228 et dans le ms. Yat. 8486, il y a par endroits des espaces vides. Les folios 67, 68, 69, 70, 80, 81, 82, 350 et 451 attendent encore les compléments pour lesquels on les avait ré-
(1) Quand Pertz le vit, vers 1824, il avait encore sa reliure ancienne (tablettes de bois recouvertes de cuir); — mais, en 1881, quand H. de Sickel l'examina, il n'avait plus que deux méchants fragments de reliure, et toute trace de segnàiura. avait disparu {Bas privilegium Oilo /, fur die RSmische Kirche, p. 57, note 1).
(2) Ce manuscrit ne saurait être antérieur à Tannée 1279, car des documents de cette année y figurent de première main. Pertz a voulu attribuer une grande valeur , pour la date de ce manuscrit , au serment du sénateur, prêté c domino pape Urbano^ et il a conjecturé que c'était d'Urbain IV qu'il s'agissait ici. Mais , comme en 1279 Urbain IV était mort depuis déjà quinze ans, cette mention n'apprendrait rien sur l'âge du manuscrit. De plus, Pertz aurait dû remarquer que le mot Urhano n'est pas de première main, que c'est une correction bien postérieure pour le mot démenti, qui figure dans les plus anciens exemplaires du Liber Censuum (Clément III}. Je suppose que la correction a été faite sous Urbain y, ou plus vraisembl*blement, sous Urbain VI.
serves. Un seul document a été inséré sur les feuillets demeurés vides, c'est le testament de la reine de Bosnie, au fol. 347 \^,
Les titres sont généralement en rouge^ mais la plupart des pièces n'ont ni rubriques ni titres d'aucun genre.
Nous constatons ici une anomalie que nous retrouvons dans le ms. Riccardi 228 : du fol. 181 au fol. 319; un certain nombre de rubriques portent un n» d'ordre (du n* ccxvii au n° cclxxxviii), tandis que d'autres, dans cette même série, ne sont pas numérotées (1).
Les lettres initiales sont alternativement rouges avec des ûlets violets, et bleues avec des filets rouges.
Le manuscrit est d'une belle écriture, avec corrections en marge d'une main contemporaine.
La date de certains documents qui figurent dans la rédaction primitive montre qu'il ne peut être antérieur à Tannée 1279 (2).
Archives du Vatican. Arm. XXXV, nM8. Archires da va-
Le manuscrit n® 18 de l'Armoire XXXV de VArchivio segreto Arm. xxxv, est un manuscrit en parchemin de 428 feuillets dont 426 sont numérotés; il a 40 centimètres de hauteur sur 27 de large.
Relié au dix-septième siècle, sous Innocent XII, il est recouvert en cuir rouge avec les armes des Pignatelli, comme l'ont été à ce moment-là la plupart des registres pontificaux du treizième siècle.
Il porte sur la première page cette mention : Inferius in pluteo Il bibliothece magne secrète hibliolhece apostolice^ et sur la page suivante le numéro 2529.
Incipit : In principio erat Verbum,
Explicit : Ex relatione dicti preconis. Explicit Deo grattas.
Le manuscrit est tout entier de la même main. Il a dû être écrit dans la première moitié du quinzième siècle. Les lettres initiales se succèdent alternativement rouges et bleues. La première page du Liber Censuwn proprement dit est ornée d'une longue accolade fort élégante, formée de branches de lierre entrelacées. Un certain nombre de pages sont en blanc (pages 4, 63, 64, 70, 71, 72, 268, 388), mais aucun document n'a été introduit dans le manuscrit postérieurement à sa rédaction.
(1) Par exemple, entre la rubrique numérotée CGXIX et la rubrique numérotée GCXX, entre la rubrique GCLXII et la rubrique CCLXIII, entre la rubrique CCLXVIII et CCLXVIIII.
(2) Ce sont les actes de vente concernant les terrains situés au-dessous du Vatican et achetés par les camerarii Berardus de Faveria et Angélus de Veczosis pour le compte de r^icolas III (fol. 42iv*-475).
Arohires du Vatican, Arm. XV, n» î.
178 ÉTUDB 8tJR LB LIBBR GENSUUK DB L'ÉGLISB ROKAINB.
Archives du Vatican. Ârm. XY, n^" 2.
