Prêts ou emprunts à un jour
En dehors des avances pour deux jours et résultant du virement de comptes, il y a encore une sorte d'avance pour un seul jour appelée « Tou-je-tche-p'iao » en chinois (22). Si aujourd’hui un banquier prête 10.000 taëls de Changhaï à un banquier B, celui-ci devra les rendre demain. Cette transaction a lieu généralement au marché du soir qui est appelé « Siao-tsong-houéi » en chinois. Toutes les banques rendent compte de leurs liquidations tous les soirs. Si elles ont plus de créances que de dettes, elles iront au marché du soir pour faire des avances à quelques banques qui ont plus de dettes que de créances et veulent contracter des emprunts pour les liquider. Le lendemain, elles veulent liquider tout de suite ces emprunts dont l'intérêt est payé par jour. Ceci est aussi appelé « Tou-tien-tché » en chinois. Il y a trois raisons pour l’existence de cette sorte d’avances ou prêts
Premièrement, la période de liquidation des avances à deux jours ou par virement est de deux jours. Si une banque fait une avance à une autre banque le premier du mois, il lui faudra restituer le trois. Maïs, le deuxième jour, elle manque d'argent et ne veut pas d’une prorogation de deux jours, parce que le lendemain elle recevra une créance qu'elle a avancée à une autre banque. Ainsi, elle emprunte de l'argent à une
banque pour un jour, c'est-à-dire jusqu'au lendemain,
(22) Tai Ngai-jou ; Cheng-yi-king, p. 108.
et espère que le lendemain elle pourra recevoir une créance pour y faire face. D'autre part, si une banque À reçoit aujourd’hui plus de créances qu’elle n’a de dettes à liquider,et qu'elle ne veuille pas tes avancer pour une période de deux jours, parce que le lendemain elle en aura besoin, elle les avance à quelqu'un pour un jour seulement, c’est-à-dire que le lendemain elle pourra rentrer dans cet argent et en disposer pour l’usage auquel elle l’a affecté (23).
Deuxièmement, les banques l’emploient pour éviter les pertes résultant du mouvement anormal des taux d'intérêt. Si aujourd’hui le taux des intérêts est plus haut, et si la Banque À sait d'avance que, le lendemain, la Banque B disposera d’une grande quantité d'argent pour faire des avances, d’où baisse probable pour le lendemain, elle veut éviter un taux plus fort pour deux jours et emprunte pour un seul jour. Si au contraire, aujourd’hui, le taux des intérêts est plus bas et si la banque À sait d'avance que le lendemain certains commerçants d’importations liquideront leurs dettes et demanderont une grande quantité. d'argent, d’où hausse probable du taux d'intérêt, elle ne veut pas faire d’avances au taux plus bas d'aujourd'hui et les fera pour un seul jour, de sorte que le lendemain, le taux s’élevant, elle pourra rentrer dans ses avances et les refaire à un taux plus élevé (24).
(23) Yang Yin-pou ; Yang-lchou-lchong-kouo-kin-yong-liun, PP. 98-09:
(24) Yang Yin-pou 3; Yang-lchou-lchong-kouo-kin-yong-liun,
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Troisièmement, pour faire face à des demandes ou des offres immédiates, ou exceptionnelles, il faut avoir des avances ou des prêts à un jour. Si la Banque X, après les liquidations des marchés du matin et de midi, à reçu soudainement une grande’ quantité d'argent que lui envoient les autres banques, elle est obligée de les avancer au marché du soir (25). Si, au contraire, la banque A, après les liquidations des marchés du matin ét de midi, veut immédiatement trouver de l’argent pour faire face à une dette extraordinaire, elle est obligée aussi d’aller au marché du soir pour emprunter à un jour seulement. Elles ne veulent pas faire d’avances ou emprunter pour deux jours, parce que ce sont des événements tout à fait extraordinaires.
Dans ces trois conditions, cette sorte d’avances ou d'emprunt est très nécessaire sur le marché monétaire de Changhaï et le taux d'intérêt suit les variations de celui des avances ou emprunts à deux jours, autrement dit, suit les variations du taux d'intérêt local. Mais il n’y a pas de publication formelle de ce taux. Il résulte seulement d’une entente entre les deux parties. Aussi n’a-t-il pas de grande influence sur le marché monétaire.
n. — Deltes de « Ying-houeitl'eou », ou dettes coninactées avec une sorte d’effels de commerce payés le lendemain du jour pour lequel ils ont élé tirés
Tous les effets de commerce contractés entre des
banques indigènes sont payés le lendemain du jour où
(25) Tai Ngai-jou ; Cheng-yi-king, p. 46.
