‹ Étude sur le marché monétaire de Changhaï: au début du XXe siècleChapitre 100 sur 115 · OM SION EL · texte numérisé non relu

OM SION EL

Le nombre : 4,78015, est constant pour calculer la parité des barres d’or avec le yen japonais d’après le cours de change du « Telegraphic transfer ». Si ce dernier est multiplié par le nombre constant : 4.78015, nous pou. vons savoir la parité d’une barre d’or avec le taël de Changhaï, ou le yen japonais. Supposons que le cours de change du yen, d’après le « Telegrafic transfer » soit

de 81,795 taëls de Changhaï ; ainsi, la parité d’une barre

(45) E. Kann. The currencies of China, 2 édition, p. 333.

— hh3 A

d'or avec le taël de Changhaï, est de 390.778 taëls (4.78015 x 81.75 —39g0.778).

D'après les deux règles ci-dessus, nous pouvons calculer la parité des barres d’or avec le taël de Changhaï, soit par le cours de change de la livre sterling (T.T.), soit par celui du yen japonais (F. T.). Mais les frais de transport, d'assurance, etc... n’y sont pas compris. Pour importer 100 onces d’or standard de Londres, les frais sont de 0,75 once environ (16) ou 700 pence. Quant aux frais d'importation de 100 yen japonais, ils sont de 9,2): yen {17).

En dehors des méthodes énumérées ci-dessus, il y a encore une autre méthode pour calculer le prix de barres d’or. C’est la méthode de calcul d’après le règlement de livraison des barres d’or à la Bourse. Si la date de liquidation est arrivée, l'acheteur demande à prendre livraison, La parité des barres d’or avec les Yen japonais est fixée à 480 yen, et le vendeur lui donne:3 taëls de plus par barre (18). Si le cours de change du yen (T.T.) est de 81.75 taëls, le prix d’une barre d’or, calculé selon la méthode ci-dessus, est de 395.4 laëls de Changhaï coinme suit

(16) E. Kann. The currencies of China, trad. chinoise, p. 335. (15) Ma ying-tsou ; Kiäng-yen-{si, vol. IV, p. 122. (18) Articles 43 du règlement des Opérations de la Bourse des

barres d’or de Changhaï.

Par conséquent, cette méthode de calcul n’emploie pas les nombres constants, comme nous lavons indiqué plus haut. |

Du reste, la barre d’or de Changhaï pèse généralement 10. taëis. Mais pour l'exportation, elle est formée de 7 barres, pesant 70 taëls et toujours au titre de 978 millièmes (19). Ceci dit, nous pouvons essayer d'étudier les rapports avec le mouvement monétaire de Changhaï, et les moyens que les banquiers ou spéculateurs peuvent employer pour faire des opérations au marché-des barres OT:

II. — TRANSACTIONS DE BARRES D'OR ET. LEUR RELATION AVEC LE MARCHÉ MONÉTAIRE

En dehors des opérations en spéculation qui sont courantes au marché de la Bourse, il y a trois sortes de transactions à la Bourse des barres d’or, qui ont une relation très intime avec le mouvement monétaire de Changhaï. Ce sont les transactions de barres d’or pour être exportées, celles effectuées pour éviter les pertes résultant des transactions de monnaies étrangères, celles enlin pour éviter les pertes résultant de la fluctuation des cours de change extérieur. Ce sont des phénomènes particuliers au marché monétaire de Changhaï qui est un marché à circulation de l'argent et surtout un marché luttant toujours dans l’effervescence de la dépréciation du prix mondial de l’argent. Comment cela Nous le décri-

vons immédiatement :

(19) Yang yin-pou. Tchong-liouo-kiao-yi-sou-liun, p. 164.

+ otre

3 D .! : x 1. Achats de barres d’or pour l'exportation

Cette sorte de transaction peut avoir lieu au moment où l’on peut réaliser un profit de la différence entre les cours des"barres d’or à Changhaï et la frappe des monnaies d'or à l'étranger (20). Il arrive très fréquemment que les cours des changes extérieurs ne varient pas pendant une ou deux semaines. Quant à la cote des barres d’or à la Bourse, elle varie continuellement. Quelquefois, à cause de la spéculation dans un même jour, il y a des variations très grandes. Ainsi, on peut trouver des occasions d'acheter des monnaies d’or aux étrangers, ou d'acheter des barres d’or afin de les exporter et de les convertir en monnaies d’or. Cette dernière opération est très fréquente pour le Japon. D'abord, c’est parce que le Japon est un pays voisin de Changhaï, de sorte que le ae et les frais de transport peuvent être économisés. D'autre part, la cote des barres d’or à la Bourse suit le cours de change du yen japonais (21). C’est pourquoi le marché des barres d’or de Changhaï est en relations très intimes avec le marché monétaire du Japon. US es que le cours de change du yen japonais soit de 54 taëls de Changhaï. En calculant d’après le chiffre constant 4.78015, que nous avons indiqué plus haut, la parité d’une barre d’or est de 258.13 taëls de Changhaï, comme suit

Le chiffre constant de 4.78015 x 54=258.128r taëls.