Manuscrit de papier; écriture du dix-septième siècle, format iD-4oy 881 pages, dont les premières seulement sont numérotées. Reliure en parchemin blanc, du dix-septième siècle; au dos Cencio Camerario, De censibus Ecclesie, avec cette marque de provenance : 3 B. Dataria. '
Incipit, dans le titre : Incipit Liber Censuum Romane eccksie ; dans le texte, Ecclesie Romane censuum opus.
Explicit : Bohemie 43, imperii vero primo.
U est tout entier de la même main.
Sur le folio do garde on lit : Creduto interessantissimo. Parigi 29 Maggio 4847^ aux archives du Royaume J. C, de Ginnasi.
2* Bibliothèques de Rome.
Vatlicellanui 1,48.
Mb. Vallicellanus I. 48.
Manuscrit de papier; écriture du seizième siècle; 31 centimètres de haut sur 22 de large ; 358 feuillets. Reliure en parchemin blanc. Sur le plat, à Tencre noire : Centius Camerarius. Sur le folio de garde : Liber Censuum Sanclx Romanse Ecclesix a Centio Camerario compositus secundum antiquorum patrum regesta et memoralia diversa anno Incarnationis dominicx MCXCII etc.
Incipit, dans le titre : Incipit Liber Censuum ; — dans le texte : Ecclesie Romane censuum opus.
Explicit : Bohemie II II, imperii vero primo.
Dans la marge, au premier feuillet : Collatum cum Libro Censuum bibliothece Vaticane signato numéro B. 445. Dans les marges suivantes, indication successive de toutes les pages du Liber Censuum Vatican avec lesquelles le manuscrit a été collationné. Certains documents (par exemple le privilège de l'empereur Sigismond) sont signalés comme absents de l'exemplaire da Vatican coté B. 445.
Des biographies pontificales ce manuscrit ne contient que le premier paragraphe Dicam breviter... ad amicum inveniet.
Barherinut xxni, 34.
Ms. Barberinus XXXIII. 34.
Le ms. XXXIII , 34 de la bibliothèque Barberini est un ma-nuscrit de papier, de 416 feuillets, écrit au dix-septième siècle* Le texte commence au second folio par les mots : Incipit Liber Censuum Romanœ Ecclesise, et finit au folio 414 par les mots t Bohemie XIII imperii vero primo.
LES MANUSCRITS DU LIBER GEirSUUM. 179
Les deux dernières pages sont occupées par des notes diverses, qui sont, d'ailleurs, de première main : une lettre d'Onofrio Panvinio relative au Liber Cemutim^ l'indication du manuscrit dont l'exemplaire est tiré (cujus libri existentis in castro predicto liber iste esi exemplum)^ et une courte notice relative à la ville de Ferrare, qui se termine aux mots : in sancto Martino générale placilamentum.
D*après le catalogue, le manuscrit aurait été écrit par Francesco Ubaldini. Il est relié en parchemin blanc, avec le titre : Cencii de Sanclx Romanx Ecclesix cehsibus. Des biographies pontificales il ne contient que le premier paragraphe : Dicam bre^
vUer ad amicum inveniet. Les instruments de vente sous
Nicolas III n'y figurent pas non plus.
Ms. Barberinus XLII. 100. Barberintu xuh
Le manuscrit XLII. 100 de la bibliothèque Barberini est un ^^'
manuscrit de papier, de 423 feuillets, écrit au dix-septième siècle. L'ordre des matières y est interverti, par la faute du relieur, à ce qu'il semble. Il commence par le concile de Latran, sous Paschal II : Concilium tertium Lateranense^ et finit par le Liber Censuum proprement dit. Il y a , d'ailleurs , au folio 337 v°, une solution de continuité : le texte s'interrompt brusquement au milieu de l'acte de 1258, relatif à la cité de Pérouse. Le manuscrit était évidemment destiné à être continué. Le catalogue indique qu'il a appartenu à Jacques Laderchi, et le mentionne sous ce titre : Concilium Lateranense terlium, scriplurse plureSf juramenla, instrumenta, privilégia, jura Sanctx Romanx Ecclesix et Liber Censuum Cencii Camerarii, Ni les Mirabilia^ ni VOrdo Romanus, ni, à plus forte raison, les biographies pontificales ne se trouvent dans ce manuscrit.
