‹ Étude Sur Le Massage Du Cœur Expérimental Et CliniqueChapitre 8 sur 17 · PROCÉDÉS DE MASSAGE DU CŒUR · texte numérisé non relu

PROCÉDÉS DE MASSAGE DU CŒUR

Quatre procédés ont surtout été préconisés :

a) Le massage à lravers la paroi thoracique interposée ou compressions rythmiques du thorax :

b) Massage direct après ouverture du thorax :

c) Par la voie abdominale et trans-diaphragmatique.

d) Par la voie abdominale en respectant le diaphragme, ou procédé sous-diaphragmatique,

À. Compressions rylhmiques du thorax. — Les bons résultats de la méthode de respiration artificielle consistant en compressions rythmiques du thorax, sont dus en grande par te au léger massage du cœur ainsi réalisé. La compression du thorax détermine une faible élévation de la pression artérielle. Ce massage, suflisant peut-être pour ranimer un cœur qui bat encore, au moins faiblement, nous paraît d'une efficacité douteuse quand les battements sont arrêtés depuis plusieurs minutes. Le thorax généralement aplati des animaux de laboraroire permet un massage qui chez l’homme n'aurait aucun effet. Chez lui, en effet, le grand diamètre thoracique est transversal, et le léger massage réalisé par ce procédé serait en grande partie annihilé par l’élasticité des poumons. L'opinion des auteurs qui l'ont le plus étudié, Mickwiez, Dorpat, Sorgenfrey, d'Halluin, est que les cas les plus bénins sont seuls capables d'en bénéficier,

B. Ouverture du (horax el massage direct. — On devra, dans ce cas, tailler un volet thoracique à charnière externe, ans: que le décrivent Terrier et Raymond dans leur rapport au Congrès de chirurgie de 1902. En incisant les côtes le long du sternum et en décollant avec précaution la séreuse, on arrive directement sur le cœur, sans ouvrir la cavité pleurale. Le péricarde étant découvert, on l’incise, puis on comprime d'une facon rythmique le cœur saisi à pleine main.

On comprend que le chirurgien puisse hésiter à ouvrir ainsi largement le thorax. Ce nouveau traumatisme opératoire n’est pourtant pas en lui-même une cause d’insuccès, ainsi qu'en font foi les statistiques de Terrier et Raymond. Sur 51 blessures du cœur, ces deux auteurs signalent 19 guérisons et 20 survies, variant de 1 à 24 jours. Le décès dans les autres cas <e produisit au cours de l'opération ou dans les 24 heures qui suivirent. Malheureusement, il semble bien difficile, lors-

qu'un côté du thorax est ouvert, de pratiquer une respiration artiticielle capable de réaliser une hématose suffisante, et c'est ici le cas de recourir à deux moyens accessoires de grande utilité : la compression aortique et l'insufilation. La compression de l'aorte abdominale, dont nous avons déjà parlé, Îavorisera, par augmentation de la tension sanguine, la mise en action de l'énergie cardiaque. Quant à l'insufilation, que l’on pratique journellement dans les laboratoires, la parole autorisée entre toutes de Laborde nous en montre l'efficacité. « Le mode de respiration le plus puissant et réellement efficace. c'est celui qui est mis en œuvre dans nos laboratoires et qui, malheureusement, pour la pratique, n’en est pas sorti Jusqu'à présent : Finsufflation pulmonaire par le soufflet: » (1) L'emphysème sous-pleural qui pourrait en résulter n'est pas une conlre-indication à son emploi ; les animaux de laboratoires supportent sans troubles marqués de longues séances d'insulflation, et la ruplure de quelques alvéoles pulmonaires n'empêche pas qu'un grand nombre de nouveau-nés doivent la vie à l'emploi du tube de Ribemont-Dessaigne.

C. Massage lrans-diaphragimatique. — Ce procédé, utilisé pour la première fois par Poirier, nous paraît présenter de nombreux inconvénients : le traumatisme qui en résulte est en effet fort grave : la suture du diaphragme et du péricarde doit présenter, dans les cas de survie, une sérieuse difficulté. À côté de ces inconvénients, signalons toutefois le double avantage d'arriver directement dans le péricarde sans ouvrir

(1) Laborde, note sur les indications et l'application pralique à l’homme de la respiralion artificielle expérimentale par insufflaion. Bull. Ac. de Méd., 12 juin 1894, p. 608, t. XXI,

les plèvres, et de faire plus facilement la respiration artificielle, par compression du thorax.

D. Massage sous-diaphragmalique. — Il est de toute évidence que la bénignité relative d’une simple laparotomie fera bien souvent préférer ce procédé aux autres, dans lesquels on n'arrive sur le cœur qu'après avoir traumatisé la paroi thoracique et les plèvres, ou bien le diaphragme et le péricarde. Bourcart, qui à étudié d'une façon très complète le massage sous-diaphragmatique, s’en montre partisan exclusil, et il est intéressant de reproduire les 3 courbes de la pression carotidienne données par les 3 procédés de massage sousdiaphragmatique, Lrans-diaphragmatique et direct à travers un volet thoracique.

Ainsi que le montrent ces courbes, la pression carotidienne est, dans le procédé de Bourcart, bien plus élevée et bien plus régulière que dans les autres.

Nous donnons, d’après Bourcart (Revue médicale de la Suisse Romande, 1903, p. 640), la technique de ce procédé :

« Le chien fixé sur la table, placé sur le dos, on administre le chloroforme jusqu'à l'arrêt complet de la respiration et des pulsations cardiaques. On procède alors à la trachéotomie ou plutôt au tubage du larynx, moins dangereux ; le procédé employé par MM. Provost ét Batelli pour le tubage du larynx consiste en l'emploi d’un tube de verre d’un calibre adapté à l'ouverture du larynx; ce tube est recourbé et entouré à l'extrémité laryngée d’une petite éponge qui va butter contre la glotte. On lui fait traverser un bâillon de bois troué qui, placé entre les dents de l'animal, l'empêche de briser le tube de verre Ce tube est mis en rapport avec un tuyau de caoutchouc

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JAÏUULA AU

Massage sous-diaphragmatique

Massage trans-diaphragmatique

AVS NT ANR SR

Massage après l'ouverture du {horax el du péricarde

3 tracés kymographiques montrant l'état de la (ension artérielle réalisée par 3 procédés de massage du cœur (d'après Bourcart).

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