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(1909-1911), la « Chop loan » à découvert dans les banques étrangères était le principal fonds des opérations des banques indigènes (58). Depuis la crise des actions de caoutchouc (1007) (59), où des banques indigènes ont fait faillite, les banques étrangères ont cessé les avances de ce genre (60). En outre ,les banques indigènes s'adressent aux modernes chinoises pour leur emprunter les « chop loans » à découvert et faire face aux demandes immédiates. Ainsi les relations entre les banques modernes chinoises et les indigènes deviennent plus intimes qu'entre Îles banques indigènes et les étrangères ; et ces dernières perdent donc un moyen très important de diriger le mouvement monétaire de ce marché (61).
3. — Les dépôts des Chinois dans les banques étrangères diminuent peu à peu. Auparavant, par suile de l'incertitude de la situation politique et de la confiance peu solide des banques modernes chinoises, les disponibilités des Chinois affluaient vers les banques étrangères comme vers un refuge (62). Ainsi ces dernières pouvaient attirer une grande quantité des disponibilités de ce marché et consentir grâce à elles des avances aux banques
indigènes chinoises. C’est une des principales causes de
(58) S. R. Wagel, Chinese currencey and Banking p. 192. (5g) Ibid, p. 2171.
(60) S. R. Wagel. Chinese Currency and Banking, D. 198.
(Gr) Ma Ying-Tsou. Kiang-yen-tsi. Vol. F, p. 250.
(62) Ibid. np. 185.
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là prospérité des banques étrangères à Changhaï (63). Depuis les faillites successives de la Banque Industrielle de Chine et de la Banque des Philippines, et l'arrêt des opérations de la « Deutsche-Asiastische-Bank » pendant la guerre, la confiance qu'inspirent les banques étrangères à Changhaï a été très ébranlée et les Chinois croient que les banques étrangères ne sont pas aussi solides qu'on l'avait pensé. D'autre part, les banques modernes chinoises, comme la Banque de Chine, la Banque des Communications, la « Chekiang Industrial Bank », la « Shanghaï Commercial and Savings Bank », etc., ont consolidé el affermi, depuis vingt ans, leur position. Pour toutes leurs opérations, elles peuvent rivaliser avec les plus fameuses banques européennes et américaines. Aussi les dépôts des Chinois affluent-ils de plus en plus vers les banques domestiques (64). Les banques étrangères ne peuvent les utiliser autant qu'auparavant.
4. — Depuis la question du « Shangtung » en 1919 et le massacre anglais à Changhaï en 1923, le nationalisme chinois est de plus en plus exaspéré. Les opérations des banques étrangères ne peuvent être aussi florissantes
qu'auparavant, surtout les émissions de billets de ban-
(63) Ying-hang-tcheou-pao ; (The banker’s weekly), N° 547 l’article : Chang-haï-lche-chang-lchang-yu-ying-hang ; (Les banques et le marché de Changhaï) indique que, d’après un rapport japonais, cinq Chinois avaient des dépôls de plus de 20.000.000 de dollars, vingt Chinois en avaient de plus de 15.000.000 de dollars cent trente Chinois, de plus de 16.000.000 de dollars Lans la « Tongkong and Shanghaï Banking Corporation. »
(64) Ma Ying-tsou. Kiang-yen-lsi; Volume 1, p. 185.
ques qui ne circulent guère actuellement sur le marché monétaire de Changhaï, par suite du refus des Chinois de les accepter. Cette situation sera expliquée dans le chapitre des billets de banque. En tout cas, sauf le change international, monopolisé encore par les banques étrangères, toutes les autres opérations bancaires sont, plus ou moins, ébranlées par celles de leurs rivales, les banques modernes chinoises.
Par contre, à Changhaï, les banques étrangères, par suite de leurs rivalités, ne peuvent coopérer aussi intimement que les chinoises. Quoiqu'il y ait une association des banques étrangères à Changhaï rattachée à la « Chartered Bank of India, Australia and China » qui la préside habituellement, elle n’est qu'un mécanisme pour faciliter l'opération du change international. Elle ne rend aucun autre grand service à ses membres (65). Chaque fois qu'un Consortium international fut établi, les rivalités se firent plus fortes (66). En revanche, les banques modernes chinoises coopèrent étroitement et leur Syndicat des banques, chinoises est très prospère (67).