Ms. Corsinianus 249, 250, 245, 246. coniniamt
Les quatre volumes cotés 249, 250, 245 et 246 à la bibliothèque «w. «0.245, 446. Corsini se réunissent deux à deux sous une pagination commune : 249 et 250 (690 folios), 245 et 246 (634 folios), pour former un exemplaire complet du Liber Censuum. Ils datent de la fin du dix-septième ou du dix-huitième siècle, et sont naturellement en papier.
Incipit î Incipit Liber Censuum Romanm Ecclesix. Explicit : im* perii vero anno primo. Les biographies pontificales ne figurent pas dans le manuscrite
,180 ÉTUDE SUR LE LIBER CBNSUUM OB l'ÉOLISB ROUAINB.
Cortinianut 1041. Ms. Corslniaiius 1041 .
Le n*" 1041 de la Corsinienne est un exemplaire de Cencius fort abrégé. C'est un manuscrit en papier de 439 feuillets, écrit au dix-septième ou au dix-huiticme siècle.
Incipit : Incipit Liber Censuum Romanx Ecclesix. Explicit : imperii vero anno primo. Sur la première feuille : Ex autographo exemplari in Castro Sancti Angeli Urbis existenle transcriptum.
3* Bibliothèques d'Italie.
Jifareianus XIV, Bill.
Ms. Marcianus. Classe XIV, n"" diii.
La bibliothèque de Saint-Marc , à Venise , possède un ezem* plaire en papier, écrit au quinzième siècle, et qui comprend 231 feuillets.
Incipit : Scicilia. Tempore quo Viscardus ultramontanus cepit regnum Sciciliœ^ juravit dare, etc. Explicit : Regni nostri anno quarto, dans la donation d'Avignon, par Charles Y, roi de France, en 1368.
Le Liber Censuum proprement dit est réduit , dans cet exemplaire, aux documents justificatifs qui figurent en marge dans d'autres manuscrits. On y trouve, d'ailleurs, des actes du quia* ziëme siècle, ce qui indique que Foriginal d'où provient ce manuscrit était encore en usage à cette époque. Un certain nombre de notes marginales, assez récentes, indiquent les dififérents recueils où certaines pièces ont été publiées.
Du folio 164 au folio 228, les pages sont vides. Au folio 228, Quare factus est equus qui dicitur Constantinus.
Hiceardianut St8.
Ms. Riccardianus 228.
La bibliothèque Riccardi, à Florence, possède, sous le n* 228| un manuscrit du Liber Censuum en parchemin, composé de 365 folios, dont 343 seulement sont numérotés. Les plats de la reliure sont en bois, recouvert de cuir rouge, avec deux fermoirs : sur le dos, à l'encre noire, ou lit une ancienne cote : B. 445 ; à l'intérieur, collée sur la couverture, se trouve une charte de donation en faveur de Sainte-Croix de Fonte Avellana , datée du 17 février 1292.
L'écriture de la partie la plus ancienne est de la première moitié du treizième siècle (1), avec un très grand nombre d'ad*
(1) Elle présente de grands rapports avec récriture du Registre d*Hono^
rius IIL
ditions de diverses époques. De même que le manuscrit Vatican 8486, le manuscrit Riccardi 228 n'a pas été fait en une fois; c'est le produit d'une longue série d'années, qui y ont toutes ajouté quelque chose. Il est pourtant d'une composition plus simple que le manuscrit Vatican, et ses différentes parties sont plus faciles à distinguer les unes des autres.
Le dernier document qui appartienne au corps du manuscrit primitif se trouve au folio 148 de la pagination actuelle; c'est la lettre remise en Tannée 1207 aux légats du pape en Allemagne par les représentants de l'abbaye d'Hilwartshausen, au diocèse de Paderborn. Dans ce premier état, le manuscrit Riccardi 228 commençait donc par la rubrique Incipit Liber Censuum Romane ceclesie^ pour finir aux mots noslrorum sigillorum munimine subsigfiantes qui termine la lettre aux légats.
