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HS « Yuen-tzen-tchouang » en chinois, elles peuvent aussi Yÿ entrer sous certaines conditions (78). Toutes les autres banques qui n’en sont pas membres et ne peuvent directement y faire des compensations doivent charger les premières de les faire à leur place, en déposant une certaine quantité d'argent chez elles pour constituer le fonds de liquidation. C'est un moyen très important pour les banques indigènes de diriger le mouvement monétaire des autres banques, d’une part, et d'utiliser cette grande masse de dépôts pour leurs diverses opérations, d'autre part. Cette Chambre est rattachée au Syndicat des Banques Indigènes (79).
Deuxièmement : Syndicat des Banques Indigènes. Cet organe est aussi constitué par les banques indigènes de premier et de deuxième rang, ou « Houo-houei- Tchouang » et « Yuen-tz'eu-tchouang » en chinois (80). Ses membres sont au nombre de quatre-vingt-sept, ce qui constitue 77.60 °/° du nombre total des banques de premier et de deuxième rangs. Autrement dit, les plus puissantes des banques indigènes en font partie. En raison de la position prépondérante occupée par les banques indigènes sur ce marché, est-il curieux que ce Syndicat
ait une influence très puissante ? D'après l’article à du
(78) Yang Yin-p'ou, Chang-haï-kin-young-tsou-lcheu-k'ai-yac Die (79) Li Kiuên-che, Chang-haï-lche-ls'ieu-lchouang, p. 83.
(80) Ibid. p. 82.
règlement du Syndicat des Banques Indigènes (81), « toutes les banques indigènes qui veulent être membres de ce syndicat doivent, au moment de l'ouverture, lui présenter un rapport.établissant le montant des capitaux, les noms et les adresses des aétionnaires, le nombre d'actions possédées par chacun, l’état civil des directeurs et les noms des répondants, appelés « Kien-yi » en chinois ; ce rapport est soumis à la Commission exécutive qui le vérifie et le présente à une réunion plénière de ses membres. » D'autre part, le Syndicat doit être informé de tous les changements de noms des Banques, des actionnaires et des directeurs (82). Le Syndicat représentant ses membres, d’une part, contrôle les actions des banques indigènes et, d’autre part, développe leurs profits communs ou prévient toutes les crises monétaires de ce marché (83).
Troisièmement : Marché des transactions de l'argent. — Pour faciliter leurs opérations, les banques indigènes ont un marché spécial, attaché au Syndicat pour le prèt ou l'emprunt d'argent, autrement dit, pour faire des transactions en espèces et en comptes de virement (84). Ce marché, dirigé par une commission du
Marché comprend trois séances : celle du matin, celle du
(81) Tchou P'ing-yuen, Houo-p'i-ying-hâng-hio : (Monnaie el Banque), Appendice ; p. 115.
(82) Article XI du Règlement du Syndicat des Banques indigènes.
(83) Tchong-kouo-gnien-kien ; N° r, p. 8r2.
(84) Yang Y'’ing-p'ou, Yang-tchout-chong-kouo-kin-yong-liun, p,
midi et celle du soir. Une grande quantité de prêts et d'emprunts entre banques y est affectuée. Le taux des intérêts (85) appliqué M devient celui du marché, c'està-dire qu'il est officiel sur le marché monétaire de Chanbaï. Quant à la condition des transactions et la fixation des taux divers d'intérêts, nous les expliquerons dans le chapitre VII.
Quatrièmement : Fixulson des taux d'intérêts et des cours de change du taël, du dollar et des monnaies divisionnaires, tant d'argent que de cuivre. — Sur le marché monétaire de Changhaï, le taux officiel des intérêts du dollar et celui du taël sont fixés tous les jours par le Syndicat des banques indigènes (86). Quoique depuis des années les banques modernes chinoises aient organise une commission des cours du marché dans le but de le remplacer, c’est encore le cours du Syndicat des Banques Indigènes qui est suivi par l’ensemble du marché de Changhaï. C’est un instrument très important aussi de leur puissance sur ce marché. En outre, tous les cours de change entre le taël et le dollar (87) ou entre le taël et les monnaies divisionnaires d'argent ou de cuivre (88) y sont fixés ou publiés.