Voilà quelles sont les causes de la condition plus ou moins favorable des banques étrangères sur le mar-
ché monétaire de Changhaï. Elles ont cependant beau-
(65) Ma Ying-tsou, Kiang-yen-tsi. vol. I. p. 230.
(66) Yang Yin-pou. Chang-haï-kin-yong-lsou-lcheu-kai-yao ; p.
(67) Frederic E. Lee, Currency, Banking and Finance in China
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coup de particularités et une relation très intime avec ce marché monétaire. Leur action sur ie mouvement monétaire et le soutien qu’elles peuvent apporter aux banques indigènes diminue fortement ; mais elles peuvent encore maintenir leur position. Pourquoi ? Nous l’expliquerons immédiatement.
B. — Deuxièmement, les conditions qui leur permettent de maintenir leur position et leurs particularités. Chaque puissance qui veut développer son influence économique à un organisme monétaire pour base de son activité. Ainsi, l'Angleterre a ses banques : la « Hongkong and Shanghaï Banking Corporation », et la « Chartered Bank - of India, Australia and China » la France, la « Banque de l’Indochine » et la « Banque Franco-Chinoise pour le Commerce et lIndustrie » ; la Belgique, la « Banque Belge pour l'Etranger » ; l'Allemagne, la « Deutsche-Asiatische Bank », etc. Aussi chaque banque a-t-eile un certain champ d’aetivité. Changhaï est le centre commercial de la Chine. It est plus ou moins une de leurs bases. Aïnsi, les banques étrangères à Changhaï ont pour but de faciliter le commerce de leurs patries respectives et trouvent les appuis politiques pour développer leurs opérations (68). Voyons quelles sont leurs particularités sur ce marché monétaire : 1. Monopole de change étranger. — « La place de Changhaï tend de plus en plus à drainer vers elle Île
grand commerce, tant étranger que chinois, en raison
(68) Tchong-kouo-gnien-kién 3 (The China year Book), N° |,
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de sa situation privilégiée qui en faif la capitale économique de la majeure partie du territoire chinois. Plus de 45 % des recettes des douanes sont encaissées dans cette ville. » (69). Ainsi, le-change étranger dans ce port occupe une position prépondérante en Chine. D'autre part, le cours des changes étrangers des autres villes principales de Chine : Hankéou, Tien-Tsin, etc., suivent les variations de ces cours à Changhaï, cours publiés tous les jours par la « Hongkong and Shanghaï Banking Corporation » (70). Les Chinoiïs n’ont pas le pouvoir de fixer eux-mêmes les cours du change étranger de leur pays. Par contre, jusqu’à présent, sauf la Banque de Chine, les banques modernes chinoises n’ont aucune succursale ou agence établie à l’étranger. Elles ne peuvent, en conséquence, financer directement le commerce international. Pour toutes ces raisons, le monopole du change étranger des banques étrangères leur donne une grande influence sur ce marché et, en réalité, sur le marché monétaire de la Chine tout entière. D'ailleurs, quelques conditions peuvent permettre aux banques étrangères de monopoliser le change étranger en Chine.
a) Les banques étrangères à Changhaï sont généralement les succursales de banques dont les sièges sociaux sont situé dans leurs patries respectives (71). En outre, à
(69) Rapport du Conseil d'Administralion de la Banque Franco: Chinoise pour le Commerce et l'Industrie du 18 décembre 1930.
(jo) Yang Yin-pou, Yang-tchou-lchong-kouo-kin-yong-liun (Traité de la circulation monétaire de la Chine), p. 474.