Ce n'est pas à dire que le manuscrit comprît alors tous les cahiers qui se trouvent aujourd'hui entre la rubrique initiale et les mots sigillorum munimine subsignantes. Les cahiers qui constituent les feuillets 57-64 et 91-94 n'en faisaient certainement pas partie : ils ont été évidemment intercalés au milieu des autres, car ils interrompent une série régulière de cahiers numérotés progressivement de I à CCLXXXVIII (fol. 1-224). Mais il y a plus : si on examine de près l'écriture, si on note, en particulier^ la façon dont sont indiqués les rappels à la fin de chaque cahier, on acquiert la certitude que tous les cahiers numérotés ne faisaient pas partie du manuscrit primitif : les cahiers VIII, IX, X, XI (fol. 65-90), et naturellement les cahiers qui suivent la pièce que je signalais plus haut comme terminant le manuscrit primitif (c'est-à-dire les cahiers XIX et suivants), sont des additions faites au premier noyau.
Il semble donc que le manuscrit que nous étudions se composât originairement de 112 feuillets, répartis en 14 quaternions réguliers.
Plus tard, d'autres cahiers de même format ont été intercalés au milieu de cahiers existants, ou bien ont été ajoutes à la suite, et on a eu un registre de 27 cahiers, hauts de 370 millimètres, larges de 323, tous numérotes, et comprenant un total do 20G feuillets. L'introduction de 2 nouveaux cahiers, l'un, de 8 feuillets après le cahier VII (fol. 57-64), l'autre, de 4 feuillets après le cahier XI (fol. 91-94), a porté à 29 cahiers et à 218 feuillets (chiffrés 224 par suite d'une double erreur de pagination) la matière de ce premier groupe. Les feuillets degarde, qui terminent actuellement le manuscrit (fol. 343-344), se reliaient originairement à cotte
182 ÉTUDE SUR LE LIBER GBNSUDM OB L*â0U8B ROKAIMB.
première partie : ils en ont été détachés lors de Tadjonction de nouveaux cahiers.
Dans ce premier groupe (celui qui se termine au fol. 224), on no doit pas s'attendre à rencontrer un tout homogène, puisqu'il se compose lui-même d'apports successifs. Aussi ne devons-nous pas nous étonner, si du folio 124 au folio 201 v« les rubriques sont accompagnées de numéros d'ordre , qui vont du chiffre 217 au chiffre 288, sans que cette numérotation coïncide le moins du monde avec la place qu'occupent ces documents, — et si du folio 201 au folio 221 les rubriques prennent un aspect tout nouveau, par la couleur, la forme des caractères, et la manière dont elles sont disposées.
Ce sont là des anomalies qu'il faut noter soigneusement, elles sont fort importantes pour qui veut se rendre compte de la formation du manuscrit.
A la suite do ce premier groupo, les nouveaux accroissements du manuscrit Riccardi 228 sont faciles à constater. Non soulomont toutes les pièces qui suivent sont d'une autre écritui^Ot mais , à partir du folio 224 , les cahiers ne sont plus du même format , et nous surprenons pour ainsi dire le manuscrit au milieu mémo do sa transformation. Du folio 225 au folio 306 se trouvent dix cahiers d'une dimension sensiblement inférieure à celle des cahiers qui précèdent. Presque chacun d'eux a son unité. Le premier (1) est consacré aux affaires de Hongrie sous Grégoire IX (225-233) (2), les cinq suivants (3) contiennent les vies des papes jusqu'à Alexandre III (233-273) (4) ; puis viennent deux cahiers occupés par une longue biographie de Grégoire IX (273-289) (5) , et enfin deux autres cahiers relatifs aux négociations avec les Orientaux (286-306) (6). A partir du folio 307, le formai du parchemin se relève jusqu'au folio 335, et nous trouvons successivement un cahier relatif aux cens d'Angleterre et de Sicile, puis trois cahiers
(1) n a 348 millim. de haut sur 255 do large (fol. 225) et ce format se continue jusqu'au fol. 288 inclusivcmont.
(2) « Venerabili iu Christo patri et amico carissimo Jacobo Doi gratîa Prcnestino electo apostolico scdis Icgato Andréas cadem gratia rex Ungarie salutem. »
(3) Ils ont 348 millim. sur 258 de largo, comme le précédent.
(4) a Dicam breviler de Stéphane V..., etc. »
(5) a Venorabilium gcsta pontificum archivis sunt mandanda fidelibas. — - Marchie filios petiturus. »
(G) Relation des légats envoyés auprès de Jean Vatace, empereur do Nicéo. pour la réunion des doux églises : Ugo miseratione divina.,,, etc. Ces deux cahiers (fol. 289-300} ont 342 millimétrés sur 256.
