‹ Étude sur le marché monétaire de Changhaï: au début du XXe siècleChapitre 56 sur 115 · édition, pp. 4xo-Arr · texte numérisé non relu

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les dollars principaux dans la circulation de Changhaï. La dernière période est celle de l’unification des dollars chinois. Si nous discutons le système monétaire de la Chine, il nous faut connaître cette évolution.

L'année dernière (1931), l'Hôtel de la Monnaie de Changhaï était établi. Désormais, la frappe des dollars peut satisfaire les demandes du marché. La question de l'abandon du taël de Changhaï sera plus facile à résoudre ! Qui dit que la monnaie chinoise n’est pas saine ?

I. — COURS DE CHANGE DU DOLLAR D'ARGENT AVEC LE TAËEL DE CHANGHAI ù

Nous avons expliqué plus haut la situation du taël de Changhaï et des dollars d’argent sur le marché monétaire de Changhaï. Nous allons étudier maintenant la relation qui existe entre eux (44). C’est le cours de change du dollar d'argent avec le taël de Changbaï, appelé « Yang-li » en chinois, qui est le principal phénomène du mouvement monétaire de Changhaï. Il nous faut bien l’étudier pour en connaître la tendance et les défauts. Faute de quoi, nous en ignorons tout !

a) La parité du dollar et du taël de Changhaï el le cours du change : L'article IV d’application de la loi monétaire de la Chine indique que « toutes les personnes qui paient des droits ou des impôts au gouvernement, ou lui demandent de frapper des dollars nationaux, avec des lingots d'argent, doivent payer 0,654 taël de Kour-

ping d'argent fin pour un dollar ». Chaque mille taëls

(44) E. Kann. The Currencies of China, 2° édition, p. 548.

de Changhaï égale 912.41 taëls de Kouping : autrement dit, un taël de Kouping égale 1.096 taëls de Changhaï. Par conséquent, la parité légale d’un dollar avec le taël de Changhaï est de o.71678 taël de. Changhaï (0.654 x 1.096 — 0.71678). Mais à Changhaï, il ny avait pas d'Hôtel de la Monnaie (45) pour faire face à li demande de dollars. Aujourd’hui encore, quoiqu'on puisse en trouver aux Hôtels de la Monnaie de Nankin et de Hongchow comme auparavant, il faut du temps et des frais de transport. Le marché ne peut pas faire face immédiatement à la demande. Aussi, en temps de paiement, le Cercle Bancaire Indigène de Changhaï est-il obligé de fixer un cours de change entre le dollar et le taël, d’après le montant de l’encaisse en dollars de ce marché, parce que la monnaie de compte est le taël et que la plus grande partie des paiements réels se fait en dollars. « Sa hausse et sa baisse dépendent complètement de la loi de l'offre et de la demande » (46). La publication officielle des variations de son cours a lieu deux fois par jour : au marché du matin et à celui du soir (43). Tous les jours, à chaque marché, les membres du Syndicat des Banques Indigènes font des transactions de taëls et de dollars au Syndicat et fixent le cours de change qui est publié ensuite, et suivi par le tout Cerele

monétaire de Changhaï, tant étranger que chinois.

(45) Le nouvel Hôtel de la Monnaie de Changhaï ne fut établi qu’en 1931.

(46) Ma Ying-tsou ; Kiang-yen-tsi, vol. [, p. 77.

(47) Yu Hsi-tsi : Houéi-louéi-liun, & édition, p. 127.

pe Si le cours est de 0.72 taël, c’est qu’un dollar est considéré comme équivalent à 0,72 taël de Changhaï, dans le rapport de celui-ci avec celui-là. Ce cours change tous les jours, et quelquefois plusieurs fois par jour (48). Mais pour chaque variation du change, l’unité de hausse ou de baisse est 0.000125 taël (1/8 0.001 taël) d’après la coutume de ce marché, (Généralement, le cours publié est le dernier cours des transactions en dollars à chaque marché.

b) Unification des cours de change des divers dollars avec le taël de Changhxiïi. — Le cours de change

avec le taël est théoriquement basé sur sa parité avec celui-ci. Ainsi, il y avait autant de cours de change de

dollars que de titres différents à la fin de la dynastie Ts’ing (1649-1911), sur le marché monétaire de Changhaï ; les cours de change des dollars étaient très nombreux. Vers la quatrième année (1915) de la République, les « Yuan Shik-kai dollars » circulaient à Changhaï. La Banque de Chine et la Banque des Communications avaient convenu avec le Syndicat des Banques indigènes de ne publier qu'une sorte de cours de change, celui du « Yuan Shik-kai dollar » avec le taël. Tous les autres, tels ceux de Kiang-nan, de Houpé, de Kouangtong et de Ta-tsing le suivaient. Cette convention fut mise à exécution au mois d'août de l’année 1915 (49).

