FOR A8 A
de la Chine sont appelées Ts’ièn-tchouang et celles au sud et au nord de la Chine Ying-hao (26). Parmi les banques indigènes, ou Ts’iên-tchouang du centre, celles qui sont établies à Changhaï sont les plus puissantes, Dans l’ancienne cité de Changhaï, les indigènes n'étaient d’abord que de petits changeurs de monnaie (27). Quand ce port iut ouvert, les commerçants étrangers y affluèrent et le commerce s’y développa de plus en plus. Mais le mécanisme monétaire, suffisant pour faire fece à cette demande,
inanquait encore.
Ainsi les banques étrangères s’établirent et les petits changeurs de monnaie les imitèrent et se réorganisèrent sous la forme actuelle (28). Entre 1857 ci 1874, les banques indigènes, à Changhaï, marquaient une période de grand développement. Vers 1875, il y en avait environ quatre-vingts et ce nombre s’est maintenu jusqu’à ce jour. Après la guerre sino-française (1883- 1885), elles subirent une crise sévère et il n’y en avait que vingt en opérations. Mais elles reprenaient rapidement lcur position antérieure, La crise des banques indigènes de « Newchwang » en 1910 avait entraîné quelques fail-
lites des banques de ce genre à Changhaï. En peu de
(26) Tchou P'ing-vuen. Houo-p'i-ying-hang-hio : (Monnaie et Banque), p. 2783.
(27) T'ai Ng’ai-joù, Cheng-yi-king, p. I et S. R. Wagel, Chinese
currency and Banking, D. 179.
(28) Perey Chu, Native Banks in Shanghaï, cité dans le « Bri-
{ch Chamber of Commerce Journal », ocl. 1928, p. 26».
temps, elles purent se rétablir et surmonter tous les obstacles (29).
Par contre, les banques indigènes de Chang-haï rencontrèrent deux grandes. crises (30) ; nous devons les exposer séparément. L'une est la crise des « primes pour les dépôts », appelée crise de « T'ie-p’iao » en chinois, et l’autre la crise des actions de catouchouc. (Panic of the Rubber shares).
Pendant les quinzième et seizième années du règne de Kouang-siu (1889-1890), un banquier, M. Tchéng, établit à « Si-kK’i-p'an-kiai », de Changhaï, la Banque Indigène de « Hie-houo » qui, la première, entreprenaif une méthode de T'ie-p'iao ». Un déposant y versait 98 dollars d'argent, et la banque lui donnait un billet à ordre de cent dollars. Deux semaines après, celui-ci pouvait ètre présenté à la Banque pour toucher cent dollars. Autrement dit, un déposant pouvait tirer cent dollars au lieu des 98 dollars de dépôt. C'était une prime accordée pour les dépôts, et appelée « Tie-p'iao » en chinois (31). L'argent au comptant afflua donc aux banques indigènes qui avaient adopté cette méthode, et
celles-ci l’utilisaient pour faire des avances à leurs clients
(29) Percy Chu, Native Manks in Shanghaï, cité dans le «€ Briüish Chamber of Commerce Journal », oct. 1928, p. 202,
(30) Pour bien connaître toutes les crises rencontrées par les Banques indigènes sur le marché monétaire de Chang-haïf, nous pouvons soir : S. R. Wagel : Chinese Currency and Banking, pp. 206-216.
(31) Tai Ng’ai-jou, Chéng-yi-king. (Manuel des Commerçants),