LBS ICANUSGRITS DU LIBER GBNSUUM. 183
remplis par une série d*actes de 1278 et 1279, relatifs à l'acquisition de terrains autour du Vatican (1). Tous ces documents no sont pas d'ailleurs de la môme main (2) , et nous constatons encore ici la même méthode de composition gui a présidé à la formation du manuscrit Vatican 8486.
On a généralement rempli les premières pages de chaque cahier; et, lors même que la série commencée devait déborder sur le cahier suivant, on a cependant réservé les derniers feuillets pour les éventualités de Tavenir. C'est ainsi qu'une bulle de Benoit XII, adressée à Tévêque de Breslau, en 1334 (3), a pris place au milieu d*actes de vente datés de 1278, et relatifs à l'agrandissement des jardins du Vatican. À plus forte raison, les dernières pages des cahiers, tout à fait indépendants^ se sont-elles enrichies de mentions de toute sorte ; sur les cahiers qui contiennent la vie de Grégoire IX, on a ainsi ajouté le serment prêté au Saint-Siège par le duc de Berry en 1391 (4), et Tacte de soumission des habitants de Plaisance en 1331 (5).
En même temps que le manuscrit s'accroissait de la sorte, on lui annexait, en manière de prologue, deux cahiers nouveaux qui d'ailleurs ne furent pas numérotés « et qui furent placés en tête du registre. A des dates différentes, on inscrivit successivement sur ces deux cahiers un index des noms de lieux contenus dans la première partie du volume, le serment prêté au pape par certains officiers de la curie (6) , un tableau comparatif des différentes monnaies mentionnées dans le Liber Censuum (7), et enfin le premier chapitre de l'Evangile selon saint Jean (8).
Tel qu'il est d'ailleurs , et malgré son manque d'homogénéité , le manuscrit Riccardi 228 est peut-être de tous les manuscrits du
(1) Terrains achetés par les camériers Berardus de Faveria et Angélus de Veczosis pour le compte du pape.
(2) Ni de même format, car du fol. 335 au fol. 342 inclus nous avons un cahier de 313 millim. sur 240.
(3) c Benedictus episcopus servus, etc. : Expositio felicis recordationis Johannis pape XXII pro parte , etc. — Datum apud Pontem Forgie m kal. septembris. »
(4) c In nomine domini amen. Pateat universis presentis scripture seriem... mensis mardi die vigesimo. »
(5) < In nomine domini amen. Ânno ab incamatione domini millesimo GCGXXX primo, die lune ultimo monsis septembris, etc. »
(6) a Instrumentum addextratorum, mappulariorum et cubiculariorum. »
« Uii sunt fideijussores quod dédit dominus Gonradus de Antiochia domino pape, n
(7) c Avalvationes censuales apostolicœ camerœ. o
(8) « In principio erat Verbum — plénum gratie et veritatis. »
184 ÉTUDE SUR LE LIBBR CBN8UUM DB l'ÊOLISE ROMAINB.
Liber Censuum le plus soigné y on pourrait presque dire le plus luxueux. L'espace n'a pas été ménagé, les marges sont belles, les lettres grandes , les initiales enluminées avec soin.
Riceardianutn9, Ms. RlccardlanuB 229.
Le manuscrit Riccardi 229 est un manuscrit en parchemin de 402 feuillets, hauts de 37 centimètres et larges de 26, dont 392 sont numérotés. Les plats de la reliure sont formés de tablettes de bois recouvertes en cuir rouge, sur lequel sont imprimées des armoiries qui paraissent être celles des CaraQa. Un des deux fermoirs de cuir a été arraché.
Le manuscrit est daté de 1388, onzième année d'Urbain VI. Mais il a reçu un certain nombre d'additions.
Le corps primitif du manuscrit est facile à reconstituer. En 1388, il commençait aux mots : Incipit Liber Censuum Romane Ecclesie (fol. i), et finissait aux mots : et regni noslri qutnto (fol. ccGLXxxvi). L'écriture suffirait au besoin pour indiquer l'étendue du manuscrit primitif, mais il a été paginé en chiffres romains (1) au moment même de sa rédaction, ce qui permet de le retrouver eu toute certitude. On a ajouté depuis loi*s trois nouveaux documents à la suite du manuscrit (fol. 376-382), et un certain nombre de mentions sur le cahier de garde.
