‹ Étude sur le marché monétaire de Changhaï: au début du XXe siècleChapitre 19 sur 115 · B) PRÊTS · texte numérisé non relu

B) PRÊTS

Les. prêts ou avances indigènes peuvent être divisés en quatre sortes : prêts à découvert, prêts sur nantissement ou consignation, prêts par la méthode des « overdraw » (65), et prêts ou avances aux collègues ou aux autres banques (66).

I. — Prêts ou avances à découvert. — Cette sorte de prêts n’est pas fréquente dans les banques modernes ; mais elle est habituelle dans les banques indigènes. On appelle prêts à découvert des prêts faits aux clients et basés sur la confiance sans qu'il soit exigé aucun nantissement. Ainsi les banques, pour faire des prêts de cette sorte, doivent bien connaître la condition économique et sociale de leurs emprunteurs. Ces prêts sont divisés en deux catégories : les prêts à découvert sur demande et les prêts à découvert à terme. Les premiers sont des prêts à découvert qui n’ont pas un terme fixé pour le recouvrement, mais qui doivent être rendus sur demande des banques prèteuses (67), ou qui doivent être liquidés à la fin de l’année, date de liquidation de toutes les dettes à découvert cu des ventes à crédit selon l’habitude commerciale chinoise. Si les deux parties se sont mises d'accord, ils peuvent aussi être virés au compte de l’année suivante. Le taux d'intérêt de cette sorte de prêts est basé sur celui des dépôts sur demande, fixé en général

par le Syndicat des Banques Indigènes ; mais générale-

(66) Li Kiuên-ch'e, Chang-haï-tche-tsi'èn-lchouang. (Banques indigènes de Chang-haï) pp. 19-23).

(67) Ibid. p: r9.

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ment supérieur à celui-ci. Quant aux prêts à terme, ils sont fixés à trois mois, à six mois et à un an (68). Selon la coutume, la fin du troisième et du neuvième mois de la lune du calendrier ancien chinois est la date de liquidation de cette sorte de prêts (69). Si la date de liquidation n'est pas arrivée et que le débiteur veuille rembourser d'avance, il lui faut obtenir la permission des banques prêteuses. Par contre, les troisième et neuvième mois de la lune sont aussi la période où lon fait des avances de cette sorte : c’est à ce moment-là, selon l’habitude commerciale chinoise, que se place la demande saisonnière d'argent, où beaucoup de commerçants, manquant de capitaux, en demandent pour acheter des marchandises : coton, soies ou thé. Ils les empruntent généralement le neuvième mois de l’année et les rendent le troisième mois de l’année suivante (70).

>. — Prêts sur nantissement : «A se fait un grand nombre de prêts dans lesquels le prêteur reçoit en garantie, outre l’engagement personnel de l’emprunteur, un dépôt de titres ou de marchandises dont le prix est affecté par privilège au remboursement de la somme prêtée (71)»

(68) Yang Yin-p’ou, Chang-haï-kin-yong-tsou-tchén-k'ai-yao, ?. ha.

(6e) Le Calendrier ancien chinois. est abandonné depuis que le gouvernement central s’est établi à Nankin. Mais les dates de liquidation du commerce sont fixées aux mois du calendrier nouveau correspondant à ceux du calendrier ancien.

(70) Li Kiuên-che, Chang-haï-tche-lsiêén-tehouang, p. 20.

(71) J. G. Courcelle-Seneuil : Les opérations de Banqu*, 1°

édilion, D. 111.