(85) Il est appelé « Ying-tche » en chinoïs, ou « Native interest » en anglais.
(86) Percy Chu : The Method of nalive banking in Shang-haï, cité dans le « Bristish Chamber of Commerce Journal », octobre 1928, D'20%
(87) Il est appelé € Yang-li » en chinois ; nous l'expliquerons dans le chapitre V.
(S8) Voir le chapitre des monnaies mélalliques,
-En raison des liens de leurs organisations et de la communauté de leur action, leurs relations sont devenues peu à peu très intimes et très solides. Elles peuvent coopérer efficacement pour éviter toutes les sortes de crises monétaires. Par contre, elles se sont emparées de tous les instruments du marché monétaire ; comme la Chambre de Compensation, le marché des transactions de l’argent et la fixation ou la publication des taux officiel et du marché, et des cours de changes de toutes les sortes de circulations métalliques. Sur certains points, elles ont pris les fonctions de Banque centrale ? Est-il curieux, dès lors, qu'elles forment encore le centre du marché monétaire de Changhaï ? Depuis vingt ans, il n’est apparu aucune grande crise semblable à celle des actions de de caoutchouc de 1910, ou à celle de « T'ie-p'iao » de 1894, indiquées plus haut. Cela tient uniquement à leur
coopération vigilante !
III. — MÉCANISMES MONÉTAIRES ANCIENS ET BANQUES MODERNES ÉTRANGÈRES ET DOMESTIQUES
Dans ce chapitre nous ne décrivons que les banques du Chan-si (P'iao-hao) et les banques indigènes (Fs’ientchouang). Quant aux autres mécanismes monétaires anciens les petites compagnies chargées de la frappe des sycees courants de Changhaï (Kong-kou-kiu). et la petite compagnie de vérification du sycee (Ying-lou), elles n’ont
aucune action importante en ce qui concerne le mouve-
ment monétaire du marché et les opérations courantes, bancaires ou monétaires. Elles ne remplissent que les services des hôtels des monnaies proprement dits sur les marchés européens. Pour faciliter l'explication, nous les décrirons dans le chapitre du taël de Chang-Haï.
Sur le marché monétaire de Changhaï, il y a trois groupes d'organes monétaires : celui des banques étrangères, celui des banques modernes chinoises et celui des banques indigènes (89). Quant aux banques du Chan-si, elles occupaient une position importante il y a vingt ans. Depuis des années, elles sont dénuées de leur puissance, et n’ont plus leur position d’autrefois (90). Auparavant, au moment où les banques modernes chinoises n'étaient pas encore développées, les banques du Chan-si, les banques indigènes et les banques étrangères se chargeaient de trois groupes d'opérations différents sur ce marché. Les banques du Chan-si étaient spécialisées dans les opérations de change intérieur ; les indigènes, dans les opérations locales avec les commerçants de ce marché et les étrangères dans les opérations du commerce international et du change extérieur. Actuellement, la puissance des Banques du Chan-si est tombée, et celle des Banques modernes chinoises se développe rapidement. D'une part, elles remplacent les banques du Chan-si dans les opérations du change intérieur et, d'autre part, elles se sont
emparées d’une partie des opérations des banques indi-
(89) Ma Ying-ls’ou, Kiang-yen-lsi ; — (Collection de discours sur les problèmes économiques courants de la Chine), vol. HE, p: 53.
(co) Tehong-kouo-gnien-k'ien, p. 813.