C'est, en effet, au neuvième feuillet seulement que commence la pagination ; mais le cahier blanc qui précède faisait déjà partie du manuscrit primitif, car c'est sur le revers de sa dernière page que se trouve, avec les armes d'Urbain VI, très joliment enluminées, la longue note suivante :
In nomine domini amen, Anno ejusdem M^CCC^LXXX^VIW^ indictione Xhy pontificatus satictissimi in Christo patris et domini nostri domini Urbani divma providentia pape sexti anno undecimo^ in domo habilalionis reverendi in Christo patris domini Augustini Dei et apostolîce sedis gratia Pennensis et Adriensis episcopi, ac domini nostri pape prefati thesaurarii, presbyter Antonius Landus de Albeto^ Sorane diocesis^ presenlem librum censualium jurium camere apos^ tolice propria manu scripsi. Deo gratias referamus, amen^
Ce premier cahier blanc a reçu, au quinzième siècle, deux documents, l'un qui commence ainsi : Notandum et attendendutn est quod quinque minuta servitia que solvuntur per prelatos (2) ;
(1) Chiffres romains à Tencre rouge.
(2) « Notandum et attcndendum quod quinque minuta servitia que solvun* tur per prelatos in promotionibus persolvantur modo infrascripto, videlicoi
Tautre gui est la Declaratio valoris monetarum in hoc cemuali deseripUtrum , empruntée par Lavesius , notaire de la Chambre apostolique au temps d*Eugène lY, à un ancien Liber Censuum {extraxi de antiqiu) censuali).
Sur les autres feuillets de ce cahier de garde se trouvent ensuite des mentions diverses. Quomodo factus est equus qui dicitur Constantini, vade ad fol. XC. — Quando et quo sint facti qui sunt ut vulgo dicitur in nionte Cavallo, vade ad fol. LXXIX. — Ordo benedi' cendi imperatorem^ fol. CXXXIL Puis, d'une écriture plus ancienne, cette maxime : Non bene pro toio libertas venditur auro : pecuniam in loco négliger e interdum maximi est lucrum (1).
Les initiales sont alternativement rouges et bleues , de même que les signets qui séparent chaque paragraphe. L'écriture est très soignée.
Il 7 a par endroits un certain nombre de pages vides (fol. 68, 69, 70, 74, 250, 251, 252, 317), mais aucun document n'a été inséré sur ces pages laissées libres. C'est seulement dans le Liber Censuum proprement dit que les additions ont été nombreuses : en plus d'un endroit elles font plus que doubler le texte primitif.
Incipit : Notandum et altendendum.
Explicit : Imperii vero anno primo,
Ms. Bononianus 477.
La bibliothèque de l'Université de Bologne possède , sous le Bononianus 477. numéro 477, un exemplaire du Liber Censuum en papier, écrit vers le commencement du dix-septième siècle, et comprenant 439 feuillets numérotés. On lit sur la première feuille : Cendi Camerarii Liber Censuum 5. R. E. Codex ms. sec, XVI descriptus ex autographo anni 4492 in arce Sancti Angeli servato.
Entre les deux premières pages est collée une feuille de papier sur laquelle une main du dix-huitième siècle a inscrit un certain nombre de renseignements relatifs au Liber Censuum, Sur la deuxième page, une notice de première main nous apprend que le manuscrit a été copié sur l'exemplaire conservé au château Saint-Auge, exemplaire qui a reçu d'Innocent VIII une consécration officielle (2). Nous trouvons ensuite une table géographi-
qnia unum recipiant clerici collogii et débet distribui inter familiares dominomm cardinalium per dictos clericos collegii. Quatuor vero servitia que restant consueverunt recipi per campsorem camere..., etc. »
(1) J'ai trouvé la même maxime dans un Liber Taxarum du quinzième siècle (Bibl. de Munich, lat. 903, fol. 199 V}.
(2) c Nota quod tcmpore Innocentii VIII ex decreto çamere fuit datum
que des principaux noms de lieux , avec renvois aux différentes pages. Puis, Incipit Liber Censuufn Romanœ Ecclesiœ (fol. numé* roté i). Le texte finit au folio 439, par ces mots : imperii vero anno primo.