(0) Yang vin-pou. Yang-tchou-tchong-kouo-kin-yong-liun, p. 510. (or) Ma vin-tsou ; Tcehong-kouo-kouo-wai-houei-louei- pp. 157-

En même temps, le prix d’une barre d’or à la Bourse n’est que de 250 taëls. Ainsi, le cours courant est au-dessous de la parité. Dans ces conditions, on peul vendre des barres d’or sur le marché du Japon, et les acheter à Changhaï, afin d’exporter celles-ci pour faire face à la livraison de celles-là. Ou bien on vend des yen japonais à Changhaï et on les achète au Japon afin de les importer pour faire face à la livraison de Changhaï. Dans les conditions ci-dessus et après défalcation des frais de transport, on peut réaliser un profit. Si l’on achète au comptant trente « ping » de barres d’or, c’est-à-dire 210 barres à Changhaï, et qu'en même temps on vende à terme la même quantité au Japon, on peut exporter les barres d’or de Changhaï et réaliser un profit après

paiement des divers frais selon la formule suivante

a. — D'après la parité, 258.13 taëls, les 210 barres doivent être évaluées rom m0813=45/,20730) Nb4507,50MmeS b. — Le frèt, l'intérêt, etc., sont de 0.25 % (retirés du chiffre ci-des- US (25) ALT ue CR RER 130,2 taëls c. — Ainsi les 210 barres vendues au Japon doivent rapporter .... 54.071,78 taëls

a” D'après la cote courante, 250 taëls, les 210 barres doivent être évaluées à

(210 X 250 = 52.500,00 taëls) : 52.500,00 taëls

(22) E. Kann. The currencies of China, 2° édition, p. 320.

— br —

b’ Le prêt, l'intérêt, etc., sont de 30 % (à ajouter au chiffre ci- D di nie do nes ne 157,50 taëls

.€’ Ainsi les 10 barres achetées

à Changhaï et livrées au Japon doi- SONDE. COMPICCS Peer can 52.657,50 taëls Le profit net de cette opération est de DO TOE— 2007.00 I DL 20-148lS

La même opération peut être appliquée aux autres pays. Mais pour réaliser les profits résultant de l’exportation des barres d’or comme dans l'opération indiquée ci-dessus, il nous faut trouver l’une des cinq conditions suivantes : a) La cote des barres d’or tombe et le cours du change étranger est constant ; b) le cours du change étranger augmente, et la cote de barres d’or est constante : c) la cote des barres d’or tombe et le cours du change étranger augmente ; d) le cours du change étranger et la cote des barres d’or tombent à Ia fois, surtout le dernier ; e) la cote des barres d’or et le cours du change étranger augmentent en même temps, surtout le dernier, Dans chacune des conditions ci-dessus, on peut faire des spéculations qui ont quelquefois une grande influence sur le cours des changes étrangers à

Changhaï.

(3) E. Kann. The currencies of China, 2° édition, traduction

chinoise, p. 328.

fnac

>. Achats de barres d’or pour éviter la perte qui résulterail de la vente des monnaies étrangères

Cela ressemble un peu à l'opération d'arbitrage à la Bourse. Certaines valeurs, principalement des fonds d'Etat, sont cotées à la fois dans les principales Bourses. Un capitaliste désirant acheter ou vendre des titres semblables, a donc tout intérêt à rechercher sur quelle place il doit opérer afin de le faire le plus avantageusement possible. De même, lorsque l’on dispose de gros capitaux ou d’un crédit considérable, il est parfois possible de spéculer sur ces valeurs en les achetant dans une Bourse pour Îles revendre immédiatement dans une autre (24). Il en est de même dans l'opération ci-dessus. Mais l'achat de barres d’or pour garantir le profit résuitant de la vente des monnaies d’or à un but un peu différent. Pour prévenir les pertes pouvant résulter de la vente à terme des monnaies étrangères, on peut acheter en même temps une même quantité de barres d’or. Au contraire, pour diminuer la perte pouvant résulter de l'achat de barres d’or à terme, on peut aussi vendre en même temps une même quantité de monnaies d'or à ierme.

Les pertes ou les profits suivent la fluctuation des cotes de barres d’or et le cours de change des monnaies d'or étrangères, autrement dit, suivent la variation du

prix de l'argent qui s’est-déprécié sévèrement depuis cinq

(24) Louis François. Traité des Opéralions de Change-Bourse-

Banque, 6° édition, p. 183.

ans. Plus le cours de l'argent varie, plus le cours de chande étranger de la Chine varie et plus cette opération est nécessaire. En achetant des monnaies d'or étrangères et en vendant en même temps des barres d’or, on réalise, malgré cela, un profit plus élevé; mais mieux vaut garantir que perdre tout ou une grande partie, du fait des fluctuations du prix de l'argent (25). Quoiqu'il y ait quelquefois des différences, entre le prix des barres d’or et la parité des monnaies d’or étrangères, résultant de la variation du cours de change étranger, elles ont peu d'importance, sauf dans certaines conditions anormales, comme dans la condition du cours forcé dans un pays à étalon or, Supposons qu'un banquier À achète à terme 10.000 livres sterling (F.T.) de Londres, la date de livraison étant fixée à deux mois. Le cours de change (T.T.) est de 3 s. 5 pence (41 pence) par taël de Changhaï. Ainsi, théoriquement, le banquier À doit payer 58.536,58 taëls pour ces 10.009 livres sterling, comme suit : £ 10.000 : 41 pence — 58.536,58 taëls. En même temps, le banquier À charge un agent de change de la Bourse des barres d’or de vendre 32 « ping » de barres d’or, c’est-à-dire de 224 barres, la date de livraison étant fixée aussi à deux mois. La cote des barres d’or est de 250,5 taëls. Ainsi, théoriquement, le banquier À doit recouvrer, de cette vente, 58.128 taëls comme suit : 224 x 259,5=58.198 taëls. Après avoir acheté des livres sterling et vendu des barres d’or, le banquier

À doit, avant la date de livraison, revendre la même

(25) Yang yin-pou, Tchong-kouo-kiao-yi-sou-liun. (Traité des Bour-

ses de la Chine), pp. 171-172.

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