On emprunte de cette manière sur dépôt d'inscriptions de rente, d'actions industrielles, de contrats légalisés, etc., (72) sur dépôt de matières d’or et d’argent, sur gage ou nantissement proprement dit et sur warrants ou cer-. tificats des Magasins généraux, etc... Ces prêts sont de deux sortes : les prêts sur nantissement sur demande et les prêts sur nantissement à terme. Ceux-ci sont, en général, fixés à six mois et faits au troisième ou au neuvième mois de la lune selon l'habitude commerciale de Changhaï. Quant aux prêts de ce genre sur demande ou à terme fixés particulièrement, le terme de liquidation peut être convenu entre les deux parties. Le taux d’intérêts de ces prêts est convenu d'avance d’après la tendance du marché monétaire. La valeur du nantissemeni est fixée de nouveau selon le prix courant, afin que, si le débiteur ne peut tenir sa promesse de les liquider, le prêteur puisse les vendre. Mais quelquefois, le montant du prêt ne dépend pas de la valeur du nantissement. « Pour un nantissement de cent cinquante ou cent soixante mille taëls on fait quelquefois un prêt supérieur de quarante ou cinquante mille taëls, à la valeur du nantissement. Cela dépend de la convention établie entre les deux parties » (73).

3. — Prêts par la méthode des « overdraw » : 1] peut être tiré plus du chiffre déposé (overdraw) en dépôt sur demande, comme nous l'avons dit. Mais, en dehors de

cela, il y à une autre sorte d’ « overdraw ». Il peut être

(72) Li Kiuên-che, Chang-haï-lche-tsién-tchouang, p. 93.

(73) Li Kiuên-che, Chang-haï-lche-tsiêén-lchouang, p. 23,

tiré un chiffre supérieur à celui du dépôt, avec un nan tissement, C’est un prêt sur nantissement proprement dit (74). Si un déposant veut tirer par chèque un dépôt supérieur au chiffre déposé, il peut convenir avec le banquier de lui donner un nantissement pour garantir l'excédent. La méthode d’ « overdraw » est considérée comme dangereuse par les banquiers européens ou américains. Mais la condition sur le marché monétaire de Changhaï est un peu différente. Parce que les communications sont mauvaises pour la vente selon la méthode du crédit documentaire (Documentary credit), et que les commerçants sont obligés de porter des espèces à l’intérieur pour effectuer leurs achats, cette sorte de prèts par la méthode des « overdraw » facilite le com-

merce.

4. — Prêts aux autres Banques : Cette sorte de prêts ne ressemble ni à celle des prêts à découvert, indiquée plus haut, ni aux prêts sur nantissement, ni aux prêts par la méthode des « overdraw », Elle est toute particulière. Ce n’est qu’un prêt à un ou deux jours dont le taux d'intérêts est celui qui a cours sur le marché de Changhaï. Quelquefois, le terme est un peu plus éloigné. Les banques contractent ces emprunts pour faire face à une demande immédiate et celles qui les leur accordent utilisent ainsi leurs disponibilités momentanées et en tirent

des intérêts. Sur le marché des transactions de l'argent,

(74) Yang Yin-p'ou, Chang-haï-kin-youg-lsou-l'cheu-k’ai-yao,

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une grande quantité de prêts de cette sorte est eifectuée chaque jour.

Les dépôts et les prêts sont les deux principales opérations des banques indigènes. Toutes les autres, telles le commerce des métaux précieux, l’escompte des effets de commerce, le change intérieur et l'émission confiée des billets des autres banques d'émission, etc... ne sont que secondaires. Le commerce des métaux précieux est malgré cela une des sortes d'opérations des banques indigènes ; mais elles ne le font que dans un but de spéculation à la Bourse (75). L'escompte des effets de commerce ne se développe pas sur le marché de Changhaï. En raison de la vigilance qu'elles apportent dans leurs opérations et des difficultés d'investigation du crédit, elles ne veulent pas les accepter sans distinction, bien qu'ils affluent chez elles. Quant au change intérieur, il était autrefois monopolisé par les banques du Chan-si (P'iaohao) avant l'établissement des banques modernes chinoises. Actuellement, la plus grande partie des opérations de cette sorte est effectuée dans les banques modernes (76) En raison de leur cours de change, un peu plus favorable que celui des banques modernes, les banques indigènes peuvent en retenir une petite partie. Mais il leur est difficile de développer cette sorte d'opérations, parce qu’elles ont peu de succursales ou d'agences dans les autres villes de l’intérieur.

(799) Yang Yin-p'ou, Chang-haït-kin-youg-tsou-tcheu-k’ai-yao,

76) Tchong-kouo-Gnien-kien. (The China year Book), N° 1,

pé1z.

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