Sur les deux dernières pages, mêmes notices que dans le manuscrit Barberini XXXIII, 34. Ni les instruments de vente de 1278 et 1279, ni les biographies pontificales, sauf le premier chapitre : Dicam breviier,.. ad amicum inveniel^ ne se trouvent dans ce manuscrit. L'exemplaire , doré sur tranches , est relié en cuir rouge ; sur les plats , les armes de Benoît XIV : il provient, en effet, de la bibliothèque de ce pape.
Neapotiianus Ms. NeapoUtaHUS V. H. 63.
La Bibliothèque Nationale de Naples possède, sous le n^ Y. H. 63, un exemplaire An Liber Censuum en papier, de la fin du seizième ou du commencement du dix-septième siècle, comprenant 578 ^ feuillets. Le texte commence au folio numéroté i, par les mots Incipit Liber Censuum Romanx Ecclesiœ ^ et finit au folio 562, par le privilège de l'empereur Sigismond à Eugène lY, aux mots : imperii vero anno primo. Hic usque Liber Cencii camerarii de censibus R. E.
Sur les pages qui précèdent le texte, on lit : Liber Censuum Romans Ecclesix a Centio camerario compositus , puis , Nota quod tempore Innocenta VIII ex decreto camerx fuit datum eertum testi^ moniale ex libro originali existente in Castro Sancti Angeli,». cujus libri existentis in Castro predicto liber iste est exemplum. A la page suivante, un index titulorum à peine ébauché. Au folio 563, lettre de Panvinio sur le Liber Censuum; le folio 564 est vide; au folio 565, notandum et attendendum est quod quinque minuta servitia^ etc. Au folio 566 , Declaratio valoris monetarum in hoc cen^ suali descriptarum^ extraite d'un censualis antiquus par un notaire apostolique sous le pontificat d'Eugène IV (1). Au folio 568, notice sur Ferrare : Romana ecclesia débet habere. Puis les armes d'Urbain VI et la note relatant la copie faite du Liber Censuum eu 1388 par Landi d'Alvito (Cf. ms. Riccardi 229). Dans les marges, on trouve quelquefois cette mention : modernis litteris.
eertum testimoniale ex libro originali existente in Castro Sancti Angeli, ex quo arguitur libro ipsi adhibcndam esse fidom. Patot libro I diversomm ejusdem Innocontii fol. 222 in archivio camere, cujus libri existentis in Castro predicto liber iste est exemplum. »
(1) F. Lavesius.
LB8 ICANUSGRITS DU LIBBR GBNBUUM. 187
Mb. Brancaocianus II. G. 6.
La bibliothèque Brancacci , à Naples, possède, sous la cote II. G. 6 , un exemplaire du Liber Censuum en papier, datant du dixseptième siècle. C'est l'exacte reproduction du manuscrit V. H. 63 de la Nationale de Naples , avec cette différence toutefois que rindoz du commencement, à peine ébauché dans le manuscrit de la Nationale, est ici tout à fait complet (1).
Braneaetianu* II. G. 0.
Ms. Catanensls.
La bibliothèque do San Nicolô d'Arena, ancien monastère bénédictin , devenu aujourd'hui bibliothèque municipale , possède un exemplaire du Liber Censuum y en papier, qui date du dixhuitième siècle, et dont les feuillets sont numérotés de 105 à 489. Sur la pi'omière page : Monaslerii SancU Nicolai de Arenis Catanim ad usum P. D. Placidi... a Catania. Incipit, au folio 105 (fol. 2) : Incipit Liber Censuum sancte Romane ecclesie a Centio Camerario compositusy etc. Le manuscrit se termine par la lettre d*Honorius III, relative au recouvrement des biens de la comtesse Mathilde(2).
Catanentii.
A* Hor8 d'Italie,
Ms. Parisinus 4188.
La Bibliothèque Nationale possède un exemplaire du Liber Censuum sous le n® 4188.
C'est un manuscrit du quinzième siècle, on parchemin ; il est postérieur tout au moins à l'année 1402, car il contient un document qui porte cette date (3). Il a 431 folios, plus deux feuillets de garde au commencement et deux à la an. Les initiales sont alternativement rouges et bleues; de loin on loin, il y a quelques lettrines sur fond d'or; en deux endroits (au fol. 11 et au fol. 51), les initiales E (au fol. 11) et A (au fol. 51) sont ornées de dessins variés, au milieu desquels se détachent les armes de Benoît XIII (Pierre de Luna), que le catalogue de la Bibliothèque Nationale
Partiinu» 4188.