(71) The China Year Book, 1931. pp. 415-417.
cause de la prospérité de leur commrece, dans quelques villes ou centres commerciaux importants du monde, elles peuvent avoir des succursales ou des agences. Leurs opérations de correspondances, de virements de comptes, de recouvrements de créances et de financement de commerce, sont toutes plus florissantes que celles des banques chinoises. C’est pourquoi elles peuvent faire commodément les opérations de change étranger en Chine.
b) Le commerce d'exportation est monopolisé par les étrangers, qui ont des relations très intimes avec les banques de leurs pays respectifs. La plus grande partie du commerce d'exportation et d'importation de la Chine est entre les mains de Compagnies étrangères qui ont des sièges sociaux ou des agences à Changhaï. Les Chinois ont peu d'occasions de financer directement leur commerce extérieur (72). Les banques étrangères à Changliaï sont, vis-à-vis des banques chinoises ou des commerçants chinois dans cette ville, dans la même situation que les banques françaises de Paris vis-à-vis des banques anglaises de Londres, qui liquident les comptes commerciaux des deux pays. Aussi, les banques étrangères ontelles respectivement leur clients familiers. Comment les banques chinoises pourraient-elles rivaliser avec ellés-P(790
c) Sur le marché monétaire de Changhaï, il y a plus de soixante-dix ans que les banques étrangères monopo-
(792) Ma Ying-lsou, Tchong-kouo-kouo-wai-houei-touéi ; (Les Changes étrangers de la Chine), 2° édition, p. 74.
(73) Ibid. pp. 79-80:
lisent le change extérieur. Leur confiance, leur expérience et leur habitude des opérations sont supérieures à celles des banques chinoises, dont le développement n’a eu lieu que dans les vingt dernières années (74).
d) Les Chinois manquént de Compagnies de Messageries Maritimes et de Compagnies d’Assurances pour faciliter leur commerce extérieur. Ces deux sortes d’organes, très importants pour l'importation et l’exportation, appartiennent aux étrangers et sont en liaison très intime avec les banques étrangères. Les variations du frêt et l’ordre d’envoi des marchandises, ont une grande influence sur le développement du cominerce extérieur et, indirectement, sur les changes internationaux. Les Chinois, faute de ces organismes sont obligés de confier leurs opérations à des étrangers. Comment peuvent-ils retirer cette puissance des mains des banquiers étrangers ? (75).
e) Par contre, en raison de la puissance et de l’habitude très grandes des banques étrangères et du volume des opérations, les opérations de change international, telles que : acceptations, virements de comptes, recouvrements de créances, financement des lettres de change documentaires (documentary bills), arbitrage de change (76), etc., affluent naturellement aux mains des
(74) Frederic E. Lee, Currency, Banking and Finance in China, pP. 174-175.
(35) Heou Heou-pei. Tchong-kouo-kin-lai-king-tsi-fa-tchen-che ; (Histoire du développement économique moderne de la Chine), p. 318.
(76) Jules Decamps. Les Changes étrangers, 2° édition, pp.74-86.
ns
banquiers étrangers. À cause de la prospérité et de l’extension de leurs opérations, elles peuvent logiquement monopoliser le change international de la Chine. Pourquoi le marché monétaire de Londres peut-il, depuis longtemps, maintenir sa position de centre du marché des liquidations internationales, quoique cette situation se soit un peu modifiée après la guerre ? (37). Pour ia même raison, les banques étrangères peuvent monopoliser le change extérieur de la Chine à Changhaï.
Actuellement, le financement du commerce extérieur devient la principale opération des banques étrangères et la base de leur puissance. Aussi les cours de changes étrangers sont-ils cotés tous les jours par la « Hongkong and Shanghaï Banking Corporation» (78), qui peut quelquefois diriger la variation des cours en leur faveur. Au moment de la liquidation des intérêts des dettes extérieures de la Chine, le cours du change étranger est généraiement coté un peu plus haut que le cours réel (79). D’après la statistique d’un banquier chinois, M. Tchen Kouàngfoù, le montant des pertes subies par le gouvernement chinois, du fait de cette baisse de cote, avait atteint plus
d’un million huit cent quatre-vingt dix mille taëls au
(37) Hartley Withers. The meaning of money, 5° édition, pp. 186-189.
(78) E. Kann. The Currency of China, »° édition, p. 104.
(79) Tehen Kouang-fou. Chang-kouan-chouéi-houei-yi-yi-kienchou (Une lettre adressée à la Conférence des douanes de la Chine), Voir Ying-hang-tsa-tchéu (Revue de la Banque) de Hankéou, Vol.