ils sont présentés au recouvrement, et appelés « Yinghouei-téou » en chinois, comme nous l’avons dit. Cette sorte d’effets constitue une grande partie des effets de commerce sur le marché monétaire, de Changhaï et a une influence très puissante. Tous les jours, avant d'aller à la Chambre de Compensation des Banques indigènes, les Banques indigènes doivent établir un inventaire des paiements et des recouvrements des effets de commerce pour faire des compensations à la Chambre de Compensation. Cette sorte d'effets ne peut être employée que pour la compensation. Mais si une banque veut recouvrer un effet au comptant, il lui faut attendre le lendemain. Il est rare qu'une banque reçoive une somme d'effets de commerce de paiement égale à celle des effets de recouvrement. Si un jour une banque reçoit plus d’eïfets de paiement que de recouvrement, elle doit emprunter la différence à d’autres banques au marché du soir (26), à la Chambre de Compensation, pour faire face à ses dettes. Si, au contraire, une banque reçoit plus d'effets de recouvrement que de paiement, elle avance l'excédent à d’autres banques qui en manquent, au marché du soir. Ces avances où ces emprunts sont ainsi des transactions d'argent uniquement pour les compensations. I faut avoir des primes pour les prêts (27). Les cours des primes suivent aussi les varialions des taux des intérêts
locaux.
(26) Tai Ngai-jou ; Cheng-yi-king, p. 108.
(27) Yang Yin-pou ; Yang-lchou-lchong-kouo-kin-yong-liun,
5. — Dettes de « Ying-houo-téou », ou dettes contractées par effets de commerce liquidés au jour firé
Tous les effets de commerce contractés entre les banques indigènes et les banques étrangères ou quelques modernes chinoises, sont appelés « Ying-houo-téou » (28) et doivent être payés ou liquidés au jour fixé. Ce nombre de liquidations est très grand. Sur le marché des transactions d'argent, cette transaction tient une place très importante. Si la Banque indigène À doit payer 100.000 taëls de Changbaï à la « Hongkong and Shanghaï Banking Corporation », et qu’en même temps la Banque indigène B doive recouvrer 40.000 taëls de la « Banque de l’Indo-Chine », et la Banque C 60.000 taëls de « The National City Bank of New-York », le montant de la dette de la Banque indigène à la banque étrangère « Hongkong and Shanghaï Banking Corporation » égale le montant qui doit être recouvré des banques étrangères: la « Banque de l’Indochine » et « National City Bank of New-York ». Par conséquent, les banques indigènes A, B, C, se rencontrent sur le marché des transactions d’argent et conviennent entre elles d'avancer, à la Banque indigène À, qui l’emploie pour compenser sa dette à la banque étrangère, le montant qui doit être recouvré de banques étrangères par les banques indigènes B, C. Ainsi, la « Hongkong and Shanghaï Banking Corporation » recouvre sa créance, 100.000 taëls de la Banque de l’Indo-Chine et de «the National City Bank of New-
York », au lieu que les deux dernières banques étran-
(28) Tai Ngai-jou ; Cheng-yi-king, p. 56.
gères payent leurs dettes : l’une 0.000 taëls et l’autre 60.000 taëls aux banques indigènes B, C. Si cette transaction à lieu, la Banque indigène À doit remettre aux banques indigènes B et C, à la séance du soir de la Chambre de Compensation, un inventaire de liquidation avec une somme de 100.000 taëls pour compenser le prêt qui lui a été consenti par les banques B et C. Mais les banques B et C prêtent à la banque indigène A leurs créances de 100.000 taëls d'argent payables au jour fixé ct la Banque A remet aux Banques indigènes B et C un inventaire de liquidation avec une somme de 100.000 taëls d'argent payé le lendemain d’après l’habitude commerciale en usage sur ce marché monétaire parmi les banques indigènes (29). Autrement dit, les banques B et C, qui remettent à la Banque A leurs créances de 100.000 taëls qui peuvent être recouvrés des Banques étrangères le jour même, ne doivent les recouvrer de la Banque À que le lendemain. En conséquence, la Banque À doit payer aux Banques indigènes B et C les intérêts d’un jour, ou prime proprement dite, pour compenser la perte d'intérêt d’un jour des banques indigènes B et C (30). Ces primes augmentent ou baissent aussi selon les variations des taux d'intérêts locaux. Si le
taux d'intérêt local est de 1 tsien (O.T taël), une prime de
(29) Voir : « Houo-houei-lche-yi-yi ». (Méthode de compensation) dans « King-lsi-hio-pao ». (Revue d'économie politique), de l’'Universilé des Communicalions de Changhaï, vol. 17. N° 3.
(So) Fei-léang-kai-yuen-wén-li, vol. 11, N° 3,
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celte sorte est d'r {sien aussi ; jamais elle ne dépasse un tsien, 2 fen (0.12 taël) (37).