Après cela, sur le marché monétaire de Changhaï, il

(48) E. Kann. The Currencies of China, 2° édition, p. 548. (49) Siu Tsang-chouéi : Tchong-kouo-kin-jé-tché-houo-pi-wén-li,

Pere

= nbé —

n'y avait que deux sortes de cours de change de dollar avec le taël : celui du dollar chinois et celui du dollar mexicain. La huitième année (1919) de la République, au moins de juin, par suite de l'agitation résultant de la grève générale et de l’influence politique (6o) le marché monétaire de Changhaï manquait de dollars, surtout de mexicains. Les banques étrangères en souffraient beaucoup plus que les chinoises, et ne pouvaient rembourser leurs billets de banque qui étaient basés sur une réserve de dollars mexicains. C’est pourquoi le Syndicat des Banques modernes chinoises et le Syndicat des Banques indigènes proposèrent d’unifier les cours de change des dollars chinois et mexicains avec le taël. Le Cercle bancaire étranger l’accepta. Depuis lors, sur le marché monétaire de Changhaï il n'y a plus qu’une sorte de cours de change du dollar avec le taël, c’est-à-dire que

les dollars — tant mexicains ou autres étrangers que chi-

nois — sont employés sans aucune distinction.

c) Influence du cours de change du dollar avec le laël, sur le marché monélaire : Quoique le cours de change avec le taël soit unifié depuis 1919, celui qui subsiste encore est regrettable, On entend par « hausse du cours de change » ou « Yang-lî » en chinois, la possibilité de recevoir pour un dollar un peu plus de laël ; au contraire, dans la baisse, ce change est un

peu inférieur au précédent ; autrement dit, la hausse du

(5o) À ce moment-R, il ÿ eut une grande manifestation populaire à Changhaï à propos de: la question du Shangtung, à la

Conférence de Paris, en 1919.

prix du dollar est la baisse du taël. Ainsi certains spéculent sur le taël et sur le dollar. Quand les demandes de dollars affluent et que le cours de change avec le taël monte (51), ils, achètent des taëls avec des dollars et des vendront au moment où le cours baissera, de sorte qu'ils pourront gagner plus de dollars. Si au moment de l'achat des taëls leur cours est de 0,75 taël par dollar, et, au moment de la vente, de 0,72 taël, le spéculateur peut gagner dans cette spéculation 0,03 taël sur chaque dollar. Généralement, au mon:ent de la récolte du coton et de la soie, les demandes de dollars sont beaucoup plus nombreuses sur le marché monétaire de Changhaï. Si les spéculateurs profitent de cette occasion (52), le cours de change du dollar avec le taël montera davantage. Il en résultera de grandes difficultés pour les commerçants. En outre, l'existence du cours de change du dollar avec le taël présente d’autres conséquences très fâcheuses sur le marché monétaire. Nous allons essayer de les énumé-

rer Ï. — influence sur les prix des marchandises

Sur le marché monétaire de Changhaï, toutes les transactions en gros sont comptées en taëls, ainsi que celles des commerces d'exportation et d'importation, tandis que les prix en détail sont calculés en dollars.

Par conséquent, les commerçants doivent subir le ris-

(51) Ma Yhig-lsou, Kiang-yen-tsi, vol. Il, 2€ édilion, p. 100. (52) Siu Tsang-chouei. Tchong-kouo-kin-je-tché-houo-pi-wén-li,

que de variations des cours de change du dollar avec le taël. Si, en temps de hausse, ils peuvent tirer quelque profit résultant du change en taëls des dollars qui leur rentrent par la vente de leurs marchandises en détail, ils subissent aussi des pertes en temps'de baisse. C’est pour quoi les commerçants élèvent généralement le prix de vente afin d'éviter la perte résultant des variations du cours de change du dollar avec le taël (53).

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