‹ Étude sur le marché monétaire de Changhaï: au début du XXe siècleChapitre 86 sur 115 · Opéralion de-« Kéng-tche · texte numérisé non relu

Opéralion de-« Kéng-tche

Dans le cas ci-dessus, nous voyons que la Banque À emprunte de l'argent remboursé au jour fixé, ou « Houotéou-Ying » en chinois, aux banques indigènes B et C pour liquider sa dette à la banque étrangère et leur remel un inventaire de liquidation avec une somme de 100.000 laëls payables le lendemain du jour pour lequel ils ont été tirés ou « Houei-téou-ying » en chinois pour compenser cet emprunt. Mais si la banque À n'a pas elle-même de créance à recouvrer le lendemain, elle ne peut inscrire dans l'inventaire de liquidation une somme de 100.000 taëls et ne peut, par conséquent, compenser ses dettes vis-à-vis des banques indigènes B et C ; il lui faut donc emprunter à d’autres banques indigènes de l’argent payable le lendemain, pour le remettre à ses créanciers B et C. Alors, la banque À emprunte aujourd'hui de l’argent payable au jour fixé aux banques B el C pour liquider sa dette à la banque étrangère et, en même temps, elle emprunte de l'argent payable Le lendemain à d'autres banques indigènes pour compenser sa dette aux banques B et C. Cette opération est appelée en chinois (3°) : « Kèng-tche ». Dans ces conditions, la banque À doit payer un intérêt ou prime aux banques

R et C et en même temps l'intérêt de « Houèi-téou-ying »

(31) Yang Yin-pou ; Yang-tchou-tchong-kouo-kin-yong-liun, D'ATOT

(32) Tai N'ai-jou ; Chen-vi-king, pp. 10-17.

emprunté aux autres banques. Mais le « Hoèi-téou-ying » ou effet payable le lendemain de la date de liquidation, est emprunté pour deux jours d’après l'habitude commerciale sur ce marché, tandis que le « Houèi-téou-ying » qu’elle a elie-mâme, peut être liquidé le lendemain. Par conséquent, la banque A, qui n'a pas elle-même de « Houèi-téou-ying » pour compenser ses dettes à des banques B et C, comme nous l’avons dit, en emprunte à d’autres qui doivent être liquidés deux jours après, doit payer un intérêt d’un jour de plus, ou une prime plus forte que celle de « Houèi-téou-ying », compensée par le « Houèi-téou-ying » qu'elle possède elle-même, comme dans l'exemple ci-dessus. Mais le cours de cette prime varie aussi d’après le taux d'intérêt local (33).

Les sortes de transactions des taëls de Changhaï ou de l'argent ont été énumérées. Nous savons que sur le marché monétaire de Changhaï les taux d'intérêt ou les primes sont très compliqués. En dehors de cela, il y a encore des sortes d'intérêts pour les dépôts à long terme et pour les comptes courants. Le taux d'intérêt pour les dépôts à long terme dans les banques indigènes ne suit pas les variations de celui des avances par virement de compte ou par prorogation de la date de liquidation comme nous l’avons vu. [Il est fixé d'avance par les deux parties, et un peu plus élevé que celui des dépôts de

comptes-courants (34)

(33) Li Kiuen-che ; Chang-haï-tche-lsien-tchouang ; (Banques

Indigènes de Changhaï), pp. 46-5o.

ns =

Au moment où la dynastie Fsing fut renversée, les banques étrangères à Changhaï n'étaient pas aussi développées qu'aujourd'hui. Les offres d'argent étaient très abondantes. Les demandes d'argent du cercle des commerçants devenaient de plus en plus nombreuses. Par conséquent, le taux d'intérêt montait peu à peu, et les banques indigènes qui pouvaient tirer de gros bénéfices des taux d'intérêts élevés étaient très contentes de faire des avances à long terme (35). Actuellement, sous l’influence politique, il v a souvent des crises monétaires sur le marché. Les banques indigènes ne font pas aussi facilement qu'auparavant cette sorte d'avance. Les dates de liquidation à long terme sont généralement à trois mois où à six mois et pendant ce temps aucune partie de la dette ne peut être remboursée. Les banques indigènes doivent, pour éviter ies risques pendant cette période, montrer beaucoup de perspicacité dans la prévision des tendances futures du marché monétaire. Aussi le taux des intérêts est-il généralement plus haut que celui des prêts à vue (36).

Dans toutes les sortes de transactions de l'argent, il y a deux choses très importantes qu'il nous faut remarquer. D'abord, sur le marché monétaire de Changhaï, l'usage des effets de commerce n'est pas très développé (37) et les avances par escompte des papiers com-

(34-35) Ma Ying-tsou ; Tchong-houa-ying-hang-liun ; (Traité des Banques de la Chine), p. 293.

(36) Ma Ying-tsou ; Tchouang-houa-ying-hang-liun (Traité des Banques de la Chine), p. 223.

(35) Ibd. p. 8.

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merciaux ne sont pas aussi fréquents que sur les marchés monétaires de Paris, de Londres ou de New-York. Ensuite, beaucoup d’'avances sont à découvert (38). Tout cela à été indiqué plus haut. Ces diverses sortes d’opérations sur le marché des transactions de l’argent au Syndicat des Banques indigènes sont un phénomène général courant du mouvement monéiaire de Changhaï.

Ayant bien compris cela, nous pouvons, d’après ces notions générales, étudier les autres conditions du mouvement monétaire.

(08) Li Kiuen-che :; Chang-haï-lche-lsien-tchouang. (Banques

Indigènes de Changhaï), p. 21.

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