gènes et étrangères. Malgré cela, les banques indigènes ont encore des relations très importantes avec les étrangères et les modernes chinoises, et maintiennent encore leur position. Premièrement, leurs relations les plus importantes avec les banques étrangères sont établies par l’usage des billets à ordre des banques indigènes (91) (Tchouang-p'iao) que nous expliquerons en détail dans Île chapitre des effets de commerce et par les prêts courants (chop loans) (92). On entend par prêts courants les emprunts contractés par les banques indigènes envers les étrangères et dont le montant, généralement liquidé tous les deux jours, était autrefois sans aucun nantissement (93). Le taux des intérêts est basé sur celui fixé et publié par le Syndicat des banques indigènes. En raison du peu d'importance de leurs capitaux, cette sorte de prêts est très nécessaire pour les opérations des banques indigènes. À la période de plus grande activité, ce genre d'opération avait atteint, autrefois, plus de dix millions de taëls. C'était un moyen très important pour les banques étrangères de diriger le mouvement monétaire de ce marché. Depuis la crise des actions de caoutchouc en 1910, où des banques indigènes de premier rang firent faillite, les banques étrangères ne veulent plus faire cette
sorte de prêts sans aucun nantissement (94). Ainsi l’im-
(91) Tchong-kouo-gnien-k'ien, pp. 182-183.
(92) S. R. Wagel : Chinese Currency and Banking, p. 197.
(93) Yang Yin-p'ou, Chang-haï-kin-yong-tsou-lcheu-k'ai-yao, p. 6o.
(94) S. R. Wagel, Chinese Currency and Banking, p. 214.
LA
portance de cette opération a diminué peu à peu. Quant aux billets à ordre des banques indigènes, ils sont considérés comme très importants dans le commerce international (95). Quoique les banques étrangères aient, en 1927, décidè de les refuser (96), elles n'ont pu y iéussir, Par jeurs billets à ordre pour les liquidations du commerce international, les banques indigènes cont encore en relations très intimes avec les banques étrangères à Changhaï. D'autre part, depuis que le « call loan » est limité aux banques étrangères, il est effectué surtout dans les banques modernes domestiques. Par contre, celles-ci n’ont pas elles-mêmes de Chambre de Compensation et sont obligées de confier leurs opérations aux banques indigènes (47). Pour le fonds de liquidation, elles doivent y déposer une quantité suffisante d'argent, comme nous l’avons dit plus haut. Les banques indigènes rendent donc des services très importants aux banques modernes domestiques. D'ailleurs, les banques modernes chinoises d'émission leur confient la mise en circulation de leurs billets de banque (98), comme il sera expliqué dans le chapitre des billets de banque sur ce marché. D'autre part, pour des raisons historiques et de coutume. ‘es banques indigènes sont en relations très intimes avec
les commerçants locaux. Il semble qu'elles établissent la
(99) Ma Ying-t’sou, Kiang-yen-si, Vol. IT, p. 5.
(96) Ibid. p. 67.
(97) Ma Yin-ts'ou, Kiang-yen-tsi, Vol. I, p. 118.
(98) Ma Ying-l’sou, Tchong-houa-ying-hang-liun ; (traité des
Banques de la Chine) p. 292.
liaison entre ceux-ci et les banques modernes tant étrangères que domestiques. ù
En traitant des banques locales françaises, Courcelles-Seneuil avait dit : « Il est évident que les succursales de province ont été une concurrence sérieuse pour les banquiers des régions où elles se sont établies. Or, le banquier local offre cette particularité qu’il peut faire ce que l’on pourrait appeler le crédit personnel, par suite de sa connaissance des habitants, des mœurs, des habitudes, des fortunes du centre dans lequel il opère. Il peut prêter à plus long terme que ces sociétés qui ont besoin d’avoir de larges disponibilités ; il peut se contenter de garanties moins étroitement matérielles par suite de la surveillance qu'il exerce sur ses débiteurs, etc. » (99). C’est dans les mêmes conditions que les banques indigènes opèrent en ce qui concerne les opérations courantes sur le marché monétaire de Changhaï. D'un autre côté, par suite de la grande quantité des dépôts des banques modernes chinoises chez elles pour le service de compensation des effets de commerce (100), elles deviennent des banques de liquidation (clearing banks), remplissant une partie des fonctions d’une banque centrale sur ce marché ! Ainsi nous pouvons nous rendre compte de la position qu'ocecupent sur ce marché les banques indigènes parmi toutes les autres banques.
(99) J. G. Courcelles Seneuil : Les opérations de Banque, 13° édition, p. 308.
(100) Ma yin-ts'ou. Tchong-houa-ying-hâng-liun ; (Fraité des
Banques de la Chine), p. 236.