(1) Il est de toute évidence que le ms. de la Brancacciana procède directement du ms. de la nationale de Naples.
(t£) a Littore domini pape de rccuperatione castrorum et terrarum comita» tus comitisse Mathildis » (18 février 1220).
(3) Le serment d'hommage prêté à Clément VII par le dnc de Berry on 1391, enregistré dans le Liber Censuum par ordre de Benoit XIII (Pierre de Luna) en 1402 (fol. 402).
188 ÈTUOB SUR LB LIBBR GBNBUUtf DB L*ÉOLISB ROKAINB.
indique à tort comme étant celles de Pie II. Les titres sont en rouge, les majuscules sont teintées en jaune à Tintérieur.
Quelques folios sont vides , mais il n'y a aucune addition au manuscrit primitif.
Incipit : Census episcopatuum monasteriorum, Ezplicit : Datum Perusii... pontifleatus nostri anno primo.
Sur les premières pages de ce manuscrit figure le dépouillement minutieux d'un autre manuscrit plus complet; puis (fol. 10), le privilège de l'empereur Henri VII, daté de Lausanne, 1310^ et enfin (fol. 11), le Liber Censuum proprement dit.
Le manuscrit a été soumis à une revision sévère, et les correotions sont indiquées à l'encre rouge. Il a été relié peu après son entrée à la bibliothèque du roi.
Jfediomontanut
Ms. MediomontanuB 5368.
La bibliothèque de Sir Thomas Phillipps à Cheltcnham (autrefois Middlehill) contient, sous le n"" 5368, un manuscrit de papier de 100 feuillets, écrit au dix-huitième siècle, qui porte ce titre sur le folio de garde : Cencii Camerarii Liber Censuum 5. R» E. excriptus ex codice qui servalur in arce Aelia juxta exemplar eodicis bibliothecx Casaliensis in urbe. A, MDCC XL.
Incipit (fol. 1) : Incipit Liber Censuum^ etc. — Explicit (fol. 100) nomine solito signavi in fidem et testimonium omnium suprascrip* torum requisitus.
Le dernier document du manuscrit est le serment prêle en 1374 par Frédéric d'Aragon, roi de Sicile, au pape.
Sur la couverture : Ex libris Marii Marefusci, 1780. — Le manuscrit a été acheté par Sir Thomas Phillipps à la vente de la collection de lord Guilford (1).
Aotros
maauserits
signalés.
Il faut dire un mot, pour terminer, do quelques manuscrits perdus, ou signalés, à tort ou à raison, comme exemplaires du Liber Censuum.
La Bibliothèque Âlbani contenait un manuscrit deCencius sur papier du seizième siècle. Ce manuscrit a disparu dans le naufrage du bâtiment qui emportait en Allemagne cette riche bibliothèque.
Dans son édition de Fabricius, Mansi indique à Lucques, dans la bibliothèque du chapitre, un exemplaire du Liber Censuum^
(1) Jo dois ces Tonseigntments à la bionveiUanco du Rév. J. E. A. Fen* wich, héritier de Sir Thomas Phillipps ; qu'il me permette de lui en exprimer ici publiquement toute ma reconnaissance.
LES MANUSCRITS DU LIBBH GBNSUUll. 189
SOQS le Qo 545. Ce manuscrit n*est en réalité qu'un exemplaire de la collection du cardinal d'Aragon.
Bethmann,au YIIP volume de VArchiv^ signale à Madrid, dans la bibliothèque royale, sous le n® R, 49, un manuscrit du Liber Censuum (1) : ici encore c'est du cardinal d'Aragon qu^il s'agit.
Pertz a répété, sur l'autorité de Blume, qu'il y avait à Pérouse un manuscrit du Liber Censuum prétendu autographe (2). Le manuscrit en question est le manuscrit autographe d'un jurisconsulte du dix-septième siècle, Louis Aurelio (mort en 1 637), et n'a rien à voir avec le manuscrit de Gencius.
Ajoutons enfin que le manuscrit 819 de la Bibliothèque Corsini (3), les manuscrits Vat. lat. 1437 et 7031, le manuscrit Ottoboni 2651, les manuscrits de Paris 5142 et 5150, le manuscrit XXXIII, 112 de la Barberine contiennent seulement des extraits du Liber Censuum.